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Le monde est un grand bac à légumes.

Archives de août 2009

Bourse de Résidus

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(fr)

Une bourse de résidus a été mise en place par le Centro Industrial do Subaé, et inaugurée ce mardi 25 août à Feira de Santana, en présence d’une cinquantaine d’industriels de la région (CIS pt). L’idée est simple et s’inscrit dans la même logique que la bourse de carbone prévue par le Protocole de Kyoto: on adapte les mécanismes du marché aux nécessités environnementales, de manière à y attirer les investisseurs.

Suivant le Protocole, la bourse permet à un État pollueur d’acheter des crédits à d’autres États non-pollueurs, en mettant en place des technologies propres. L’objectif est ainsi d’atteindre une balance équilibrée à la fin de l’année fiscale. La bourse de résidus fonctionne de la même façon: elle permet à une entreprise pollueuse – c’est-à-dire, qui génère des résidus tout au long de sa ligne de production – de trouver des entreprises désireuses d’acquérir ces matériaux. Typiquement, il s’agit d’usines de recyclage, qui cherchent du plastique PET, du métal ou du papier/carton…

En principe donc, la bourse promet d’être une grande place de marché où producteurs et acquéreurs se rencontrent et négocient leurs produits. Une manière, au fond, d’ouvrir les portes des industries, d’organiser le flux des détritus, et de dynamiser tout le secteur du recyclage dans la région de Feira de Santana.

Toutefois, elle pourrait avoir l’effet contraire, pour deux raisons.

  • Dans une économie industrialiste, et vu le nombre de représentants du secteur productif qui étaient présents lors de la cérémonie d’ouverture, il est probable que la bourse soit rapidement bien représentée en offre de résidus venus de l’industrie lourde, du secteur agro-alimentaire ou du commerce de masse, qui viendront s’ajouter aux coopératives de nettoyeurs de rue (catadores) déjà existantes. Face à la pauvreté du secteur de recyclage – une seule entreprise achète le plastique PET pour en faire des tubes en PVC – les prix auront invariablement tendance à chuter. Et les premiers touchés seront ceux qui vivent essentiellement de la récupération de résidus recyclables, les coopératives de catadores, tandis que les industries n’y verront de toute façon qu’une plus-value, sans aucun risque de perte.

Comme dans le système de crédits-carbones du Protocole de Kyoto, l’effet probable de leur entrée sur le marché sera la chute des prix. Pour le catador, un kilo de PET à 10 centimes correspond à une coupe drastique de ses revenus. Pour l’industrie qui n’a jamais recyclé, même un kilo à 10 centimes est un bénéfice (avec, en plus, la certitude d’avoir bien agi).

  • Il faut encore considérer l’optique sur laquelle le projet se fonde. Si les résidus se mettent à être rentables, qui va encore chercher à s’y opposer? Quelle industrie va investir dans un système produisant moins de déchêts si elle peut les revendre et en tirer un bénéfice? De la même manière, qui va arrêter de consommer des bouteilles en plastique si cela assure le revenu d’une partie de la population ?

Le Protocole de Kyoto est sensé atteindre ses objectifs pour l’année 2012. À cause de l’absence des États-Unis, et des réticenses de nombreux autres pays (la Russie n’est arrivée qu’en 2005), on va rester bien en-deça de ce qui était prévu. Le prochain Protocole, prévu pour Copenhague, devrait tenter de pallier à cet échec en proposant une nouvelle approche au problème.

Est-il possible d’utiliser les méthodes du marché pour résoudre des problèmes environnementaux ? Ça serait bien, il ne faudrait presque rien changer. On pourrait continuer le business-as-usual, en injectant quelques millions dans une quelconque Chicago Climate Exchange (CCX us). Voilà sans doute la raison pour laquelle l’idée attire les grandes corporations, comme celles de Feira de Santana (Nestlé, Pirelli, Acelor-Mittal, etc).

C’est vrai que le recyclage des déchêts industriels est un défi majeur. Allez savoir pourquoi, on ne s’intéresse généralement qu’aux poubelles domestiques. Et pourtant, en Belgique, pour chaque kilo produit à la maison, il y en a 10 produits dans le secteur industriel (belgium.be fr).

La bourse de résidus est-elle un instrument suffisamment puissant pour changer cette réalité ? Ou bien s’agit-il d’un dispositif de façade, comme les fausses usines d’Union Soviétique, destinées à faire croire à tout le monde que, ne vous inquiétez pas, braves gens, tout va bien ?

(pt)

Uma bolsa de resíduos foi criada pelo Centro Industrial do Subaé, e inaugurada nesta terça-feira 25 de agosto em Feira de Santana, com a presença de mais de 50 industriais da região (CIS pt). A idéia é simples e se coloqua na mesma lógica que a bolsa de carbono prevista pelo Protócolo de Kyoto : adaptam-se os mecanismos do mercado para as necessidades ambientais, para atrair os investidores.

Segundo o Protócolo, a bolsa permite a um Estado poluidor de comprar os créditos de um outro Estado, não-poluidor, utilizando tecnologias limpas. O objetivo é de chegar a um balanço equilibrado no final do exercício. A bolsa de resíduos funciona do mesmo modo : permite que uma empresa poluidora – ou seja, que gera resíduos na sua cadéia produtiva – de encontrar empresas desejando comprar estes materiais. Tipicamente, são empresas de reciclagem, que procuram plástico PET, metal ou papel/papelão…

A príncipio então, a bolsa aparece como uma grande feira onde produtores e compradores se encontram e negociam os seus produtos. Uma maneira, afinal, de abrir as portas das indústrias, de organizar o fluxo dos resíduos, e de dinamisar todo o setor da reciclagem na região de Feira de Santana.

No Entanto, poderia ter o efeito contrário, por duas razões.

  • Em uma economia industrialista, e vendo o número de representantes do setor que estavam presente na ceremonia de abertura, é provável que a bolsa estará rapidamente repleta de ofertas de resíduos oriundos da indústria pesada, do agronegócio ou do comércio de massa, que se acrescentarão às já-existentes cooperativas de catadores. Em frente a pobreza do setor da reciclagem – uma única empresa compra o PET para fazer tubos de PVC – os preços vão obivamente desmoronar. E os primeiros a sentir os efeitos serão todos aqueles que vivem essencialmente do lixo reciclável, ou seja, as cooperativas de catadores. Para as indústrias, só terá lucro, sem risco de perder nada.

Como no sistema dos créditos de carbono do Protócolo de Kyoto, o efeito provável da entrada no mercado é a queda dos preços. Para o catador, o quilo de PET por 10 centavos é um corte drástico na sua renda. Para a indústria que nunca reciclou, 10 centavos ainda é um benefício (junto com a certeza de ter feito uma boa ação).

