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Le monde est un grand bac à légumes.

Archives de octobre 2008

Un Carnaval hors-saison

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Hier, dimanche 26 octobre 2008, c’était le deuxième tour des élections municipales au Brésil. Le seconde vague de la fête de la démocratie, donc. Tout s’est bien passé, et tous les perdants ont reconnu leur défaite. Même à Rio, où ça s’est pourtant joué à environ 50.000 votes.

Pourtant, un petit village résiste toujours. À São Gonçalo dos Campos, il n’y a toujours pas de nouveau Préfêt. Comment? On n’y a pas fêté la démocratie? Mais qu’est-ce qu’on a foutu?

Reprenons, pour ceux qui n’ont pas suivi. Il y avait 6 candidats, dont deux en situation de net avantage: l’épouse de l’actuelle Préfêt, et l’ex-Préfêt. L’un comme l’autre étaient poursuivis par la Justice, la première parce que son mari ne s’était pas écarté de ses fonctions avant la campagne, et l’autre pour fraude fiscale lors de sa précédente législature. Deux jour avant le premier tour, la candidate renonçait au titre, et c’est son mari – l’actuel Préfêt donc – qui apparaissait comme candidat au grand jour, dans un magistral coup de théâtre de dernière minute. Mais rien n’y fit: le peuple décida de mettre sa confiance dans l’ex-Préfêt, malgré sa condamnation pour détournements d’argent. Avec 7500 votes, il devait passer s’il n’avait ce procès sur le dos.

Bref, nous avons trois scénarios possibles:

- L’ex-Préfêt est innocenté, et prend le pouvoir suivant la volonté populaire;

- L’ex-Préfêt est coupable, et le pouvoir tombe dans les mains du second classé, l’actuel Préfêt;

- L’ex-Préfêt et l’actuel sont tous les deux coupables (faut voir les choses en face: l’actuel Préfêt aussi, pour avoir utilisé son épouse comme potiche afin de tromper l’électeur). De nouvelles élections seraient alors organisées. C’est le moins probable, je ne suis même pas sûr que ce soit possible.

Finalement, c’est bien vrai que les élections, c’est la fête de la démocratie. Et je dirais même plus: les élections, c’est un Carnaval hors-saison.

Rédigé par synaptique

octobre 27, 2008 à 2:32

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C’est combien, ou c’est au kilo?

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Un nouveau film brésilien, de Sergio Blanchi, met en perspective deux âges qu’on imagine trop facilement complètement différents l’un de l’autre. Quanto Vale ou É por Quilo? fait une critique incroyable du business du marketing social. Sur fond d’archives d’époque relatant le commerce d’esclaves au XVIIIe siècle, on découvre une solidarité de façade qui fait succès, destinée à faire du bien moralement aux classes (castes?) les plus élevées.

C’est un sujet vraiment profond, et ça fait réfléchir. Est-ce que ce qu’on fait ici est tellement différent de ce qui est décrit dans le film? Comment être certain qu’au fond, on ne fait pas partie de tout ce jeu, sans même s’en rendre compte?

Au Brésil, le social washing fait rage, presque autant que le greenwashing. Une entreprise socialement responsable se vante à la télévision pour gonfler ses ventes. C’est tendance, mais surtout, ça saute aux yeux de tout le monde: les injustices sont criantes, l’inégalité insupportable. Et dans le même temps, la remise en question du passé est trop dure à aborder.

C’est là qu’apparaît la façade. Si on ne se demande pas ce qui a mené là où on en est, et si ça n’apparaît pas au grand jour, il y a une sorte d’utilisation du phénomène qui se met en place. Le marketing social se nourrit de la misère, sans modifier les structures qui la créent.

Parvenir à ce que les structures changent, c’est difficile. Mais c’est là qu’on trouve ce qu’il y a de vraiment intéressant dans le fait de travailler dans le social. Encore plus quand la société est ultra-inégalitaire. Mais parfois, le plus compliqué n’est pas de mettre en évidence ce qui maintient les gens dans la merde – c’est de l’expliquer à ceux qui y sont.

Rédigé par synaptique

octobre 25, 2008 à 8:40

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Au troisième essai…

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Le maracujá (du tupi, mara kuya – fruit qui se sert), en bon français le fruit de la passion, a un effet calmant. C’est encore plus vrai pour sa version sauvage, et on m’a raconté l’histoire suivante: une petite fille de 5 ans en a bu un bon verre, et s’est endormie presque sur le champ, pour une journée entière. À son réveil le lendemain, la première chose qu’elle a demandé, c’est si il en restait encore. Calmant, donc, mais aussi hautement addictif. Prenez garde la prochaine fois que vous commandez une glace.

