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Le monde est un grand bac à légumes.

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Caractéristiques des réseaux préhistoriques

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La théorie des réseaux peut être définie de la manière suivante : c’est l’étude de la structure d’un ensemble de noeuds et de liens qui représentent quelque chose de réel, ainsi que du comportement dynamique de l’aggrégation de ces noeuds et liens. Dans le cas de l’étude de l’art rupestre préhistorique, elle s’intéressera à la structure des figures et des influences que celles-ci exercent les unes sur les autres. Elle s’intéressera, surtout, à la manière avec laquelle les figures ont été ajoutées aux panneaux, et comment elles s’influencent. Voici quelques caractéristiques générales des réseaux, qui peuvent être appliquées à la peinture rupestre [Ted G. Lewis, Network Science, Theory and Applications, Wiley, 2009 (google books en)].

Structure: les réseaux ne sont pas des ensembles alléatoires de noeuds et de liens. De la même manière, les peintures rupestres ne sont pas faites à n’importe quel point du paysage. Elles ne sont pas faites au petit bonheur la chance, sur des pierres isolées. Elles sont concentrées en des lieux définis, et peuvent parfois s’organiser autour de figures centrales. Bref, elles ne sont pas alléatoires.

Émergence: le réseau est dit émergent lorsqu’il se met à favoriser certaines propriétés (typologiques, géographiques, artistiques…) tout en se stabilisant. Dans le cas des peintures rupestres, nous ne connaissons que leur état stabilisé : mis à part les cas de graffitis, les panneaux ne changeront plus. La théorie des réseaux avance l’idée selon laquelle les caractéristiques communes de ces figures sont apparues et se sont raffinées avec le temps.

Dynamisme: résultat logique de l’idée d’émergence, une série d’étapes évolutives permettent au système d’atteindre un point final, ou fixe. Les panneaux préhistoriques ont été élaborés petit-à-petit, tout au long des millénaires – ils sont donc typiquement dynamiques.

Autonomie: un réseau se forme grâce à l’action autonome et spontanée de noeuds indépendants les uns des autres, qui se mettent en relation sans l’intervention d’un contrôle central ou d’une planification centralisée. De cette manière, au cours de l’élaboration des panneaux tels que nous les connaissons aujourd’hui, plusieurs groupes humains (autonomes) se sont succédés pour peindre les parois. Il n’y a pas eu de planification.

Évolution de bas em haut: étant constitués de noeuds indépendants, les réseaux se développement de bas (niveau local) en haut (niveau global). De même, les panneaux ont été élaborés couches après couche. Les relations se font de plus en plus complexes, en suivant une logique qui est nouvelle à chaque ajout de peinture.

Topologie: l’architecture d’un réseau est une propriété qui apparaît avec le temps, en conséquence du comportement autonome de ses noeuds. L’architecture des panneaux dépend du passage de groupes humains devant les roches, et de leurs affinités avec les figures pré-existentes et le site.

Pouvoir: le pouvoir d’un noeud est proportionnel à son degré (numéro de liens qui le relient au reste du réseau), à son influence (valeur de ces liens) et à la proximité. Les figures rupestres centrales sont celles qui attirent le plus grand nombre de figures autour d’elles, en les influençant graphiquement ou spatialement. Ce sont aussi celles-ci qui ont le plus de chances d’attirer de nouvelles figures.

Stabilité: elle est atteinte lorsque le rythme des changements apportés entre les noeuds ou à son architecture générale diminue au fil du temps, ou se limite à des oscillations définies. Ce type de caractéristique est impossible à déterminer pour les peintures rupestres. Sans datation, il est impossible d’affirmer qu’il n’y a pas eu un ajout très important de figures immédiatement avant la fin de l’utilisation du site.

(pt_br)

A teoria das redes pode ser definida do segundo modo: é o estudo da estrutura de uma coleção de nós e de links que representam algo real, e do comportamento dinâmico da agregação destes nós e links. Para o estudo da arte rupestre pré-histórica, ela estudará a estrutura das figuras e das influencias que exercem umas sobre as outras. Estudará, sobretudo, como as figuras se juntaram no painel, e como elas se influenciaram. Seguem algumas características gerais das redes, que podem ser aplicadas à pintura rupestre [Ted G. Lewis, Network Science, Theory and Applications, Wiley, 2009 (google books en)].

Estrutura: redes não são coleções aleatórias de nós e relações. Do mesmo modo, as pinturas rupestres não são feitas em qualquer ponto da paisagem. Não são pintadas em pedras soltas, aqui ou ali. São concentradas em locais definidos, e podem até organiza-se em volta de figuras centrais. Portanto, não são feitas aleatoriamente.

Surgimento: a rede é dita em surgimento quando ela passa a favorecer algumas propriedades (tipológicas, geográficas, artísticas…) ao estabilizá-se. No caso das pinturas rupestres, conhecemos apenas o estado estabilizado: salvo em casos de pichação, os painéis não crescem mais. A teoria das redes avança a idéia de que as características comuns entre as figuras surgiram, e se refinaram com o passar do tempo.

Dinamismo: resultado lógico da idéia de surgimento, uma série de etapas evolutivas leva até o ponto final, ou fixo, do sistema. Os painéis pré-históricos foram elaborados aos poucos, ao longo dos milênios, sendo assim tipicamente dinâmicos.

Autonomia: uma rede se forma pela ação autônoma e espontânea de nós independentes, que se relacionam sem intervenção de um controle central ou de uma planificação centralizada. Assim, durante todo o tempo de elaboração dos painéis, tais como nos os conhecemos hoje, diferentes grupos humanos (autônomos) se sucederam para pintar as paredes. Não houve planificação.

Evolução de baixo para cima: sendo constituídas por nós independentes, as redes crescem de baixo (nível local) para a cima (nível global). Do mesmo modo, os painéis são elaborados camada após camada. As relações se tornam cada vez mais complexas, segundo uma lógica que é criada a cada nova pintura.

Topologia: a arquitetura de uma rede é uma propriedade que aparece com o tempo, em conseqüência do comportamento autônomo dos seus nós. A arquitetura dos painéis depende da passagem dos grupos humanos em frente às pedras, e das afinidades deles com as figuras já existentes, e com o local.

Poder: o poder de um nó é proporcional ao seu grau (número de relações que tem com o resto da rede), a sua influencia (valor das relações) e a proximidade. As figuras rupestres centrais são aquelas que atraem o maior número de figuras na sua volta, seja na influência gráfica ou na posição. Elas também têm as maiores chances de atrair novas figuras.

Estabilidade: é atingida quando o ritmo das mudanças entre seus nós ou na sua arquitetura geral diminui com o passar do tempo, ou limite-se em oscilações definidas. Tal característica é indeterminável para os painéis rupestres. Sem datação, não podemos afirmar que não houve um acréscimo muito importante de figuras logo antes do final da utilização do local.

Rédigé par synaptique

novembre 6, 2009 à 1:06

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comme pépé

(fr)

La télévision est une fenêtre qui concentre toute l’énergie du monde moderne. C’est à travers elle que le monde s’explique, qu’il acquiert un sens. La télévision est à la croisée des chemins, comme une porte spatio-temporelle qui donne sur plusieurs galaxies. Elle relie la maison, le magasin, l’école, l’usine, le ministère et l’ascenseur de l’immeuble. Elle donne voix, là en plein milieu du salon, à des gens qu’on ne connaît pas, qu’on n’a même pas invités. Autrement dit, elle est tout ce qui nous relie au grand monde. Pas étonnant donc qu’elle nous offre la solution à la crise environnementale qui secoue la planète.

Comme tout ce qui est produit pour tenir sur 30 secondes d’antenne, la solution qu’elle propose est sans détour, sans appel. Elle va directement sur sa cible, et met tout en perspective. Il suffit que chacun fasse sa part.

C’est pourtant simple! Prenons un groupe de 10 personnes qui vivent sans se soucier du monde extérieur, dans une bourgade isolée. Ils se nourrissent exclusivement de conserves et jettent dans la rue tous leurs déchets, dont les effluves s’infiltrent et polluent la rivière toute proche. Le résultat est évident pour tout le monde: la sympathique bourgade isolée devient rapidement un cloaque puant. Il est nécessaire de dépenser des millions pour qu’une agence gouvernementale vienne s’occuper du problème. Mais si, toutes choses également par ailleurs, chacune de ces 10 personnes commence à changer sa manière de vivre, plante un potager et creuse une fosse sceptique, il ne faudra pas bien longtemps avant que la rivière polluée ne soit à nouveau remplie de poissons et que les papillons reviennent butinner les arbres en fleurs.

Comme on peut le constater dans cet exemple, la solution passe donc avant tout par l’individualisation de comportements eco-friendly et d’une nouvelle conception du monde (Weltanschauung, en allemand), dans laquelle l’environnement n’est plus vu comme un facteur latent, mais bien comme une donnée irrévocable – constitutive – de l’existence. Puisqu’il est impossible de maintenir un modèle dans lequel il est perpétuellement nécessaire de nettoyer les déjections de la société, on est forcé d’envisager un changement de paradigme.

Malgré les apparences, il n’y a rien là-dedans de très révolutionnaire. Il s’agit, au fond, d’opérer une légère mutation, destinée à donner naissance à un homo oeconomicus ambientalis. En se fondant sur une approche analytique, la crise environnementale est découpée en une série de petites sections plus simples à résoudre. Mathématiquement, l’ensemble devrait être résolu lorsque chaque partie fera sa part: si les 6 milliards d’individus qui composent la population terrestre se partagent la responsabilité des dégâts, on peut logiquement en déduire que chaque individu est responsable d’un six-milliardième de crise environnementale. Du coup, ça n’a plus l’air bien méchant, et c’est d’ailleurs ça qui est magnifique. La télévision ramène les problèmes globaux à des dimensions humaines.