  • Ainda é preciso considerar a optica sobre a qual o projeto está fundamentado. Se os resíduos se tornam rentáveis, quem vai querer reduzir o seu volume ? Qual indústria vai investir em um sistema produzindo menos resíduos se ela pode revender tudo e ainda fazer lucro ? Do mesmo modo, quem vai para de consumir garrafas PET se isso dá uma renda para uma parte da população ?

O Protócolo de Kyoto deveria atingir os seus objetivos no ano de 2012. Por causa da ausência dos Estados Unidos, e da demora da vários outros (a Rússia chegou em 2005), ficaremos bem abaixo dos números previstos. O próximo Protócolo, que será assinado em Copenhague, deveria resolver estes problemas com um novo método.

Será possível utilizar os mecanismos do mercado para resolver os problemas ambientais ? Seria conveniente, não precisaria mudar quase nada. Poderiamos continuar o business-as-usual, injetando apenas alguns milhões em um Chicago Climate Exchange da vida (CCX us). Eis a razão, sem dúvida, pela qual esta idéia atrai as grandes corporações, como em Feira de Santana (Nestlé, Pirelli, Acelor-Mittal, etc).

É verdade que a reciclagem dos resíduos industriais é uma desafio enorme. Vai saber porqué, apenas ouvimos falar do lixo doméstico. Mas na Bélgica, para cada quilo produzido em casa, são 10 produzidos na fábrica (belgium.be fr).

A bolsa de resíduos é um instrumento bastante potente para mudar esta realidade ? Ou será um dispositivo de façada, igual às falsas fábricas da União Soviética, montada para fazer todo mundo acreditar que, não se preocupe, minha senhora, está tudo muito ótimo ?

Rédigé par synaptique

août 29, 2009 à 12:45

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Les ordres du marché

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(fr)

“Par superstition ou non, c’est le marché qui commande”. Cette phrase vient conclure un article publié par le magazine hebdomadaire Veja à propos de la situation du soja au Brésil. D’après Raquel Salgado, le prix de production du soja transgénique de Monsanto a lentement dépassé celui du soja non-modifié: en 2005-2006, il permettait d’obtenir un bénéfice de R$ 9,46 par sac, tandis que le soja conventionnel ne rapportait que R$ 8,58. Quatre ans plus tard, le soja non-modifié offre un bénéfice de R$ 23,02, contre 20,26 pour l’OGM (E os lucros secaram… Par Raquel Salgado, Veja n°2125, 12 août 2009).

Selon l’article, il y a deux raisons à cela: d’abord, l’invasion d’autres plantes résistantes au glysophate, l’herbicide miracle de Monsanto, qui s’attaquent aux cultures de soja transgénique dans tout le pays, ainsi qu’en Argentine et aux États-Unis. Le système de monoculture facilite naturellement la diffusion des mauvaises herbes. Ensuite, la demande de plus en plus élevée, en Europe et ailleurs, pour des produits certifiés sans OGM:

“Les Européens refusent le soja transgénique et d’autres graines génétiquement modifiées par pure superstition (…) Sur le marché intérieur aussi, l’irrationalité trouve un terrain fertile. Plusieurs entreprises alimentaires, dont des multinationales, ont arrêté d’acheter non seulement le soja transgénique, mais aussi le maïs génétiquement modifié qui a commencé à être récolté cette année.” (abril pt)

Voilà une bien belle interprétation, qui satisfait sans doute les lecteurs de Veja, mais qui se révèle un peu faible quand on creuse un peu.

Premièrement, l’idée de livrer l’agriculture du pays au bon-vouloir d’une entreprise ne semble pas constituer un sérieux problème de conscience – sans doute parce que, guidée par le sacrosaint principe d’efficacité économique, Monsanto vaut mieux que Chavez. Puisque la monoculture de soja permet la diffusion de mauvaises herbes résistantes au glysophate, les agriculteurs vont maintenant devoir suivre les recommandations de l’entreprise pour savoir ce qu’il faut produire d’autre.

À l’origine, il ne s’agissait que d’une simple graine améliorée, théoriquement destinée à faciliter les cultures et à augmenter les profits ; on entre aujourd’hui dans une nouvelle étape, celle de la planification. Chaque agriculteur – et chaque État – devra donc donner à la compagnie le pouvoir d’orienter sa production agricole sur plusieurs années. D’après l’article, la production de soja transgénique atteint déjà 87% du total mondial. Irrationalité, donc.

Le second point permet de mieux comprendre comment une telle dépendance – qui fait horreur en Europe – n’a pas l’air de poser le moindre problème pour l’agriculture brésilienne. Tout d’abord, si les Européens refusent de consommer du soja transgénique, il faut reconnaître que la décision n’est ni unanime, ni facile. En réalité, c’est l’aboutissement d’énormes campagnes de sensibilisation sur les risques induits par l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés – pour la santé, l’environnement et l’économie. Les moratoires imposés par l’Union Européenne et les États membres sont le fruit des pressions exercées par la société civile organisée (nouvel obs fr). C’est le cas au Bénin (grain fr). Face à celle-ci, d’autres groupes d’intérêts travaillent à leur disparition – les propres compagnies productrices d’OGMs, ou même la Commission Européenne (infogm fr).

Derrière les commandes du marché évoquées par Raquel Salgado, on trouve donc deux choses : d’un côté l’incroyable richesse des ressources naturelles, et de l’autre, l’activisme politique. Ce qui ressemble à un simple mouvement de la demande – même irrationnel – quand on l’observe depuis le Brésil recouvre en fait une réalité beaucoup plus nuancée.

Ce qu’on peut voir encore, c’est qu’une option politique faite en Europe, par et pour ses propres citoyens, prend de belles proportions quand on traverse l’océan. Pour le producteur – et le lecteur de Veja – la lutte politique se réduit toute entière aux mécanismes flous d’un marché globalisé, une notion qui sert de façade à la croyance en une sorte de deus ex machina. Cette dépendance, dans laquelle ils se trouvent, est aussi un choix politique au Brésil, encouragé par des politiques gouvernementales, des banques publiques et un nombre incroyable d’entités privées. Dans le modèle exportateur, ce qu’on appelle aujourd’hui « marché » s’appelait hier « métropole ».

