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Le monde est un grand bac à légumes.

Archives de septembre 2008

Le Jour du Néo-Pentecotiste

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Au Brésil, on aime avoir des jours pour tout le monde. Il y a le jour du soldat, le jour du fonctionnaire public, le jour du professeur et, bien sûr, le jour de l’étudiant. À São Gonçalo dos Campos, nous avons désormais aussi le jour du néo-pentecotiste. C’est aujourd’hui.

Puisque les catholiques ont un jour férié le jour de São Gonçalo, en janvier, et que les néo-pentecotistes ne croient pas aux saints, il a été décidé d’accorder un nouveau jour férié pour les fidèles du culte néo-pentecotiste aussi. Histoire de maintenir le grand équilibre, sans nul doute.

Ce qui est amusant, c’est qu’en Belgique, la plus grosse église pentecotiste de ce côté de l’Atlantique a été classée parmi les sectes par une commission parlementaire, qui a ensuite été condamnée par la Justice. Finalement, la Cour de Cassation a décidé d’absoudre le Parlement. En fin de compte, voilà l’historique des relations entre la Belgique et les néo-pentecotistes brésiliens.

Malgré leur intransigeance et leurs réactions négatives face à tout ce qui n’est pas en accord avec leurs propres dogmes – et surtout avec tout ce qui est de près ou de loin afro-brésilien, il faut reconnaître que les églises comblent un manque cruel dans la société brésilienne. Et c’est encore plus vrai quand on entre dans les communautés les plus pauvres des mégalopoles. Comme partout dans le Sud global, l’afflux de population dans les villes a fait exposer la capacité de celles-ci à suivre le rythme. Il y a des pans entiers de villes qui sont laissés à l’abandon, et dans lesquels les églises sont les seules à proposer un réseau social.

À Feira de Santana, je suis passé devant une église qui se disait ouvertement fondamentaliste et, à moins que le terme n’ait une autre signification en portugais, il y a un lien avec un Islam radical qu’on retrouve dans des territoires également abandonnés par tout pouvoir public. À la différence que le néo-pentecotalisme se range du côté du Monde Libre, et prêche pour le succès commercial de ses fidèles.

Ce qui est d’ailleurs une contradiction, car le Jour du Néo-Pentecotiste à São Gonçalo, personne ne travaille.

Rédigé par synaptique

septembre 30, 2008 à 7:49

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John Brunner, Le Creuset du Temps.

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Les histoires d’extra-terrestres ont toujours quelque chose d’artificiel, comme si l’auteur avait délibérément choisi une manière de pouvoir raconter n’importe quoi. D’une certaine façon, on peut dire que tous les auteurs choisissent une manière de pouvoir raconter n’importe quoi – après tout, depuis la fin du néoclassicisme, l’art s’est détaché de l’objet qu’il cherche à représenter et il n’y a pas de raison que cela ne touche pas la littérature.

Le problème avec les aventures qui se passent sur d’autres mondes, c’est qu’on en vient à penser un peu trop facilement, et un peu trop consciemment, que c’est n’importe quoi. Tout l’art consiste à exprimer ce qu’on veut – n’importe quoi – sans que cela ne transparaisse. Ou alors, pas trop brutalement.

Bref, le Creuset du Temps a cette particularité de proposer une réflexion sur le temps long, c’est-à-dire sur ces évolutions qui paraissent infimes et qui, au bout du compte, changent complètement la situation. On a l’habitude de lire une aventure qui débute à A avec le héros X et qui finit à B, avec le même X et si possible Y qui serait tombée dans son lit dans le même laps de temps.

Chaque chapitre du livre offre une petite aventure, qui ne serait pas vraiment intéressante si elle n’était pas lue avec les autres. Ce qui fait la force du récit, c’est justement la traversée dans le temps que tout le roman propose. Une civilisation végétale cherche à se sortir de la situation dans laquelle le hasard l’a fourrée, c’est-à-dire sur le chemin d’un champs d’astéroïdes. On l’accompagne depuis ses premières découvertes, au fil des siècles, jusqu’à ce qu’elle parvienne à se rendre compte que ce qui se passe vraiment autour d’elle.

De John Brunner, j’ai préféré Tous à Zanzibar – peut-être parce qu’il était plus humain. Mais j’aime sa maîtrise du récit, et le cours qu’il donne au temps long.

Rédigé par synaptique

septembre 29, 2008 à 11:49

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Conseil Environnemental Municipal

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Depuis près de deux ans, on participe aux réunions d’un groupe de travail environnemental avec une série d’autres associations de São Gonçalo dos Campos, BA. Grâce à coup-fourré politique sur lequel on est tombés, le groupe jusqu’alors informel est devenu le sas d’entrée du nouveau Conseil Environnemental Municipal. Cette semaine, le Forum local a même formalisé l’existence du Conseil et il ne nous reste plus qu’à nous lancer à la poursuite d’un CNPJ – Registre National des Personnes Juridiques (ici, même les communes ont un CNPJ, comme des entreprises – je me sers d’ailleurs de ça dans ma prochaine nouvelle).