A force de tout saucissonner, on risque pourtant de passer à côté de pas mal de choses. Et c’est d’ailleurs ce qui se passe avec l’idée de « faire sa part ». En réalité, elle part d’un gros appel plein de bons sentiments, que l’on pourrait comparer à l’idée selon laquelle, si tout le monde aimait son prochain, le monde irait bien mieux. Certes oui, mais pas tant que ça.

Tout d’abord, cette forme de responsabilité individuelle se retrouve matériellement limitée aux seules, disons, tâches ménagères – c’est-à-dire celles dont une simple personne peut s’occuper au quotidien (l’eau qui coule quand on se brosse les dents, le témoin de veille de la télévision qui reste allumé pendant la nuit, etc.) Les problèmes qui sont liés à la responsabilité de plusieurs personnes tombent déjà sous le coup d’un sérieux handicap, puisqu’ils risquent simplement de n’être résolus par personne (qui reconnaîtra être celui qui provoque les embouteillages?) Que dire alors de la responsabilité environnementale des personnalités juridiques, comme dans le cas de l’explosion de l’usine de Bhopal (greenpeace pt), que personne ne veut assumer? À chaque marée noire, les compagnies pétrolières se retournent généralement contre les pilotes – voir le procès de l’Exxon Valdez ou, plus récemment, du Heibei Spirit (one india en).

La crise environnementale n’est pas un simple phénomène de pollution excédentaire, au sens tridimensionnel du terme. C’est avant tout un processus historique qui plonge ses raçines dans le temps, comme une locomotive qui pousse ses wagons, venue d’une époque que Fernand Braudel fait remonter aux cités de la Renaissance italienne (goodreads en). C’est enfin un processus culturel de détachement du réel, fondé sur une éthique calviniste selon laquelle voyons, c’est Dieu Lui-même qui a créé la Terre. La détruire, c’est détruire l’oeuvre de Dieu, ce qui, en plus d’être un péché, est tout bonnement impossible. Cela signifierait que l’homme est au moins aussi puissant que Lui.

Enfin, dans le meilleur des cas, celui où chaque six-milliardième trouve enfin son responsable, « faire sa part » ne permettra jamais de répondre qu’à une situation figée dans le temps, à une époque donnée, sans cesse dépassée. Elle ne peut ni répondre aux dégâts qui ont été commis dans le passé, ni résister à la pression de la croissance économique. Et si notre quota de « faire sa part » doit être revu et corrigé chaque année, c’est qu’il y a un problème quelque part. Dans le fond, « faire sa part » permet à peine de se rassurer, dans un grand élan d’éco-blanchiment (greenwashing en anglais).

Dans toute bonne série de science-fiction, il arrive que la porte spatio-temporelle s’ouvre sur quelque chose qui n’était pas prévu. La galactique menace de dangereux insectoïdes à la recherche d’un nouveau monde à coloniser, par exemple. De la même manière, la télévision tombe souvent à côté de la plaque. Le risque, dans ce cas-ci, serait de convaincre tout le monde que tout va bien, et qu’il suffit vraiment de ne faire que sa part.

Parce que, même dans le meilleur des cas, il faut faire bien plus que ça.

(pt)

A televisão é uma janela que concentra toda a energia do mundo moderno. Por ela, o mundo se explica, ele adquire um sentido. Na televisão se cruzam vários caminhos, como uma porta espacial-temporal que se abre para várias galáxias. Ela liga a casa, a loja, a fábrica, o ministério e o elevador do prédio. Ela dá voz, ali no meio da sala, às pessoas que não conhecemos, às quais nem convidamos. Ou seja, ela é tudo o que nos liga ao restante do mundo. Sem surpresa, ela também nos oferece uma solução à crise ambiental que envolve o planeta.

Igual a tudo que é produzido para caber em 30 segundos, a solução proposta é sem apelo. Ela cai diretamente no seu alvo e explica tudo. Basta cada um fazer a sua parte.

Pois é muito simples! Imaginemos um grupo de 10 pessoas que vivem sem se preocupar com o mundo exterior, em uma aldeia isolada. Eles comem apenas alimentos enlatados e jogam o seu lixo na rua. Os eflúvios entram no solo e contaminam o rio que corre perto. O resultado é evidente: a simpática aldeia isolada se torna rapidamente uma esgoto fedorenta. É necessário gastar milhões para uma agência pública cuidar do problema. Mas se cada uma das 10 pessoas comece a mudar o seu estilo de vida, plante uma horta e cave uma fossa séptica, não demorará muito antes do rio se encher de peixes novamente, com borboletas voando de flor em flor.

É fácil perceber neste exemplo que a solução passa, antes de tudo, pela individualização de comportamentos eco-friendly e de uma nova concepção do mundo (Weltanschauung, em alemão), na qual o meio ambiente não é mais apenas um fator latente, e sim um dado irrevogável – constitutivo – da existência. Já que é impossível manter um modelo onde seja perpetualmente necessário limpar o lixo da sociedade, é preciso imaginar uma mudança de paradigma.

Isso sendo dito, não há nada aqui que seja muito revolucionário. Se trata, no final, de fazer uma leve mutação, que permita o nascimento de um homo oeconomicus ambientalis. Baseando-se numa perspectiva analítica, a crise ambiental é cortada em pequenos trechos mais simples de resolver. Matematicamente, o conjunto será resolvido quando cada trecho fizer a sua parte: se os 6 bilhões de indivíduos que compõem a população da Terra compartilham a responsabilidade, podemos logicamente deduzir que cada indivíduo é responsável por um seis-bilhonésimo da crise ambiental. Visto assim, já não parece mais tão complicado, e é bem por isso que é maravilhoso. A televisão dá dimensões humanas aos problemas globais.

De tanto cortar em trechinhos, arriscamo-nos a passar ao lado de muitas coisas. É bem isso que acontece com aquela idéia de “fazer a sua parte”. Na realidade, ela parte de uma boa chamada repleta de bons sentimentos, comparáveis à idéia que, se todo mundo amasse o próximo, o mundo estaria muito melhor. Certo sim, mas não é tão assim.

Primeiro, tal forma de responsabilidade individual está materialmente limitada as únicas, digamos, tarefas domésticas – ou seja, tudo o que uma simples pessoa pode fazer no cotidiano (fechar a torneira ao escovar os dentes, desligar a televisão quando não for usada, etc.) Os problemas ligados à responsabilidade de várias pessoas encontram um problema sério, porque provavelmente não seriam resolvidos por ninguém (quem aceitaria ser aquele/a que provoca os engarrafamentos?) O que dizer ainda da responsabilidade ambiental das pessoas jurídicas, como no caso da explosão da fábrica de Bhopal (greenpeace pt), que ninguém quer assumir? Em cada maré negra, as companhias de petróleo se voltam contra os pilotos – veja o processo de Exxon Valdez, ou mais recentemente, de Heibei Spirit (oneindia en).

A crise ambiental não é um simples fenômeno de poluição em excesso, no sentido tridimensional da expressão. Antes de tudo, é um processo histórico cujas raízes, como uma locomotiva empurrando os vagões, vêm das cidades do Renascimento italiano, segundo Fernand Braudel (goodreads en). ). Ainda é um processo cultural de desligamento do real, fundado em uma ética calvinista segundo a qual, pois, é Deus mesmo que criou a Terra. Destruir isso seria destruir a obra de Deus. E isso, além de ser pecado, seria simplesmente impossível. Significaria que o homem é tão poderoso quanto Ele.

Enfim, no melhor dos casos, aquele onde cada seis-bilhonésimo encontra o seu responsável, “fazer a sua parte” apenas permite atender uma situação parada no tempo, sempre ultrapassada. Não pode atender as destruições feitas no passado, nem resistir à pressão do crescimento econômico. E se a cota de “fazer a sua parte” deve ser corrigida a cada ano, significa que existe um problema. No final, “fazer a sua parte” permite apenas se tranquilizar, num surto de boa consciência (e de greenwashing, em inglês).

Em todo bom seriado de ficção-científica, acontece que a porta espacial-temporal pode se abrir sobre algum imprevisto. A ameaça galáctica de perigosos alienígenas a procura de um novo mundo para colonizar, por exemplo. Do mesmo modo, a televisão pode se enganar. O risco, neste caso, seria de convencer todo mundo que tudo está bem, e que basta realmente fazer a sua parte.

Mesmo no melhor dos casos, é preciso fazer muito mais.

Rédigé par synaptique

octobre 30, 2009 à 9:38

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Journée Mondiale de l’Alimentation

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(fr)

Demain, 15 octobre, c’est le Jour Mondial de l’Alimentation. C’est donc l’occasion de penser un peu au problème.

En Europe, la Politique Agricole Commune (PAC) a encore fait récemment la une des journaux, avec des agriculteurs en colère déversant des hectolitres de lait sur les beaux souliers cirés de nos commissaires et parlementaires européens. Dans le Sud, cette même PAC fait encore crier tous ceux qui ne parviennent pas à exporter leurs produits à cause de subsides dont tous les gouvernements ont pourtant juré qu’il était nécessaire de se débarrasser.

Le problème de la PAC se situe dans son approche compétitive de la situation. Elle considère que l’agriculture européenne doit continuer à se confronter à la compétition de l’agriculture du reste de la planète, quand bien même celle-ci est matériellement mille fois moins chère. Alors qu’en fait, il aurait été bien plus simple d’orienter l’agriculture du vieux continent vers un autre secteur, non brigué par les autres, en conditionnant les subsides à d’autres critères. Par exemple, celui de l’agriculture organique.