(pt)

“Com superstição ou não, é o mercado que comanda.” Esta frase conclue uma artigo publicado pela revista semanal Veja sobre a situação da soja no Brasil. Segundo Raquel Salgado, o preço da produção de soja trangênica de Monsanto começou lentamente a ultrapassar o preço da soja não-modificada : em 2005-2006, permitia obter um lucro de R$ 9,46 por saco, enquanto a soja convencional trazia apenas R$ 8,58. Quatro anos depois, a soja não-modificada oferece um lucro de R$ 23,02 contra 20,26 com os OGM (E os lucros secaram… Por Raquel Salgado, Veja n°2125, 12 de agosto de 2009).

Segundo o artigo, há duas razões : primeiro, a invasão de outras planas resistantes ao glisofato, o herbicido milagre de Monsanto, que atacam o cultivo da soja transgênica no país todo, assim como na Argentina e nos Estados Unidos. O sistema de monocultura facilita obviamente a difusão das ervas daninas. Segundo, a demanda cada vez mais elevada, na Europa e além, por produtos certificados livres de OGM :

“Os europeus recusam a soja transgênica e outras sementes geneticamente modificadas por mera superstição (…) No mercado interno, a irracionalidade também tem encontrado um terreno fértil. Várias indústrias alimentícias, muitas delas multinacionais, deixaram de comprar não apenas soja transgênica, como também o milho geneticamente modificado, que começou a ser colhido no país na safra deste ano.”
abril pt

Eis uma linda interpretação, que satisfaz provavelmente os leitores da Veja, mas que aparece um pouco fraca quando se pesquisa um tantinho.

Para começar, a idéia de entragar a agricultura de um país ao bem-querer de uma empresa não parece constituir um problema de consciencia sério – provavelmente porque, guiados pelo sacrosanto princípio de eficiência econômica, Monsanto vale melhor que Chavez. Já que a monocultura de soja permite a difusão de ervas daninas resitantes ao glisofato, os agricultores deverão agora seguir as recomendações da empresa para saber o que produzir de outro.

Na origem, tratava-se apenas de uma simples sementes melhorada, teoricamente destinada a facilitar o cultivo e aumentar o lucro ; entramos hoje em uma nova fase, de planificação. Cada agricultor – e cada Estado – deve então dar a companhia o poder de orientar a sua produção agrícola para vários anos. Segundo o artigo, a produção de soja transgênica atinge 87% do total mundial. Iracionalidade, não é ?

O segundo ponto permite de entender melhor como tal dependência – que horroriza na Europa – não parece ser um problema para a agricultura brasileira. Se os Europeus se recusam em consumir soja transgênica, é preciso reconhecer o fato que a decisão não é nem unanime nem fácil. Na verdade, é o ponto final de campanhas de sensibilisação enormes sobre os riscos induzidos pela utilização de organismos geneticamente modificados – pela saúde, o meio ambiente e a economia. Os moratórios impostos pela União Européia e os Estados membros são fruta das pressões exercidas pela sociedade civil organizada (nouvel obs fr). Foi também o caso no Benin (grain fr). Em frente a essa pressão, outros grupos de interesse procurar eliminá-las – das próprias empresas produtoras de OGM até a Comissão Européia (infogm fr).

Atrás dos comandos do marcado européio mencionado por Raquel Salgado, encontramos duas coisas : de um lado, a incrível riqueza dos recursos naturais, e de outro, o activismo político. O que parece ser um simples movimento da demanda – mesmo se for iracional – quando se observa do Brasil, revela uma realidade muito mais complexa.

Podemos ver, ainda, que uma opção política feita na Europa, por e para os seus cidadãos, tem proporções diferentes quando atravessamos o oceano. Para o produtor – e o leito da Veja – a luta política está toda reduzida nos mecanismos ambíguos de um mercado globalizado, noção que serve de façada para a crença em um tipo de deus ex machina. Esta dependência, na qual se encontram, também é uma escolha política no Brasil, incentivada por políticas governamentais, bancos públicos e um número elevado de entidades prticulares. No modelo exportador, o que chamamos hoje de « mercado » chamavamos ontem de « metropole ».

Rédigé par synaptique

août 21, 2009 à 11:29

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Le Mythe de la Caverne

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(fr)

