Archives de mars 2009
Un peu de météo bahiana…
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(fr) Il y a une chose qui m’intrigue depuis un bon bout de temps. Depuis que je suis ici, le vent dominant vient de l’est. Normal, c’est là qu’il y a l’Océan Atlantique. Les bourrasques s’engouffrent sur la Baie de Tous les Saints, remontent la vallée du Paraguaçu, jusqu’aux coteaux du Jacuípe, qui n’est pas à plus d’un kilomètre d’ici en contre-bas. Pourtant, quelques fois par an, il se produit un évènement étrange. Le vent change de direction. Oui madame, il se met à souffler de l’ouest, du Sertão voire de l’Amazonie. Si ce n’était que ça, on dirait, hé bé, grand bien lui fasse, au vent. Ce qui est drôle, c’est que le phénomène est presque tout le temps synonyme d’averses diluviennes. La semaine passé, j’ai observé le même phénomène en plein Salvador, c’est-à-dire à moins d’un kilomètre de la côte. Le vent s’est mis à souffler de l’intérieur. Au-dessus de moi, il y avait une moitié du ciel grise, et une autre bleue. Malgré la poussée du vent, les nuages n’arrivaient pas à passer la plage. Comme un barrage. L’humidité a augmenté, mais il n’a plu que trois gouttes, et le vent est vite repassé à l’ouest. On est en pleine saison sèche, il n’a pas plu depuis longtemps déjà. |
(pt) Tem uma coisa que eu acho estranhíssima há algum tempo. Desde o dia que eu cheguei aqui, o vento dominante vem o leste. Normal, é por ali que tem o Oceano Atlântico. O vento entra na Baía de Todos os Santos, sobe pelo vale do Paraguaçu, até as colinas do Jacuípe, que não está bem longe daqui. Algumas vezes por ano, acontece um fenômeno diferente. O vento muda de direção. Sim Senhora, ele começa a soprar do oeste, do Sertão ou da Amazônia. Se fosse só isso, a gente poderia dizer: Oxente! Que vento bom. O que é engraçado, é que o fenômeno quase sempre chama com chuvas diluvianas. Semana passado, observei a mesma coisa em Salvador, ou seja, a menos de um quilometro da praia. O vento começou a soprar do interior. Em cima de mim, uma metade do céu era azul, e a outra cinza. Mesmo com o vento, as nuvens não conseguiam ultrapassar a beira do mar. Feito uma barragem. A umidade subiu, mas choveu apenas três gotinhas, e o vento voltou para o leste. Estamos no meio da estação seca, não choveu faz tempo. |

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Comment expliquer cette augmentation d’humidité lorsque le vent vient de l’intérieur, au point de saturer et de finir en pluie ? Normalement, il y fait plus sec que sur le litoral. Autre bizarrerie, les cartes indiquent une dépression de 759 mmHg (1008 hPa) au large de la côte. Mon baromêtre en indique 744 (991 hPa)… Peut-être qu’il est cassé ? |
Como explicar tal aumento de umidade quando o vento vem do interior, ao ponto de saturar e acabar em chuva? Normalmente, lá é mais seco que no litoral. Outra coisa, os mapas indicam uma depressão de 759 mmHg (1008 hPa) em mar alto. O meu barômetro indica apenas 744 (991 hPa)… Talvez esteja quebrado? |
De Cancún à Londres
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(fr) À Cancún, lors de la Conférence Ministérielle de 2003, l’Organisation Mondiale du Commerce a vécu son premier revers. À l’époque, le bloc du G20 (à ne pas confondre avec l’actuel G20, qui va se réunir à Londres pour sauver la planète) avait rassemblé suffisamment de forces pour faire tomber les négociations. Le but est clair :
Lors de la dernière Conférence Ministérielle de Genève, cinq ans plus tard, le Brésil a décidé de s’opposer aux positions tenues par l’Inde, l’Argentine et la Chine, et de se ranger en faveur de l’accord qui était sur la table. Comment expliquer cette situation ? Que s’est-il passé depuis Cancún ? Tout d’abord, il faut rappeler que le Brésil appartient aussi au Groupe de Cairns, qui rassemble depuis 1994 les principaux pays exportateurs agricoles (presque toute l’Amérique du Sud, mais aussi le Canada, l’Autralie et le Pakistan). Leur position commune est évidemment de s’opposer aux subsides versés aux agriculteurs des États-Unis, de l’Union Européenne ou du Japon. Samuel Pinheiro Guimarães résume les objectifs brésiliens comme ceci :