L’agriculture organique a ses défauts. D’abord, elle produit moins qu’une agriculture intensive ou extensive. En fait, c’est une bonne chose, car au niveau du commerce agricole, cela permettrait donc d’ouvrir les frontières et de libérer plus d’espace pour des importations venues d’autres pays. Ensuite elle est plus chère, ce qui risque d’augmenter le poids de la PAC dans le budget européen. Voici une idée qui demande plus de calculs, car au fond elle utilise moins d’entrants, comme des engrais chimiques et des aspertions de roundup(tm).

Bref, en orientant l’agriculture européenne sur une autre voie, qui est loin d’être de garage, on pourrait permettre aux agricultures africaines, caribéennes ou même, pourquoi pas, latino-américaines, de sortir la tête de l’eau. Ceci sans s’en prendre à l’agriculture européenne, qui devrait simplement se recycler.

(pt)

Amanhã, dia 15 de outubro, é o Dia Mundial da Alimentação. É uma boa ocasião para pensar um pouco no problema.

Na Europa, a Política Agrícola Comum (PAC) ainda recentemente apareceu na capa dos jornais, quando agricultores brabos despejaram litros e litros de leite nos lindos sapatos engraxados dos comissários e deputados européios. No Sul, a mesma PAC também faz gritar aqueles que não conseguem exportar os seus produtos por causa de subsídios, que todos os governos concordaram numerosas vezes em eliminar.

O problema da PAC está na sua perspectiva competitiva da situação. Ela considera que a agricultura européia deve continuar a enfrentar a competição da agricultura do resto do planeta, até quando esta custa dez, cem vezes menos. No entanto, seria muito mais simples orientar a agricultura do velho continente para outro setor, não procurado pelos outros, condicionando os subsídios a outros critérios. Por exemplo, da agricultura orgânica.

A agricultura orgânica tem os seus defeitos. Primeiro, ela produz menos que a agricultura intensiva ou extensiva. Na verdade, seria uma coisa boa, porque em relação com o comércio agrícola, permitiria de abrir as fronteiras e liberar mais espaço para as importações. Segundo, é mais cara, o que pode aumentar ainda mais o peso da PAC no orçamento européio. Esta idéia precisa mais detalhes, porque também usa menos intrantes, tais como fertilizantes químicos e utilização de roundup(tm).

Assim, orientando a agricultura para uma outra via, que não é de garagem, podemos permitir às agriculturas da África, do Caribe ou até, porque não, da América Latina, de ergir a cabeça fora da água. Tudo isso sem ferir a agricultura européia, que apenas precisara reciclar-se.

État de l'insécurité alimentaire dans le monde 2009

État de l'insécurité alimentaire dans le monde 2009

Rédigé par synaptique

octobre 15, 2009 à 1:33

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Externalisation des coûts sur l’environnement

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(fr)

Le rapport de HRW sur l’industrie du poulet aux États-Unis identifiait trois principaux problèmes du secteur concernant le respect des droits de l’homme (hrw en) :

  • l’opposition des entreprises aux syndicats et aux syndicalistes;
  • l’absence de sécurité ou de couverture santé pour les travailleurs en général;
  • l’utilisation de travailleurs migrants facilement malléables.

Il s’agit donc de trois points sur lesquels l’industrie avicole externalise ses coûts, et minimise ses prix. Au Brésil, l’un des plus gros producteurs du monde, le troisième point n’est pas d’actualité. La présence des travailleurs migrants, si elle existe, reste extrêmement marginale dans le Nordeste du pays. Elle est d’autant plus forte qu’on s’approche de São Paulo, où des Boliviens et des Paraguayens sont souvent libérés d’ateliers miteux de l’industrie textile (reporter brasil pt).

Pourtant, on pourrait difficilement dire que les travailleurs bahianais soient très au courant de leurs droits travaillistes. D’une manière générale, une enquête de la Fondation Getúlio Vargas à ce sujet a montré que les habitants de Bahia sont ceux qui ont le moins confiance en leur système judiciaire pour résoudre les problèmes (atarde pt). L’industrie profite de cet état de fait. Je connais deux cas de licenciement abusif dans la même entreprise, l’un pour organisation syndicale, et l’autre après un accident de travail.

Depuis quelques années, l’augmentation progressive du salaire minimum se révèle l’une des seules mesures qui permette de se confronter positivement à la situation. Si ce n’était le gouvernement fédéral, personne n’aurait sans doute eu la force d’imposer ces modifications aux industries. Cela n’empêche toutefois pas l’externalisation des coûts, sur deux grands axes.

La première méthode revient donc à s’en prendre aux forces vives de la société, à les rouler dans la farine, et à les vomir ensuite sur la voie publique. La deuxième méthode est à peine plus subtile, puisqu’elle prend la nature pour cible.

L’Amazonie représente la pointe de l’iceberg dans un pays dont le Président – le même qui augmente les salaires – vient d’annoncer qu’il était incapable d’appliquer une politique “déforestation zéro”, sous le prétexte qu’il y aurait toujours quelqu’un voulant couper les arbres quelque part (xinhua en).

Mais le déboisement se fait irrémédiablement au bénéfice de la production agricole, qui a été choisi comme principal orientation pour le développement à long-terme du pays. Le milieu ruraliste, des grands propriétaires fonciers, est en position de force, puisqu’il est intrinsèquement reconnu comme étant le moteur de la croissance, grâce à ses exportations. N’en déplaise au Ministre de l’Environnement, la déforestation s’inscrit donc en contradiction profonde avec cette politique, puisqu’elle pourrait en compromettre les bons résultats, qu’ils s’agisse de la région amazonienne, du Pantanal ou du Cerrado central.

Aux États-Unis encore, deux cas récents permettent d’illustrer le poids de l’externalisation des coûts de l’industrie avicole sur la nature. Il s’agit d’une part du procès entre l’État de l’Oklahoma et l’industrie de l’Arkansas, à propos de la pollution du fleuve Illinois (wash examiner en), et d’autre part, la pollution de la Baie de Chesapeake, dans l’État du Maryland (nytimes en).

Les deux cas révèlent l’importance des déjections animales sorties des granges à poulets, qui sont souvent répandues sur les champs pour servir d’engrais. Le problème, bien entendu, surgit avec l’écoulement des eaux de pluie vers les bassins hydrographiques, polluant les fleuves au phosphore.

La région choisie par l’industrie avicole dans l’État de Bahia, soit un triangle formé par les villes de Conceição da Feira, Feira de Santana et São Gonçalo dos Campos, entoure littéralement le fleuve Jacuípe, à l’endroit où celui-ci se jette dans le fleuve Paraguaçu. C’est également à cet endroit qu’on a construit le barrage de la Pedra do Cavalo, dont le bassin remonte jusqu’à la commune de Feira de Santana. Le barrage est destiné à récolter l’eau de consommation domestique de la région métropolitaine de Salvador.

L’industrie avicole, qu’elle soit américaine ou brésilienne, nous confronte donc à deux problèmes, issus de l’externalisation des coûts de production sur des acteurs qui n’ont pas les moyens de se défendre. Des humains et l’environnement.

(pt)

O relatório da HRW sobre a indústria avícola nos Estados Unidos identificou três principais problemas do setor em relação ao respeito dos direitos humanos (hrw en):

  • a oposição das empresas aos sindicatos e aos sindicalistas;
  • a ausência de segurança e de cobertura de saúde para os trabalhadores em geral;
  • a utilização de trabalhadores migrantes facilmente manipuláveis.

São três pontos sobre os quais a indústria avícola externaliza os seus custos, e minimaliza os preços. No Brasil, um dos maiores produtores mundiais, o terceiro ponto não é muito importante. A presença de trabalhadores migrantes, mesmo existindo, é marginal no Nordeste do país. Ela é muito mais forte quando nos aproximamos de São Paulo, onde Bolivianos e Paraguaianos estão regularmente encontrados em oficinas texteis (reporter brasil pt).

Mas seria muito difícil dizer que os trabalhadores baianos estão muito ligados com os seus direitos trabalhistas. De modo geral, uma pesquisa de Fundação Getúlio Vargas revelou que os habitantes da Bahia confiam o menos no sistema judiciario para resolver os seus problemas (atarde pt). A indústria aproveita esta situação. Conheço dois casos de licenciamento abusivo na mesma empresa, um por organização sindical, o outro após um acidente de trabalho.

Há alguns anos, o aumento progressivo do salário mínimo aparece como uma das poucas medidas que permitem enfrentar positivamente a situação. Se não fosse o governo federal, ninguém teria a força de impôr estas modificações ás indústrias. Mas não impede a externalização dos custos, com dois grandes eixos.

O primeiro metodo trata de usar as forças vivas da sociedade, enrolá-las na farinha, e a vomitá-las em seguido. O segundo metodo é apenas mais sútil, já que usa a própria natureza.

A Amazonia representa apenas a ponta do iceberg em um país cujo Presidente – o mesmo que aumenta os salários – acabou de anunciar que seria incapaz de aplicar uma política de “desmatamento zero”, sob o pretexto que sempre haverá alguém querendo derrubar árvores em algum lugar (xinhua en).

Irremediavelmente, o desmatamento beneficia a produção agrícola, que foi escolhida como principal fonte para o desenvolvimento a longo prazo do país. A bancada ruralista, dos grandes donos de terra, se encontra fortalecido, já que é literalmente reconhecido como motor do crescimento, baseado nas exportações. Mesmo com a ação do Ministro do Meio Ambiente, o desmatamento está em profunda contradição com tal política, e poderia até comprometer os seus resultados, seja na região amazônica, no Pantanal ou no Cerrado.

