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Le monde est un grand bac à légumes.

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Journée Mondiale de l’Alimentation

sans commentaires

(fr)

Demain, 15 octobre, c’est le Jour Mondial de l’Alimentation. C’est donc l’occasion de penser un peu au problème.

En Europe, la Politique Agricole Commune (PAC) a encore fait récemment la une des journaux, avec des agriculteurs en colère déversant des hectolitres de lait sur les beaux souliers cirés de nos commissaires et parlementaires européens. Dans le Sud, cette même PAC fait encore crier tous ceux qui ne parviennent pas à exporter leurs produits à cause de subsides dont tous les gouvernements ont pourtant juré qu’il était nécessaire de se débarrasser.

Le problème de la PAC se situe dans son approche compétitive de la situation. Elle considère que l’agriculture européenne doit continuer à se confronter à la compétition de l’agriculture du reste de la planète, quand bien même celle-ci est matériellement mille fois moins chère. Alors qu’en fait, il aurait été bien plus simple d’orienter l’agriculture du vieux continent vers un autre secteur, non brigué par les autres, en conditionnant les subsides à d’autres critères. Par exemple, celui de l’agriculture organique.

L’agriculture organique a ses défauts. D’abord, elle produit moins qu’une agriculture intensive ou extensive. En fait, c’est une bonne chose, car au niveau du commerce agricole, cela permettrait donc d’ouvrir les frontières et de libérer plus d’espace pour des importations venues d’autres pays. Ensuite elle est plus chère, ce qui risque d’augmenter le poids de la PAC dans le budget européen. Voici une idée qui demande plus de calculs, car au fond elle utilise moins d’entrants, comme des engrais chimiques et des aspertions de roundup(tm).

Bref, en orientant l’agriculture européenne sur une autre voie, qui est loin d’être de garage, on pourrait permettre aux agricultures africaines, caribéennes ou même, pourquoi pas, latino-américaines, de sortir la tête de l’eau. Ceci sans s’en prendre à l’agriculture européenne, qui devrait simplement se recycler.

(pt)

Amanhã, dia 15 de outubro, é o Dia Mundial da Alimentação. É uma boa ocasião para pensar um pouco no problema.

Na Europa, a Política Agrícola Comum (PAC) ainda recentemente apareceu na capa dos jornais, quando agricultores brabos despejaram litros e litros de leite nos lindos sapatos engraxados dos comissários e deputados européios. No Sul, a mesma PAC também faz gritar aqueles que não conseguem exportar os seus produtos por causa de subsídios, que todos os governos concordaram numerosas vezes em eliminar.

O problema da PAC está na sua perspectiva competitiva da situação. Ela considera que a agricultura européia deve continuar a enfrentar a competição da agricultura do resto do planeta, até quando esta custa dez, cem vezes menos. No entanto, seria muito mais simples orientar a agricultura do velho continente para outro setor, não procurado pelos outros, condicionando os subsídios a outros critérios. Por exemplo, da agricultura orgânica.

A agricultura orgânica tem os seus defeitos. Primeiro, ela produz menos que a agricultura intensiva ou extensiva. Na verdade, seria uma coisa boa, porque em relação com o comércio agrícola, permitiria de abrir as fronteiras e liberar mais espaço para as importações. Segundo, é mais cara, o que pode aumentar ainda mais o peso da PAC no orçamento européio. Esta idéia precisa mais detalhes, porque também usa menos intrantes, tais como fertilizantes químicos e utilização de roundup(tm).

Assim, orientando a agricultura para uma outra via, que não é de garagem, podemos permitir às agriculturas da África, do Caribe ou até, porque não, da América Latina, de ergir a cabeça fora da água. Tudo isso sem ferir a agricultura européia, que apenas precisara reciclar-se.

État de l'insécurité alimentaire dans le monde 2009

État de l'insécurité alimentaire dans le monde 2009

Rédigé par synaptique

octobre 15, 2009 à 1:33

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Les ordres du marché

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(fr)

“Par superstition ou non, c’est le marché qui commande”. Cette phrase vient conclure un article publié par le magazine hebdomadaire Veja à propos de la situation du soja au Brésil. D’après Raquel Salgado, le prix de production du soja transgénique de Monsanto a lentement dépassé celui du soja non-modifié: en 2005-2006, il permettait d’obtenir un bénéfice de R$ 9,46 par sac, tandis que le soja conventionnel ne rapportait que R$ 8,58. Quatre ans plus tard, le soja non-modifié offre un bénéfice de R$ 23,02, contre 20,26 pour l’OGM (E os lucros secaram… Par Raquel Salgado, Veja n°2125, 12 août 2009).

Selon l’article, il y a deux raisons à cela: d’abord, l’invasion d’autres plantes résistantes au glysophate, l’herbicide miracle de Monsanto, qui s’attaquent aux cultures de soja transgénique dans tout le pays, ainsi qu’en Argentine et aux États-Unis. Le système de monoculture facilite naturellement la diffusion des mauvaises herbes. Ensuite, la demande de plus en plus élevée, en Europe et ailleurs, pour des produits certifiés sans OGM:

“Les Européens refusent le soja transgénique et d’autres graines génétiquement modifiées par pure superstition (…) Sur le marché intérieur aussi, l’irrationalité trouve un terrain fertile. Plusieurs entreprises alimentaires, dont des multinationales, ont arrêté d’acheter non seulement le soja transgénique, mais aussi le maïs génétiquement modifié qui a commencé à être récolté cette année.” (abril pt)

Voilà une bien belle interprétation, qui satisfait sans doute les lecteurs de Veja, mais qui se révèle un peu faible quand on creuse un peu.

Premièrement, l’idée de livrer l’agriculture du pays au bon-vouloir d’une entreprise ne semble pas constituer un sérieux problème de conscience – sans doute parce que, guidée par le sacrosaint principe d’efficacité économique, Monsanto vaut mieux que Chavez. Puisque la monoculture de soja permet la diffusion de mauvaises herbes résistantes au glysophate, les agriculteurs vont maintenant devoir suivre les recommandations de l’entreprise pour savoir ce qu’il faut produire d’autre.

À l’origine, il ne s’agissait que d’une simple graine améliorée, théoriquement destinée à faciliter les cultures et à augmenter les profits ; on entre aujourd’hui dans une nouvelle étape, celle de la planification. Chaque agriculteur – et chaque État – devra donc donner à la compagnie le pouvoir d’orienter sa production agricole sur plusieurs années. D’après l’article, la production de soja transgénique atteint déjà 87% du total mondial. Irrationalité, donc.

Le second point permet de mieux comprendre comment une telle dépendance – qui fait horreur en Europe – n’a pas l’air de poser le moindre problème pour l’agriculture brésilienne. Tout d’abord, si les Européens refusent de consommer du soja transgénique, il faut reconnaître que la décision n’est ni unanime, ni facile. En réalité, c’est l’aboutissement d’énormes campagnes de sensibilisation sur les risques induits par l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés – pour la santé, l’environnement et l’économie. Les moratoires imposés par l’Union Européenne et les États membres sont le fruit des pressions exercées par la société civile organisée (nouvel obs fr). C’est le cas au Bénin (grain fr). Face à celle-ci, d’autres groupes d’intérêts travaillent à leur disparition – les propres compagnies productrices d’OGMs, ou même la Commission Européenne (infogm fr).

Derrière les commandes du marché évoquées par Raquel Salgado, on trouve donc deux choses : d’un côté l’incroyable richesse des ressources naturelles, et de l’autre, l’activisme politique. Ce qui ressemble à un simple mouvement de la demande – même irrationnel – quand on l’observe depuis le Brésil recouvre en fait une réalité beaucoup plus nuancée.

Ce qu’on peut voir encore, c’est qu’une option politique faite en Europe, par et pour ses propres citoyens, prend de belles proportions quand on traverse l’océan. Pour le producteur – et le lecteur de Veja – la lutte politique se réduit toute entière aux mécanismes flous d’un marché globalisé, une notion qui sert de façade à la croyance en une sorte de deus ex machina. Cette dépendance, dans laquelle ils se trouvent, est aussi un choix politique au Brésil, encouragé par des politiques gouvernementales, des banques publiques et un nombre incroyable d’entités privées. Dans le modèle exportateur, ce qu’on appelle aujourd’hui « marché » s’appelait hier « métropole ».

(pt)

“Com superstição ou não, é o mercado que comanda.” Esta frase conclue uma artigo publicado pela revista semanal Veja sobre a situação da soja no Brasil. Segundo Raquel Salgado, o preço da produção de soja trangênica de Monsanto começou lentamente a ultrapassar o preço da soja não-modificada : em 2005-2006, permitia obter um lucro de R$ 9,46 por saco, enquanto a soja convencional trazia apenas R$ 8,58. Quatro anos depois, a soja não-modificada oferece um lucro de R$ 23,02 contra 20,26 com os OGM (E os lucros secaram… Por Raquel Salgado, Veja n°2125, 12 de agosto de 2009).

Segundo o artigo, há duas razões : primeiro, a invasão de outras planas resistantes ao glisofato, o herbicido milagre de Monsanto, que atacam o cultivo da soja transgênica no país todo, assim como na Argentina e nos Estados Unidos. O sistema de monocultura facilita obviamente a difusão das ervas daninas. Segundo, a demanda cada vez mais elevada, na Europa e além, por produtos certificados livres de OGM :

“Os europeus recusam a soja transgênica e outras sementes geneticamente modificadas por mera superstição (…) No mercado interno, a irracionalidade também tem encontrado um terreno fértil. Várias indústrias alimentícias, muitas delas multinacionais, deixaram de comprar não apenas soja transgênica, como também o milho geneticamente modificado, que começou a ser colhido no país na safra deste ano.”
abril pt

Eis uma linda interpretação, que satisfaz provavelmente os leitores da Veja, mas que aparece um pouco fraca quando se pesquisa um tantinho.