Depuis que je suis ici, j’ai fait trois tentatives pour en planter. La première fois, mon plant a bien poussé jusqu’à atteindre environ deux mètres, puis il a seché en un clin d’oeil. La deuxième fois, j’avais 3 plants et ce sont les chenilles qui s’en sont chargées. La troisième fois, c’est maintenant. Il s’agit de l’ultime survivant de l’attaque des chenilles, que je pensais mort, et qui est pourtant reparti. Tellement bien qu’il porte déjà un paquet de fruits, et encore quelques fleurs. Voyez plutôt.

J’espère qu’une infestation d’insectes ne viendra pas ruiner tous mes efforts, et que nous aurons bientôt quelques bons fruits à récolter. Miam.

Rédigé par synaptique

octobre 23, 2008 à 9:35

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L’univers globalisé

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Comme je suis vicié à l’informatique (je l’avoue, sans crainte des conséquences), on vient de temps en temps me demander de faire un CV. Chouette, je me dis. C’est une excellente occasion de jeter un oeil sur la réalité “professionnelle” de la région. Et je me jette donc aveuglément à la tâche.

Il existe deux grands abattoirs de poulets installés dans la commune (on est dans le triangle avicole du Nordeste), qui sont de véritables moulins à employés. Ils offrent un emploi pour la main-d’oeuvre non-qualifiée et un salaire minimum, mais personne n’y tient très longtemps. Ils ont donc souvent besoin de nouveaux employés, toujours non-qualifiés.

Sur les CVs, un détail est plus intéressant que les autres: 90% d’entre eux contiennent la même phrase préfabriquée, insérée sous le titre “Objectif”. La voici:

Buscar o crescimento da empresa e desenvolver um trabalho de qualidade visando um desempenho de competitividade com o mercado, diante do universo globalizado. (Rechercher la croissance de l’entreprise et développer un travail de qualité en visant une prestation en compétitivité avec le marché, face à l’univers globalisé).

Rien à faire, ça m’interpelle. Je trouve vraiment émouvant de voir qu’à São Gonçalo dos Campos aussi, on est complètement en phase avec la world economy. Ici messieurs les investisseurs, nos travailleurs sont préparés dès le plus jeune âge pour effectuer les tâches nécessaire à la croissance de votre compagnie. Y compris si vous l’exigez, à faire des heures supplémentaires non-rémunérées, à condition bien sûr que ce soit pour le bien de la compétitivité.

En fait, cette phrase ne veut absolument rien dire. En fait, j’ai même honte à chaque fois qu’on me demande de l’ajouter, comme si c’était quelque chose d’essentiel. J’essaie bien de leur demander: “D’accord, mais essayons de trouver une formule plus personnelle. Que penses-tu pouvoir leur apporter?” Mais alors, c’est le mur. Le grand vide.

La raison de ce silence, elle est généralement juste en-dessous, sous le titre “Études”. C’est là qu’on voit la réalité pure et dure du pays, celle dans laquelle il s’est laissé enfoncé pendant plus d’un demi-siècle, d’abord par les militaires,puis par leurs successeurs au pouvoir.

Ensino fundamental incompleto. (École primaire incomplète).

Rédigé par synaptique

octobre 21, 2008 à 6:26

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L’arbre qui donne à boire

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Parlons un peu nature. On ignore souvent que dans nord-est du Brésil, il y a une zone au climat très différent des régions qui l’entourent: c’est le sertão, le semi-aride.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la pluviométrie moyenne y est plus élevée qu’en Belgique. Le problème, c’est qu’à cause du soleil, la majeure partie de de l’eau s’évapore quelques heures après être tombée, comme s’il n’avait pas plu.

Au milieu de tout ce bouillon atmosphérique, il y a une plante qui a réussi à s’en sortir. Elle s’appelle umbú. Son nom vient du tupi-guarani, ymbu, qui signifie arbre-qui-donne-à-boire. Il donne un fruit qui ressemble au citron, sauf qu’il est plus petit et moins acide. Il sert à faire des jus de fruits, du vinaigre ainsi que la fameuse umbuzada. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, ce n’est pas lui qui donne à boire.

En creusant dans le sol, on trouve le moyen que l’umbuzeiro a développé pour supporter la sècheresse: de gros tubercules, appelés xilopódos en portugais, qui peuvent emmagasiner jusqu’à 3000 litres d’eau. Et c’est là que ça devient impressionnant: les conditions semi-arides ne sont sans doute pas apparues du jour au lendemain, sinon l’arbre n’aurait pas eu le temps de s’adapter. Restent deux possibilités: soit la région est lentement en train de se désertifier, soit elle a toujours été dans un état second, oscillant entre la sècheresse et des périodes plus humides.

Comme son nom est en tupi-guarani, les origines du phénomène sont forcément pré-colombiennes. La Historia Naturalis Brasiliae, éditée par l’Anversois Johan De Laet dans la première moitié du XVIIe siècle, évoque le goût sucré de l’eau que contiennent les raçines. Pour remonter plus haut, il faut sans doute commencer à chercher l’époque à laquelle le tupi-guarani s’est répandu dans la région. Chose qui promet d’être plutôt compliquée.