Nos Estados Unidos ainda, dois casos recentes nos permitem de ilustrar o peso da externalização dos custos da indústria avícola sobre o meio ambiente. De um lado, tem o processo entre o Estado de Oklahoma e a indústria do Arkansas, sobre a poluição do rio Illinois (wash examiner en), e do outro, a poluição da Baia de Chesapeake, no Estado do Maryland (nytimes en).

Os dois casos revelam a importancia das fezes animais que saem das granjas de frango, e que são geralmente utizadas como fertilizante nas plantações. O problema, claro, surge com as águas da chuva, que levam tudo para os bacias hidrográficas, poluindo os rios com fósforo.

A região escolhida pela indústria avícola no Estado da Bahia, um triangulo formado pelas cidades de Conceição da Feira, Feira de Santana e São Gonçalo dos Campos, cerca o Rio Jacuípe, no lugar onde ele se joga no rio Paraguaçu. Também é là que foi construido a barragem da Pedra do Cavalo, cujo lago se estende até o município de Feira de Santana. A barragem é destinada a recolher a água de consumo domestico para a região metropolitana de Salvador.

A indústria avicola, seja ela americana ou brasileira, cria dois problemas que têm a sua origem na externalizaç=ao dos custos de produção sobre atores que não tem as condições de se defender. Humanos e meio ambiente.

Rédigé par synaptique

octobre 8, 2009 à 3:11

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Décharge illégale

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(fr)

Hier j’ai été jeter un coup d’oeil à la décharge illégale de São Gonçalo. Comme elle avait été fermée et enterrée à la fin de l’année passée, on pensait que l’affaire était réglée. Malheureusement, ce n’est jamais aussi simple et l’ordre est revenu d’utiliser la zone pour se débarasser des ordures de la ville.

C’est un gros carré de 100 mètres sur 100, jonché de monticules de détritus – végétaux, débris de construction, poubelles domestiques, métaux – sans aucune préparation pour empêcher par exemple que le lixiviat n’aillent pourrir l’étang ou le fleuve qui se trouve en contrebas, les puits artésiens des maisons ou des granges avicoles aux alentours. Sur place, il y a sans arrêt des feux, ainsi qu’une bonne couche de cendres. On ne peut pas vraiment évaluer le nombre de camions qui passent par ici, mais un voisin m’a dit qu’il en venait tous les jours.

(pt)

Ontem, eu fui dar uma olhada no lixão de São Gonçalo. Tinha sido fechada e condenada no final do ano passado, e a gente pensava que estava tudo resolvido. Infelizmente, nunca é tão simples e a ordem voltou de usar a zona para descartar o lixo da cidade.

É um quadrado de 100 metros por 100, onde o lixo está acumulado – podas, entulho, lixo domestico, metais – sem nenhum preparo para impedir por exemplo que o chorume contamine o açude e o rio Jacuípe em baixo, os poços artesianos das casas ou das granjas avícolas no entorno. No local, sempre há fogos, e uma boa camâda de cinzas. Não é possível evaluar o número de caminhões que passam por aqui, mas um vizinho me contou que vêm todos os dias.

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Que fait-on dans un cas pareil? Il y a plusieurs possibilités:

- Diplomatique: aller exposer le problème à Monsieur le Préfêt, et l’encourager à prendre les mesures nécessaires pour arrêter et résoudre la situation.
- Institutionnelle: passer par le Conseil Municipal Environnemental pour régler le problème avec la Préfecture et le Ministère Public.
- Activiste: porter plainte pour crime environnemental auprès du Ministère Public et demander l’arrêt immédiat des dépôts d’ordures en dehors d’une zone aménagée à cet effet, le nettoyage immédiat de la zone contaminée et une amende quotidienne tant que cela n’est pas fait.

O que pode ser feito em tal caso? Têm várias possibilidades:

- Diplomatica: expôr a situação para o Sr. Prefeito e incentivá-lo a tomar as devidas medidas para parar e resolver o problema.
- Institucional: passar pelo Conselho Municipal de Meio Ambiente para resolver o problema, junto com a Prefeitura e o Ministério Público.
- Ativista: entrar com uma queixa no Ministério Público e exigir a parada imediata dos depósitos de lixo fora de uma zona devidamente preparada, a limpeza imediata da zona contaminada e uma multa diária enquanto isso não for feito.

Rédigé par synaptique

septembre 20, 2009 à 12:57

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Soutien du FMI au Honduras

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(fr)

Le FMI vient d’accorder un soutien de 150 millions de dollars à la Banque Centrale du Honduras pour combattre les effets de la crise, alors que le Département d’État américain a décidé de suspendre (une partie de) son aide (reuters pt). Cela ressemble à une décision honteuse, et je crois que c’en est une, mais elle a une histoire. La semaine passée, le Nicaragua et le Guatemala ont également reçu le même paquet, de même que le Mexique, la Colombie et la Pologne. Il s’agit d’une énorme aide accordée par le FMI à l’ensemble de la planète en avril de cette année.

Pourtant tout cela s’est fait sans la moindre considération pour la situation politique du pays, puisque depuis le 28 juin, c’est un gouvernement golpiste qui y règne. Bien sur, à l’époque où l’accord a été signé, Manuel Zelaya était encore au pouvoir. Mais depuis, il a été envoyé manu militari hors du pays. Le FMI n’a visiblement pas jugé nécessaire de revoir sa position par rapport à la nouvelle situation, au contraire de l’ensemble des autres organismes internationaux, dont la Banque Mondiale et les Nations Unies:

(pt)

O FMI acaba de dar um apoio de 150 miliões de dólares para o Banco Central de Honduras para combater os efeitos da crise, enquanto o Departamento de Estado americano decidiu suspender (parte da) sua ajuda (reuters pt). Isso parece uma decisão vergonhosa, e acho que é, mas ela tem uma história. Na semana passada, Nicaragua e Guatemala receberam o mesmo pacote, assim como o México, a Colómbia e a Polônia. Trata-se de uma grande ajuda financeira do FMI para o planeta todo, divulgada em abril deste ano.

No entanto, tudo foi feito sem a menor consideração para a situação política do país, já que desde o 28 de junho, é um governo golpista que reina. Com certeza, na época em que o acordo foi firmado, Manuel Zelaya ainda estava no poder. Mas desde então, foi desposto manu militari e jogado fora do país. O FMI não julgou necessário de rever a sua posição em relação à situação, ao contrário de todos os outros organismos internacionais, incluindo o Banco Mundial e as Nações Unidas.

No country in the world recognises the coup government of Honduras. From the western hemisphere and the EU, only the US retains an ambassador there. The World Bank paused lending to Honduras two days after the coup, and the Inter-American Development Bank did the same the next day. More recently the Central American Bank of Economic Integration suspended credit to Honduras. The EU has suspended over $90m in aid as well, and is considering further sanctions (theguardian en)

Les économistes diront que c’est une aide macro-économique, destinée à éviter l’effondrement de l’économie honduréenne, et que cela n’a rien à voir avec la politique. Mais il faudrait être vraiment idiot pour s’y conformer. En fait, pour une institution qui clame haut et fort qu’elle n’agit plus selon ses vieilles méthodes, c’est une mauvaise blague. Amnesty International a publié un rapport sur l’état des droits de l’homme dans le pays, alertant sur la dérive repressive du régime (amnesty en).

Et naturellement, on peut déjà lire que le Fond est devenu le premier organisme à reconnaître la légitimité du coup d’État (elfinanciero es).

Dans le meilleur des cas, on peut dire que le FMI a voulu prendre une décision purement bureaucratique, neutre, et destinée à assurer la fluidité des marchés, sans prendre en compte la situation politique. Dans la réalité, ce type de décision n’existe pas. Le Fonds a pris une position politique, évidemment. Comme dit le proverbe, ne rien faire est aussi une prise de décision.

Os economistas vão dizer que a ajuda é macro-econômica, destinada a evitar a queda na economia do país e que tudo isso nada tem a ver com política. Mas seria preciso ser um idiota para conformar-se nessa explicação. Na verdade, enquanto a instituição afirma bem alto que não age mais segundo os moldes antigos, revela-se uma piada de maú gosto. Amnesty Internacional publicou um relatório sobre o estado dos direitos humanos no país, alertando sobre a deriva repressiva do regime (amnesty en).

Naturalmente, já podemos ler que o Fundo se tornou a primeira instituição a reconhecer a legitimidade do golpe de Estado (elfinanciero es).

No melhor dos casos, pode dizer que o FMI queria tomar uma decisão meramente burocrática, neutra e destinada a segurar a fluidez dos mercados, sem preocupar-se da situação política. Na realidade, não existe tais decisões. Foi uma posição política. Como diz o proverbio, fazer nada também é uma tomada de decisão.

Rédigé par synaptique

septembre 4, 2009 à 1:12

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Bourse de Résidus

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(fr)

Une bourse de résidus a été mise en place par le Centro Industrial do Subaé, et inaugurée ce mardi 25 août à Feira de Santana, en présence d’une cinquantaine d’industriels de la région (CIS pt). L’idée est simple et s’inscrit dans la même logique que la bourse de carbone prévue par le Protocole de Kyoto: on adapte les mécanismes du marché aux nécessités environnementales, de manière à y attirer les investisseurs.