Para começar, a idéia de entragar a agricultura de um país ao bem-querer de uma empresa não parece constituir um problema de consciencia sério – provavelmente porque, guiados pelo sacrosanto princípio de eficiência econômica, Monsanto vale melhor que Chavez. Já que a monocultura de soja permite a difusão de ervas daninas resitantes ao glisofato, os agricultores deverão agora seguir as recomendações da empresa para saber o que produzir de outro.

Na origem, tratava-se apenas de uma simples sementes melhorada, teoricamente destinada a facilitar o cultivo e aumentar o lucro ; entramos hoje em uma nova fase, de planificação. Cada agricultor – e cada Estado – deve então dar a companhia o poder de orientar a sua produção agrícola para vários anos. Segundo o artigo, a produção de soja transgênica atinge 87% do total mundial. Iracionalidade, não é ?

O segundo ponto permite de entender melhor como tal dependência – que horroriza na Europa – não parece ser um problema para a agricultura brasileira. Se os Europeus se recusam em consumir soja transgênica, é preciso reconhecer o fato que a decisão não é nem unanime nem fácil. Na verdade, é o ponto final de campanhas de sensibilisação enormes sobre os riscos induzidos pela utilização de organismos geneticamente modificados – pela saúde, o meio ambiente e a economia. Os moratórios impostos pela União Européia e os Estados membros são fruta das pressões exercidas pela sociedade civil organizada (nouvel obs fr). Foi também o caso no Benin (grain fr). Em frente a essa pressão, outros grupos de interesse procurar eliminá-las – das próprias empresas produtoras de OGM até a Comissão Européia (infogm fr).

Atrás dos comandos do marcado européio mencionado por Raquel Salgado, encontramos duas coisas : de um lado, a incrível riqueza dos recursos naturais, e de outro, o activismo político. O que parece ser um simples movimento da demanda – mesmo se for iracional – quando se observa do Brasil, revela uma realidade muito mais complexa.

Podemos ver, ainda, que uma opção política feita na Europa, por e para os seus cidadãos, tem proporções diferentes quando atravessamos o oceano. Para o produtor – e o leito da Veja – a luta política está toda reduzida nos mecanismos ambíguos de um mercado globalizado, noção que serve de façada para a crença em um tipo de deus ex machina. Esta dependência, na qual se encontram, também é uma escolha política no Brasil, incentivada por políticas governamentais, bancos públicos e um número elevado de entidades prticulares. No modelo exportador, o que chamamos hoje de « mercado » chamavamos ontem de « metropole ».

Rédigé par synaptique

août 21, 2009 à 11:29

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Le cycle de la volaille

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(fr)

Cette semaine,‭ ‬j’ai été visiter un élevage de poulets à l’image de l’agrobusiness brésilien.‭ ‬Capacité totale de l’exploitation,‭ ‬720.000‭ ‬poulets.‭ ‬Une broutille.‭ ‬Ça me fait penser à tout ce qu’on ne voit pas derrière la petite barquette en frigolite du supermarché,‭ ‬délicatement isolée du monde extérieur par son film plastique.

Notre histoire commence dans la banlieue‭ ‬sud‭ ‬de Feira de Santana,‭ ‬seconde ville de l’État de Bahia,‭ ‬au Nord-Est du Brésil.‭ ‬L’incubateur se situe‭ ‬dans la banlieue industrielle,‭ ‬au bord de la BA-502,‭ ‬une route à deux bandes en relatif bon état,‭ ‬si on la compare aux autres de son espèce.‭ ‬C’est là que tout commence car,‭ ‬d’après un rapport d’une grande entreprise,‭ ‬toute la production avicole‭ «‬ dépend de la génétique animale pratiquée dans les pays développés‭ (‬États-Unis,‭ ‬Canada,‭ ‬Angleterre‭)‬.‭ ‬L’élevage de poulets et de dindes dépend de l’importation des lignages à l’origine des matrices qui,‭ ‬à leur tour,‭ ‬donnent naissance à la volaille. ‭» (sadia pt‭)‬

Une fois éclos,‭ ‬les petits poussins d’un jour sont expédiés dans les granges,‭ ‬qui sont disséminées sur le territoire de plusieurs communes.‭ ‬Une grange standard est construite pour accueillir environ‭ ‬25.000‭ ‬poussins,‭ ‬et les élever pendant‭ ‬38‭ ‬à‭ ‬43‭ ‬jours.‭ ‬Tout y est prévu :‭ ‬puits artésien pour l’alimentation et le nettoyage,‭ ‬couches de matière organique pour recueillir les déjections…‭ ‬En général,‭ ‬un propriétaire loue sa terre et la grange à quelqu’un,‭ ‬qui s’occupe de l’élevage.

Toute cette activité est entièrement coordonnée par l’entreprise centrale,‭ ‬qui pratique le système de l’intégration :

‭«‬ Un système typique de production de viande de volaille centralisé présente la disposition spatiale suivante :‭ ‬au centre,‭ ‬dans la ville-siège,‭ ‬on trouve la coordination générale du système,‭ ‬formée par un corp technique,‭ ‬un abattoir et une usine de rations ‭; ‬autour de ce centre,‭ ‬formant une ceinture d’un rayon qui peut atteindre‭ ‬50‭ ‬km,‭ ‬se trouvent les granges.‭ ‬À l’écart,‭ ‬dans la même commune ou dans la région,‭ ‬on trouve la grange des matrices et,‭ ‬avec elle,‭ ‬l’incubateur.‭ ‬Des systèmes auxiliaires sont installés près des sources de matières premières‭ (‬achat et stockage des grains‭) ‬et près du marché consommateur‭ (‬secteur commercial‭)‬. ‭» (embrapa pt)

L’intégration signifie que c’est le système centralisé qui est propriétaire des poussins,‭ ‬et non pas l’éleveur ou le propriétaire des granges.‭ ‬Les animaux sont juste confiés à l’éleveur jusqu’à leur maturité.‭ ‬De cette manière,‭ ‬l’entreprise a le contrôle intégral de la production,‭ ‬de ses prix et de ses délais de livraison,‭ ‬sans devoir supporter le coût de posséder les granges elles-mêmes.‭ ‬Grâce à la sous-traitance,‭ ‬elle évite aussi d’avoir des problèmes en cas de dégraissage urgent.‭ ‬Flexibilité du marché.

De son côté,‭ ‬l’éleveur reçoît l’entièreté des soins vétérinaires et des rations.‭ ‬Celles-ci sont faites dans une autre banlieue de Feira de Santana,‭ ‬à partir de nombreux ingrédients.‭ ‬On y trouve surtout du maïs et de la farine de soja,‭ ‬mais aussi des farines d’origine animale,‭ ‬dont l’utilisation est autorisée au Brésil :‭ «‬ Cela permet une économie pour le producteur,‭ ‬car‭ ‬1‭ ‬kg de farine animale coûte R$‭ ‬0,35‭ ‬et remplace‭ ‬1‭ ‬kg de farine de soja,‭ ‬qui coûte R$‭ ‬0,80. ‭» (unesp pt‬)

Dans l’Union Européenne,‭ ‬il y a une interdiction sur les farines animales depuis la crise de la vache folle à la fin des années‭ ‬90.‭ ‬L’induction du cannibalisme dans l’industrie agroalimentaire,‭ ‬même pour des motifs économiques,‭ ‬est particulièrement mal perçue :

‭«‬ Avant la crise,‭ ‬lorsqu’un cas sporadique apparaissait,‭ ‬il entrait naturellement dans la fabrication des farines animales utilisées dès les années‭ ‬1960,‭ ‬sans que quoi que ce soit ne se passe.‭ ‬A l’époque,‭ ‬en effet,‭ ‬seuls les bovins adultes recevaient une alimentation complémentée en farines. ‭» (agriculture et environnement fr)

La surexploitation et le confinement des animaux a également aussi été mise en lumière lors de l’apparition de la grippe aviaire en Asie,‭ ‬ou porcine au Mexique :‭ ‬les premiers cas ont été identifiés à La Granja,‭ ‬où le géant américain Smithfield s’est implanté ‭(la jornada es)

Lorsque les poulets ont atteint le poids règlementaire,‭ ‬un camion vient prendre livraison.‭ ‬Les animaux sont transportés dans des casiers empilés sur les camions.‭ ‬Une fois arrivés à l’abattoir,‭ ‬ceux qui n’ont pas étouffé en chemin sont découpés et empaquetés.‭ ‬C’est aussi là que les restes solides sont incinérés et réduits en farine ‭; ‬les restes liquides se retrouvent quant à eux dans des bassins remplis de bactéries qui réduisent toute matière organique à néant.‭ ‬

Ainsi,‭ ‬les restes collaborent à la production avicole de deux manières :‭ ‬par infiltration des eaux des‭ ‬bassins vers les nappes phréatiques,‭ ‬et de retour dans les granges ‭; ‬par la farine,‭ ‬de retour dans l’estomac des poussins.‭ ‬La viande,‭ ‬quant à elle,‭ ‬s’en va vers les centres de distribution de tout le pays,‭ ‬et du monde entier.

La prochaine fois, on parlera des “externalités”.

(pt)

Esta semana,‭ ‬eu visitei uma fazenda de frango com a cara do agronegócio brasileiro.‭ ‬Capacidade total do empreendimento,‭ ‬720.000‭ ‬galinhas.‭ ‬Uma palha.‭ ‬Me fez pensar em tudo o que não se vê atrás do isoporzinho do supermercado,‭ ‬delicadamente isolado do mundo exterior pelo seu plástico.

