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Le monde est un grand bac à légumes.

Archives de octobre 2009

Faites votre part!

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comme pépé

(fr)

La télévision est une fenêtre qui concentre toute l’énergie du monde moderne. C’est à travers elle que le monde s’explique, qu’il acquiert un sens. La télévision est à la croisée des chemins, comme une porte spatio-temporelle qui donne sur plusieurs galaxies. Elle relie la maison, le magasin, l’école, l’usine, le ministère et l’ascenseur de l’immeuble. Elle donne voix, là en plein milieu du salon, à des gens qu’on ne connaît pas, qu’on n’a même pas invités. Autrement dit, elle est tout ce qui nous relie au grand monde. Pas étonnant donc qu’elle nous offre la solution à la crise environnementale qui secoue la planète.

Comme tout ce qui est produit pour tenir sur 30 secondes d’antenne, la solution qu’elle propose est sans détour, sans appel. Elle va directement sur sa cible, et met tout en perspective. Il suffit que chacun fasse sa part.

C’est pourtant simple! Prenons un groupe de 10 personnes qui vivent sans se soucier du monde extérieur, dans une bourgade isolée. Ils se nourrissent exclusivement de conserves et jettent dans la rue tous leurs déchets, dont les effluves s’infiltrent et polluent la rivière toute proche. Le résultat est évident pour tout le monde: la sympathique bourgade isolée devient rapidement un cloaque puant. Il est nécessaire de dépenser des millions pour qu’une agence gouvernementale vienne s’occuper du problème. Mais si, toutes choses également par ailleurs, chacune de ces 10 personnes commence à changer sa manière de vivre, plante un potager et creuse une fosse sceptique, il ne faudra pas bien longtemps avant que la rivière polluée ne soit à nouveau remplie de poissons et que les papillons reviennent butinner les arbres en fleurs.

Comme on peut le constater dans cet exemple, la solution passe donc avant tout par l’individualisation de comportements eco-friendly et d’une nouvelle conception du monde (Weltanschauung, en allemand), dans laquelle l’environnement n’est plus vu comme un facteur latent, mais bien comme une donnée irrévocable – constitutive – de l’existence. Puisqu’il est impossible de maintenir un modèle dans lequel il est perpétuellement nécessaire de nettoyer les déjections de la société, on est forcé d’envisager un changement de paradigme.

Malgré les apparences, il n’y a rien là-dedans de très révolutionnaire. Il s’agit, au fond, d’opérer une légère mutation, destinée à donner naissance à un homo oeconomicus ambientalis. En se fondant sur une approche analytique, la crise environnementale est découpée en une série de petites sections plus simples à résoudre. Mathématiquement, l’ensemble devrait être résolu lorsque chaque partie fera sa part: si les 6 milliards d’individus qui composent la population terrestre se partagent la responsabilité des dégâts, on peut logiquement en déduire que chaque individu est responsable d’un six-milliardième de crise environnementale. Du coup, ça n’a plus l’air bien méchant, et c’est d’ailleurs ça qui est magnifique. La télévision ramène les problèmes globaux à des dimensions humaines.

A force de tout saucissonner, on risque pourtant de passer à côté de pas mal de choses. Et c’est d’ailleurs ce qui se passe avec l’idée de « faire sa part ». En réalité, elle part d’un gros appel plein de bons sentiments, que l’on pourrait comparer à l’idée selon laquelle, si tout le monde aimait son prochain, le monde irait bien mieux. Certes oui, mais pas tant que ça.

Tout d’abord, cette forme de responsabilité individuelle se retrouve matériellement limitée aux seules, disons, tâches ménagères – c’est-à-dire celles dont une simple personne peut s’occuper au quotidien (l’eau qui coule quand on se brosse les dents, le témoin de veille de la télévision qui reste allumé pendant la nuit, etc.) Les problèmes qui sont liés à la responsabilité de plusieurs personnes tombent déjà sous le coup d’un sérieux handicap, puisqu’ils risquent simplement de n’être résolus par personne (qui reconnaîtra être celui qui provoque les embouteillages?) Que dire alors de la responsabilité environnementale des personnalités juridiques, comme dans le cas de l’explosion de l’usine de Bhopal (greenpeace pt), que personne ne veut assumer? À chaque marée noire, les compagnies pétrolières se retournent généralement contre les pilotes – voir le procès de l’Exxon Valdez ou, plus récemment, du Heibei Spirit (one india en).