Le profil de l’agriculture brésilienne lui donne pourtant un autre regard sur la situation. Sa production agricole est largement excédentaire, et donc exportatrice, dans de gros secteurs, tels que le soja, le sucre et le maïs, et dans une moindre mesure, la viande (pt). Au contraire, l’Inde ou la Chine, qui sont d’énormes producteurs, mais dont la population est tout aussi gigantesque. Bref, au Brésil, les objectifs en matière d’agriculture n’ont pas d’effet direct sur l’ensemble de la population, ce qui permet à sa politique extérieure une plus grande marge de manoeuvre. L’arrêt des subsides peut y être considéré comme un but en soi, et quand la Secrétaire au Commerce américaine, Susan Schwab, a finalement proposé de limiter les subsides à 80% de leur niveau de l’année antérieure, le Brésil aura vu là une bonne occasion de remplir ses propres objectifs (en). Aujourd’hui, Celso Amorim appelle à la reprise des négociations de Doha : « Doha n’est pas un gros accord de libre commerce, mais un changement de règles pour le mieux, pour tout le monde. Il vise, principalement, à parvenir à l’élimination des subsides, à implémenter un système libre de quotas et de tarifs pour les pays pauvres, et renforcer le système multilatéral, qui renforce aussi la paix. » (pt). Que dire alors de l’AGCS, de l’ADPIC ou des matières de Singapour (fr). D’ailleurs, en parlant d’investissement et de finances, un autre G20 va se retrouver cette semaine à Londres pour discuter de nouvelles règles, nécessaire à la poursuite des affaires du monde libre. Le résultat risque d’être éclairant sur la réalité du « changement de règles ». |
(pt) Em Cancún, durante a Conferência Ministerial de 2003, a Organização Mundial do Comercio vivenciou o seu primeiro fracasso. Na época, o grupo do G20 (a não confundir com o atual G20, que vai se reunir em Londres para salvar o planeta) tinha juntado bastante força para desviar as negociações. O objetivo era claro:
Durante a última Conferência Ministerial em Genebra, cinco anos depois, o Brasil resolveu se opor às posições da Índia, da Argentina e da China, e se posicionar a favor do acordo que estava na mesa. Como explicar tal situação? O que aconteceu depois de Cancun? Primeiro, é preciso lembrar o fato que o Brasil pertence também ao Grupo de Cairns, no qual os principais exportadores agrícolas estão juntos desde 1994 (quase toda a América do Sul, o Canadá, a Austrália e o Paquistão…). A posição deste grupo de opor-se aos subsídios pagos aos agricultores nos Estados Unidos, na União Européia ou no
No entanto, o próprio perfil da agricultura brasileira proporciona um outro olhar na situação. A sua produção tem muitos excedentes, e se torna exportadora em setores importantes como a soja, o açúcar e o milho, assim como também as carnes (pt). Ao contrário da Índia e da China, enormes produtores também, cujas populações são gigantes. Enfim, no Brasil, os objetivos agrícolas não têm efeitos direitos na maioria da população, permitindo uma política exterior muito mais livre. O fim dos subsídios pode ser considerado como um objetivo em si, e quando a Secretária ao Comercio americana, Susan Schwab, falou que limitaria os subsídios a 80% do valor do ano anterior, foi bastante para a diplomacia brasileira, mas não para a indiana (en). Hoje, Celso Amorim propõe a retomada das negociações de Doha: “Doha não é um grande acordo de livre comércio, mas uma mudança de regras para melhorar para todos. Visa, principalmente, chegar à eliminação de subsídios, implementar um sistema livre de cotas e tarifas para os países pobres e o reforçar o sistema multilateral, que fortalece, inclusive, a paz” (pt). O que dizer então do Acordo Geral sobre o Comercio de Serviços, ou do Acordo sobre Direitos de Propriedade Intelectual relativos ao Comercio, ou das matérias de Cingapura? (fr). Falando de investimento e finanças, um outro G20 vai se reunir esta semana em Londres, para discutir de novas regras, necessárias à boa marcha dos negócios do mundo livre. O resultado será esclarecedor em relação à aquela “mudança de regras”. |
Jukebox: Invaders Must Die
Sur les prisonniers politiques