A nossa história começa no subúrbio sul de Feira de Santana,‭ ‬a segunda cidade do Estado da Bahia,‭ ‬no Nordeste do Brasil.‭ ‬O incubador se encontra na periferia industrial,‭ ‬nas margens da BA-502,‭ ‬uma estrada com duas faixas em relativo bom estado,‭ ‬se for comparada às outras do mesmo tipo.‭ ‬É por ali que tudo começa,‭ ‬pois,‭ ‬segundo um relatório de uma grande empresa,‭ ‬toda a produção avícola‭ «‬ depende da genética animal praticada nos Países desenvolvidos‭ (‬Estados Unidos,‭ ‬Canadá e Inglaterra‭)‬,‭ ‬uma vez que a procriação de frangos e perus de corte depende de importação de linhagens de avos que geram as matrizes,‭ ‬as quais,‭ ‬por sua vez,‭ ‬gerarão as aves de corte. ‭» (sadia pt)

Assim que nascem,‭ ‬os pintinhos estão levados para as granjas,‭ ‬que estão espalhadas pelo território de vários municípios.‭ ‬Uma granja normal é prevista para receber umas‭ ‬25.000‭ ‬galinhas,‭ ‬durante‭ ‬38‭ ‬a‭ ‬43‭ ‬dias.‭ ‬Tudo está calculado:‭ ‬poço artesiano para a alimentação e a limpeza,‭ ‬camadas de matéria orgânica para as fezes…‭ ‬Geralmente,‭ ‬o dono aluga a terra e a granja para uma pessoa que cuida da produção.

Toda esta atividade é integralmente coordenada pela empresa central,‭ ‬que pratica um sistema de integração:

‭« ‬Um sistema de produção de carne de aves típico coordenado de forma centralizada apresenta a seguinte disposição espacial:‭ ‬em seu centro,‭ ‬na cidade sede,‭ ‬localiza-se a coordenação geral do sistema,‭ ‬formada por corpo de técnicos,‭ ‬abatedouro e fábrica de ração‭; ‬em torno desse centro e formando um cinturão,‭ ‬com raios variáveis de até‭ ‬50‭ ‬km,‭ ‬espalham-se as granjas de frango.‭ ‬Em local mais afastado,‭ ‬no mesmo município ou em outro município da região,‭ ‬localiza-se a granja de matrizes e,‭ ‬junto a ela,‭ ‬o incubatório.‭ ‬Sistemas auxiliares são instalados junto às fontes de matérias-primas‭ (‬compra e armazenamento de grãos‭) ‬e junto ao mercado consumidor‭ (‬setor comercial‭)‬.‭ » (embrapa pt)

A integração significa que é o sistema centralizado que possue os pintinhos,‭ ‬e não o dono da granja ou a pessoa que aluga.‭ ‬Os animais estão apenas deixados aos cuidados dele até a maturidade.‭ ‬Deste modo,‭ ‬a empresa tem um controle total da produção,‭ ‬dos seus preços e da entrega,‭ ‬sem precisar construir granjas.‭ ‬Com a terceirzação,‭ ‬ela evita também problemas em caso de crise.‭ ‬Flexibilidade do mercado.

Do seu lado,‭ ‬o avicultor recebe todo o apoio veterinário e as rações.‭ ‬Elas são feitas em outra periferia de Feira de Santana,‭ ‬a partir de vários ingredientes.‭ ‬Colocam milho,‭ ‬e farelo de soja,‭ ‬mas também farinhas animais,‭ ‬cuja utilização é permitida no Brasil:‭ «‬ Isso gera uma economia para o produtor,‭ ‬já que‭ ‬1‭ ‬kg de farinha de carne,‭ ‬que custa R$‭ ‬0,35,‭ ‬substitui‭ ‬1‭ ‬kg de farelo de soja,‭ ‬que custa R$‭ ‬0,80.‭ ‬» (unesp pt)

Na União Européia,‭ ‬corre uma interdição sobre as farinhas animais desde a crise da vaca louca,‭ ‬no final dos anos‭ ‬90.‭ ‬A indução do canibalismo na indústria do agronegócio,‭ ‬mesmo por motivos econômicos,‭ ‬passa particularmente mal percebida:

‭«‬ Antes da crise,‭ ‬quando um caso esporádico aparecia,‭ ‬entrava naturalmente na fabricação das farinhas animais utilizadas antes dos anos‭ ‬60,‭ ‬sem que nada aconteça.‭ ‬Na época,‭ ‬apenas o bois adultos recebiam uma alimentação com complementos em farinha.‭ ‬» (agriculture et environnement fr)

A exploração e o confinamento dos animais também foram apontados durante a gripe aviária na Ásia,‭ ‬ou suina no México :‭ ‬os primeiros casos foram identificados em La Granja,‭ ‬onde o gigante americano Smithfield se implantou‭. (la jornada es)

Quando o frango chegou ao peso regulamentar,‭ ‬um caminhão vem buscá-lo.‭ ‬Os animais estão transportados em caixas,‭ ‬a cima dos veículos.‭ ‬Quando chegam no abatedouro,‭ ‬aqueles que não morreram asfixiados são cortados e empacotados.‭ ‬É ali também que as sobras sólidas estão incineradas e reduzidas em farinha‭ ; ‬os restos líquidos vão para as lagoas cheias de bactérias que limpam toda a matéria orgânica.

Assim,‭ ‬as sobras colaboram ao processo da avicultura de duas maneiras :‭ ‬pela infiltração da água das lagoas,‭ ‬caiem no lençol freático e volta para as granjas ‭; ‬pela farinha,‭ ‬voltam até o estômago dos pintinhos.‭ ‬A carne,‭ ‬ela,‭ ‬vai para os centros de distribuição do país todo,‭ ‬e do mundo la fora.

Próxima vez, falaremos das “externalidades”.

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Rédigé par synaptique

août 1, 2009 à 12:59

Surveillance de Masse

sans commentaires

(fr)

En 1950, quand la Stasi a été créée en Allemagne de l’Est, la surveillance de masse est devenue une politique d’État. Il y avait des informateurs dans la plupart des usines, dans tous les quartiers. Les écoles, les universités et les hôpitaux étaient aussi ciblés, au nom de la défense nationale. À la même époque, des archives étaient également montées par de nombreux régimes militaires d’Amérique du Sud. Au Brésil, le SNI (Service National d’Intelligence) possédait des dossiers sur tous ceux qui étaient considérés dangeureux pour l’État, et ce depuis sa fondation, en juin 1964.

AI-5 est le nom d’un Acte Institutionnel adopté par le régime militaire au Brésil. Il a été promulgué en décembre 1968 pour contrer la vaste opposition dans le pays. En fait, l’AI-5 a ouvert la voie au régime militaire pour censurer les journaux, les artistes et les intellectuels. Il a été utilisé pour réprimer les étudiants et les syndicats, jusqu’à sa révogation en 1978. Il est toujours considéré comme la loi la plus infâme de l’histoire du pays.

L’expression “AI-5 Digital” renvoie à un nouveau projet de loi étudié par le Congrès Brésilien. Bien que son objectif officiel soit de combattre le piratage et la pédophilie, de nombreux critiques disent qu’il est dangeureusement repressif (pour un résumé, voir praxagora en). Sergio Amadeu est l’un des activistes les plus éminents: “Son objectif est de criminaliser l’utilisation quotidienne d’Internet, de rendre suspects les réseaux P2P, d’empêcher les réseaux ouverts, de renforcer les DRM, et de limiter l’utilisation libre de machines digitales. Entre autres choses bizarres, le projt veut transformer les providers en un genre de police privée. Cela mettrait en péril la privacité des utilisateurs et, si il est approuvé, cela augmenterait le prix déjà élevé des communications au Brésil.” (amadeu pt)

Quand les providers doivent enregistrer l’activité de leurs clients, ils doivent savoir qui va où. Qui a fait quoi. C’est-à-dire, comme l’utilisation d’Internet dans la vie quotidienne est en augmentation, qu’ils obtiendraient un dossiers complet sur les gens. En fait, on leur demande de mettre les gens sous archives: le projet veut qu’ils gardent ces données pendant trois ans – suffisamment pour connaître n’importe quel détail sur la vie de n’importe qui. Miroir du modèle économique actuel, le projet propose encore que l’État sous-traite l’espionnage sur la vie des citoyens. Pour se déresponsabiliser. Le Sénateur Eduardo Azeredo a défendu son projet, en argumentant que “seules les plaintes officielles seraient considérées.” (terra pt).

La plupart des médias défendent l’idée: “Il est guidé par une intuition préventive – la même qui ferait construire une passerelle au-dessus d’une avenue avant qu’ils n’y ait une dizaine d’accidents. On sait que le nombre de victimes va bientôt augmenter, et une action rapide réduirait les coûts.” (o tempo pt) Encore récemment, le plus gros canal de TV du Brésil, Globo, a mélangé novela et réalité. Dans l’un des épisodes, un personnage s’exclamait: “Tu le crois? Et il y a des gens qui veulent que ceci [Internet] soit libre et non-règlementé!” Fréquemment, les éditeurs de Globo expriment leurs opinions politiques au travers des personnages de leurs novelas (scielo pt).

Depuis la première publication du projet, il y a eu une profonde réaction au sein de la société brésilienne. Une pétition a reçu 150.000 signateurs, tandis qu’une plate-forme en ligne appelée Trezentos a permis de rassembler les gens de tous le pays. Enfin, lors de la Foire Internationale du Logiciel Libre (à Porto Alegre, la ville du Forum Social Mondial), le Président Luiz Inácio Lula da Silva a lui-même appelé ce projet une nouvelle forme de censure (opensource.org en).

Grâce à toute la pression venue de la société, le projet ne sera sans doute jamais adopté. Au contraire, une contre-proposition sera envoyée au Congrès, cette fois avec une ample participation d’acteurs sociaux et digitaux.