Suivant le Protocole, la bourse permet à un État pollueur d’acheter des crédits à d’autres États non-pollueurs, en mettant en place des technologies propres. L’objectif est ainsi d’atteindre une balance équilibrée à la fin de l’année fiscale. La bourse de résidus fonctionne de la même façon: elle permet à une entreprise pollueuse – c’est-à-dire, qui génère des résidus tout au long de sa ligne de production – de trouver des entreprises désireuses d’acquérir ces matériaux. Typiquement, il s’agit d’usines de recyclage, qui cherchent du plastique PET, du métal ou du papier/carton…

En principe donc, la bourse promet d’être une grande place de marché où producteurs et acquéreurs se rencontrent et négocient leurs produits. Une manière, au fond, d’ouvrir les portes des industries, d’organiser le flux des détritus, et de dynamiser tout le secteur du recyclage dans la région de Feira de Santana.

Toutefois, elle pourrait avoir l’effet contraire, pour deux raisons.

  • Dans une économie industrialiste, et vu le nombre de représentants du secteur productif qui étaient présents lors de la cérémonie d’ouverture, il est probable que la bourse soit rapidement bien représentée en offre de résidus venus de l’industrie lourde, du secteur agro-alimentaire ou du commerce de masse, qui viendront s’ajouter aux coopératives de nettoyeurs de rue (catadores) déjà existantes. Face à la pauvreté du secteur de recyclage – une seule entreprise achète le plastique PET pour en faire des tubes en PVC – les prix auront invariablement tendance à chuter. Et les premiers touchés seront ceux qui vivent essentiellement de la récupération de résidus recyclables, les coopératives de catadores, tandis que les industries n’y verront de toute façon qu’une plus-value, sans aucun risque de perte.

Comme dans le système de crédits-carbones du Protocole de Kyoto, l’effet probable de leur entrée sur le marché sera la chute des prix. Pour le catador, un kilo de PET à 10 centimes correspond à une coupe drastique de ses revenus. Pour l’industrie qui n’a jamais recyclé, même un kilo à 10 centimes est un bénéfice (avec, en plus, la certitude d’avoir bien agi).

  • Il faut encore considérer l’optique sur laquelle le projet se fonde. Si les résidus se mettent à être rentables, qui va encore chercher à s’y opposer? Quelle industrie va investir dans un système produisant moins de déchêts si elle peut les revendre et en tirer un bénéfice? De la même manière, qui va arrêter de consommer des bouteilles en plastique si cela assure le revenu d’une partie de la population ?

Le Protocole de Kyoto est sensé atteindre ses objectifs pour l’année 2012. À cause de l’absence des États-Unis, et des réticenses de nombreux autres pays (la Russie n’est arrivée qu’en 2005), on va rester bien en-deça de ce qui était prévu. Le prochain Protocole, prévu pour Copenhague, devrait tenter de pallier à cet échec en proposant une nouvelle approche au problème.

Est-il possible d’utiliser les méthodes du marché pour résoudre des problèmes environnementaux ? Ça serait bien, il ne faudrait presque rien changer. On pourrait continuer le business-as-usual, en injectant quelques millions dans une quelconque Chicago Climate Exchange (CCX us). Voilà sans doute la raison pour laquelle l’idée attire les grandes corporations, comme celles de Feira de Santana (Nestlé, Pirelli, Acelor-Mittal, etc).

C’est vrai que le recyclage des déchêts industriels est un défi majeur. Allez savoir pourquoi, on ne s’intéresse généralement qu’aux poubelles domestiques. Et pourtant, en Belgique, pour chaque kilo produit à la maison, il y en a 10 produits dans le secteur industriel (belgium.be fr).

La bourse de résidus est-elle un instrument suffisamment puissant pour changer cette réalité ? Ou bien s’agit-il d’un dispositif de façade, comme les fausses usines d’Union Soviétique, destinées à faire croire à tout le monde que, ne vous inquiétez pas, braves gens, tout va bien ?

(pt)

Uma bolsa de resíduos foi criada pelo Centro Industrial do Subaé, e inaugurada nesta terça-feira 25 de agosto em Feira de Santana, com a presença de mais de 50 industriais da região (CIS pt). A idéia é simples e se coloqua na mesma lógica que a bolsa de carbono prevista pelo Protócolo de Kyoto : adaptam-se os mecanismos do mercado para as necessidades ambientais, para atrair os investidores.

Segundo o Protócolo, a bolsa permite a um Estado poluidor de comprar os créditos de um outro Estado, não-poluidor, utilizando tecnologias limpas. O objetivo é de chegar a um balanço equilibrado no final do exercício. A bolsa de resíduos funciona do mesmo modo : permite que uma empresa poluidora – ou seja, que gera resíduos na sua cadéia produtiva – de encontrar empresas desejando comprar estes materiais. Tipicamente, são empresas de reciclagem, que procuram plástico PET, metal ou papel/papelão…

A príncipio então, a bolsa aparece como uma grande feira onde produtores e compradores se encontram e negociam os seus produtos. Uma maneira, afinal, de abrir as portas das indústrias, de organizar o fluxo dos resíduos, e de dinamisar todo o setor da reciclagem na região de Feira de Santana.

No Entanto, poderia ter o efeito contrário, por duas razões.

  • Em uma economia industrialista, e vendo o número de representantes do setor que estavam presente na ceremonia de abertura, é provável que a bolsa estará rapidamente repleta de ofertas de resíduos oriundos da indústria pesada, do agronegócio ou do comércio de massa, que se acrescentarão às já-existentes cooperativas de catadores. Em frente a pobreza do setor da reciclagem – uma única empresa compra o PET para fazer tubos de PVC – os preços vão obivamente desmoronar. E os primeiros a sentir os efeitos serão todos aqueles que vivem essencialmente do lixo reciclável, ou seja, as cooperativas de catadores. Para as indústrias, só terá lucro, sem risco de perder nada.

Como no sistema dos créditos de carbono do Protócolo de Kyoto, o efeito provável da entrada no mercado é a queda dos preços. Para o catador, o quilo de PET por 10 centavos é um corte drástico na sua renda. Para a indústria que nunca reciclou, 10 centavos ainda é um benefício (junto com a certeza de ter feito uma boa ação).

  • Ainda é preciso considerar a optica sobre a qual o projeto está fundamentado. Se os resíduos se tornam rentáveis, quem vai querer reduzir o seu volume ? Qual indústria vai investir em um sistema produzindo menos resíduos se ela pode revender tudo e ainda fazer lucro ? Do mesmo modo, quem vai para de consumir garrafas PET se isso dá uma renda para uma parte da população ?

O Protócolo de Kyoto deveria atingir os seus objetivos no ano de 2012. Por causa da ausência dos Estados Unidos, e da demora da vários outros (a Rússia chegou em 2005), ficaremos bem abaixo dos números previstos. O próximo Protócolo, que será assinado em Copenhague, deveria resolver estes problemas com um novo método.

Será possível utilizar os mecanismos do mercado para resolver os problemas ambientais ? Seria conveniente, não precisaria mudar quase nada. Poderiamos continuar o business-as-usual, injetando apenas alguns milhões em um Chicago Climate Exchange da vida (CCX us). Eis a razão, sem dúvida, pela qual esta idéia atrai as grandes corporações, como em Feira de Santana (Nestlé, Pirelli, Acelor-Mittal, etc).

É verdade que a reciclagem dos resíduos industriais é uma desafio enorme. Vai saber porqué, apenas ouvimos falar do lixo doméstico. Mas na Bélgica, para cada quilo produzido em casa, são 10 produzidos na fábrica (belgium.be fr).

A bolsa de resíduos é um instrumento bastante potente para mudar esta realidade ? Ou será um dispositivo de façada, igual às falsas fábricas da União Soviética, montada para fazer todo mundo acreditar que, não se preocupe, minha senhora, está tudo muito ótimo ?

Rédigé par synaptique

août 29, 2009 à 12:45

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Les ordres du marché

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(fr)

“Par superstition ou non, c’est le marché qui commande”. Cette phrase vient conclure un article publié par le magazine hebdomadaire Veja à propos de la situation du soja au Brésil. D’après Raquel Salgado, le prix de production du soja transgénique de Monsanto a lentement dépassé celui du soja non-modifié: en 2005-2006, il permettait d’obtenir un bénéfice de R$ 9,46 par sac, tandis que le soja conventionnel ne rapportait que R$ 8,58. Quatre ans plus tard, le soja non-modifié offre un bénéfice de R$ 23,02, contre 20,26 pour l’OGM (E os lucros secaram… Par Raquel Salgado, Veja n°2125, 12 août 2009).

Selon l’article, il y a deux raisons à cela: d’abord, l’invasion d’autres plantes résistantes au glysophate, l’herbicide miracle de Monsanto, qui s’attaquent aux cultures de soja transgénique dans tout le pays, ainsi qu’en Argentine et aux États-Unis. Le système de monoculture facilite naturellement la diffusion des mauvaises herbes. Ensuite, la demande de plus en plus élevée, en Europe et ailleurs, pour des produits certifiés sans OGM:

“Les Européens refusent le soja transgénique et d’autres graines génétiquement modifiées par pure superstition (…) Sur le marché intérieur aussi, l’irrationalité trouve un terrain fertile. Plusieurs entreprises alimentaires, dont des multinationales, ont arrêté d’acheter non seulement le soja transgénique, mais aussi le maïs génétiquement modifié qui a commencé à être récolté cette année.” (abril pt)

Voilà une bien belle interprétation, qui satisfait sans doute les lecteurs de Veja, mais qui se révèle un peu faible quand on creuse un peu.

Premièrement, l’idée de livrer l’agriculture du pays au bon-vouloir d’une entreprise ne semble pas constituer un sérieux problème de conscience – sans doute parce que, guidée par le sacrosaint principe d’efficacité économique, Monsanto vaut mieux que Chavez. Puisque la monoculture de soja permet la diffusion de mauvaises herbes résistantes au glysophate, les agriculteurs vont maintenant devoir suivre les recommandations de l’entreprise pour savoir ce qu’il faut produire d’autre.