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(fr) L’idée m’était venue parce qu’un ami était rentré – heureux, mais surtout libre – de Cuba. Au même moment, j’ai vu un reportage énumérant le nombre de prisonniers politiques détenus sur l’île. Ce qui en soit, n’est pas très exceptionnel. Mais j’ai pensé à une chose. C’est tout de même incroyable comme ils enferment facilement, là-bas. Ici, comme d’ailleurs en Belgique, tout ce qui est lié de près ou de loin à la politique échappe de la détention avec la même prestence qu’on y tombe dans les Caraïbes. Il suffit de voir les trois Guy, ces fameux hommes politiques belges qui ont plongé quand ils se sont fait acheter pour une vente d’hélicoptères Agusta (fr). L’un d’entre eux vient de publier un éminent livre sur le prétendu caractère socialiste de Monsieur le Président Obama. De l’autre côté de l’Atlantique, on nage en plein surréalisme, au coeur de l’enquête sur Daniel Dantas, visiblement lié à l’ensemble de la classe politique, qui avait déjà été libéré par habeas corpus (pt), et qui vient d’avoir ses biens aux États-Unis débloqués par la justice (pt). Aujourhui, on ne parle plus que des abus de pouvoir commis par l’inspecteur au cours de l’enquête. Depuis deux jours, je me suis demandé comment je pourrais aborder les choses. On peut dire qu’il y a peu de points commun entre un journaliste qui écrit un article contraire au régime, et un parlementaire véreux. L’un publie un avis – peut-être faux, mais est-ce le plus important – tandis que l’autre trompe directement son électorat. Mais ils ont tous les deux un impact sur la société, ce qu’on peut appeler un acte politique, surtout à partir du moment où la société a quelque chose à dire.
D’après Amnesty, les prisonniers politiques proprement-dit ont utilisé la violence, ou ont incité d’autres à l’utiliser, pour exposer leurs idées. Les prisonniers d’opinion, quant à eux, se sont exprimé pacifiquement. Ce sont eux que l’ONG cherche à libérer partout dans le monde (fr). Où faut-il caser ceux qui détournent des fonds publics ? Alors que cela constitue un acte politique, la corruption est assimilée à un crime de droit commun – comme un vol à l’étalage – avec tous les recours que cela entraîne: de toute façon, le Conseil de l’Europe rappelle que là où il y a des prisonniers politiques (pour rappel, un terme non défini légalement), il n’y a pas de démocratie. Peut-être a-t-on peur du fait que, si on revient avec la notion de “crime politique”, c’est la porte ouverte aux régimes totalitaires… En attendant qu’on trouve une réponse, c’est la porte de la prison qui reste ouverte pour tous ces gens-là. Même à Cuba. |
(pt) A idéia me apareceu porque um amigo meu voltou – feliz, mas, sobretudo livre – de Cuba. No mesmo momento, eu assisti uma reportagem contabilizando o número de prisioneiros políticos detidos na ilha. Em si, isto não é tão excepcional. Mas pensei em uma outra coisa. É uma coisa simplesmente inconcebível como eles colocam facilmente na cadeia por aí. Aqui, como na Bélgica, tudo o que fica ligado à política, de perto ou de longe, escapa da detenção com tanta velocidade quanto se cai nela no Caribe. Basta ver os três Guy, aqueles famosos políticos belgas que mergulharam quando foram pegos por serem comprados em uma venda de helicópteros Agusta (fr). Um deles acaba de publicar um livro proeminente sobre o pretendido caráter socialista do Senhor Presidente Obama. Do outro lado do Atlântico, nadamos em pleno surrealismo, com a investigação sobre Daniel Dantas, visivelmente ligado a toda classe política, que já tinha sido liberado por hábeas corpus (pt) e que teve agora seus bens liberados pela Justiça americana (pt). Hoje, só se fala sobre os abusos cometidos pelo delegado, durante a investigação. Há dois dias que eu me perguntava como abordar o assunto. Pode se dizer que tem pouca semelhança entre um jornalista que escreve um artigo contrário ao regime, e um político ladrão. O primeiro apenas exprime uma opinião – mesmo se for falsa, afinal nem é tão importante – enquanto o outro engana direitamente o eleitorado. Ambos têm uma influência na sociedade, que podemos chamar de ato político, sobretudo quando a sociedade tem algo a dizer.