Si c’est une bonne nouvelle, le cas du Brésil est isolé. Partout dans le monde, Internet est de plus en plus considéré comme un espace où les terroristes, les hackers et les pirates règnent: il doit être règlementé et ses utilisateurs contrôlés. Tout cela, au nom de la sécurité. Exactement comme dans les années 50 et 60, quand la menace politique était utilisée pour justifier la surveillance de masse des deux côtés de la Guerre Froide, le XXIème siècle s’ouvre sur une attaque massive contre les droits de l’homme, en prenant Internet pour excuse.

(pt)

Em 1950, quando a Stasi foi criada na Alemanha Oriental, a vigilância de massa se tornou uma política de Estado. Tinha informantes na maioria das fábricas, em todos os bairros. As escolas, as universidades e os hospitais estavam também vigiado, em nome da defesa nacional. Na mesma época, arquivos estavam montados por vários regimes militares sul-americanos. No Brasil, o SNI mantinha documentos sobre todos as pessoas consideradas perigosas para o Estado, desde a sua fundação em Junho de 1964.

AI-5 era o nome de um Ato Institucional feito pelo regime militar no Brasil. Foi promulgado em dezembro de 1968 para enfrentar a oposição no país. Na verdade, o AI-5 abriu o caminho para o regime militar censurar os jornais, os artistas e os pensadores. Ele foi utilizado para reprimir estudantes e sindicatos até a sua revogação em 1978. Ainda hoje, é lembrado como a mais descarada lei que existiu no país.

A expressão “AI-5 Digital” esta ligada a um novo projeto de lei, em estudo no Congresso Brasileiro. Enquanto o seu objetivo oficial é o combate contra a pirataria e a pedofilia, numerosos críticos dizem que é repressivo de mais (para um resumo, ver praxagora en). Sergio Amadeu é um mais eminentes ativistas: “Seu objetivo é criminalizar práticas cotidianas na Internet, tornar suspeitas as redes P2P, impedir a existência de redes abertas, reforçar o DRM que impedirá o livre uso de aparelhos digitais. Entre outros absurdos, o projeto quer transformar os provedores de acesso em uma espécie de polícia privada. O projeto coloca em risco a privacida de dos internautas e, se aprovado, elevará o já elavado custo de comunicação no Brasil.” (amadeu pt)

Quando os provedores devem gravar a atividade dos seus clientes, eles devem saber quem vai onde. Quem faz o que. Ou seja, com o uso da Internet crescendo na vida cotidiana da população, eles obteriam um registro completo das pessoas. Na verdade, o projeto quer que eles colocam a vida das pessoas em arquivos: devem guardar as informações durante três anos – bastante para saber qualquer detalhe da vida de qualquer um. Espelho do modelo econômico atual, o projeto ainda propõe que o Estado terceiriza o serviços de inteligência sobre a vida dos cidadãos. Para tirar a responsabilidade. O Senador Eduardo Azeredo defendeu o seu projeto, argumentando que “Só serão investigados casos denunciados” (terra pt)

A maioria da mídia defende a idéia: “É norteada por um intuito preventivo, como seria a construção de uma passarela antes de acontecerem dezenas de atropelamentos no mesmo local. Sabe-se que aí as vítimas aumentarão em breve, e agir com rapidez permitirá economizar transtornos e lágrimas” (o tempo pt). Mais recentemente, o maio canal de televisão do Brasil, Globo, misturou novela e realidade. Em um dos episódios, uma personagem falava: “Não acredito! E tem gente que querem que isso aí seja livre e sem regras!” Frequentemente, os editores da Globo exprimem as suas opiniões políticas pelas suas personagens de novela (scielo pt).

Desde a primeira publicação do projeto, teve uma profunda reação na sociedade brasileira. Uma petição recebeu 150,000 assinaturas, enquanto uma plata-forma online chamada Trezentos permitiu de reunir gente do país todo. Enfim, durante a Feira Internacional do Software Livre (a FISL, em Porto Alegre, cidade do Fórum Social Mundial), o Presidente Luiz Inácio Lula da Silva chamou este projeto de nova forma de censura (opensource en).

Graças a toda a pressão vinda da sociedade, o projeto provavelmente nunca será adotado. Ao contrário, uma contra-proposta será enviada ao Congresso, desta vez com ampla participação de atores sociais e digitais.

Se é uma boa notícia, o caso do Brasil é isolado. No mundo todo, a Internet é cada vez mais considerada como um espaço onde terroristas, hackers e piratas reinam: deve ser regulamentado e os seus usuários controlados. Tudo isso, em nome da segurança. Exatamente como nos anos 50 e 60, quando a ameaça política estava usada para justificar a vigilância de massa do dois lados da Guerra Fria, o Século XXI abre com um ataque maciço contra os direitos humanos, usando apenas a Internet como desculpa.

Rédigé par synaptique

juillet 20, 2009 à 8:25

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Nikolai Kardashev à Ekaterinbourg

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(fr)

Dans les années 1960, l’astrophysicien russe Nikolai Semenovich Kardashev a élaboré une échelle de développement technologique basée sur le niveau de production d’énergie d’une civilisation (wikipedia [en]). Le Type 1 de Kardashev envisage que la civilisation en question tire son énergie d’une planète entière. Cela signifie donc qu’elle s’est structurée de manière à pouvoir gérer l’ensemble de cette planète. De cette échelle technologique, on peut donc sous-entendre une forme d’organisation de la société: on passe alors de la production d’énergie au niveau d’intégration des ressources et des régions entre elles.

« Le G8 est déjà mort. » Celso Amorim, Ministre des Affaires Étrangères brésilien (estadão [pt])

L’utilisation outrancière du bras armé du modèle américain depuis la fin de la Guerre Froide, que ce soit en Amérique Centrale ou en Iraq, a lentement provoqué sa mutation en Empire – chargé de diriger l’extraction des ressources et la production d’énergie à l’échelle planétaire. L’éventualité de son déclin, ou de sa chute, mise en valeur par la récente crise internationale (pulse [en]), provoque l’apparition d’alternatives.

Traditionnellement, la propre épithête d’empire fait que l’on s’attende naturellement à ce que la prochaine étape corresponde à l’éclatement de l’espace américain en plusieurs entités indépendantes. Or, le contenu idéologique du système impérial américain permet de proposer une approche radicalement différente.

Si l’on en croit des auteurs tels que Fukuyama, Friedman ou Shermer (la times [en]), le modèle recherché ne se caractérise pas par main-mise d’une sorte d’État central, incarné par Washington, sur l’ensemble des ressources planétaires (ce serait un Empire à la mode romaine), mais mais plutôt par l’existence d’une série d’entités indépendantes interliées – généralement imaginées sous la forme de démocraties libérales capitalistes. L’Empire américain devient donc un simple instrument permettant de créer ces entités indépendantes, et de les mettre en relations entre elles, par la force s’il le faut.

Le Sommet des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) à Ekaterinbourg n’a pas révélé de profond changement de perspective face à la nécessité de repenser le système mondial. Au contraire, la déclaration finale oscille entre deux alternatives (kremlin [en]):

  • L’option des blocs économiques est fondée autour d’une monnaie étalon à l’échelle d’un continent, ou d’une entité géostratégique. L’abandon d’un système universel, basé sur le dollar, se fait donc au profit de structures régional et d’institutions internationales étendues, avec l’inclusion de l’Inde et du Brésil au Conseil de Sécurité.

  • L’option du système international, quant à elle, propose la transformation du système américain en une structure internationale – dans laquelle l’hégémonie d’un État en particulier est éliminée, au profit d’un plus grand groupe. L’utilisation des Special Drawing Rights du FMI est proposée par la Chine comme base de travail pour remplacer le dollar, depuis la réunion du G20 à Londres.

En substance, la nouvelle ère qu’on nous présente apparaît presque neuve – de nouvelles têtes apparaissent, comme celle du président brésilien ou du premier ministre indien. En revanche, lorsqu’elle copie à la lettre le modèle précédent, on se rend compte du chemin qu’il reste à parcourir (upasia [en]). Si tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut changer le système, le modèle des démocraties libérales indépendantes reste solidement ancré dans les mentalités.

Kardashev évoquait déjà la difficulté de passer d’un niveau à l’autre – la différence entre l’énergie produite par une simple planète (type 1) et celle produite par une étoile, par exemple, suppose une sérieuse conquête spatiale (type 2). Difficulté matérielle, certainement, mais surtout culturelle : il faut parvenir à la formulation d’une nouvelle structure, dont l’objectif est réellement la gestion des ressources à l’échelle globale. Et parallèlement, repenser la production d’énergie.

Pour l’heure, l’horizon est toujours limité à une idéalisation de l’État-Nation, coulé dans un système .

« Le G8 n’est pas mort. » Serguei Lavrov, Ministre des Affaires Étrangères russe (ultimo segundo [pt])

(pt)

Nos anos 60, o astrofísico russo Nikolai Semenovich Kardashev elaborou uma escala de desenvolvimento tecnológico baseada no nível de produção de energia de uma civilização (wikipedia [en]). O Tipo 1 de Kardashev caracteriza uma civilização capaz de tirar energia de um planeta inteiro. Isso significa também que ela se estruturou de tal modo que possa manejar todo este planeta. Da escala tecnológica, podemos então subentender uma forma de organização da sociedade: passamos da produção de energie ao nível de integração dos recursos e das regiões entre si.

« O G8 já morreu. » Celso Amorim, Ministro brasileiro das Relações Exteriores (estadão [pt])

O uso excessivo do braço armado do modelo americano desde o final da Guerra Fria, seja na América Central ou no Iraque, provocou lentamente a sua mutação em Império – encarregado de liderar a extração dos recursos naturais e a produção de energia na escala do planeta. A possibilidade do seu declino, ou da sua queda, que começou a ser enxergada na recente crise internacional (pulse [en]), provocou a busca por alternativas.