En attendant, l’arbre est beau et ses fruits sont jolis.

Rédigé par synaptique

octobre 18, 2008 à 8:30

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Renaissance

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Le film d’animation sci-fi fait une entrée en force dans la vidéothèque près de chez moi. Je ne sais pas ce qui leur prend, mais c’est une très bonne idée.

Renaissance est un film de Christian Volckman (2006). C’est une histoire sombre, d’ailleurs c’est en noir et blanc. Pourtant, le film est réalisé avec des techniques de dessin et d’animation vraiment exceptionnelles. Tout se déroule dans un Paris des années 2050, où les marges de la Seine sont transformées en tunnel transparent, au-dessus duquel les piétons peuvent se promener tranquillement.

C’est l’histoire d’un policier qui se mêle d’une histoire d’enlèvement étrange dans un monde où tout est surveillé, filmé. Une fille, un rapport, une corporation pharmaceutique. Vous direz: “Ouais, encore le coup classique!” Mais ne vous laissez pas berner, ce n’est qu’une façade.

Rédigé par synaptique

octobre 17, 2008 à 1:29

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Dépendance et loups-garous

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Une chose étrange m’est apparue d’un coup, comme ça arrive souvent avec les choses étranges. Après tout, si on s’en rendait compte petit-à-petit, ça serait beaucoup moins bizarre.

L’un des spectacles mis en scène par l’association vient des histoires racontées par Bó, le conteur. Il explique sa perspective sur la vie à São Gonçalo quand il était petit, c’est-à-dire dans les années 50. Entre autres choses, raconte-t-il, dans ces contrées, il y avait à l’époque un tas de loups-garous.

Et tous les gamins d’y croire dur comme fer. Forcément, direz-vous, c’est un ancien qui l’a dit – ça ne peut qu’être vrai. Les plus costauds font semblant de se moquer des plus petits, mais dans le fond, ils se mettent tous à courir pour rentrer chez eux, une fois la nuit tombée. Et tout le monde sait qu’elle tombe vite, sous les Tropiques. Paf! En moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Mais la chose étrange ne m’est apparue que bien plus tard. Et pourtant, c’est évident. Au Brésil, les seuls loups sont au zoo. Ou empaillés, au musée (bien qu’il n’y a pas beaucoup de musées non plus). À la rigueur, on pourrait dire qu’à l’époque, la ville était remplie de chats sauvages, ou bien de chiens errants zombies, mais c’est beaucoup moins traumatique.

Pourtant, et vous allez comprendre où je veux en venir, c’est bien le loup-garou, incarnation du Haut Mal, qui s’est installé dans l’imaginaire de toute la population comme symbole de l’Abomination contre-nature. Sans que quiconque ait jamais vu un seul loup, ni même entendu leur hurlement au loin, par une nuit embrumée.

Voilà ce qu’on pourrait appeler un phénomène de domination culturelle, de colonisation mentale imposée par la fraction européenne de l’immigration brésilienne à tous les autres peuples – Indiens, Africains et Asiatiques – qui composent aujourd’hui la population du pays. Dans un sens, il s’agit d’une domination light, puisque depuis le retour de la démocratie dans les années 80, on n’utilise plus les armes, la torture et les disparitions pour contrôler les gens.

D’un autre côté, c’est une forme ultra-violente de dépendance, où les gens ont perdu leur capacité à réfléchir sur base de leur propre environnement. Décérébrés de cette façon, ils se basent sur une série de préceptes qui leur sont imposés de l’extérieur, à un tel point qu’ils ne perçoivent même plus le fait qu’il s’agit de reférences issues d’un autre monde.

Un jour, un ami m’a demandé si je pensais que le Brésil était un pays occidental. J’ai dit que non, et voici une des raisons.

Rédigé par synaptique

octobre 15, 2008 à 5:10

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Deux Tours du Monde en moins de 20 Minutes

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En 1990, un brésilien appelé Jorge Furtado a filmé le court-métrage Ilha das Flores (L’île des Fleurs). Il retrace tout le parcours de notre consommation, depuis la fameuse ferme de tomates de monsieur Suzuki, à la décharge située sur la non moins fameuse île où les porcs mangent avant les humains. Tout y est montré sur le ton d’une présentation scientifique, qui fait rire au début, et beaucoup moins à la fin.

Le court-métrage sert de support pour l’éducation au développement, et je me souviens de l’avoir (re)vu avant de partir en Inde. Je crois que pas mal d’ONG en Belgique l’utilisent encore, malgré son âge.