Socrate - Eh bien après cela, dis-je, compare notre nature, considérée sous le rapport de l’éducation et du manque d’éducation, à la situation suivante. Voici des hommes dans une habitation souterraine en forme de grotte, qui a son entrée en longueur, ouvrant à la lumière du jour l’ensemble de la grotte ; ils y sont depuis leur enfance, les jambes et la nuque pris dans des liens qui les obligent à rester sur place et à ne regarder que vers l’avant, incapables qu’ils sont, à cause du lien, de tourner la tête ; leur parvient la lumière d’un feu qui brûle en haut et au loin, derrière eux ; et entre le feu et les hommes enchaînés, une route dans la hauteur, le long de laquelle voici qu’un muret a été élevé, de la même façon que les démonstrateurs de marionnettes disposent de cloisons qui les séparent des gens ; c’est par-dessus qu’ils montrent leurs merveilles.
Glaucos - Je vois, dit-il.
Socrate - Vois aussi, le long de ce muret, des hommes qui portent des objets fabriqués de toute sorte qui dépassent du muret, des statues d’hommes et d’autres êtres vivants, façonnées en pierre, en bois, et en toutes matières ; parmi ces porteurs, comme il est normal, les uns parlent, et les autres se taisent.
Glaucos - C’est une image étrange que tu décris là, dit-il, et d’étranges prisonniers.
Socrate - Semblables à nous, dis-je. Pour commencer, en effet, crois-tu que de tels hommes auraient pu voir quoi que ce soit d’autre, d’eux-mêmes et les uns des autres, que les ombres qui, sous l’effet du feu, se projettent sur la paroi de la grotte en face d’eux ?
Glaucos - Comment auraient-ils fait, dit-il, puisqu’ils ont été contraints, tout au long de leur vie, de garder la tête immobile?
Socrate - Et en ce qui concerne les objets transportés? n’est-ce pas la même chose?
Glaucos - Bien sûr que si.
Socrate - Alors, s’ils étaient à même de parler les uns avec les autres, ne crois-tu pas qu’ils considéreraient ce qu’ils verraient comme ce qui est réellement ?
Glaucos - Si, nécessairement.
Socrate - Et que se passerait-il si la prison comportait aussi un écho venant de la paroi d’en face ? Chaque fois que l’un de ceux qui passent émettrait un son, crois-tu qu’ils penseraient que ce qui l’émet est autre chose que l’ombre qui passe ?
Glaucos - Non, par Zeus, je ne le crois pas, dit-il.
Socrate - Dès lors, dis-je, de tels c hommes considéreraient que le vrai n’est absolument rien d’autre que l’ensemble des ombres des objets fabriqués.
Glaucos - Très nécessairement, dit-il.
Socrate - Examine alors, dis-je, ce qui se passerait si on les détachait de leurs liens et si on les guérissait de leur égarement, au cas où de façon naturelle les choses se passeraient à peu près comme suit. Chaque fois que l’un d’eux serait détaché, et serait contraint de se lever immédiatement, de retourner la tête, de marcher, et de regarder la lumière, à chacun de ces gestes il souffrirait, et l’éblouissement le rendrait incapable de distinguer les choses dont tout à l’heure il voyait les ombres ; que crois-tu qu’il répondrait, si on lui disait que tout à l’heure il ne voyait que des sottises, tandis qu’à présent qu’il se trouve un peu plus près de ce qui est réellement, et qu’il est tourné vers ce qui est plus réel, il voit plus correctement? Surtout si, en lui montrant chacune des choses qui passent, on lui demandait ce qu’elle est, en le contraignant à répondre ? Ne crois-tu pas qu’il serait perdu, et qu’il considérerait que ce qu’il voyait tout à l’heure était plus vrai que ce qu’on lui montre à présent?
Glaucos - Bien plus vrai, dit-il.
Socrate - Et de plus, si on le contraignait aussi à tourner les yeux e vers la lumière elle-même, n’aurait-il pas mal aux yeux, et ne la fuirait-il pas pour se retourner vers les choses qu’il est capable de distinguer, en considérant ces dernières comme réellement plus nettes que celles qu’on lui montre ?
Glaucos - Si, c’est cela, dit-il.
Socrate - Et si on l’arrachait de là par la force, dis-je, en le faisant monter par la pente rocailleuse et raide, et si on ne le lâchait pas avant de l’avoir tiré dehors jusqu’à la lumière du soleil, n’en souffrirait-il pas, et ne s’indignerait-il pas d’être traîné de la sorte? et lorsqu’il arriverait 516 à la lumière, les yeux inondés de l’éclat du jour, serait-il capable de voir ne fût-ce qu’une seule des choses qu’à présent on lui dirait être vraies?
Glaucos - Non, il ne le serait pas, dit-il, en tout cas pas tout de suite.
Socrate - Oui, je crois qu’il aurait besoin d’accoutumance pour voir les choses de là-haut. Pour commencer ce seraient les ombres qu’il distinguerait plus facilement, et après cela, sur les eaux, les images des hommes et celles des autres réalités qui s’y reflètent, et plus tard encore ces réalités elles-mêmes. À la suite de quoi il serait capable de contempler plus facilement, de nuit, les objets qui sont dans le ciel, et le ciel lui-même, en tournant les yeux vers la lumière des astres et de la lune, que de regarder, de jour, le soleil et la lumière du soleil.
Glaucos - Forcément.
Socrate - Alors je crois que c’est seulement pour finir qu’il se montrerait capable de distinguer le soleil, non pas ses apparitions sur les eaux ou en un lieu qui n’est pas le sien, mais lui-même en lui-même, dans la région qui lui est propre, et de le contempler tel qu’il est.
Glaucos - Nécessairement, dit-il.
Socrate - Et après cela, dès lors, il conclurait, grâce à un raisonnement au sujet du soleil, que c’est lui qui procure les saisons et les années, et qui régit tout ce qui est dans le lieu du visible, et qui aussi, d’une certaine façon, c est cause de tout ce qu’ils voyaient là-bas.
Glaucos - Il est clair, dit-il, que c’est à cela qu’il en viendrait ensuite.
Socrate - Mais dis-moi : ne crois-tu pas que, se souvenant de sa première résidence, et de la “sagesse” de là-bas, et de ses codétenus d’alors, il s’estimerait heureux du changement, tandis qu’eux il les plaindrait?
Glaucos - Si, certainement.
Socrate - Les honneurs et les louanges qu’ils pouvaient alors recevoir les uns des autres, et les privilèges réservés à celui qui distinguait de la façon la plus aiguë les choses qui passaient, et se rappelait le mieux lesquelles passaient habituellement avant les autres, lesquelles après, et lesquelles ensemble, et qui sur cette base devinait de la façon la plus efficace laquelle allait venir, te semble-t-il qu’il aurait du désir pour ces avantages-là, et qu’il jalouserait ceux qui, chez ces gens-là, sont honorés et exercent le pouvoir? ou bien qu’il éprouverait ce dont parle Homère, et préférerait de loin, “étant aide-laboureur” , “…être aux gages D’un autre homme, un sans-terre… et subir tout au monde plutôt que se fonder ainsi sur les apparences, et vivre de cette façon-là?
Glaucos - Je le crois e pour ma part, dit-il : il accepterait de tout subir, plutôt que de vivre de cette façon-là.
Socrate - Alors représente-toi aussi ceci, dis-je, Si un tel homme redescendait s’asseoir à la même place, n’aurait-il pas les yeux emplis d’obscurité, pour être venu subitement du plein soleil?
Glaucos - Si, certainement, dit-il.
Socrate - Alors s’il lui fallait à nouveau émettre des jugements sur les ombres de là-bas, dans une compétition avec ces hommes-là qui n’ont pas cessé d’être prisonniers, au moment où lui est aveuglé, avant que ses yeux ne se soient remis, et alors que le temps nécessaire pour l’accoutumance serait loin d’être négligeable, ne prêterait-il pas à rire, et ne ferait-il pas dire de lui : pour être monté là-haut, le voici qui revient avec les yeux abîmés? et ce n’est même pas la peine d’essayer d’aller là-haut? Quant à celui qui entreprendrait de les détacher et de les mener en-haut, s’ils pouvaient d’une façon ou d’une autre s’emparer de lui et le tuer, ne le tueraient-ils pas?
Glaucos - Si, certainement, dit-il.

Platon, La République, Livre VII.