Tradicionalmente, o próprio nome de império faz que a gente pensa naturalmente na próxima etapa como a explosão do espaço americano em várias entidades independentes. No entanto, o conteúdo ideológico do sistema imperial americano permite propor uma interpretação radicalmente diferente.

Ao lermos autores como Fukuyama, Friedman ou Shermer (la times [en]), o modelo procurado não se caracteriza pela autoridade de um Estado central, encabeçado por Washington, sobre os recursos do planeta (seria um império nos moldes romanos), mas bem pela existência de várias entidades independentes interligadas – e geralmente imaginadas com a forma de democracias liberais capitalistas. O Império americano se torna então o mero instrumento que permite criar estas entidades independentes, e de pôr-las em relação entre si, pela força se for preciso.

A Cúpula dos BRIC (Brasil, Russia, Índia, China) em Ekaterinburgo não revelou profundas mudanças de perspetivas em frente à necessidade de se repensar o sistema mundial. Ao contrário, a declaração final balança entre duas alternativas (kremlin [en]):

  • A opção dos blocos econômicos está fundamentada em moedas regionais, na escala de um continente ou de qualquer entidade geo-estratégica. O abandono do sistema universal baseado no dólar traz então estruturas regionais e instituições internacionais estendidas, com a inclusão da Índia e do Brasil no Conselho de Segurança da ONU.

  • A opção do sistema internacional, do outro lado, propõe a transformação do sistema americano em uma estrutura internacional – na qual a hegemonia de um Estado particular é eliminada, para um grupo maior. O uso dos Special Drawing Rights do FMI é proposta pela China como base de trabalho em troca do dólar, desde a reunião do G20 em Londres.

Parece então a nova era apresentada algo quase novo – novas cabeças aparecem, como a do presidente brasileiro ou do primeiro ministro indiano. No entanto, quando ela copia no pé da letra o modelo anterior, é possivel perceber o longo caminho que fica pela frente (upasia [en]). Se todo mundo concorda para mudar de sistema, o modelo das democracias liberais independentes ainda está fortemente ancorado nas mentalidades.

Kardashev já falava da dificuldade de passar de um nível para o outro – a diferência entre a energia produzida por um simples planeta (tipo 1) e aquela produzida por uma estrela, por exemplo, supõe uma conquista do espaço bastante séria (tipo 2). Dificuldade material, com certeza, mas sobretudo cultural: é preciso definir uma nova estrutura, cujo objetivo seja realmente o manejo dos recursos naturais na escala global. E repensar a produção de energia.

Por enquanto, o horizonte está limitado na idealização do Estado-Nação.

« O G8 não morreu. » Serguei Lavrov, Ministro russo das Relações Exteriores (ultimo segundo [pt])

Rédigé par synaptique

juin 18, 2009 à 2:24

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Darwin à São Gonçalo dos Campos

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(fr)

Ceux qui ont vu “Le Cauchemar de Darwin” (Sauper, 2004) verront sans doute où je veux en venir. Pour les autres, voici ce dont il s’agit. La perche du Nil a été introduite dans le Lac Victoria, et elle est aujourd’hui exploitée industriellement. Probablement, celles que nous mangeons en Europe viennent de là, car les industries exportent directement le poisson par avion-cargo. Sur place, les communautés de pêcheurs sont devenues otages de cette exploitation.

(pt)

Aqueles que assistiram “O Pesadelo de Darwin” (Sauper, 2004) vão entender onde eu quero chegar. Para os outros, é o seguinte. A perca do Nilo foi introduzida no Lago Vitória, e se encontra hoje explorada industrialmente. Provavelmente, aquelas que se compram na Europa venham de lá, porque as indústrias as exportam logo por avião. No local, as comunidades de pescadores se tornaram reféns desta exploração.

Le thème du documentaire va encore plus loin, comme l’indique son titre. Bien qu’elle reconnaisse l’action de l’homme, comme dans le premier chapitre de l’Origine des Espèces, la théorie évolutionniste classique veut que les espèces les mieux adaptées à leur milieu soient naturellement sélectionnées pour se reproduire et évoluer.

On rajoute ici un point essentiel, celui de l’intervention humaine. Évidemment, il est difficile de s’imaginer comment un dinosaure, une amibe ou un australopithèque, auraient bien pu intervenir en quoi que ce soit dans l’évolution: on associe plutôt cette notion à la science moderne, aux modifications génétiques et autres biotechnologies.

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O tema do documentário vai mais além, como indica o título. Embora reconheça a ação do homem, como no capitulo primeiro da Origem das Especies, a teória evolucionista clássica fala que as espécies as mais adaptadas ao meio são naturalmente selecionadas para se reproduzir mais, e assim evoluir.

Acrescente-se um ponto essencial: a intervenção humana. Claro, é difícil imaginar como um dinosauro, uma bactéria ou um australopitéco, conseguiram intervir em algum ponto da evolução: associamos esta idéia à ciencia moderna, às modificações genéticas e outras biotecnologias.

On oublie le côté scatologique de la chose, notamment au niveau du monde végétal. D’après Jared Diamond, dans son livre Guns, Germs and Steel. The Fates of Human Societies, le processus de domestication des principales céréales que nous mangeons aujourd’hui, a commencé aux latrines. C’est en déféquant qu’on permet aux graines de se reproduire à un endroit donné, et qu’elles peuvent être lentement adaptées à nos propres besoins, jusqu’à en semer des hectares entiers. Le blé que nous mangeons n’a pas évolué gentillement dans son coin pour qu’on puisse le manger – ça serait une sorte de justification inconsciente d’un monde où les humains seraient incapables de polluer – il a été sélectionné pour entrer dans la hiérarchie de domination de son plus grand prédateur. Au-delà du niveau d’évolution naturelle identifié par Darwin, il est possible d’élaborer un autre modèle, où la logique de domination des ressources naturelles provoque aussi l’évolution des espèces.

Dans ce sens, le Lac Victoria a vu ses ressources adaptés à la domination de  son plus récent prédateur, le consommateur européen. En termes éthérés, toutes choses égales par ailleurs, on appelle ça s’intégrer dans l’économie globalisée. Et loin de là, la région de São Gonçalo dos Campos, à Bahia, vit un processus d’adaptation similaire, si ce n’est qu’il est basé sur l’aviculture industrielle. S’agissant d’une économie globalisée, il est possible de voir ce qui est similaire – et ce qui est différent – entre les deux situations:

Esquecemos assim o lado escatológico do problema, em particular em relação ao mundo vegetal. Segundo Jared Diamond, no seu livro Guns, Germs and Steel. The Fates of Human Societies, o processo de domesticação dos principais cereais que comemos hoje, começou nas latrinas. É defecando que permitimos às sementes se reproduzir em um lugar bem definido, permitindo que sejam lentamente adaptadas às nossas necessidades, até semear hectares inteiros. O trigo que comemos não evoluiu sozinho em algum canto para que possamos comê-lo – isso seria um tipo de justificação inconsciente de um mundo em que os humanos seriam incapazes de poluir – ele foi selecionado para caber na hierarquia de dominação do seu maior predador. Além do nível de evolução natural identificado por Darwin, é possível elaborar um outro modelo, em que a lógica de dominação dos recursos naturais provoque também a evolução das especies.

Neste sentido, o Lago Vitória viu seus recursos adaptados à dominação do seu mais novo predador , o consumidor europeu. Em termos depurados, ceteris paribus, isto é chamado entrar na economia globalizada. E longe de là, a região de São Gonçalo dos Campos, na Bahia, vive um processo de adaptação comparável, baseado na avicultura industrial. Tratando-se de uma economia globalizada, é possível ver o que é similar, e o que é diferente, entre as duas situações:

  • La production du Lac Victoria s’en va vers l’Europe; celle de São Gonçalo dos Campos part vers les grandes villes du sud du Brésil. Dans un cas comme dans l’autre, c’est le plus gros marché – le plus grand prédateur – qui détermine l’évolution de ses dépendants, et non le milieu naturel.
  • La perche du Nil est carnivore, et elle a éliminé les autres poissons présents dans le Lac, retirant toute alternative de pêche aux communautés locales. Le poulet, lui, n’est pas carnivore, même s’il finit par être cannibale en mangeant des rations faites de farine animale. Ici, c’est la situation foncière – latifundiaire – qui empêche les communautés locales de développer des alternatives.
  • L’industrie récupère cette main-d’oeuvre locale. Elle est occupée, d’un côté à l’extraction de la matière-première (pêcher le poisson dans le lac), et de l’autre à sa transformation (vider et congeler le poulet).
  • Le milieu dans lequel vivent ces communautés est réadapté pour convenir aux exigences du plus grand prédateur. “Le Cauchemar de Darwin” montre des villages de pêche décimés par le SIDA et les enfants des rues qui habitent les rues à côté de l’aéroport. Au Brésil, les quartiers périphériques des villes, peuplés de travailleurs, ne sont généralement pas urbanisés et São Gonçalo dos Campos ne fait pas exception, malgré sa petit taille. Des granges de 20,000 poulets, chacune plus peuplée que la ville elle-même, sont plantées partout sur le territoire.
  • A produção do Lago Vitória vai para a Europa; em São Gonçalo dos Campos, ela vai para as grandes cidades do sul do Brasil. Em ambos os casos, é o maior mercado – o maior predador – que determina a evolução dos seus dependentes, e não o meio ambiente.
  • A perca do Nilo é carnívora, e elimina todos os outros peixes presentes no Lago, tirando tanbém qualquer alternativa de pesca para as comunidades locais. O frango dificilmente é carnívoro, mesmo se acaba sendo canibalo quando ele come rações feita de farinha animal. Aqui, é a ordem agrária – latifundiária – que impede as comunidades locais de desenvolver alternativas.
  • A industria recupera esta mão-de-obra local. Ela está ocupada, ou na extração da materia-prima (pescar os peixes no lago), ou na sua transformação (limpar e congelar o frango).
  • O meio em que vivem estas comunidades é reorganizado para coresponder às exigências do maior predador. “O Pesadelo de Darwin” mostra aldéias de pescadores decimadas pelo AIDS e crianças vivendo nas ruas, ao lado do aeroporto. No Brasil, os bairros periféricos, povoados por trabalhadores, na maior parte do tempo não têm urbanização, e São Gonçalo dos Campos não faz exceção, mesmo com o seu tamanho reduzido. Granjas de 20,000 galinhas, cada uma mais povoada que a própria cidade, estão plantadas em todo o território.
perche du nil