La crise environnementale n’est pas un simple phénomène de pollution excédentaire, au sens tridimensionnel du terme. C’est avant tout un processus historique qui plonge ses raçines dans le temps, comme une locomotive qui pousse ses wagons, venue d’une époque que Fernand Braudel fait remonter aux cités de la Renaissance italienne (goodreads en). C’est enfin un processus culturel de détachement du réel, fondé sur une éthique calviniste selon laquelle voyons, c’est Dieu Lui-même qui a créé la Terre. La détruire, c’est détruire l’oeuvre de Dieu, ce qui, en plus d’être un péché, est tout bonnement impossible. Cela signifierait que l’homme est au moins aussi puissant que Lui.

Enfin, dans le meilleur des cas, celui où chaque six-milliardième trouve enfin son responsable, « faire sa part » ne permettra jamais de répondre qu’à une situation figée dans le temps, à une époque donnée, sans cesse dépassée. Elle ne peut ni répondre aux dégâts qui ont été commis dans le passé, ni résister à la pression de la croissance économique. Et si notre quota de « faire sa part » doit être revu et corrigé chaque année, c’est qu’il y a un problème quelque part. Dans le fond, « faire sa part » permet à peine de se rassurer, dans un grand élan d’éco-blanchiment (greenwashing en anglais).

Dans toute bonne série de science-fiction, il arrive que la porte spatio-temporelle s’ouvre sur quelque chose qui n’était pas prévu. La galactique menace de dangereux insectoïdes à la recherche d’un nouveau monde à coloniser, par exemple. De la même manière, la télévision tombe souvent à côté de la plaque. Le risque, dans ce cas-ci, serait de convaincre tout le monde que tout va bien, et qu’il suffit vraiment de ne faire que sa part.

Parce que, même dans le meilleur des cas, il faut faire bien plus que ça.

(pt)

A televisão é uma janela que concentra toda a energia do mundo moderno. Por ela, o mundo se explica, ele adquire um sentido. Na televisão se cruzam vários caminhos, como uma porta espacial-temporal que se abre para várias galáxias. Ela liga a casa, a loja, a fábrica, o ministério e o elevador do prédio. Ela dá voz, ali no meio da sala, às pessoas que não conhecemos, às quais nem convidamos. Ou seja, ela é tudo o que nos liga ao restante do mundo. Sem surpresa, ela também nos oferece uma solução à crise ambiental que envolve o planeta.

Igual a tudo que é produzido para caber em 30 segundos, a solução proposta é sem apelo. Ela cai diretamente no seu alvo e explica tudo. Basta cada um fazer a sua parte.

Pois é muito simples! Imaginemos um grupo de 10 pessoas que vivem sem se preocupar com o mundo exterior, em uma aldeia isolada. Eles comem apenas alimentos enlatados e jogam o seu lixo na rua. Os eflúvios entram no solo e contaminam o rio que corre perto. O resultado é evidente: a simpática aldeia isolada se torna rapidamente uma esgoto fedorenta. É necessário gastar milhões para uma agência pública cuidar do problema. Mas se cada uma das 10 pessoas comece a mudar o seu estilo de vida, plante uma horta e cave uma fossa séptica, não demorará muito antes do rio se encher de peixes novamente, com borboletas voando de flor em flor.

É fácil perceber neste exemplo que a solução passa, antes de tudo, pela individualização de comportamentos eco-friendly e de uma nova concepção do mundo (Weltanschauung, em alemão), na qual o meio ambiente não é mais apenas um fator latente, e sim um dado irrevogável – constitutivo – da existência. Já que é impossível manter um modelo onde seja perpetualmente necessário limpar o lixo da sociedade, é preciso imaginar uma mudança de paradigma.