Segundo Amnesty, é preciso fazer duas categorias. Os prisioneiros políticos usaram a violência, ou incentivaram o uso da violência, para expor as suas idéias. Os prisioneiros de opinião, por sua parte, se exprimiram pacificamente. São eles que a ONG busca libertar no planeta todo (fr). Onde será que devemos pôr os que desviam fundos públicos? Embora isso constitua um ato político, a corrupção é assimilada a um crime comum – igual ao furto – com todos os recursos que permite: de qualquer modo, o Conselho da Europa lembra que onde têm prisioneiros políticos (lembrando, um termo que não é definido legalmente), não há democracia. Talvez temam o fato de que, se voltamos com o conceito de “crime político”, a porta estará aberta para os regimes totalitários… Enquanto não achamos uma resposta, é a porte do penitenciário que fica aberta para todas estas pessoas. Até em Cuba. |
Le guarani, troisième langue du Mercosul
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Français Cette année, le guarani est en passe de devenir la troisième langue de travail du Mercosul, le plus gros marché commun d’Amérique Latine (pt). Langue officielle reconnue par le Conseil depuis 2006, il se pourrait donc qu’un jour un discours au Mercosul puisse être prononcé en guarani et que tous les documents officiels soient traduits, à l’image de ce qui se fait en Union Européenne. La nouveauté évidemment, c’est qu’ici, il s’agit d’une langue précolombienne. D’après Héctor Lacognata, député paraguayen, il y a près de 15 millions de personnes parlant guarani (es). Ce qui en ferait la langue native la plus répandue du continent, devant le quéchua. Le guarani est langue officielle au Paraguay depuis 1992, ainsi que dans la province argentine de Corriendes. La langue a été systématisée par les Jésuites au XVIIème siècle (pt), à l’époque où la Compagnie de Jésus cherchait à faire une petite place entre les Espagnols et les Portuguais pour s’opposer à leur système d’encomiendas, et fonder un royaume authentiquement chrétien basé sur leurs enseignements dans les reductiones. C’est chez les Guaranis qu’ils ont commencé, en 1609 – voir le film Mission, avec Robert De Niro (en). Linguistiquement, le guarani fait partie de la sous-famille tupi-guarani du tronc tupi. Il s’agit d’une construction linguistique regroupant toutes les populations parlant une langue tupi, de la même manière qu’on a regroupé le latin, le germain et l’hindou dans la catégorie des langues indo-européennes. On situe leur origine en Amazonie autour du Vème siècle. De là, ils se seraient divisés en deux branches, l’une au sud (guarani) et l’autre vers l’est (tupi). |
Português Este ano, o guarani está perto de se tornar a terceira língua de trabalho do Mercosul, o maior mercado comum da América Latina (pt). Língua oficial reconhecida pelo Conselho desde 2006, é possível que um dia, os discursos no Mercosul possam ser pronunciados em guarani, e que todos os documentos oficiais sejam traduzidos, a imagem do que se faz na União Européia. A novidade, naturalmente, é que se trata de uma língua pré-colombiana. Segundo Héctor Lacognata, deputado paraguayo, existem perto de 15 milhões de pessoas falando guarani (es). Seria então a língua nativa a mais falada do continente, na frente do quéchua. O guarani é língua oficial no Paraguay desde 1992, assim como na província argentina de Corriendes. A lingua foi sistematizada pelo Jesuitas no século XVII (pt), na época em que a Companhia de Jesus buscava um lugar entre os Espanhóis e os Portugueses para opor-se ao sistema das encomiendas, e fundar um autentico reino cristão fundado nos seus ensinamentos nas reductiones. Foi no território guarani que eles começaram, em 1609 – veja o filme A Missão, com Robert De Niro (en). Linguisticamente, o guarani faz parte da família tupi-guarani, do tronco tupi. Trata-se de uma construção lingüística juntando todas as populações falando uma língua tupi, de mesmo modo que grupamos o latim, o germano e o hindu na categoria das línguas indo-européias. A origem deles se situe na Amazônia, por volta do século V. Daí se dividiu em dois ramos, um para o sul (guarani) e o outro para o leste (tupi). |
Quand la rumeur est Loi…