Les poissons du Lac Victoria voyagent environ 6000 kilomètres avant de rejoindre leurs consommateurs, tandis que la majorité des poulets ne parcourent que 1000 à 2000 kilomètres: malgré ses dimensions sous-continentales, le Brésil constitue un seul et même pays. En conséquence, la législation dont bénéficient les consommateurs du sud du pays est identique pour les travailleurs du nord-est: ils profitent de la même couverture sociale embryonnaire et du même système unique de santé (SUS). À l’inverse, aucune législation européenne ne pourra atteindre les pêcheurs africains (ce n’était même pas le cas dans les colonies), mis à part les efforts en direction du commerce équitable et de l’agriculture organique. Il n’y a pas non plus de traffic d’armes à São Gonçalo. Mais ces différences ne changent pas grand chose à la dépendance dans laquelle sont installées les deux régions.

Qu’elle soit nationale ou non, l’option du tout-à-l’exportation configure l’espace local et la société qui y habite d’une seule et unique manière: celle d’otage. Les alternatives sont éliminées, et l’industrie constitue la seule forme de futur possible. Le cauchemar de Darwin est bien là: le plus gros prédateur provoque aussi l’évolution des êtres vivants. Reste à savoir dans quelle direction.

Os peixes do Lago Vitória viajam perto de 6000 kilômetros antes de alcançar os consumidores, enquanto quase todo o frango percorre apenas 1000 ou 2000: mesmo com dimensões sub-continentais, o Brasil é um país só. Em consequência, a legislação é a mesma para os consumidores do sul e para os trabalhadores do nordeste: beneficiam da mesma cobertura social embrionaria e do mesmo sistema único de saúde. Ao inverso, nenhuma legislação européia pode atingir os pescadores africanos (nem era o caso no tempo das colonias), a não ser os esforços do comercio justo e da agricultura orgânica. Também não há trafico de armas em São Gonçalo. Porém, estas diferenças não mudam a relação a dependência na qual se encontram as duas regiões.

Seja ela nacional ou não, a opção do “tudo-para-a-exportação” reconfigura o espaço local e a sociedade que mora nele, de um único jeito: o do refém. As alternativas são eliminadas, e a industria constitue a única forma de futuro possível. O pesadelo de Darwin está bem alí: o maior predador provoca também a evolução dos seres vivos. Resta saber para onde.

Rédigé par synaptique

avril 24, 2009 à 2:58

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Contre-parties ou chèques en blanc?

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(fr)

“Bonne gouvernance” et “ajustement structurel” sont deux concepts apparus à partir des années 80 dans une série d’accords ou de traités de coopération internationaux, même si on les associe plus facilement au Fond Monétaire International. Pour les deux termes, on retrouve le même principe: poser une série de contre-parties qui doivent être respectées par un État bénéficiaire d’une aide ou d’un prêt, que ce soit dans ses relations avec la société, ou avec l’économie.

Théoriquement, ces conditions sont destinées à augmenter la durée de vie de l’aide apportée, grâce à des changements politiques ou économiques qui améliorent la situation du pays dans le long-terme. Pratiquement, les deux concepts font penser qu’une unique formule est à la base du développement que connaissent les États-Unis ou l’Union Européenne, et que celle-ci peut simplement être répétée partout sur la planète (en anglais, “one-size-fits-all“).

Ainsi, depuis le début des années 80, les prêts du Fonds Monétaire International sont régulièrement accompagnés d’une politique stricte d’ajustement structurel. Sous ce terme, le FMI (et la Banque Mondiale) indiquenquels secteurs de l’économie doivent être ouverts à l’initiative privée, et dans quelle mesure (pour une longue analyse, fr). Le concept de bonne gouvernance conditionne aujourd’hui les accords entre l’Union Européenne et ses partenaires en développement (Avis du Comité économique et social européen sur La stratégie UE-Afrique, JO C 77 du 31.3.2009, p. 148–156, fr):

“La bonne gouvernance conditionne la confiance des investisseurs. De ce seul point de vue elle est essentielle pour le développement de l’Afrique. La promotion de la gouvernance démocratique, nécessaire à tous les échelons administratifs, est donc un élément central du dialogue du partenariat Europe Afrique.”

Alors que ces deux concepts semblent désormais accompagner toute idée de soutien financier, les contre-parties sont globalement absentes des plans de sauvetage économique octroyés par les États-Unis, les pays membres de l’Union Européenne, le Japon et tant d’autres.

Fin septembre 2008, le premier soutien massif à l’économie américaine (bailout) s’élevait à 700 milliards de dollars. À cette époque, le Sénateur Obama avait insisté sur la nécessité d’imposer quatre conditions (en):

  • un plan de remboursement des fonds en cas de succès;
  • la création d’une Commission bipartite pour accompagner le plan;
  • une limite aux parachutes dorés pour les exécutifs de Wall Street;
  • une aide aux propriétaires qui doivent payer une hypothèque.

Un peu plus tard, c’était au tour des principaux gouvernements européens de présenter un plan de refinancement des banques. Les conditions, considérées très strictes chez les Britanniques, sont purement techniques, ou médiatiques. Aucune institution ne doit changer ses pratiques, ses objectifs ou ses moyens (fr):

“Maintien de la distribution des crédits aux particuliers et aux PME au niveau de 2007 ; aucun bonus en 2008 pour les dirigeants des banques et redéfinition de toutes les politiques de bonus ; aucun dividende pour les actionnaires normaux tant que l’Etat sera au capital ; présence de représentants de l’Etat dans les conseils d’administration.”

“L’Etat français a apporté cette somme aux banques sans revendiquer aucun droit de regard sur leur fonctionnement via une présence au capital et dans les conseils d’administration. Il ne leur a pas non plus imposé de conditions strictes en matière de dividendes, de bonus ou encore de distribution de crédit.”

Enfin, à Londres, le G20 s’est félicité d’avoir remis l’économie mondiale sur le chemin d’un développement “détaillé, innovateur, entièrement chiffré, de vaste échelle et de grande ambition” (George Monbiot, dans The Guardian, en). Après des mois d’injection forcenée de milliards par la plupart des pays-membres, c’est le FMI qui se sort le mieux des mesures présentées par le groupe (Uri Gordon, dans Haaretz, en):

“Et pourtant notez l’incroyable double language qui est appliqué ici. Plus tôt dans l’année, les États-Unis et les gouvernements européens ont simplement donné des milliards, sans condition, aux banques et compagnies d’assurance qui sont largement responsables du crash financier. Les crédits du FMI, par contre, ne seront donnés à personne. Ils vont être prêtés, avec intérêts, à des gouvernements déjà perclus de dettes. Le FMI peut promettre une “méthode de prêt et de conditionnalité réformée et plus flexible” pour “répondre à l’inquiétude” des pays concernés (c’est-à-dire, leur résistance au fondamentalisme du libre-échange du Fond), il n’en reste pas moins que le nouveau trillion sera prêté suivant des conditions à-peine-moins draconiennes d’ajustement structurel, de privatisations et de coupes dans les dépenses sociales.”

Les principes de bonne gouvernance et de conditionnalité sont irrémédiablement attachés aux pays et aux économies périphériques, d’Afrique ou d’ailleurs. Lorsqu’il s’agit de la paire euro-américaine, aucune condition ne semble possible, alors qu’une telle solution est présentée comme bénéfique lorsqu’il s’agit du Cameroun, de l’Équateur ou du Bengladesh.

Adaptée aux nécessités environnementales, équitables et sociales de la planète, la conditionnalité pourrait jouer un rôle essentiel dans la réforme promise par les gouvernements. Des fonds d’investissement équitables aux banques locales de micro-crédit, il y a une foule d’alternatives existantes à soutenir. Naomi Klein rappelle par exemple le principe de la contre-partie pour l’industrie automobile, dans une interview à Democracy Now! (en):

“S’ils viennent pour un soutien, ils devraient être structurellement ajustés, et les contribuables devraient jouer le jeu du FMI envers l’industrie automobile, pour insister sur le fait qu’ils doivent changer leur manière de travailler, qu’ils doivent construire des voitures vertes, qu’ils doivent protéger les emplois. On ne peut pas faire un simple chèque en blanc.”

(pt)

“Boa governança” e “ajustamento estrutural” são dois conceitos que apareceram a partir dos anos 80 em vários acordos ou tratados de cooperação internacionais, embora seja mais ligado ao Fundo Monetário Internacional. Em ambos os casos, trata-se de impor uma série de contra-partidas que devem ser respeitadas pelo Estado beneficente de uma ajuda ou de um empréstimo, seja nas suas relações com a sociedade, ou com a economia.

Teoricamente, tais condições são destinadas a aumentar a esperança de vida da ajuda, graças às mudanças políticas ou econômicas que melhoram a situação do pais a longo prazo. Na prática, os dois conceitos deixam a pensar que um simples formula fundamenta o desenvolvimento que conhecem os Estados Unidos ou a União Européia, e que ela pode facilmente ser repetida em qualquer lugar do planeta (em inglês, “one-size-fits-all“).