Plus récemment, j’ai trouvé un autre court-métrage avec la même proposition. Il s’appelle Story of Stuff (La Vie d’un Truc), réalisé par Anne Leonard. C’est plus simplement illustré, mais la perspective est un peu plus actuelle.

Rédigé par synaptique

octobre 12, 2008 à 12:43

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La Fin de l’Histoire bis

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Quand on a un blog, il est de bon ton de parler des affaires du monde. C’est comme ça qu’on devient “considéré” par un public cultivé – ce qui est, évidemment, l’objectif de tout blogueur.

Lisons un instant la belle plume de Françis Fukuyama dans Le Monde, La chute d’America Inc.

C’est amusant de lire tout cela d’un homme qui, voici une petite décennie, établissait la Fin de l’Histoire. L’évolution était arrivée à son apogée, on y était enfin, après toutes ces années de dur labeur, mais ça avait finalement payé. Le monde avait trouvé un moule imparable, dans lequel il pourrait prospérer à tout jamais. Des démocraties libérales partout sur la planète, c’était son rêve. Elles compétiraient sans relâche, s’appuyant les unes sur les autres pour s’écrouler et se relever dans une langoureuse valse autrichienne.

Mais voilà qu’on nous explique autre chose. Si c’est depuis l’administration Reagan que les têtes pensantes se sont trompées, à l’époque où ils préchaient tous le puritanisme économique aux côtés de Madame Tatcher, alors il faut supposer qu’il y avait bien une autre alternative (There Is No Alternative). Et si c’est avec Reagan qu’ils se sont trompés, que dire de ce qui a amené à lui?

Rien non plus dans le texte ne laisse à penser qu’après Reagan, il ait pu y avoir d’autre erreurs encore plus graves. Le Project for a New American Century, Fukuyama lui-même en a pourtant fait partie. Et quand George Walker Bush a décidé de se lancer dans la guerre pour la liberté, il avait une large école (au sens pythagoricien) derrière lui.

Dans son article, Fukuyama ne met en valeur aucune alternative, de la même manière que la politique étrangère américaine n’a envisagé aucune alternative avant de se lancer, et de se vautrer, dans un projet de refondation de son hégémonie, où le système des démocraties libérales ne peut fonctionner que sous l’égide d’un maître. C’est ce double-language intrinsèque qui ouvre grandes les portes aux critiques contre l’impérialisme, ou domination sans hégémonie.

Rédigé par synaptique

octobre 11, 2008 à 12:16

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Résonnance

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Je suis en train de monter le scénario d’une autre nouvelle. Elle se situe dans le continuum de la précédente que j’ai écrite, Pour quelques fibres de plus. C’est la première fois que je passe autant de temps à élaborer un scénario, étape-par-étape, et j’espère que ça va me faciliter la tâche au moment de raconter l’histoire.

Bon, là-dessus au moins, tous les auteurs sont d’accord: il faut préparer, critiquer, préparer encore, et surtout critiquer encore plus. Après ça, l’histoire est enfin prête pour un premier jet approximatif. Il existe quelques bons coins pour la science-fiction en général et le cyberpunk en particulier, comme cybRpunk ou writesf.com. La Science Fiction and Fantasy Writers of America propose aussi pas mal de bonne aides, dont un petit lexique écrit par Bruce Sterling lui-même.

C’est toujours amusant de voir comment les historiens de l’art arrivent à décaper les tableaux de maîtres pour y retrouver les couches d’essais qui ont précédé la version qu’on expose dans le musée. Ça me rappelle une exposition sur Bloch que j’ai vue à Rotterdam, presque entièrement composée de petits croquis faits au crayon. Bloch aurait fait un bon auteur de bédé, d’ailleurs.

Pour revenir à l’histoire, elle se déroule à Bahia, évidemment. J’aimerais parvenir à créer un cyberpunk latino, c’est-à-dire un contexte identique aux histoires qui se déroulent généralement aux États-Unis ou au Japon. Je n’y connais d’ailleurs que deux exceptions: Tous à Zanzibar, de John Brunner et L’Âge de Diamant, de Neal Stephenson. Et maintenant que j’y pense, en voici un troisième: Les Mailles du Réseau, de Bruce Sterling. Bon, d’accord, on pourrait éventuellement ranger Babylon Babies, de Maurice G. Dantec, dans la même catégorie. Mais une chose est sûre, le Nord global y reste toujours la reférence majeure.

À ma petite échelle, le Brésil du futur se morcelle en petites communautés féodales, dominées par des élites qui ont les moyens de s’ouvrir les yeux sur le monde, et qui – bien entendu – s’en réservent le privilège. Autour d’elles, d’immenses consortiums globaux, et un État qui cherche à refonder son pouvoir. Au coeur de l’une de ces communautés, deux vies entrent en résonnance sans jamais se croiser.

Rédigé par synaptique

octobre 9, 2008 à 5:17

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