À l’origine, il ne s’agissait que d’une simple graine améliorée, théoriquement destinée à faciliter les cultures et à augmenter les profits ; on entre aujourd’hui dans une nouvelle étape, celle de la planification. Chaque agriculteur – et chaque État – devra donc donner à la compagnie le pouvoir d’orienter sa production agricole sur plusieurs années. D’après l’article, la production de soja transgénique atteint déjà 87% du total mondial. Irrationalité, donc.

Le second point permet de mieux comprendre comment une telle dépendance – qui fait horreur en Europe – n’a pas l’air de poser le moindre problème pour l’agriculture brésilienne. Tout d’abord, si les Européens refusent de consommer du soja transgénique, il faut reconnaître que la décision n’est ni unanime, ni facile. En réalité, c’est l’aboutissement d’énormes campagnes de sensibilisation sur les risques induits par l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés – pour la santé, l’environnement et l’économie. Les moratoires imposés par l’Union Européenne et les États membres sont le fruit des pressions exercées par la société civile organisée (nouvel obs fr). C’est le cas au Bénin (grain fr). Face à celle-ci, d’autres groupes d’intérêts travaillent à leur disparition – les propres compagnies productrices d’OGMs, ou même la Commission Européenne (infogm fr).

Derrière les commandes du marché évoquées par Raquel Salgado, on trouve donc deux choses : d’un côté l’incroyable richesse des ressources naturelles, et de l’autre, l’activisme politique. Ce qui ressemble à un simple mouvement de la demande – même irrationnel – quand on l’observe depuis le Brésil recouvre en fait une réalité beaucoup plus nuancée.

Ce qu’on peut voir encore, c’est qu’une option politique faite en Europe, par et pour ses propres citoyens, prend de belles proportions quand on traverse l’océan. Pour le producteur – et le lecteur de Veja – la lutte politique se réduit toute entière aux mécanismes flous d’un marché globalisé, une notion qui sert de façade à la croyance en une sorte de deus ex machina. Cette dépendance, dans laquelle ils se trouvent, est aussi un choix politique au Brésil, encouragé par des politiques gouvernementales, des banques publiques et un nombre incroyable d’entités privées. Dans le modèle exportateur, ce qu’on appelle aujourd’hui « marché » s’appelait hier « métropole ».

(pt)

“Com superstição ou não, é o mercado que comanda.” Esta frase conclue uma artigo publicado pela revista semanal Veja sobre a situação da soja no Brasil. Segundo Raquel Salgado, o preço da produção de soja trangênica de Monsanto começou lentamente a ultrapassar o preço da soja não-modificada : em 2005-2006, permitia obter um lucro de R$ 9,46 por saco, enquanto a soja convencional trazia apenas R$ 8,58. Quatro anos depois, a soja não-modificada oferece um lucro de R$ 23,02 contra 20,26 com os OGM (E os lucros secaram… Por Raquel Salgado, Veja n°2125, 12 de agosto de 2009).

Segundo o artigo, há duas razões : primeiro, a invasão de outras planas resistantes ao glisofato, o herbicido milagre de Monsanto, que atacam o cultivo da soja transgênica no país todo, assim como na Argentina e nos Estados Unidos. O sistema de monocultura facilita obviamente a difusão das ervas daninas. Segundo, a demanda cada vez mais elevada, na Europa e além, por produtos certificados livres de OGM :

“Os europeus recusam a soja transgênica e outras sementes geneticamente modificadas por mera superstição (…) No mercado interno, a irracionalidade também tem encontrado um terreno fértil. Várias indústrias alimentícias, muitas delas multinacionais, deixaram de comprar não apenas soja transgênica, como também o milho geneticamente modificado, que começou a ser colhido no país na safra deste ano.”
abril pt

Eis uma linda interpretação, que satisfaz provavelmente os leitores da Veja, mas que aparece um pouco fraca quando se pesquisa um tantinho.

Para começar, a idéia de entragar a agricultura de um país ao bem-querer de uma empresa não parece constituir um problema de consciencia sério – provavelmente porque, guiados pelo sacrosanto princípio de eficiência econômica, Monsanto vale melhor que Chavez. Já que a monocultura de soja permite a difusão de ervas daninas resitantes ao glisofato, os agricultores deverão agora seguir as recomendações da empresa para saber o que produzir de outro.

Na origem, tratava-se apenas de uma simples sementes melhorada, teoricamente destinada a facilitar o cultivo e aumentar o lucro ; entramos hoje em uma nova fase, de planificação. Cada agricultor – e cada Estado – deve então dar a companhia o poder de orientar a sua produção agrícola para vários anos. Segundo o artigo, a produção de soja transgênica atinge 87% do total mundial. Iracionalidade, não é ?

O segundo ponto permite de entender melhor como tal dependência – que horroriza na Europa – não parece ser um problema para a agricultura brasileira. Se os Europeus se recusam em consumir soja transgênica, é preciso reconhecer o fato que a decisão não é nem unanime nem fácil. Na verdade, é o ponto final de campanhas de sensibilisação enormes sobre os riscos induzidos pela utilização de organismos geneticamente modificados – pela saúde, o meio ambiente e a economia. Os moratórios impostos pela União Européia e os Estados membros são fruta das pressões exercidas pela sociedade civil organizada (nouvel obs fr). Foi também o caso no Benin (grain fr). Em frente a essa pressão, outros grupos de interesse procurar eliminá-las – das próprias empresas produtoras de OGM até a Comissão Européia (infogm fr).

Atrás dos comandos do marcado européio mencionado por Raquel Salgado, encontramos duas coisas : de um lado, a incrível riqueza dos recursos naturais, e de outro, o activismo político. O que parece ser um simples movimento da demanda – mesmo se for iracional – quando se observa do Brasil, revela uma realidade muito mais complexa.

Podemos ver, ainda, que uma opção política feita na Europa, por e para os seus cidadãos, tem proporções diferentes quando atravessamos o oceano. Para o produtor – e o leito da Veja – a luta política está toda reduzida nos mecanismos ambíguos de um mercado globalizado, noção que serve de façada para a crença em um tipo de deus ex machina. Esta dependência, na qual se encontram, também é uma escolha política no Brasil, incentivada por políticas governamentais, bancos públicos e um número elevado de entidades prticulares. No modelo exportador, o que chamamos hoje de « mercado » chamavamos ontem de « metropole ».

Rédigé par synaptique

août 21, 2009 à 11:29

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Le Mythe de la Caverne

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Jan_Saenredam_-_Plato's_Allegory_of_the_Cave

(fr)