Assim, desde o início dos anos 80, os empréstimos do Fundo Monetário Internacional são regularmente acompanhados de uma política muito estreita de ajustamento estrutural. Com este termo, o FMI e ao Banco Mundial indicam quais setores da economia devem ser abertos para a iniciativa privada, e em quais medidas (para uma análise maior, em francês, ver aqui). O conceito de boa governança condiciona hoje os acordos entre a União Européia e os seus parceiros em desenvolvimento (Parecer do Comité Económico e Social Europeu sobre “A estratégia UE-África”, Jornal Oficial nº C 077 de 31/03/2009 p. 0148 – 0156, pt):

“A boa governação condiciona a confiança dos investidores e este ponto de vista, por si só, revela que a boa governação é essencial para o desenvolvimento da África. Por conseguinte, a promoção da governação democrática, necessária em todos os escalões administrativos, é um elemento fundamental do diálogo da parceria Europa-África.”

Embora as duas noções pareçam acompanhar toda proposta de apoio financeiro, as contra-partidas estão globalmente ausentes dos planos de ajuda econômica oferecidos pelos Estados Unidos, os paises membros da União Européia, o Japão e tantos outros.

No final de setembro de 2008, o primeiro plano maciço para a economia americana (bailout) elevava-se a 700 bilhões de dólares. Na época, o Senador Obama insistiu na necessidade de impor 4 condições (en):

  • um plano de reembolso dos fundos em caso de sucesso;
  • a criação de uma Comissão bipartidária para acompanhar o plano;
  • um limite para as remunerações dos executivos de Wall Street;
  • uma ajuda para os proprietários que devem pagar uma hipoteca.

Um pouco mais tarde, foi a vez dos principais governos européios de apresentar um plano de refinanciamento dos bancos. As condições, consideradas muito estreitas para os Britânicos, são apenas técnicas (fr):

“Manter a distribuição dos créditos para as pessoas físicas e as PME ao nível de 2007 ; nenhum bônus em 2008 para os executivos dos bancos e redefinição de todas as políticas de bônus ; nenhum benefício para os acionistas normais enquanto o Estado está no capital ; presença de representantes do Estado no conselhos de administração.”

“O Estado francês levou este valor para os bancos sem reivindicar qualquer direito de olhar no seu funcionamento via uma presença no capital e nos conselho de administração. Também não impôs condições estreitas sobre os benefícios, bônus ou distribuições de crédito.”

Emfim, em Londres, o G20 se cumprimentou por ter colocado a economia mundial de volta no caminho de um desenvolvimento “detalhado, inovador, inteiramente calculado, de grande escalão e ambição” (George Monbiot, em The Guardian, en). Após meses de injeção desfreada de bilhões pela maioria dos paises membros, foi o FMI que se saiu bem das medidas apresentadas pelo grupo (Uri Gordon, em Haaretz, en):

“E no entanto, notam a incrível linguagem dupla que está aplicada aqui. Mais cedo neste ano, os Estados Unidos e os governos européios simplesmente ofereceram bilhões, sem condição, para os bancos e as companhias de seguro, que foram muito responsáveis pelo crash financeiro. Os créditos do FMI, do seu lado, não serão dados a ninguém. Serão emprestados, com juros, para governos atolados nas dívidas. O FMI pode prometer um “método de empréstimo e de condicionalidade reformada e mais flexível” para “atender a pressão” dos países em questão (entendem, a resistência contra o fundamentalismo de livre-comércio do Fundo), não deixará de emprestar o novo trilhão em condições nada-menos draconianas de ajustamento estrutural, de privatizações e de cortes nos gastos sociais.”

Os princípios de boa governança e de condicionalidade são fatalmente ligados aos países e às economia periféricas, da África ou de outros continentes. Quando se trata do par euro-americano, nenhuma condição parece possível, embora tal solução é apresentada como benéfica nos Camarões, no Equador ou no Bangladeche.

Adaptada para as necessidades ambientais, do comércio justo e de solidariedade do planeta, a condicionalidade poderia ter um papel essencial na reforma prometida pelo governos. Fundos de investimento verdes ou solidários, bancos locais de micro-crédito, são muitas as alternativas que precisam de apoio. Naomi Klein lembrava o princípio da contra-partida para a indústria automobilística, em uma entrevista para o Democracy Now! (en):

“Se eles vêm para obter apoio, deveriam ser ajustados estruturalmente, e os contribuintes deveriam ter o papel do FMI em relação as montadoras, para insistir no fato que eles precisam mudar o seu jeito de trabalhar, que eles devem construir veículos verdes, que eles devem proteger os empregos. Não podemos assinar um cheque em branco.”

Rédigé par synaptique

avril 13, 2009 à 4:39

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De Cancún à Londres

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(fr)

À Cancún, lors de la Conférence Ministérielle de 2003, l’Organisation Mondiale du Commerce a vécu son premier revers. À l’époque, le bloc du G20 (à ne pas confondre avec l’actuel G20, qui va se réunir à Londres pour sauver la planète) avait rassemblé suffisamment de forces pour faire tomber les négociations. Le but est clair :

Le groupe est né avec l’objectif d’essayer, comme il l’a fait, d’empêcher que le résultat à Cancún soit pré-déterminé, et d’ouvrir un nouvel espace pour les négociations sur l’agriculture. À cette occasion, le principal objectif du groupe a été de défendre des résultats dans les négociations agricoles qui reflètent le niveau d’ambition du mandat de Doha et les intérêts des pays en développement (pt).

Lors de la dernière Conférence Ministérielle de Genève, cinq ans plus tard, le Brésil a décidé de s’opposer aux positions tenues par l’Inde, l’Argentine et la Chine, et de se ranger en faveur de l’accord qui était sur la table. Comment expliquer cette situation ? Que s’est-il passé depuis Cancún ?

Tout d’abord, il faut rappeler que le Brésil appartient aussi au Groupe de Cairns, qui rassemble depuis 1994 les principaux pays exportateurs agricoles (presque toute l’Amérique du Sud, mais aussi le Canada, l’Autralie et le Pakistan). Leur position commune est évidemment de s’opposer aux subsides versés aux agriculteurs des États-Unis, de l’Union Européenne ou du Japon. Samuel Pinheiro Guimarães résume les objectifs brésiliens comme ceci :

En 1994, l’argument du gouvernement, des médias et des milieux académiques, était que la création de l’OMC amènerait des avantages extraordinaires pour le Brésil. Le Brésil augmenterait énormément ses exportations, et deviendrait l’un des principaux exportateurs agricoles du monde. Les nouvelles règles sur la propriété intellectuelle permettraient au Brésil de gérer et d’exporter as technologique (pt).

Le profil de l’agriculture brésilienne lui donne pourtant un autre regard sur la situation. Sa production agricole est largement excédentaire, et donc exportatrice, dans de gros secteurs, tels que le soja, le sucre et le maïs, et dans une moindre mesure, la viande (pt). Au contraire, l’Inde ou la Chine, qui sont d’énormes producteurs, mais dont la population est tout aussi gigantesque. Bref, au Brésil, les objectifs en matière d’agriculture n’ont pas d’effet direct sur l’ensemble de la population, ce qui permet à sa politique extérieure une plus grande marge de manoeuvre. L’arrêt des subsides peut y être considéré comme un but en soi, et quand la Secrétaire au Commerce américaine, Susan Schwab, a finalement proposé de limiter les subsides à 80% de leur niveau de l’année antérieure, le Brésil aura vu là une bonne occasion de remplir ses propres objectifs (en).

Aujourd’hui, Celso Amorim appelle à la reprise des négociations de Doha : « Doha n’est pas un gros accord de libre commerce, mais un changement de règles pour le mieux, pour tout le monde. Il vise, principalement, à parvenir à l’élimination des subsides, à implémenter un système libre de quotas et de tarifs pour les pays pauvres, et renforcer le système multilatéral, qui renforce aussi la paix. » (pt). Que dire alors de l’AGCS, de l’ADPIC ou des matières de Singapour (fr).

D’ailleurs, en parlant d’investissement et de finances, un autre G20 va se retrouver cette semaine à Londres pour discuter de nouvelles règles, nécessaire à la poursuite des affaires du monde libre. Le résultat risque d’être éclairant sur la réalité du « changement de règles ».

(pt)

Em Cancún, durante a Conferência Ministerial de 2003, a Organização Mundial do Comercio vivenciou o seu primeiro fracasso. Na época, o grupo do G20 (a não confundir com o atual G20, que vai se reunir em Londres para salvar o planeta) tinha juntado bastante força para desviar as negociações. O objetivo era claro:

O Grupo nasceu com o objetivo de tentar, como de fato o fez, impedir um resultado predeterminado em Cancun e de abrir espaço para as negociações em agricultura. Naquela ocasião, o principal objetivo do Grupo foi defender resultados nas negociações agrícolas que refletissem o nível de ambição do mandato de Doha e os interesses dos países em desenvolvimento (pt).

Durante a última Conferência Ministerial em Genebra, cinco anos depois, o Brasil resolveu se opor às posições da Índia, da Argentina e da China, e se posicionar a favor do acordo que estava na mesa. Como explicar tal situação? O que aconteceu depois de Cancun?

Primeiro, é preciso lembrar o fato que o Brasil pertence também ao Grupo de Cairns, no qual os principais exportadores agrícolas estão juntos desde 1994 (quase toda a América do Sul, o Canadá, a Austrália e o Paquistão…). A posição deste grupo de opor-se aos subsídios pagos aos agricultores nos Estados Unidos, na União Européia ou no
Japão. Samuel Pinheiro Guimarães resume os objetivos brasileiros:

Em 1994, o argumento do governo, da mídia e da academia foi de que a criação da OMC traria extraordinárias vantagens para o Brasil. O Brasil aumentaria enormemente suas exportações e se transformaria em um dos principais exportadores agrícolas do mundo. As novas regras sobre patentes permitiriam ao Brasil gerar e exportar tecnologia (pt).