(pt)

Sócrates - Agora imagina a maneira como segue o estado da nossa natureza relativamente à instrução e à ignorância. Imagina homens numa morada subterrânea, em forma de caverna, com uma entrada aberta à luz; esses homens estão aí desde a infância, de pernas e pescoço acorrentados, de modo que não podem mexer-se nem ver senão o que está diante deles, pois as correntes os impedem de voltar a cabeça; a luz chega-lhes de uma fogueira acesa numa colina que se ergue por detrás deles; entre o fogo e os prisioneiros passa uma estrada ascendente. Imagina que ao longo dessa estrada está construído um pequeno muro, semelhante às divisórias que os apresentadores de títeres armam diante de si e por cima das quais exibem as suas maravilhas.
Glauco - Estou vendo.
Sócrates - Imagina agora, ao longo desse pequeno muro, homens que transportam objetos de toda espécie, que o transpõem: estatuetas de homens e animais, de pedra, madeira e toda espécie de matéria; naturalmente, entre esses transportadores, uns falam e outros seguem em silêncio.
Glauco - Um quadro estranho e estranhos prisioneiros.
Sócrates - Assemelham-se a nós. E, para começar, achas que, numa tal condição, eles tenham alguma vez visto, de si mesmos e dos seus companheiros, mais do que as sombras projetadas pelo fogo na parede da caverna que lhes fica de fronte?
Glauco - Como, se são obrigados a ficar de cabeça imóvel durante toda a vida?
Sócrates - E com as coisas que desfilam? Não se passa o mesmo?
Glauco - Sem dúvida.
Sócrates - Portanto, se pudessem se comunicar uns com os outros, não achas que tomariam por objetos reais as sombras que veriam?
Glauco - É bem possível.
Sócrates - E se a parede do fundo da prisão provocasse eco, sempre que um dos transportadores falasse, não julgariam ouvir a sombra que passasse diante deles?
Glauco - Sim, por Zeus!
Sócrates - Dessa forma, tais homens não atribuirão realidade senão às sombras dos objetos fabricados.
Glauco - Assim terá de ser.
Sócrates - Considera agora o que lhes acontecerá, naturalmente, se forem libertados das suas cadeias e curados da sua ignorância. Que se liberte um desses prisioneiros, que seja ele obrigado a endireitar-se imediatamente, a voltar o pescoço, a caminhar, a erguer os olhos para a luz: ao fazer todos estes movimentos sofrerá, e o deslumbramento impedi-lo-á de distinguir os objetos de que antes via as sombras. Que achas que responderá se alguém lhe vier dizer que não viu até então senão fantasmas, mas que agora, mais perto da realidade e voltado para objetos mais reais, vê com mais justeza? Se, enfim, mostrando-lhe cada uma das coisas que passam, o obrigar, à força de perguntas, a dizer o que é? Não achas que ficará embaraçado e que as sombras que via outrora lhe parecerão mais verdadeiras do que os objetos que lhe mostram agora?
Glauco - Muito mais verdadeiras.
Sócrates - E se o forçarem a fixar a luz, os seus olhos não ficarão magoados? Não desviará ele a vista para voltar às coisas que pode fitar e não acreditará que estas são realmente mais distintas do que as que se lhe mostram?
Glauco - Com toda a certeza.
Sócrates - E se o arrancarem à força da sua caverna, o obrigarem a subir a encosta rude e escarpada e não o largarem antes de o terem arrastado até a luz do Sol, não sofrerá vivamente e não se queixará de tais violências? E, quando tiver chegado à luz, poderá, com os olhos ofuscados pelo seu brilho, distinguir uma só das coisas que ora denominamos verdadeiras?
Glauco - Não o conseguirá, pelo menos de início.
Sócrates - Terá, creio eu, necessidade de se habituar a ver os objetos da região superior. Começará por distinguir mais facilmente as sombras; em seguida, as imagens dos homens e dos outros objetos que se refletem nas águas; por último, os próprios objetos. Depois disso, poderá, enfrentando a claridade dos astros e da Lua, contemplar mais facilmente, durante a noite, os corpos celestes e o próprio céu do que, durante o dia, o Sol e a sua luz.
Glauco - Sem dúvida.
Sócrates - Por fim, suponho eu, será o Sol, e não as suas imagens refletidas nas águas ou em qualquer outra coisa, mas o próprio Sol, no seu verdadeiro lugar, que poderá ver e contemplar tal como é.
Glauco - Necessariamente.
Sócrates - Depois disso, poderá concluir, a respeito do Sol, que é ele que faz as estações e os anos, que governa tudo no mundo visível e que, de certa maneira, é a causa de tudo o que ele via com os seus companheiros, na caverna.
Glauco - É evidente que chegará a essa conclusão.
Sócrates - Ora, lembrando-se da sua primeira morada, da sabedoria que aí se professa e daqueles que aí foram seus companheiros de cativeiro, não achas que se alegrará com a mudança e lamentará os que lá ficaram?
Glauco - Sim, com certeza, Sócrates.
Sócrates - E se então distribuíssem honras e louvores, se tivessem recompensas para aquele que se apercebesse, com o olhar mais vivo, da passagem das sombras, que melhor se recordasse das que costumavam chegar em primeiro ou em último lugar, ou virem juntas, e que por isso era o mais hábil em adivinhar a sua aparição, e que provocasse a inveja daqueles que, entre os prisioneiros, são venerados e poderosos? Ou então, como o herói de Homero, não preferirá mil vezes ser um simples criado de charrua, a serviço de um pobre lavrador, e sofrer tudo no mundo, a voltar às antigas ilusões e viver como vivia?
Glauco - Sou da tua opinião. Preferirá sofrer tudo a ter de viver dessa maneira.
Sócrates - Imagina ainda que esse homem volta à caverna e vai sentar-se no seu antigo lugar: não ficará com os olhos cegos pelas trevas ao se afastar bruscamente da luz do Sol?
Glauco - Por certo que sim.
Sócrates - E se tiver de entrar de novo em competição com os prisioneiros que não se libertaram de suas correntes, para julgar essas sombras, estando ainda sua vista confusa e antes que os seus olhos se tenham recomposto, pois habituar-se à escuridão exigirá um tempo bastante longo, não fará que os outros se riam à sua custa e digam que, tendo ido lá acima, voltou com a vista estragada, pelo que não vale a pena tentar subir até lá? E se a alguém tentar libertar e conduzir para o alto, esse alguém não o mataria, se pudesse fazê-lo?
Glauco - Sem nenhuma dúvida.

Platão, A República, Livro VII.

Rédigé par synaptique

août 16, 2009 à 1:50

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Préhistoire digitale – petit a

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(fr)

Qu’est-ce que l’informatique et la théorie des réseaux peuvent apporter à l’étude des peintures rupestres du Nordeste du Brésil?

Petit a, le réseau. Les peintures réalisées par des hommes préhistoriques sur les rochers du Nordeste sont rarement isolées. Au contraire, elles forment généralement des ensembles composés de différents styles et influences. Des peintures figuratives sont juxtaposées aux symboles abstraits, et finissent par former de véritables panneaux.

Naturellement, chaque figure est unique. Chaque scène est le témoignage d’un auteur, ou groupe d’auteurs. Mais à partir du moment où ceux-ci choisissent de reproduire leurs figures en commun, sur un ou plusieurs panneaux, on ne peut pas en nier l’intentionnalité. Toutes les figures qui composent les panneaux sont clairement mises en relation les unes avec les autres: elles composent un réseau.