Isso sendo dito, não há nada aqui que seja muito revolucionário. Se trata, no final, de fazer uma leve mutação, que permita o nascimento de um homo oeconomicus ambientalis. Baseando-se numa perspectiva analítica, a crise ambiental é cortada em pequenos trechos mais simples de resolver. Matematicamente, o conjunto será resolvido quando cada trecho fizer a sua parte: se os 6 bilhões de indivíduos que compõem a população da Terra compartilham a responsabilidade, podemos logicamente deduzir que cada indivíduo é responsável por um seis-bilhonésimo da crise ambiental. Visto assim, já não parece mais tão complicado, e é bem por isso que é maravilhoso. A televisão dá dimensões humanas aos problemas globais.

De tanto cortar em trechinhos, arriscamo-nos a passar ao lado de muitas coisas. É bem isso que acontece com aquela idéia de “fazer a sua parte”. Na realidade, ela parte de uma boa chamada repleta de bons sentimentos, comparáveis à idéia que, se todo mundo amasse o próximo, o mundo estaria muito melhor. Certo sim, mas não é tão assim.

Primeiro, tal forma de responsabilidade individual está materialmente limitada as únicas, digamos, tarefas domésticas – ou seja, tudo o que uma simples pessoa pode fazer no cotidiano (fechar a torneira ao escovar os dentes, desligar a televisão quando não for usada, etc.) Os problemas ligados à responsabilidade de várias pessoas encontram um problema sério, porque provavelmente não seriam resolvidos por ninguém (quem aceitaria ser aquele/a que provoca os engarrafamentos?) O que dizer ainda da responsabilidade ambiental das pessoas jurídicas, como no caso da explosão da fábrica de Bhopal (greenpeace pt), que ninguém quer assumir? Em cada maré negra, as companhias de petróleo se voltam contra os pilotos – veja o processo de Exxon Valdez, ou mais recentemente, de Heibei Spirit (oneindia en).

A crise ambiental não é um simples fenômeno de poluição em excesso, no sentido tridimensional da expressão. Antes de tudo, é um processo histórico cujas raízes, como uma locomotiva empurrando os vagões, vêm das cidades do Renascimento italiano, segundo Fernand Braudel (goodreads en). ). Ainda é um processo cultural de desligamento do real, fundado em uma ética calvinista segundo a qual, pois, é Deus mesmo que criou a Terra. Destruir isso seria destruir a obra de Deus. E isso, além de ser pecado, seria simplesmente impossível. Significaria que o homem é tão poderoso quanto Ele.

Enfim, no melhor dos casos, aquele onde cada seis-bilhonésimo encontra o seu responsável, “fazer a sua parte” apenas permite atender uma situação parada no tempo, sempre ultrapassada. Não pode atender as destruições feitas no passado, nem resistir à pressão do crescimento econômico. E se a cota de “fazer a sua parte” deve ser corrigida a cada ano, significa que existe um problema. No final, “fazer a sua parte” permite apenas se tranquilizar, num surto de boa consciência (e de greenwashing, em inglês).

Em todo bom seriado de ficção-científica, acontece que a porta espacial-temporal pode se abrir sobre algum imprevisto. A ameaça galáctica de perigosos alienígenas a procura de um novo mundo para colonizar, por exemplo. Do mesmo modo, a televisão pode se enganar. O risco, neste caso, seria de convencer todo mundo que tudo está bem, e que basta realmente fazer a sua parte.

Mesmo no melhor dos casos, é preciso fazer muito mais.

Rédigé par synaptique

octobre 30, 2009 à 9:38

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Journée Mondiale de l’Alimentation

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(fr)

Demain, 15 octobre, c’est le Jour Mondial de l’Alimentation. C’est donc l’occasion de penser un peu au problème.