Un Conseil Environnemental Municipal, en théorie, ça sert à un paquet de choses : licenses environnementales, propositions de lois, fiscalisation, amendes pour les pollueurs, etc… Dans les faits, il faudra toujours se battre pour faire entrer l’environnement dans les discussions – et pas seulement pour un coup de pub ou de green washing. Nous avons mis sur pied un règlement qui empêche tout contrôle du préfet (bourgmestre) sur les activités du Conseil, et je crois que les autres membres sont conscients du potentiel qu’il représente.

Ici dans le nord-est, la tradition penche plutôt du côté de l’autoritarisme local. L’apparition, ou plutôt la prolifération, des Conseils Municipaux répond surtout à un besoin de se montrer ouvert aux nouveaux concepts – fédéraux – de participation populaire. Dans la réalité, j’ai bien peur qu’ils servent de façade pour l’acquisition de subventions : une grosse campagne de social washing pour ne pas choquer ceux qui ont voté pour Lula et qui s’attendent à ce que la réalité sociale se mette enfin à évoluer.

Rédigé par synaptique

septembre 27, 2008 à 10:24

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C’est la crise en Belgique

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Le mois passé, j’ai donné um cours sur la révolution belge dans une université à Salvador. Pour agrémenter la chose, j’ai décidé d’aborder le sujet sous l’angle du système-monde de Wallerstein. Mettre en perspective la révolution et la crise actuelle est un défi, et parce que les deux évènements semblent se situer à l’exact opposé l’un de l’autre. Après tout, la Belgique a été fondée sous la révolution, et elle semble sur le point d’exploser aujourd’hui.

L’idée que j’ai défendue est qu’il n’y a, au fond, aucune opposition entre la révolution belge et les menaces séparatistes d’aujourd’hui. Pourquoi ? Disons que le territoire que recouvre le Benelux n’a jamais cessé d’être composé d’une mosaïque d’ethnies plus ou moins indépendantes ou autonomes. Plus ou moins, car l’équilibre sur lequel elles se sont basées pour former telle ou telle structure politique n’a jamais été coulé dans le béton.

Autrement dit, la question n’est pas de savoir comment il se fait que la Belgique puisse exploser, mais bien de découvrir quelles sont les éléments qui ont poussé ces différents groupes à s’associer dans l’État belge – et qui les poussent aujourd’hui à s’associer sous une autre combinaison de forces. En effet, on comprend souvent le terme « Belgique » sous son acception moderne d’État-Nation indivisible, alors qu’il recouvre une réalité beaucoup plus nuancée. Parmi ces nuances, on relèvera autant les tribus et cités gallo-romaines que les entités féodales, qui donnèrent à leur tour naissance aux Provinces-Unies (oublions les Espagnols et autres Français un moment).

La perspective du système-monde de Wallerstein offre un filtre intéressant pour comprendre les forces qui contribué à pousser les tribus belges vers l’État belge. À ce niveau,  les XVII Provinces apparaissent comme une étape fondamentale, y compris dans la formation d’une économie-monde qui se concentre sur la Hollande et l’Angleterre aux XVIe et XVIIe siècles, et dans laquelle les premières compagnies d’envergure globale se répartissent le commerce.

Quand on se rapproche de la phase actuelle, c’est la dérégulation de l’économie-monde dans les années 70 qui apparaît comme un trait marquant qui ouvre de nouvelles portes aux vélléités de séparatisme, puisque le contrôle de l’économie sort du giron de l’État pour s’installer dans les compagnies et au coeur des relations qu’elles entretiennent entre elles. À partir de ce moment, les différentes ethnies se sont donc retrouvées face à un nouveau moyen, matériellement parlant, de subvenir à leurs propres besoins. C’est d’ailleurs le cas d’autres mouvements dans l’ensemble de l’Europe (voir la carte).

Pourquoi parle-t-on de séparatisme flamand, alors, et pas de séparatisme anversois ou limbourgeois ? L’analyse du système-monde ne permet pas d’oublier le contexte culturel, et dans ce cas-ci, la lutte linguistique pour la reconnaissance du flamand comme langue officielle. On pourra tout de même ire ce que propose Steve Stijvaert, Gouverneur du Limbourg belge, concernant l’unification des deux provinces, belge et hollandaise.

Vu sous cet angle, ce qui laisse un goût amer dans le mouvement “séparatiste”, c’est son caractère raciste. L’influence de l’idéologie d’extrême-droite est ancrée dans le contexte récent des relations communautaires, au moins depuis la naissance du Vlaams Blok à la fin des années 70. Et dans ce sens, il s’agit sûrement là du plus gros problème à traiter en cas de réelle partition du pays. Pour le reste, c’est inscrit quelque part dans notre culture d’arriver à un compromis – tôt ou tard.

Rédigé par synaptique

septembre 26, 2008 à 10:21

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Introduction

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J’écris ce premier message en pleine crise financière internationale. La première du XXIème siècle. C’est un évènement épatant, un bon coup de destruction créatrice, dans les plus pures règles de l’art. Reste à savoir exactement ce qu’elle va procréer.

Personnellement, je peux déjà répondre. Elle a créé ce blog! Victoire! Obladi oblada!

Rédigé par synaptique

septembre 26, 2008 à 3:07

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