Il faut immédiatement mettre un bémol à cette idée, car aucun panneau n’a jamais été entièrement réalisé à une seule époque. Il s’agit donc d’un réseau qui s’est lentement construit au fil du temps, et dans lequel la volonté de mise en réseau n’a jamais cessé d’augmenter. En ce sens, le premier peintre n’avait peut-être aucune intention de voir d’autres figures border son oeuvre. Le dernier, quant à lui, n’a certainement pas eu la volonté d’isoler son travail. Entre ces deux-là, se trouve une myriade d’auteurs anonymes qui ont probablement tous plus ou moins considéré l’hypothèse de composer un réseau (et ce, même s’ils n’en ont pas envisagé le concept).

En réalité, l’hypothèse d’un réseau est déjà sous-entendue lorsque l’on étudie la peinture rupestre non pas comme une simple expression artistique, mais bien comme un moyen de communication. Plusieurs personnes se servaient alors d’un panneau pour établir des relations (avec qui/quoi importe peu pour le moment). À la différence de ce que l’on trouve écrit sur les murs de Facebook ou Orkut, les peintures rupestres étaient destinées à durer, et éventuellement atteindre les générations suivantes.

À l’image d’un réseau informatique, le réseau rupestre est composé de noeuds, qui établissent des connections entre eux. Ni le type de connection ni leur contenu ne sont déterminés à l’avance. Elles peuvent être différentes entre chaque noeud, voire même entre les nombreuses connections établies à partir d’un seul noeud. Par exemple, une figure peut avoir un thème qui lui est propre, mais emprunter la taille à une autre figure, et la texture à une troisième.

La conséquence directe de ce constat, c’est qu’au lieu d’un réseau dans lequel une figure est considérée comme centrale (une figure-mère, de laquelle toutes les autres découleraient), on se retrouve face à un réseau en maille entièrement ouvert. On n’y trouve aucune hiérarchie linéaire, dans la mesure où toutes les figures peintes continuent à influencer les nouvelles occurences, même lorsqu’elles ont déjà servi.

L’existence d’un réseau ne résoud évidemment pas la question de la datation. Dans le meilleur des cas, celui où toutes les connections seraient identifiées, il ne s’agit encore que d’un dessin interne et relative. Il manque encore un élément externe permettant d’accrocher l’ensemble dans le temps et dans l’espace. Cet élément pourrait être une référence naturaliste, ou bien un élément commun à un autre site daté de manière plus fiable.

(pt)

Como a informática e a teoria das redes podem ajudar o estudo das pinturas rupestres do Nordeste do Brasil ?

Ponto a, a rede. As pinturas realizadas pelos homens pré-históricos nas rochas do Nordeste estão raramente encontradas isoladamente. Ao contrário, formam geralmente conjuntos compostos por estilos e influências diversas. Pinturas figurativas estão colocadas lado a lado com símbolos abstratos, e acabam por criar verdadeiros painéis.

Naturalmente, cada figura é única. Cada cena testemunha um autor, ou grupo de autores. Mas a partir do momento em que estes escolheram de reproduzir as suas figuras em comum, em um ou mais painéis, não podemos mais negar a intencionalidade. Todas as figuras que compõem os painéis estão claramente colocadas em relação umas com as outras : elas formam uma rede.

Logo, é preciso esclarecer a idéia, já que nenhum painel jamais foi realizado em uma só vez. Trata-se então de uma rede que se construiu lentamente ao longo do tempo, e na qual a vontade de estabelecer uma rede nunca parou de crescer. Neste sentido, o primeiro pintor talvez nunca teve a intenção de ver outras pinturas bordar a sua obra. O último, por sua parte, certamente não teve vontade de isolar o seu trabalho. Entre estes dois, encontramos milhares de autores anonimos que, provavalmente, todos consideram a hipotese de compor uma rede (embora talvez não tenham imaginado o conceito).

De fato, a hipotese de uma rede já está subentendida quando a pintura rupestre é estudada, não como uma simples expressão artística, e sim do ponto de vista dos meios de comunicação. Assim, várias pessoas usaram os painéis para estabelecer relações (com que/quem não importa por enquanto). Diferentemente do que se escreve nos muros do Facebook e do Orkut, as pinturas rupestres foramfeitas para ficar, podendo também atingir gerações sucessivas.

Do mesmo modo que uma rede informática, a rede puestre é composta de nós, que estabelecem conexões entre si. Nem o tipo de conexão nem o seu conteúdo estão pré-determinados. Podem ser diferentes entre cada nó, ou até entre cada conexão saindo de cada nó. Por exemplo, uma figura pode ter um tema próprio, mas usar o tamanho de uma outra, e a textura de uma terceira.

Consequência imediata, no lugar de uma rede onde uma figura ocupa um papel cetral (uma figura-mãe, da qual as outras descem), temos uma rede de malha aberta. Não encontramos hierarquia linear, na medida em que todas as figuras pintadas continuam a influenciar a novas ocorrências, mesmo depois de já ter sido utilizadas.

A existência de uma rede não resolve o problema da datação. No melhor dos casos, quando todas as conexões estão identificadas, ela estabelece apenas um desenho interno, relativo. Precisa de um elemento externo para situar o conjunto no tempo e no espaço. Tal elemento pode ser uma referência naturalística, ou algo aparecendo também em outro sítio com datação mais segura.

structure

L’identification d’un réseau unissant les peintures rupestres n’a donc pas pour objectif d’établir un contexte linéaire de composition des panneaux, mais bien de mettre en lumière la circularité et l’interdépendance des graphismes préhistoriques. Une interdépendance qui a grandi avec le temps, puisque le nombre de figures a augmenté au fil des siècles. Basiquement donc, dresser la cartographie du réseau ne constitue pas un travail tellement différent de celui qui est déjà réalisé par les archéologues: il faut étudier méticuleusement chaque figure, en classer les caractéristiques, et créer de grosses bases de données.

La différence réside dans le traitement qui est donné à ces informations, soutenu par la théorie des réseaux (objet du petit b, à venir).

Portanto, a identificação de uma rede ligando as pinturas rupestres não tem como objetivo de estabelecer um contexto linear de composição dos painéis, e sim de esclarecer a circularidade e a interdependência dos grafismos pré-históricos. Uma interdependência que cresceu com o tempo, junto com o número de figuras. Basicamente, fazer a cartografia da rede não se revela ser um trabalho muito diferente daquele que os arqueólogos já realizam : é preciso estudar meticulosamente cada figura, classificar as suas características e criar bases de dados amplas.