En Europe, la Politique Agricole Commune (PAC) a encore fait récemment la une des journaux, avec des agriculteurs en colère déversant des hectolitres de lait sur les beaux souliers cirés de nos commissaires et parlementaires européens. Dans le Sud, cette même PAC fait encore crier tous ceux qui ne parviennent pas à exporter leurs produits à cause de subsides dont tous les gouvernements ont pourtant juré qu’il était nécessaire de se débarrasser.

Le problème de la PAC se situe dans son approche compétitive de la situation. Elle considère que l’agriculture européenne doit continuer à se confronter à la compétition de l’agriculture du reste de la planète, quand bien même celle-ci est matériellement mille fois moins chère. Alors qu’en fait, il aurait été bien plus simple d’orienter l’agriculture du vieux continent vers un autre secteur, non brigué par les autres, en conditionnant les subsides à d’autres critères. Par exemple, celui de l’agriculture organique.

L’agriculture organique a ses défauts. D’abord, elle produit moins qu’une agriculture intensive ou extensive. En fait, c’est une bonne chose, car au niveau du commerce agricole, cela permettrait donc d’ouvrir les frontières et de libérer plus d’espace pour des importations venues d’autres pays. Ensuite elle est plus chère, ce qui risque d’augmenter le poids de la PAC dans le budget européen. Voici une idée qui demande plus de calculs, car au fond elle utilise moins d’entrants, comme des engrais chimiques et des aspertions de roundup(tm).

Bref, en orientant l’agriculture européenne sur une autre voie, qui est loin d’être de garage, on pourrait permettre aux agricultures africaines, caribéennes ou même, pourquoi pas, latino-américaines, de sortir la tête de l’eau. Ceci sans s’en prendre à l’agriculture européenne, qui devrait simplement se recycler.

(pt)

Amanhã, dia 15 de outubro, é o Dia Mundial da Alimentação. É uma boa ocasião para pensar um pouco no problema.

Na Europa, a Política Agrícola Comum (PAC) ainda recentemente apareceu na capa dos jornais, quando agricultores brabos despejaram litros e litros de leite nos lindos sapatos engraxados dos comissários e deputados européios. No Sul, a mesma PAC também faz gritar aqueles que não conseguem exportar os seus produtos por causa de subsídios, que todos os governos concordaram numerosas vezes em eliminar.

O problema da PAC está na sua perspectiva competitiva da situação. Ela considera que a agricultura européia deve continuar a enfrentar a competição da agricultura do resto do planeta, até quando esta custa dez, cem vezes menos. No entanto, seria muito mais simples orientar a agricultura do velho continente para outro setor, não procurado pelos outros, condicionando os subsídios a outros critérios. Por exemplo, da agricultura orgânica.

A agricultura orgânica tem os seus defeitos. Primeiro, ela produz menos que a agricultura intensiva ou extensiva. Na verdade, seria uma coisa boa, porque em relação com o comércio agrícola, permitiria de abrir as fronteiras e liberar mais espaço para as importações. Segundo, é mais cara, o que pode aumentar ainda mais o peso da PAC no orçamento européio. Esta idéia precisa mais detalhes, porque também usa menos intrantes, tais como fertilizantes químicos e utilização de roundup(tm).

Assim, orientando a agricultura para uma outra via, que não é de garagem, podemos permitir às agriculturas da África, do Caribe ou até, porque não, da América Latina, de ergir a cabeça fora da água. Tudo isso sem ferir a agricultura européia, que apenas precisara reciclar-se.

État de l'insécurité alimentaire dans le monde 2009

État de l'insécurité alimentaire dans le monde 2009

Rédigé par synaptique

octobre 15, 2009 à 1:33

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Externalisation des coûts sur l’environnement

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(fr)

Le rapport de HRW sur l’industrie du poulet aux États-Unis identifiait trois principaux problèmes du secteur concernant le respect des droits de l’homme (hrw en) :

  • l’opposition des entreprises aux syndicats et aux syndicalistes;
  • l’absence de sécurité ou de couverture santé pour les travailleurs en général;
  • l’utilisation de travailleurs migrants facilement malléables.