Socrate - Eh bien après cela, dis-je, compare notre nature, considérée sous le rapport de l’éducation et du manque d’éducation, à la situation suivante. Voici des hommes dans une habitation souterraine en forme de grotte, qui a son entrée en longueur, ouvrant à la lumière du jour l’ensemble de la grotte ; ils y sont depuis leur enfance, les jambes et la nuque pris dans des liens qui les obligent à rester sur place et à ne regarder que vers l’avant, incapables qu’ils sont, à cause du lien, de tourner la tête ; leur parvient la lumière d’un feu qui brûle en haut et au loin, derrière eux ; et entre le feu et les hommes enchaînés, une route dans la hauteur, le long de laquelle voici qu’un muret a été élevé, de la même façon que les démonstrateurs de marionnettes disposent de cloisons qui les séparent des gens ; c’est par-dessus qu’ils montrent leurs merveilles.
Glaucos - Je vois, dit-il.
Socrate - Vois aussi, le long de ce muret, des hommes qui portent des objets fabriqués de toute sorte qui dépassent du muret, des statues d’hommes et d’autres êtres vivants, façonnées en pierre, en bois, et en toutes matières ; parmi ces porteurs, comme il est normal, les uns parlent, et les autres se taisent.
Glaucos - C’est une image étrange que tu décris là, dit-il, et d’étranges prisonniers.
Socrate - Semblables à nous, dis-je. Pour commencer, en effet, crois-tu que de tels hommes auraient pu voir quoi que ce soit d’autre, d’eux-mêmes et les uns des autres, que les ombres qui, sous l’effet du feu, se projettent sur la paroi de la grotte en face d’eux ?
Glaucos - Comment auraient-ils fait, dit-il, puisqu’ils ont été contraints, tout au long de leur vie, de garder la tête immobile?
Socrate - Et en ce qui concerne les objets transportés? n’est-ce pas la même chose?
Glaucos - Bien sûr que si.
Socrate - Alors, s’ils étaient à même de parler les uns avec les autres, ne crois-tu pas qu’ils considéreraient ce qu’ils verraient comme ce qui est réellement ?
Glaucos - Si, nécessairement.
Socrate - Et que se passerait-il si la prison comportait aussi un écho venant de la paroi d’en face ? Chaque fois que l’un de ceux qui passent émettrait un son, crois-tu qu’ils penseraient que ce qui l’émet est autre chose que l’ombre qui passe ?
Glaucos - Non, par Zeus, je ne le crois pas, dit-il.
Socrate - Dès lors, dis-je, de tels c hommes considéreraient que le vrai n’est absolument rien d’autre que l’ensemble des ombres des objets fabriqués.
Glaucos - Très nécessairement, dit-il.
Socrate - Examine alors, dis-je, ce qui se passerait si on les détachait de leurs liens et si on les guérissait de leur égarement, au cas où de façon naturelle les choses se passeraient à peu près comme suit. Chaque fois que l’un d’eux serait détaché, et serait contraint de se lever immédiatement, de retourner la tête, de marcher, et de regarder la lumière, à chacun de ces gestes il souffrirait, et l’éblouissement le rendrait incapable de distinguer les choses dont tout à l’heure il voyait les ombres ; que crois-tu qu’il répondrait, si on lui disait que tout à l’heure il ne voyait que des sottises, tandis qu’à présent qu’il se trouve un peu plus près de ce qui est réellement, et qu’il est tourné vers ce qui est plus réel, il voit plus correctement? Surtout si, en lui montrant chacune des choses qui passent, on lui demandait ce qu’elle est, en le contraignant à répondre ? Ne crois-tu pas qu’il serait perdu, et qu’il considérerait que ce qu’il voyait tout à l’heure était plus vrai que ce qu’on lui montre à présent?
Glaucos - Bien plus vrai, dit-il.
Socrate - Et de plus, si on le contraignait aussi à tourner les yeux e vers la lumière elle-même, n’aurait-il pas mal aux yeux, et ne la fuirait-il pas pour se retourner vers les choses qu’il est capable de distinguer, en considérant ces dernières comme réellement plus nettes que celles qu’on lui montre ?
Glaucos - Si, c’est cela, dit-il.
Socrate - Et si on l’arrachait de là par la force, dis-je, en le faisant monter par la pente rocailleuse et raide, et si on ne le lâchait pas avant de l’avoir tiré dehors jusqu’à la lumière du soleil, n’en souffrirait-il pas, et ne s’indignerait-il pas d’être traîné de la sorte? et lorsqu’il arriverait 516 à la lumière, les yeux inondés de l’éclat du jour, serait-il capable de voir ne fût-ce qu’une seule des choses qu’à présent on lui dirait être vraies?
Glaucos - Non, il ne le serait pas, dit-il, en tout cas pas tout de suite.
Socrate - Oui, je crois qu’il aurait besoin d’accoutumance pour voir les choses de là-haut. Pour commencer ce seraient les ombres qu’il distinguerait plus facilement, et après cela, sur les eaux, les images des hommes et celles des autres réalités qui s’y reflètent, et plus tard encore ces réalités elles-mêmes. À la suite de quoi il serait capable de contempler plus facilement, de nuit, les objets qui sont dans le ciel, et le ciel lui-même, en tournant les yeux vers la lumière des astres et de la lune, que de regarder, de jour, le soleil et la lumière du soleil.
Glaucos - Forcément.
Socrate - Alors je crois que c’est seulement pour finir qu’il se montrerait capable de distinguer le soleil, non pas ses apparitions sur les eaux ou en un lieu qui n’est pas le sien, mais lui-même en lui-même, dans la région qui lui est propre, et de le contempler tel qu’il est.
Glaucos - Nécessairement, dit-il.
Socrate - Et après cela, dès lors, il conclurait, grâce à un raisonnement au sujet du soleil, que c’est lui qui procure les saisons et les années, et qui régit tout ce qui est dans le lieu du visible, et qui aussi, d’une certaine façon, c est cause de tout ce qu’ils voyaient là-bas.
Glaucos - Il est clair, dit-il, que c’est à cela qu’il en viendrait ensuite.
Socrate - Mais dis-moi : ne crois-tu pas que, se souvenant de sa première résidence, et de la “sagesse” de là-bas, et de ses codétenus d’alors, il s’estimerait heureux du changement, tandis qu’eux il les plaindrait?
Glaucos - Si, certainement.
Socrate - Les honneurs et les louanges qu’ils pouvaient alors recevoir les uns des autres, et les privilèges réservés à celui qui distinguait de la façon la plus aiguë les choses qui passaient, et se rappelait le mieux lesquelles passaient habituellement avant les autres, lesquelles après, et lesquelles ensemble, et qui sur cette base devinait de la façon la plus efficace laquelle allait venir, te semble-t-il qu’il aurait du désir pour ces avantages-là, et qu’il jalouserait ceux qui, chez ces gens-là, sont honorés et exercent le pouvoir? ou bien qu’il éprouverait ce dont parle Homère, et préférerait de loin, “étant aide-laboureur” , “…être aux gages D’un autre homme, un sans-terre… et subir tout au monde plutôt que se fonder ainsi sur les apparences, et vivre de cette façon-là?
Glaucos - Je le crois e pour ma part, dit-il : il accepterait de tout subir, plutôt que de vivre de cette façon-là.
Socrate - Alors représente-toi aussi ceci, dis-je, Si un tel homme redescendait s’asseoir à la même place, n’aurait-il pas les yeux emplis d’obscurité, pour être venu subitement du plein soleil?
Glaucos - Si, certainement, dit-il.
Socrate - Alors s’il lui fallait à nouveau émettre des jugements sur les ombres de là-bas, dans une compétition avec ces hommes-là qui n’ont pas cessé d’être prisonniers, au moment où lui est aveuglé, avant que ses yeux ne se soient remis, et alors que le temps nécessaire pour l’accoutumance serait loin d’être négligeable, ne prêterait-il pas à rire, et ne ferait-il pas dire de lui : pour être monté là-haut, le voici qui revient avec les yeux abîmés? et ce n’est même pas la peine d’essayer d’aller là-haut? Quant à celui qui entreprendrait de les détacher et de les mener en-haut, s’ils pouvaient d’une façon ou d’une autre s’emparer de lui et le tuer, ne le tueraient-ils pas?
Glaucos - Si, certainement, dit-il.

Platon, La République, Livre VII.

(pt)

Sócrates - Agora imagina a maneira como segue o estado da nossa natureza relativamente à instrução e à ignorância. Imagina homens numa morada subterrânea, em forma de caverna, com uma entrada aberta à luz; esses homens estão aí desde a infância, de pernas e pescoço acorrentados, de modo que não podem mexer-se nem ver senão o que está diante deles, pois as correntes os impedem de voltar a cabeça; a luz chega-lhes de uma fogueira acesa numa colina que se ergue por detrás deles; entre o fogo e os prisioneiros passa uma estrada ascendente. Imagina que ao longo dessa estrada está construído um pequeno muro, semelhante às divisórias que os apresentadores de títeres armam diante de si e por cima das quais exibem as suas maravilhas.
Glauco - Estou vendo.
Sócrates - Imagina agora, ao longo desse pequeno muro, homens que transportam objetos de toda espécie, que o transpõem: estatuetas de homens e animais, de pedra, madeira e toda espécie de matéria; naturalmente, entre esses transportadores, uns falam e outros seguem em silêncio.
Glauco - Um quadro estranho e estranhos prisioneiros.
Sócrates - Assemelham-se a nós. E, para começar, achas que, numa tal condição, eles tenham alguma vez visto, de si mesmos e dos seus companheiros, mais do que as sombras projetadas pelo fogo na parede da caverna que lhes fica de fronte?
Glauco - Como, se são obrigados a ficar de cabeça imóvel durante toda a vida?
Sócrates - E com as coisas que desfilam? Não se passa o mesmo?
Glauco - Sem dúvida.
Sócrates - Portanto, se pudessem se comunicar uns com os outros, não achas que tomariam por objetos reais as sombras que veriam?
Glauco - É bem possível.
Sócrates - E se a parede do fundo da prisão provocasse eco, sempre que um dos transportadores falasse, não julgariam ouvir a sombra que passasse diante deles?
Glauco - Sim, por Zeus!
Sócrates - Dessa forma, tais homens não atribuirão realidade senão às sombras dos objetos fabricados.
Glauco - Assim terá de ser.
Sócrates - Considera agora o que lhes acontecerá, naturalmente, se forem libertados das suas cadeias e curados da sua ignorância. Que se liberte um desses prisioneiros, que seja ele obrigado a endireitar-se imediatamente, a voltar o pescoço, a caminhar, a erguer os olhos para a luz: ao fazer todos estes movimentos sofrerá, e o deslumbramento impedi-lo-á de distinguir os objetos de que antes via as sombras. Que achas que responderá se alguém lhe vier dizer que não viu até então senão fantasmas, mas que agora, mais perto da realidade e voltado para objetos mais reais, vê com mais justeza? Se, enfim, mostrando-lhe cada uma das coisas que passam, o obrigar, à força de perguntas, a dizer o que é? Não achas que ficará embaraçado e que as sombras que via outrora lhe parecerão mais verdadeiras do que os objetos que lhe mostram agora?
Glauco - Muito mais verdadeiras.
Sócrates - E se o forçarem a fixar a luz, os seus olhos não ficarão magoados? Não desviará ele a vista para voltar às coisas que pode fitar e não acreditará que estas são realmente mais distintas do que as que se lhe mostram?
Glauco - Com toda a certeza.
Sócrates - E se o arrancarem à força da sua caverna, o obrigarem a subir a encosta rude e escarpada e não o largarem antes de o terem arrastado até a luz do Sol, não sofrerá vivamente e não se queixará de tais violências? E, quando tiver chegado à luz, poderá, com os olhos ofuscados pelo seu brilho, distinguir uma só das coisas que ora denominamos verdadeiras?
Glauco - Não o conseguirá, pelo menos de início.
Sócrates - Terá, creio eu, necessidade de se habituar a ver os objetos da região superior. Começará por distinguir mais facilmente as sombras; em seguida, as imagens dos homens e dos outros objetos que se refletem nas águas; por último, os próprios objetos. Depois disso, poderá, enfrentando a claridade dos astros e da Lua, contemplar mais facilmente, durante a noite, os corpos celestes e o próprio céu do que, durante o dia, o Sol e a sua luz.
Glauco - Sem dúvida.
Sócrates - Por fim, suponho eu, será o Sol, e não as suas imagens refletidas nas águas ou em qualquer outra coisa, mas o próprio Sol, no seu verdadeiro lugar, que poderá ver e contemplar tal como é.
Glauco - Necessariamente.
Sócrates - Depois disso, poderá concluir, a respeito do Sol, que é ele que faz as estações e os anos, que governa tudo no mundo visível e que, de certa maneira, é a causa de tudo o que ele via com os seus companheiros, na caverna.
Glauco - É evidente que chegará a essa conclusão.
Sócrates - Ora, lembrando-se da sua primeira morada, da sabedoria que aí se professa e daqueles que aí foram seus companheiros de cativeiro, não achas que se alegrará com a mudança e lamentará os que lá ficaram?
Glauco - Sim, com certeza, Sócrates.
Sócrates - E se então distribuíssem honras e louvores, se tivessem recompensas para aquele que se apercebesse, com o olhar mais vivo, da passagem das sombras, que melhor se recordasse das que costumavam chegar em primeiro ou em último lugar, ou virem juntas, e que por isso era o mais hábil em adivinhar a sua aparição, e que provocasse a inveja daqueles que, entre os prisioneiros, são venerados e poderosos? Ou então, como o herói de Homero, não preferirá mil vezes ser um simples criado de charrua, a serviço de um pobre lavrador, e sofrer tudo no mundo, a voltar às antigas ilusões e viver como vivia?
Glauco - Sou da tua opinião. Preferirá sofrer tudo a ter de viver dessa maneira.
Sócrates - Imagina ainda que esse homem volta à caverna e vai sentar-se no seu antigo lugar: não ficará com os olhos cegos pelas trevas ao se afastar bruscamente da luz do Sol?
Glauco - Por certo que sim.
Sócrates - E se tiver de entrar de novo em competição com os prisioneiros que não se libertaram de suas correntes, para julgar essas sombras, estando ainda sua vista confusa e antes que os seus olhos se tenham recomposto, pois habituar-se à escuridão exigirá um tempo bastante longo, não fará que os outros se riam à sua custa e digam que, tendo ido lá acima, voltou com a vista estragada, pelo que não vale a pena tentar subir até lá? E se a alguém tentar libertar e conduzir para o alto, esse alguém não o mataria, se pudesse fazê-lo?
Glauco - Sem nenhuma dúvida.