A diferência reside no tratamento que é dado a estas informações, fundamentado na teoria das redes (assunto do ponto b, à seguir).

Rédigé par synaptique

août 8, 2009 à 6:41

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Le cycle de la volaille

avec un commentaire

(fr)

Cette semaine,‭ ‬j’ai été visiter un élevage de poulets à l’image de l’agrobusiness brésilien.‭ ‬Capacité totale de l’exploitation,‭ ‬720.000‭ ‬poulets.‭ ‬Une broutille.‭ ‬Ça me fait penser à tout ce qu’on ne voit pas derrière la petite barquette en frigolite du supermarché,‭ ‬délicatement isolée du monde extérieur par son film plastique.

Notre histoire commence dans la banlieue‭ ‬sud‭ ‬de Feira de Santana,‭ ‬seconde ville de l’État de Bahia,‭ ‬au Nord-Est du Brésil.‭ ‬L’incubateur se situe‭ ‬dans la banlieue industrielle,‭ ‬au bord de la BA-502,‭ ‬une route à deux bandes en relatif bon état,‭ ‬si on la compare aux autres de son espèce.‭ ‬C’est là que tout commence car,‭ ‬d’après un rapport d’une grande entreprise,‭ ‬toute la production avicole‭ «‬ dépend de la génétique animale pratiquée dans les pays développés‭ (‬États-Unis,‭ ‬Canada,‭ ‬Angleterre‭)‬.‭ ‬L’élevage de poulets et de dindes dépend de l’importation des lignages à l’origine des matrices qui,‭ ‬à leur tour,‭ ‬donnent naissance à la volaille. ‭» (sadia pt‭)‬

Une fois éclos,‭ ‬les petits poussins d’un jour sont expédiés dans les granges,‭ ‬qui sont disséminées sur le territoire de plusieurs communes.‭ ‬Une grange standard est construite pour accueillir environ‭ ‬25.000‭ ‬poussins,‭ ‬et les élever pendant‭ ‬38‭ ‬à‭ ‬43‭ ‬jours.‭ ‬Tout y est prévu :‭ ‬puits artésien pour l’alimentation et le nettoyage,‭ ‬couches de matière organique pour recueillir les déjections…‭ ‬En général,‭ ‬un propriétaire loue sa terre et la grange à quelqu’un,‭ ‬qui s’occupe de l’élevage.

Toute cette activité est entièrement coordonnée par l’entreprise centrale,‭ ‬qui pratique le système de l’intégration :

‭«‬ Un système typique de production de viande de volaille centralisé présente la disposition spatiale suivante :‭ ‬au centre,‭ ‬dans la ville-siège,‭ ‬on trouve la coordination générale du système,‭ ‬formée par un corp technique,‭ ‬un abattoir et une usine de rations ‭; ‬autour de ce centre,‭ ‬formant une ceinture d’un rayon qui peut atteindre‭ ‬50‭ ‬km,‭ ‬se trouvent les granges.‭ ‬À l’écart,‭ ‬dans la même commune ou dans la région,‭ ‬on trouve la grange des matrices et,‭ ‬avec elle,‭ ‬l’incubateur.‭ ‬Des systèmes auxiliaires sont installés près des sources de matières premières‭ (‬achat et stockage des grains‭) ‬et près du marché consommateur‭ (‬secteur commercial‭)‬. ‭» (embrapa pt)

L’intégration signifie que c’est le système centralisé qui est propriétaire des poussins,‭ ‬et non pas l’éleveur ou le propriétaire des granges.‭ ‬Les animaux sont juste confiés à l’éleveur jusqu’à leur maturité.‭ ‬De cette manière,‭ ‬l’entreprise a le contrôle intégral de la production,‭ ‬de ses prix et de ses délais de livraison,‭ ‬sans devoir supporter le coût de posséder les granges elles-mêmes.‭ ‬Grâce à la sous-traitance,‭ ‬elle évite aussi d’avoir des problèmes en cas de dégraissage urgent.‭ ‬Flexibilité du marché.

De son côté,‭ ‬l’éleveur reçoît l’entièreté des soins vétérinaires et des rations.‭ ‬Celles-ci sont faites dans une autre banlieue de Feira de Santana,‭ ‬à partir de nombreux ingrédients.‭ ‬On y trouve surtout du maïs et de la farine de soja,‭ ‬mais aussi des farines d’origine animale,‭ ‬dont l’utilisation est autorisée au Brésil :‭ «‬ Cela permet une économie pour le producteur,‭ ‬car‭ ‬1‭ ‬kg de farine animale coûte R$‭ ‬0,35‭ ‬et remplace‭ ‬1‭ ‬kg de farine de soja,‭ ‬qui coûte R$‭ ‬0,80. ‭» (unesp pt‬)

Dans l’Union Européenne,‭ ‬il y a une interdiction sur les farines animales depuis la crise de la vache folle à la fin des années‭ ‬90.‭ ‬L’induction du cannibalisme dans l’industrie agroalimentaire,‭ ‬même pour des motifs économiques,‭ ‬est particulièrement mal perçue :

‭«‬ Avant la crise,‭ ‬lorsqu’un cas sporadique apparaissait,‭ ‬il entrait naturellement dans la fabrication des farines animales utilisées dès les années‭ ‬1960,‭ ‬sans que quoi que ce soit ne se passe.‭ ‬A l’époque,‭ ‬en effet,‭ ‬seuls les bovins adultes recevaient une alimentation complémentée en farines. ‭» (agriculture et environnement fr)

La surexploitation et le confinement des animaux a également aussi été mise en lumière lors de l’apparition de la grippe aviaire en Asie,‭ ‬ou porcine au Mexique :‭ ‬les premiers cas ont été identifiés à La Granja,‭ ‬où le géant américain Smithfield s’est implanté ‭(la jornada es)

Lorsque les poulets ont atteint le poids règlementaire,‭ ‬un camion vient prendre livraison.‭ ‬Les animaux sont transportés dans des casiers empilés sur les camions.‭ ‬Une fois arrivés à l’abattoir,‭ ‬ceux qui n’ont pas étouffé en chemin sont découpés et empaquetés.‭ ‬C’est aussi là que les restes solides sont incinérés et réduits en farine ‭; ‬les restes liquides se retrouvent quant à eux dans des bassins remplis de bactéries qui réduisent toute matière organique à néant.‭ ‬

Ainsi,‭ ‬les restes collaborent à la production avicole de deux manières :‭ ‬par infiltration des eaux des‭ ‬bassins vers les nappes phréatiques,‭ ‬et de retour dans les granges ‭; ‬par la farine,‭ ‬de retour dans l’estomac des poussins.‭ ‬La viande,‭ ‬quant à elle,‭ ‬s’en va vers les centres de distribution de tout le pays,‭ ‬et du monde entier.