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Français Quand mes voisins ont disparu, il n’a pas fallu attendre bien longtemps avant de savoir ce qui s’était passé. Une des femmes du quartier, celle qui nourrit les chats en leur absence nous a tout raconté dans le moindre détail. Un beau matin, c’était un samedi, mes voisins – appelons-les Jean-Paul et Chantale – étaient tranquillement en train de boire une bière dans un petit bar. Le samedi, c’est le jour du marché, et il y a plein de monde. Hé bien justement, à un moment donné, une bagarre éclate. Chantale s’en mêla, elle qui n’est pas connue pour être une couarde (je l’avais déjà vue à l’oeuvre avec le pauvre Jean-Paul). Résultat, les choses s’enveniment, et elle brise une bouteille sur le comptoir, menaçant son adversaire avec le goulot coupant. Après cet évènement, évidemment, leur réputation dans la petit ville était faite et, menacés des pires représailles, il ont donc décidé de faire leurs bagages et de disparaître un bout de temps. Il y a quelques jours, j’ai regardé la TV Senado – un canal qui retransmet la vie quotidienne des Sénateurs et des sujets d’intérêt national (pt). C’était une réunion mixte de la Commission des Relations Extérieures et de celle des Droits de l’Homme avec le Ministre de la Justice, pour discuter de l’affaire Cesare Battisti, cet Italien réfugié au Brésil qui est condamné pour des actes de terrorisme commis dans les années 70 (fr). À un moment donné, un Sénateur – nous l’appelerons Auguste – établit un lien entre le cas de Battisti et celui de deux boxeurs cubains, qui furent extradés sur l’île à la fin des Jeux Panaméricains, pour mettre en évidence la complaisance du gouvernement envers les terroristes et dictateurs communistes. Pour appuyer son discours, il renvoyait à de nombreux reportages publiés dans différents hebdomadaires bien connus au Brésil. Quel est le rapport entre ces deux histoires ? L’une comme l’autre, elles sont basées sur les récits de tiers. C’est-à-dire qu’elles dépendent entièrement de ce qu’un intermédiaire en a dit ou pensé. J’ai quand même revu Jean-Paul depuis ce fameux samedi. Je ne lui ai pas demandé si c’était bien vrai que Chantale avait cassé une bouteille sur un comptoir, évidemment, mais il m’a dit qu’ils habitaient désormais dans la ville voisine, et qu’il avait trouvé un emploi. Dans le fond, je me fous de la raison pour laquelle ils ont décidé de déménager. Par contre dans un Sénat, j’ai comme l’impression qu’il manque quelque chose. Ces gens-là ont les moyens de faire appel à des experts en droits de l’homme, à des avocats… Ils peuvent même mettre la main sur le procès-verbal rédigé par la police. Celui où les Cubains, avec leur avocat, répètent qu’ils veulent rentrer chez eux (pt). Si une presse libre constitue bien le quatrième pouvoir dans une société démocratique, encore faut-il que des Sénateurs apprennent à ne pas s’y soumettre. |
Português Quando meus vizinhos desapareceram, não demorou muito tempo até saber o que tinha acontecido. Uma das mulheres do bairro, aquela que alimenta os gatos na ausência deles, contou todos os detalhes. Por uma bela manhã, era um sábado, os meus vizinhos – os chamaremos de João e Maria Paula – estavam tranquilamente tomando uma cervejinha num boteco. Sábado, é dia de feira, e as ruas estão cheias. Pois justamente, então, rola uma briga. Maria Paula parte por cima, ela que não é conhecida para ser covarde (eu já a tinha visto lutando com o coitado do João). Afinal, a coisa fica feia. Maria Paula acaba quebrando uma garrafa na mesa e ameaça o seu adversário com o vidro. Depois deste evento, naturalmente, a reputação deles estava feita na cidadezinha e, ameaçados das piores retaliações, decidiram de fazer as malas e desaparecer por algum tempo. Poucos dias atrás, eu assisti a TV Senado – o canal que transmite a via cotidiana dos Senadores e dos assuntos de interesse nacional (pt). Era uma reunião mista da Comissão das Relações Exteriores e dos Direitos Humanos com o Ministro da Justiça, para debater do caso Cesare Battisti, aquele Italiano refugiado no Brasil que está condenado por atos de terrorismo cometidos nos anos 70 (pt). Em certo momento, um Senador – chamaremos ele de Augusto – faz uma relação entre o caso Battisti e os dois boxeadores cubanos que foram levados de volta para a ilha no final do Jogos Pan-americanos, para ilustrar a atitude favorável do governo para os terroristas e ditadores de comunistas. Para comprovar o seu discurso, mostrava numerosos artigos publicados em várias revistas semanais muito conhecidas no Brasil. Qual é a ligação entre estas duas histórias? Uma quanto a outra, estão baseadas em relatos de terceiros. Ou seja, dependem integralmente de o que um intermediário falou ou pensou. Vi o João depois daquele sábado. Não perguntei se era bem verdade que Maria Paula tinha quebrado uma garrafa naquele bar, mas ele me contou que agora moravam na cidade vizinha, e que tinha um emprego. Afinal, não me importa porque decidiram mudar-se. Mas no caso do Senado, me parece que está faltando algo. Aquelas pessoas podem chamar peritos, expertos em direitos humanos, advogados… Podem até encontrar o relatório da policia. Aquele onde os Cubanos, junto com o advogado deles, repitam que querem voltar para a casa (pt). Se uma imprensa livre constitui bem o quarto poder em uma sociedade democrática, ainda precisa que Senadores aprendam a não se submeter a ela. |
C’est la faute à Lula!