Platão, A República, Livro VII.

Rédigé par synaptique

août 16, 2009 à 1:50

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Préhistoire digitale – petit a

sans commentaires

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(fr)

Qu’est-ce que l’informatique et la théorie des réseaux peuvent apporter à l’étude des peintures rupestres du Nordeste du Brésil?

Petit a, le réseau. Les peintures réalisées par des hommes préhistoriques sur les rochers du Nordeste sont rarement isolées. Au contraire, elles forment généralement des ensembles composés de différents styles et influences. Des peintures figuratives sont juxtaposées aux symboles abstraits, et finissent par former de véritables panneaux.

Naturellement, chaque figure est unique. Chaque scène est le témoignage d’un auteur, ou groupe d’auteurs. Mais à partir du moment où ceux-ci choisissent de reproduire leurs figures en commun, sur un ou plusieurs panneaux, on ne peut pas en nier l’intentionnalité. Toutes les figures qui composent les panneaux sont clairement mises en relation les unes avec les autres: elles composent un réseau.

Il faut immédiatement mettre un bémol à cette idée, car aucun panneau n’a jamais été entièrement réalisé à une seule époque. Il s’agit donc d’un réseau qui s’est lentement construit au fil du temps, et dans lequel la volonté de mise en réseau n’a jamais cessé d’augmenter. En ce sens, le premier peintre n’avait peut-être aucune intention de voir d’autres figures border son oeuvre. Le dernier, quant à lui, n’a certainement pas eu la volonté d’isoler son travail. Entre ces deux-là, se trouve une myriade d’auteurs anonymes qui ont probablement tous plus ou moins considéré l’hypothèse de composer un réseau (et ce, même s’ils n’en ont pas envisagé le concept).

En réalité, l’hypothèse d’un réseau est déjà sous-entendue lorsque l’on étudie la peinture rupestre non pas comme une simple expression artistique, mais bien comme un moyen de communication. Plusieurs personnes se servaient alors d’un panneau pour établir des relations (avec qui/quoi importe peu pour le moment). À la différence de ce que l’on trouve écrit sur les murs de Facebook ou Orkut, les peintures rupestres étaient destinées à durer, et éventuellement atteindre les générations suivantes.

À l’image d’un réseau informatique, le réseau rupestre est composé de noeuds, qui établissent des connections entre eux. Ni le type de connection ni leur contenu ne sont déterminés à l’avance. Elles peuvent être différentes entre chaque noeud, voire même entre les nombreuses connections établies à partir d’un seul noeud. Par exemple, une figure peut avoir un thème qui lui est propre, mais emprunter la taille à une autre figure, et la texture à une troisième.

La conséquence directe de ce constat, c’est qu’au lieu d’un réseau dans lequel une figure est considérée comme centrale (une figure-mère, de laquelle toutes les autres découleraient), on se retrouve face à un réseau en maille entièrement ouvert. On n’y trouve aucune hiérarchie linéaire, dans la mesure où toutes les figures peintes continuent à influencer les nouvelles occurences, même lorsqu’elles ont déjà servi.

L’existence d’un réseau ne résoud évidemment pas la question de la datation. Dans le meilleur des cas, celui où toutes les connections seraient identifiées, il ne s’agit encore que d’un dessin interne et relative. Il manque encore un élément externe permettant d’accrocher l’ensemble dans le temps et dans l’espace. Cet élément pourrait être une référence naturaliste, ou bien un élément commun à un autre site daté de manière plus fiable.

(pt)

Como a informática e a teoria das redes podem ajudar o estudo das pinturas rupestres do Nordeste do Brasil ?

Ponto a, a rede. As pinturas realizadas pelos homens pré-históricos nas rochas do Nordeste estão raramente encontradas isoladamente. Ao contrário, formam geralmente conjuntos compostos por estilos e influências diversas. Pinturas figurativas estão colocadas lado a lado com símbolos abstratos, e acabam por criar verdadeiros painéis.

Naturalmente, cada figura é única. Cada cena testemunha um autor, ou grupo de autores. Mas a partir do momento em que estes escolheram de reproduzir as suas figuras em comum, em um ou mais painéis, não podemos mais negar a intencionalidade. Todas as figuras que compõem os painéis estão claramente colocadas em relação umas com as outras : elas formam uma rede.

Logo, é preciso esclarecer a idéia, já que nenhum painel jamais foi realizado em uma só vez. Trata-se então de uma rede que se construiu lentamente ao longo do tempo, e na qual a vontade de estabelecer uma rede nunca parou de crescer. Neste sentido, o primeiro pintor talvez nunca teve a intenção de ver outras pinturas bordar a sua obra. O último, por sua parte, certamente não teve vontade de isolar o seu trabalho. Entre estes dois, encontramos milhares de autores anonimos que, provavalmente, todos consideram a hipotese de compor uma rede (embora talvez não tenham imaginado o conceito).

De fato, a hipotese de uma rede já está subentendida quando a pintura rupestre é estudada, não como uma simples expressão artística, e sim do ponto de vista dos meios de comunicação. Assim, várias pessoas usaram os painéis para estabelecer relações (com que/quem não importa por enquanto). Diferentemente do que se escreve nos muros do Facebook e do Orkut, as pinturas rupestres foramfeitas para ficar, podendo também atingir gerações sucessivas.

Do mesmo modo que uma rede informática, a rede puestre é composta de nós, que estabelecem conexões entre si. Nem o tipo de conexão nem o seu conteúdo estão pré-determinados. Podem ser diferentes entre cada nó, ou até entre cada conexão saindo de cada nó. Por exemplo, uma figura pode ter um tema próprio, mas usar o tamanho de uma outra, e a textura de uma terceira.

Consequência imediata, no lugar de uma rede onde uma figura ocupa um papel cetral (uma figura-mãe, da qual as outras descem), temos uma rede de malha aberta. Não encontramos hierarquia linear, na medida em que todas as figuras pintadas continuam a influenciar a novas ocorrências, mesmo depois de já ter sido utilizadas.

A existência de uma rede não resolve o problema da datação. No melhor dos casos, quando todas as conexões estão identificadas, ela estabelece apenas um desenho interno, relativo. Precisa de um elemento externo para situar o conjunto no tempo e no espaço. Tal elemento pode ser uma referência naturalística, ou algo aparecendo também em outro sítio com datação mais segura.

structure

L’identification d’un réseau unissant les peintures rupestres n’a donc pas pour objectif d’établir un contexte linéaire de composition des panneaux, mais bien de mettre en lumière la circularité et l’interdépendance des graphismes préhistoriques. Une interdépendance qui a grandi avec le temps, puisque le nombre de figures a augmenté au fil des siècles. Basiquement donc, dresser la cartographie du réseau ne constitue pas un travail tellement différent de celui qui est déjà réalisé par les archéologues: il faut étudier méticuleusement chaque figure, en classer les caractéristiques, et créer de grosses bases de données.

La différence réside dans le traitement qui est donné à ces informations, soutenu par la théorie des réseaux (objet du petit b, à venir).

Portanto, a identificação de uma rede ligando as pinturas rupestres não tem como objetivo de estabelecer um contexto linear de composição dos painéis, e sim de esclarecer a circularidade e a interdependência dos grafismos pré-históricos. Uma interdependência que cresceu com o tempo, junto com o número de figuras. Basicamente, fazer a cartografia da rede não se revela ser um trabalho muito diferente daquele que os arqueólogos já realizam : é preciso estudar meticulosamente cada figura, classificar as suas características e criar bases de dados amplas.

A diferência reside no tratamento que é dado a estas informações, fundamentado na teoria das redes (assunto do ponto b, à seguir).

Rédigé par synaptique

août 8, 2009 à 6:41

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