La prochaine fois, on parlera des “externalités”.

(pt)

Esta semana,‭ ‬eu visitei uma fazenda de frango com a cara do agronegócio brasileiro.‭ ‬Capacidade total do empreendimento,‭ ‬720.000‭ ‬galinhas.‭ ‬Uma palha.‭ ‬Me fez pensar em tudo o que não se vê atrás do isoporzinho do supermercado,‭ ‬delicadamente isolado do mundo exterior pelo seu plástico.

A nossa história começa no subúrbio sul de Feira de Santana,‭ ‬a segunda cidade do Estado da Bahia,‭ ‬no Nordeste do Brasil.‭ ‬O incubador se encontra na periferia industrial,‭ ‬nas margens da BA-502,‭ ‬uma estrada com duas faixas em relativo bom estado,‭ ‬se for comparada às outras do mesmo tipo.‭ ‬É por ali que tudo começa,‭ ‬pois,‭ ‬segundo um relatório de uma grande empresa,‭ ‬toda a produção avícola‭ «‬ depende da genética animal praticada nos Países desenvolvidos‭ (‬Estados Unidos,‭ ‬Canadá e Inglaterra‭)‬,‭ ‬uma vez que a procriação de frangos e perus de corte depende de importação de linhagens de avos que geram as matrizes,‭ ‬as quais,‭ ‬por sua vez,‭ ‬gerarão as aves de corte. ‭» (sadia pt)

Assim que nascem,‭ ‬os pintinhos estão levados para as granjas,‭ ‬que estão espalhadas pelo território de vários municípios.‭ ‬Uma granja normal é prevista para receber umas‭ ‬25.000‭ ‬galinhas,‭ ‬durante‭ ‬38‭ ‬a‭ ‬43‭ ‬dias.‭ ‬Tudo está calculado:‭ ‬poço artesiano para a alimentação e a limpeza,‭ ‬camadas de matéria orgânica para as fezes…‭ ‬Geralmente,‭ ‬o dono aluga a terra e a granja para uma pessoa que cuida da produção.

Toda esta atividade é integralmente coordenada pela empresa central,‭ ‬que pratica um sistema de integração:

‭« ‬Um sistema de produção de carne de aves típico coordenado de forma centralizada apresenta a seguinte disposição espacial:‭ ‬em seu centro,‭ ‬na cidade sede,‭ ‬localiza-se a coordenação geral do sistema,‭ ‬formada por corpo de técnicos,‭ ‬abatedouro e fábrica de ração‭; ‬em torno desse centro e formando um cinturão,‭ ‬com raios variáveis de até‭ ‬50‭ ‬km,‭ ‬espalham-se as granjas de frango.‭ ‬Em local mais afastado,‭ ‬no mesmo município ou em outro município da região,‭ ‬localiza-se a granja de matrizes e,‭ ‬junto a ela,‭ ‬o incubatório.‭ ‬Sistemas auxiliares são instalados junto às fontes de matérias-primas‭ (‬compra e armazenamento de grãos‭) ‬e junto ao mercado consumidor‭ (‬setor comercial‭)‬.‭ » (embrapa pt)

A integração significa que é o sistema centralizado que possue os pintinhos,‭ ‬e não o dono da granja ou a pessoa que aluga.‭ ‬Os animais estão apenas deixados aos cuidados dele até a maturidade.‭ ‬Deste modo,‭ ‬a empresa tem um controle total da produção,‭ ‬dos seus preços e da entrega,‭ ‬sem precisar construir granjas.‭ ‬Com a terceirzação,‭ ‬ela evita também problemas em caso de crise.‭ ‬Flexibilidade do mercado.

Do seu lado,‭ ‬o avicultor recebe todo o apoio veterinário e as rações.‭ ‬Elas são feitas em outra periferia de Feira de Santana,‭ ‬a partir de vários ingredientes.‭ ‬Colocam milho,‭ ‬e farelo de soja,‭ ‬mas também farinhas animais,‭ ‬cuja utilização é permitida no Brasil:‭ «‬ Isso gera uma economia para o produtor,‭ ‬já que‭ ‬1‭ ‬kg de farinha de carne,‭ ‬que custa R$‭ ‬0,35,‭ ‬substitui‭ ‬1‭ ‬kg de farelo de soja,‭ ‬que custa R$‭ ‬0,80.‭ ‬» (unesp pt)

Na União Européia,‭ ‬corre uma interdição sobre as farinhas animais desde a crise da vaca louca,‭ ‬no final dos anos‭ ‬90.‭ ‬A indução do canibalismo na indústria do agronegócio,‭ ‬mesmo por motivos econômicos,‭ ‬passa particularmente mal percebida:

‭«‬ Antes da crise,‭ ‬quando um caso esporádico aparecia,‭ ‬entrava naturalmente na fabricação das farinhas animais utilizadas antes dos anos‭ ‬60,‭ ‬sem que nada aconteça.‭ ‬Na época,‭ ‬apenas o bois adultos recebiam uma alimentação com complementos em farinha.‭ ‬» (agriculture et environnement fr)

A exploração e o confinamento dos animais também foram apontados durante a gripe aviária na Ásia,‭ ‬ou suina no México :‭ ‬os primeiros casos foram identificados em La Granja,‭ ‬onde o gigante americano Smithfield se implantou‭. (la jornada es)

Quando o frango chegou ao peso regulamentar,‭ ‬um caminhão vem buscá-lo.‭ ‬Os animais estão transportados em caixas,‭ ‬a cima dos veículos.‭ ‬Quando chegam no abatedouro,‭ ‬aqueles que não morreram asfixiados são cortados e empacotados.‭ ‬É ali também que as sobras sólidas estão incineradas e reduzidas em farinha‭ ; ‬os restos líquidos vão para as lagoas cheias de bactérias que limpam toda a matéria orgânica.

Assim,‭ ‬as sobras colaboram ao processo da avicultura de duas maneiras :‭ ‬pela infiltração da água das lagoas,‭ ‬caiem no lençol freático e volta para as granjas ‭; ‬pela farinha,‭ ‬voltam até o estômago dos pintinhos.‭ ‬A carne,‭ ‬ela,‭ ‬vai para os centros de distribuição do país todo,‭ ‬e do mundo la fora.

Próxima vez, falaremos das “externalidades”.

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Rédigé par synaptique

août 1, 2009 à 12:59