No entanto, o próprio perfil da agricultura brasileira proporciona um outro olhar na situação. A sua produção tem muitos excedentes, e se torna exportadora em setores importantes como a soja, o açúcar e o milho, assim como também as carnes (pt). Ao contrário da Índia e da China, enormes produtores também, cujas populações são gigantes. Enfim, no Brasil, os objetivos agrícolas não têm efeitos direitos na maioria da população, permitindo uma política exterior muito mais livre. O fim dos subsídios pode ser considerado como um objetivo em si, e quando a Secretária ao Comercio americana, Susan Schwab, falou que limitaria os subsídios a 80% do valor do ano anterior, foi bastante para a diplomacia brasileira, mas não para a indiana (en).

Hoje, Celso Amorim propõe a retomada das negociações de Doha: “Doha não é um grande acordo de livre comércio, mas uma mudança de regras para melhorar para todos. Visa, principalmente, chegar à eliminação de subsídios, implementar um sistema livre de cotas e tarifas para os países pobres e o reforçar o sistema multilateral, que fortalece, inclusive, a paz” (pt). O que dizer então do Acordo Geral sobre o Comercio de Serviços, ou do Acordo sobre Direitos de Propriedade Intelectual relativos ao Comercio, ou das matérias de Cingapura? (fr).

Falando de investimento e finanças, um outro G20 vai se reunir esta semana em Londres, para discutir de novas regras, necessárias à boa marcha dos negócios do mundo livre. O resultado será esclarecedor em relação à aquela “mudança de regras”.

Rédigé par synaptique

mars 28, 2009 à 6:50

Le Forum Social Mondial 2009

sans commentaires

Français

Le mouvement altermondialiste est sous pression bolivarienne, alors que le grand opéra du nouvel ordre mondial se transforme lentement en douteuse cacophonie. D’après Bertrand Cassen, Chavez pose un gros défis en mettant le mouvement dos au mur: sa politique intègre les propositions des Forums Sociaux, et il pose directement la question de leur identité politique (pt).

Citée en exemple, l’ALBA (Alternativa Bolivariana para los Pueblos de nuestra America) intègre les mouvements sociaux de ses pays membres (ainsi que d’autres) dans une institution socio-économique internationale, le Conseil des Organisations Sociales. L’inclusion de celles-ci dans le champs institutionnel constitue réellement une nouveauté: en Europe, elles apparaissent au mieux sous le terme de partenaires sociaux.

Emir Sader en conclut: « Le dilemme essentiel du Forum est celui de savoir s’il faut s’en tenir à l’échange d’expériences tous les ans ou tous les deux ans, ou bien s’il faut avancer vers la construction d’alternatives » (pt).

Mais au fond c’est quoi, la construction d’alternatives? En prenant les mots au pied de la lettre, il s’agit de mettre en place de nouvelles possibilités, de lancer des ponts, d’ouvrir des portes… Bref, offrir de nouvelles chances à la société. Mais alors, vient la question: est-ce vraiment au FSM que les alternatives sont construites?

Les acteurs sociaux, d’où qu’ils soient, ne travaillent pas une fois par an, ou une fois tous les deux ans, dans une seule ville de la planète – si belle soit-elle. S’il faut transformer le Forum en organe institutionnel, encore faut-il se demander de quel système il participera? Celui de la Révolution Bolivarienne? Que dire alors aux gens de Bamako, Nairobi et Mumbai, qui ont eux aussi organisé le Forum? Doivent-ils intégrer le Conseil des Organisations Sociales de l’ALBA? Le danger, c’est de de faire du FSM un bras de la Révolution Bolivarienne quand, au contraire, c’est cette dernière qui devrait se reconnaître de l’altermondialisme.

Português

O movimento altermundialista esta sobre pressão bolivariana, enquanto a grande opera da nova ordem mundial se transforma devagar em duvidosa cacofonia. Segundo Bertrand Cassen, Chavez propõe um grande desafio, colocando o movimento contra o muro: a sua politica integra propostas dos Foruns Sociais, e pergunta diretamente sobre a identidade politica (pt).

Colocada em exemplo, a ALBA (Alternativa Bolivariana para los Pueblos de nuestra America) integra os movimentos sociais dos paises membros (assim como de outros paises) em uma instituição socio-economica internacional, o Conselho das Organizações Sociais. A inclusão no campo institucional é realmente uma novidade: na Europa, aparecem no melhor caso com o nome de parceiros sociais.

Emir Sader conclui: « É um dilema essencial do fórum a decisão de permanecer na intranscendência do intercâmbio de experiências a cada ano ou dois anos ou avançar na construção de alternativas » (pt).

Mas afinal, o que é, a construção de alternativas? Pegando as palavras ao pé da letra, se trata de por novas possibilidades, fazer pontes, abrir portas… Emfim, oferecer novas chances a sociedade. Mas então vem a questão: sera que é mesmo no FSM que as alternativas são construitas?

Os atores sociais, de onde quer que sejam, não trabalham uma vez por ano, ou uma vez cada dois anos, em alguma cidade do planeta – tão linda seja ela. Se precisa transformar o Forum em orgão institucional, ainda tem que saber de que sistema ele vai participar? Da Revolução Bolivariana? O que dizer para o povo de Bamako, Nairobi ou Mumbai, que também organizaram o Forum? Deveriam integrar o Conselho das Organizações Sociais da ALBA? O perigo, é fazer do FSM um braço da Reolução Bolivariana quando, ao contrario, é ela que deveria se reconhecer do altermundialismo.

zapatista

Au contraire encore, la Révolution Zapatiste propose, sous les mots de John Holloway, de changer le monde sans prendre le pouvoir (en). A l’image de l’Amérique du Sud, tous les continents regorgent de mouvements contestataires, qui cherchent à rendre un autre monde possible. Se réduire à l’un d’entre eux, voilà ce qui va enterrer le Forum Social Mondial.

Ao contrario ainda, a Revolução Zapatista propõe, sobre as palavras de John holloway, de mudar o mundo sem tomar o poder (en). Como na America do Sul, todos os continentes são repletos de movimentos de contestação, que procuram fazer um outro mundo possivel. Se reduzir a um deles, é que vai enterrar o Forum Social Mundial.

Rédigé par synaptique

février 3, 2009 à 12:28

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Casino Capitalism

avec 2 commentaires

Ce weekend, São Paulo est le théâtre d’une grande réunion des ministres du G20 (ceux du G8 plus une série d’invités, que les premiers ne pouvaient plus laisser dehors sous la pluie). Le Brésil commence donc à jouer dans la cour des grands, où il voudrait pouvoir présenter un programme de réforme de l’économie mondiale.

Dans un article d’introduction, Chandra Muzaffar expose le concept de casino capitalism:

For casino capitalism is at the root of the global financial crisis. As the author of the term, the late British academic, Susan Strange, observed some 22 years ago, “ The Western financial system is rapidly coming to resemble nothing as much as a vast casino. Every day games are played in this casino that involve sums of money so large that they cannot be imagined. At night the games go on at the other side of the world. In the towering office blocks that dominate all the great cities of the world, rooms are full of chain-smoking young men all playing these games. Their eyes are fixed on computer screens flickering with changing prices. They play by intercontinental telephone or by tapping electronic machines. They are just like the gamblers in casinos watching the clicking spin of a silver ball on a roulette wheel and putting their chips on red or black, odd or even ones.”

Et ça m’a rappelé une autre citation, cette fois-ci de Lula lui-même. Il l’a faite à Londres en 2006, au cours d’un Séminaire d’Économie et de Relations Commerciales (BBC):

“a filosofia do atual governo é de não brincar com a economia. A nossa filosofia é que não existe mágica, existe seriedade, acordos, compromissos e atitudes”

Ça me fait mal, mais je dois dire que la déclaration m’avait fait tiquer à l’époque. Aujourd’hui, elle prend un peu plus de sens. D’accord, donc, le Brésil ne joue pas. C’est-à-dire que pendant ce temps, tous les autres jouent. À l’intérieur du pays aussi, plein de gens jouent tous les jours, 24 heures sur 24. Ils jouent avec tout le système, qui roule sur lui-même, et dans lequel n’existe ni sérieux, ni accords, ni promesses et encore moins d’attitudes. Mais le Président, lui, ne joue pas.

Dans cette attitude, il y a donc une sorte de refus de voir la réalité en face. Je ne veux pas dire que le gouvernement brésilien devrait acheter des hypothèques américaines, évidemment. Mais refuser de voir que le système repose entièrement sur le jeu de certains, c’est s’interdire une quelconque possibilité de réforme.

Il va falloir jouer, donc. Comme avec les légos: ce qui est drôle c’est de construire, pas d’exposer. Mais là c’est Muzaffar qui est sceptique:

It is doubtful if Asian and European leaders will want to expose the evil of casino capitalism at the Washington Summit. Though the state driven capitalism of East Asian states such as Japan, Korea and China and the social market capitalism of much of Western Europe are in some respects different from the casino capitalism that originated in the US, their economies are so interlocked today that it would be almost impossible for the former to disengage from the latter without serious repercussions for their own societies. It is widely acknowledged for instance that it is in the interest of China and Japan who hold billions of dollars worth of US treasury bills and other financial instruments to ensure that the US economy remains afloat in the face of the present crisis. Similarly, derivatives trading, options and futures contracts are as integral to British and German financial centers as they are to New York. Even Saudi Arabia, one of the countries invited to the Summit, whose economy is purportedly ‘Islamic’ is deeply entrenched in the US helmed international financial system. Besides, the US elite, while making some concessions here and there, can be expected to defend casino capitalism to the last currency speculator since it ensures the global financial hegemony of the US.

Rédigé par synaptique

novembre 9, 2008 à 12:12

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