Il s’agit donc de trois points sur lesquels l’industrie avicole externalise ses coûts, et minimise ses prix. Au Brésil, l’un des plus gros producteurs du monde, le troisième point n’est pas d’actualité. La présence des travailleurs migrants, si elle existe, reste extrêmement marginale dans le Nordeste du pays. Elle est d’autant plus forte qu’on s’approche de São Paulo, où des Boliviens et des Paraguayens sont souvent libérés d’ateliers miteux de l’industrie textile (reporter brasil pt).

Pourtant, on pourrait difficilement dire que les travailleurs bahianais soient très au courant de leurs droits travaillistes. D’une manière générale, une enquête de la Fondation Getúlio Vargas à ce sujet a montré que les habitants de Bahia sont ceux qui ont le moins confiance en leur système judiciaire pour résoudre les problèmes (atarde pt). L’industrie profite de cet état de fait. Je connais deux cas de licenciement abusif dans la même entreprise, l’un pour organisation syndicale, et l’autre après un accident de travail.

Depuis quelques années, l’augmentation progressive du salaire minimum se révèle l’une des seules mesures qui permette de se confronter positivement à la situation. Si ce n’était le gouvernement fédéral, personne n’aurait sans doute eu la force d’imposer ces modifications aux industries. Cela n’empêche toutefois pas l’externalisation des coûts, sur deux grands axes.

La première méthode revient donc à s’en prendre aux forces vives de la société, à les rouler dans la farine, et à les vomir ensuite sur la voie publique. La deuxième méthode est à peine plus subtile, puisqu’elle prend la nature pour cible.

L’Amazonie représente la pointe de l’iceberg dans un pays dont le Président – le même qui augmente les salaires – vient d’annoncer qu’il était incapable d’appliquer une politique “déforestation zéro”, sous le prétexte qu’il y aurait toujours quelqu’un voulant couper les arbres quelque part (xinhua en).

Mais le déboisement se fait irrémédiablement au bénéfice de la production agricole, qui a été choisi comme principal orientation pour le développement à long-terme du pays. Le milieu ruraliste, des grands propriétaires fonciers, est en position de force, puisqu’il est intrinsèquement reconnu comme étant le moteur de la croissance, grâce à ses exportations. N’en déplaise au Ministre de l’Environnement, la déforestation s’inscrit donc en contradiction profonde avec cette politique, puisqu’elle pourrait en compromettre les bons résultats, qu’ils s’agisse de la région amazonienne, du Pantanal ou du Cerrado central.

Aux États-Unis encore, deux cas récents permettent d’illustrer le poids de l’externalisation des coûts de l’industrie avicole sur la nature. Il s’agit d’une part du procès entre l’État de l’Oklahoma et l’industrie de l’Arkansas, à propos de la pollution du fleuve Illinois (wash examiner en), et d’autre part, la pollution de la Baie de Chesapeake, dans l’État du Maryland (nytimes en).

Les deux cas révèlent l’importance des déjections animales sorties des granges à poulets, qui sont souvent répandues sur les champs pour servir d’engrais. Le problème, bien entendu, surgit avec l’écoulement des eaux de pluie vers les bassins hydrographiques, polluant les fleuves au phosphore.

La région choisie par l’industrie avicole dans l’État de Bahia, soit un triangle formé par les villes de Conceição da Feira, Feira de Santana et São Gonçalo dos Campos, entoure littéralement le fleuve Jacuípe, à l’endroit où celui-ci se jette dans le fleuve Paraguaçu. C’est également à cet endroit qu’on a construit le barrage de la Pedra do Cavalo, dont le bassin remonte jusqu’à la commune de Feira de Santana. Le barrage est destiné à récolter l’eau de consommation domestique de la région métropolitaine de Salvador.

L’industrie avicole, qu’elle soit américaine ou brésilienne, nous confronte donc à deux problèmes, issus de l’externalisation des coûts de production sur des acteurs qui n’ont pas les moyens de se défendre. Des humains et l’environnement.