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Français Dans l’hebdomadaire Veja du 4 mars, se trouve un article (pt) écrit par un économiste appelé Maílson da Nóbrega, et dont le titre est “Pourquoi le Brésil ne casse-t-il pas.” Installé à la fin d’un long article reprenant 10 raisons pour lesquelles le Brésil est bien armé face à la crise globale, Maílson da Nóbrega sert de contre-pied à la thèse de l’optimisme, en mettant en évidence la seule chose qui pourrait mettre le Brésil dans une sale situation. C’est-à-dire, la politique économique de l’État, incarné par Lula. À la base de la question, il y a une évidence. Les politiques économiques d’un État sont très capables de ruiner un pays, notamment au niveau de la gestion de la dette, comme au Brésil:
Si jusque-là tout le monde est d’accord, c’est un peu plus loin que son discours prend une autre tournure.
En limitant son discours à la Russie et à l’Argentine – qui représentent déjà, en soi,un gros sujet – l’auteur passe sous silence celles du Mexique (1994) et de l’Asie du Sud-Est (1997), ou encore de la Turquie (2000). Au cours de celles-ci, le FMI, et les autres institutions financières internationales, ont eu un rôle actif non pas dans la résolution de la crise, mais bien dans son déclenchement, comme l’a expliqué Joseph Stiglitz dans son livre “La Grande Désillusion”. Cet oubli, ou petit raccourçi intellectuel, permet d’illustrer avec brio la thèse soutenue, à savoir que seul le gouvernement peut venir faire de l’ombre au tableau optimiste dressé dans l’article précédent. A partir du moment où, par contre, on considère l’ensemble des crises survenues dans les années 90, il faut reconnaître que c’est loin d’être aussi facile, et que de nombreux autres acteurs sont très capables de provoquer une crise au Brésil. Pour aller dans le sens de sa thèse, Nóbrega néglige donc déliberément une étude sérieuse du phénomène des crises économiques, ou encore l’importance d’entreprises internationales en difficultés, comme l’industrie automobile. Soit, une attitude qu’il critique lui-même:
Voilà donc ce que, finalement, l’auteur défendait. Il aurait mieux fait le dire tout net, plutôt que chercher à étaler des connaissances que visiblement, il ne domine pas. Ca serait plus clair pour tout le monde. |
Português Na revista semanal Veja do 4 de março, se encontra um artigo (pt) escrito por um economista chamado Maílson da Nóbrega, cujo título é “Por que o Brasil não quebra.” Publicado no final de uma reportagem explicando 10 razões para as quais o Brasil está bem armado em frente à crise global. Mailson da Nóbrega serve de contra-pé para a tesa do optimismo, evidenciando a única coisa que poderia colocar o Brasil em uma situação péssima. A politica econômica do Estado, incarnado por Lula. No fundo da questão, tem uma evidência. As politicas econômicas de um Estado são muito capazes de arruinar um pais, nomeadamente com a gestão da dívida, como no Brasil:
Se até là, todo mundo concorda, o discurso toma outro rumo um pouco mais longe:
Limitando o seu discurso à Russia e à Argentina – que sozinhas representam já um importante assunto – o autor passa sobre silêncio as crises do México (1994), da Ásia do Sul-Leste (1997) ou ainda a Turquia (2000). Nelas, o FMI e outras instituições financeiras internacionais tiveram um papel ativo, não tanto na resolução da crise, mas sim no seu desenvolvimento, como explicou Joseph Stiglitz no seu livro “A Grande Desilusão”. Este esquecimento, ou pequeno atalho inteletual, permite ilustrar com grandeza a tesa desejada, segundo qual apenas o governo é capaz de assombrar o esquema optimista apresentado no artigo anterior. A partir do momento em que, no entanto, se considera o conjunto das crises dos anos 1990, é preciso reconhecer que não é tão simples, e que varios outros atores são muito capazes de provocar uma crise no Brasil. Para fundamentar o seu discurso, Nóbrega esquece então deliberativamente um estudo sério do fenômeno das crises econômicas, ou ainda a importância de empresas internacionais em dificuldade, como as montadoras. Ou seja, uma atitude que ele mesmo critica:
Eis que, finalmente, o autor defendia. Poderia ter dito diretamente, e não procurar espalhar conhecimento que, obviamente, ele não domina. Seria mais claro para todo mundo. |
Un problème de maille
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Français Il y a huit éoliennes dans un champs derrière la maison. Malgré les hauts cris du voisinnage avant leur installation, elles ne font pas de bruit. À vrai dire, on ne les entend jamais, au contraire de l’autoroute qui passe juste derrière. La plupart du temps, elles se contentent d’éclairer la nuit étoilée avec leurs diodes. Et quand en plus il y a du vent, les pâles apparaissent par intervale dans une douce lueur rougeâtre. D’autres fois, le brouillard forme une vraie purée de poix. Elles disparaissent alors et ne montrent que leur pilier, comme la patte géante d’un insecte métallique. Un moulin à vent, ou une éolienne, ça a quelque chose de primitif. D’abord, parce que c’est un contact intensif mais peu compris avec la nature. Les masses d’air se déplacent avec une logique incompréhensible, quoi qu’en dise la météo, et on trouve à peine le moyen d’en retirer un petit bénéfice. Aucun ordinateur n’est capable de synthétiser les courants et d’en calculer les prochaines orientations. On récolte à peine ce qui ne nous file pas entre les doigts. Ensuite, parce que c’est une structure de petite taille. Impossible d’éclairer une ville avec une seule éolienne. Impossible d’alimenter l’industrie lourde. Une éolienne, ça éclaire à peine quelques maisons. Un moulin, ça suffisait pour la farine d’un village. À moins de planter des champs d’éoliennes à la mode californienne, comme s’il s’agissait du lac artificiel d’un barrage, on ne peut plus penser l’énergie de la même manière. C’est d’ailleurs un peu pareil avec internet: les sources d’informations se décuplent en s’interliant. Plus possible pour un État ou une entreprise de s’emparer des réseaux. Plus possible de ne fournir qu’une seule source d’information. Dans un réseau, c’est la maille qui importe, pas la taille. |
Português Tem oito eólicas em um campo atrás da casa. Embora a vizinhança fez altos gritos antes da instalação, não fazem barulho. Para contar a verdade, a gente nunca as ouve, ao contrário da alta-estrada que passa logo depois. Na maior parte do tempo, apenas esclarecem a noite estrelada com os seus diodos. E quanto mais tem vento, as asas aparecem por intervalo em uma doce luz avermelhada. Outras vezes, a neblina forma um verdadeiro pirão. Desaparecem então, e mostram apenas o pé, como a pata de um insecto metalico gigante. Um moinho de vento, ou uma eólica, tem algo primitivo. Primeiro, porque se trata de um contato intensivo, mas pouco compreendido, com a natureza. Massas de ar se dislocam com uma lógica desconhecida – a moça do tempo falaria o contrário – e encontramos apenas o meio de retirar um pequeno lucro. Nenhum computador é capaz de sintetizar as corentes e calcular as suas orientações futuras. Apenas colhemos o que não nos fila entre os dedos. Segundo, porque é uma estrutura de pequeno porte. Impossível iluminar uma cidade com uma só eólica. Impossível alimentar uma industria pesada. Ume eólica ilumina apenas umas casas. Um moinho, bastava para a farinha da aldeia. A menos de plantar um campo de eólicas na moda californiana, como se fosse o lago artifical de uma baragem, não podemos mais pensar a energia do mesmo modo. E é um pouco a mesma coisa com internet: as fontes de informação se multiplicam interligando-se. Não é mais possível um Estado ou uma empresa tomar as redes. Não é mais possível fornecer apenas uma fonte de informação. Em uma rede, é a malha que importa, não o tamanho. |