(pt)

O relatório da HRW sobre a indústria avícola nos Estados Unidos identificou três principais problemas do setor em relação ao respeito dos direitos humanos (hrw en):

  • a oposição das empresas aos sindicatos e aos sindicalistas;
  • a ausência de segurança e de cobertura de saúde para os trabalhadores em geral;
  • a utilização de trabalhadores migrantes facilmente manipuláveis.

São três pontos sobre os quais a indústria avícola externaliza os seus custos, e minimaliza os preços. No Brasil, um dos maiores produtores mundiais, o terceiro ponto não é muito importante. A presença de trabalhadores migrantes, mesmo existindo, é marginal no Nordeste do país. Ela é muito mais forte quando nos aproximamos de São Paulo, onde Bolivianos e Paraguaianos estão regularmente encontrados em oficinas texteis (reporter brasil pt).

Mas seria muito difícil dizer que os trabalhadores baianos estão muito ligados com os seus direitos trabalhistas. De modo geral, uma pesquisa de Fundação Getúlio Vargas revelou que os habitantes da Bahia confiam o menos no sistema judiciario para resolver os seus problemas (atarde pt). A indústria aproveita esta situação. Conheço dois casos de licenciamento abusivo na mesma empresa, um por organização sindical, o outro após um acidente de trabalho.

Há alguns anos, o aumento progressivo do salário mínimo aparece como uma das poucas medidas que permitem enfrentar positivamente a situação. Se não fosse o governo federal, ninguém teria a força de impôr estas modificações ás indústrias. Mas não impede a externalização dos custos, com dois grandes eixos.

O primeiro metodo trata de usar as forças vivas da sociedade, enrolá-las na farinha, e a vomitá-las em seguido. O segundo metodo é apenas mais sútil, já que usa a própria natureza.

A Amazonia representa apenas a ponta do iceberg em um país cujo Presidente – o mesmo que aumenta os salários – acabou de anunciar que seria incapaz de aplicar uma política de “desmatamento zero”, sob o pretexto que sempre haverá alguém querendo derrubar árvores em algum lugar (xinhua en).

Irremediavelmente, o desmatamento beneficia a produção agrícola, que foi escolhida como principal fonte para o desenvolvimento a longo prazo do país. A bancada ruralista, dos grandes donos de terra, se encontra fortalecido, já que é literalmente reconhecido como motor do crescimento, baseado nas exportações. Mesmo com a ação do Ministro do Meio Ambiente, o desmatamento está em profunda contradição com tal política, e poderia até comprometer os seus resultados, seja na região amazônica, no Pantanal ou no Cerrado.

Nos Estados Unidos ainda, dois casos recentes nos permitem de ilustrar o peso da externalização dos custos da indústria avícola sobre o meio ambiente. De um lado, tem o processo entre o Estado de Oklahoma e a indústria do Arkansas, sobre a poluição do rio Illinois (wash examiner en), e do outro, a poluição da Baia de Chesapeake, no Estado do Maryland (nytimes en).

Os dois casos revelam a importancia das fezes animais que saem das granjas de frango, e que são geralmente utizadas como fertilizante nas plantações. O problema, claro, surge com as águas da chuva, que levam tudo para os bacias hidrográficas, poluindo os rios com fósforo.

A região escolhida pela indústria avícola no Estado da Bahia, um triangulo formado pelas cidades de Conceição da Feira, Feira de Santana e São Gonçalo dos Campos, cerca o Rio Jacuípe, no lugar onde ele se joga no rio Paraguaçu. Também é là que foi construido a barragem da Pedra do Cavalo, cujo lago se estende até o município de Feira de Santana. A barragem é destinada a recolher a água de consumo domestico para a região metropolitana de Salvador.

A indústria avicola, seja ela americana ou brasileira, cria dois problemas que têm a sua origem na externalizaç=ao dos custos de produção sobre atores que não tem as condições de se defender. Humanos e meio ambiente.

Rédigé par synaptique

octobre 8, 2009 à 3:11

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