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Le monde est un grand bac à légumes.

Billets taggés ‘Brésil

Chasseurs de Gringos

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(fr)

Lors de notre précédente expédition, souvenez-vous, nous avions mis le cap sur le sud de l’Île d’Itaparica. C’était une région de mangroves boueuses, remplies de caïmans et de serpents. Nous avions presque découvert l’homme que nous cherchions, puisqu’à défaut de glacier, il était Prussien.

Cette fois-ci, point de navire, et c’est à dos de mule que nous avons voyagé sur la piste d’une cité disparue. Nous tenions nos informations d’une vieille dame, une Lombarde, que mon compagnon Giuseppe avait rencontrée en ses terres. Elle était presque sénile, bien entendu, mais entre ses folies, il avait pu glaner de précieuses informations :

« En suivant les marges du Rio Seco, » avait-elle raconté, « au-delà des Quilombos d’esclaves en fuite, s’élèvent les maisons d’un peuple étrange, petit et travailleur. Au regard perçant et bridé. Et en face de ceux-ci, il y a une autre tribu, de hauts gaillards fortement bâtis. Aux cheveux comme le soleil. »

Poussés par l’espoir d’un renom international – au moins égal à ce cochon de Livingstone, nous nous étions retrouvés sur une mauvaise route en terre battue, pleine de trous, bordée d’arbres à corossols – une plante des Antilles, qui rend fou ceux qui en abusent. Le soleil était haut dans le ciel, et nous avions déjà vidé nos réserves d’eau. Soudain, au loin, mon compagnon avisa une silhouette légèrement courbée, qui avançait les mains dans le dos.

« En voilà un », s’écria-t-il, et aussitôt j’avais fait s’arrêter les mules. « Exactement comme la vieille me l’a expliqué ».

Nous nous sommes approchés avec prudence. De son côté, l’autre a fait appel aux siens. Quelques minutes plus tard, nous étions encerclés. Ils étaient de petite taille, et leur yeux étaient bel et bien presque clos. Nous nous sommes présentés le plus habilement, mais ils se méfiaient. Après bien des parlements, car ils parlaient notre langue, et quelques échanges de verroteries, car on n’est jamais trop prudent, ils ont acceptés de nous mener à leur chef.

Et en fait de chef, nous avons rencontré une petite femme, assise sur un simple siège, avec dans la main une sorte de fouet qui lui servait à écarter les mouches. La discussion fut enrichissante, et nous avons pu retracer bonne partie de leur histoire. Une histoire de long voyage, et de dur labeur. Une histoire de plantes nouvelles, inconnues jusqu’alors, de relations dangereuses avec les voisins, qu’ils soient de la tribu d’en face ou des Quilombos. À la fin, la matriarche nous fit deux présents : un régime de bananes étranges et entièrement rouges, ainsi qu’une copie de leur livre sacré, qui conte tout sur leur petit peuple.

En suivant ses indications, nous sommes alors partis à la recherche de l’autre tribu. Et rapidement, nous sommes arrivés au coeur de leur village. Les hommes aux cheveux de soleil. Tout à l’opposé des premiers, ceux-ci nous ont accueilli à bras ouverts, une bouteille de tafia dans chaque main. Pour ne pas les vexer, nous avons été forcés d’accepter cet alcool qu’ils mélangent à l’eau de la noix de coco.

Avec eux, nous avons voyagé dans le temps, jusqu’à une époque funeste de terres ravagées par le sang et la haine, de peuples broyés et de destinées balayées. Avec une nostalgie toute particulière, ils nous ont relaté l’ensemble de leurs mythologie, comment leur monde est né, enfanté par la guerre.

C’est avec tristesse que nous les avons quittés, alors que la nuit était déjà tombée. La pleine lune nous guida de retour chez nous, avec le sentiment d’avoir fait un bien petit périple, en comparaison avec ceux que les deux tribus ont traversé.

(pt)

Durante a nossa expedição anterior, lembrem-se, seguimos rumo ao sul da Ilha de Itaparica. Era uma região de mangue e de lama, cheia de jacarés e de cobras. Tínhamos quase encontrado o homem que procuravamos, já que, se não era sorveteiro, era da Prússia.

Desta vez, nada de navio, e foi sentados em cima de mulas que viajamos na trilha de uma cidade perdida. Conseguimos as informações de uma velha senhora, uma Lombarda, que o meu companheiro Giuseppe tinha encontrado nas suas terras. Estava velha e caduca, claro, mas no meio das suas doenças, ele tinha confiado algumas pistas:

“Seguindo as margens do Rio Seco,” contou ela, “além dos Quilombos dos escravos fugidos, erguem-se as casas de um povo estranho, pequeno e trabalhador. Com o olhar felino e puxado. E na frente daqueles, vivia outra tribo, de altos sujeitos muito fortes. Com cabelos de sol.”

Levados pela esperança de uma fama internacional – pelo menos igual à este porco de Livingstone, estávamos nós numa estrada de terra vermelha, cheia de buracos e bordada de árvores de graviolas, uma planta das Antilhas que deixa louco aqueles que abusam dela. O sol estava alto no céu, e já tínhamos esvaziado todas as nossas reservas de água. De repente, no horizonte, o meu companheiro avistou um sujeito levemente curvado, que avançava as mãos nas costas.

“Lá está um deles,” gritou ele, e eu parei logo as mulas. “Exatamente como a velha me explicou.”

Nós aproximamos com muita cautela. Por sua parte, a figura chamou os seus. Alguns minutos depois, estávamos cercados. Eram pequenos, e os seus olhos eram mesmo quase fechados. Nós apresentamos da maneira a mais civil possível, mas eles ficaram com receio. Após muitas palavras, pois falavam a nossa língua, e trocas de balangandãs, pois nunca é prudente de mais, concordaram em nos levar até o chefe da tribo.

E em vez de chefe, nos deparamos com uma pequena mulher, sentada em uma simples cadeira, e na mão um tipo de chicote que servia a afastar as moscas. A conversa foi enriquecedora, e pudemos recompor a maior parte da história deles. Uma história de grandes viagens, de trabalho difícil. Uma história de plantas novas, desconhecidas até então, de relações perigosas com os vizinhos, sejam eles a outra tribo ou os homens dos Quilombos. No final, a matriarca nós fez dois presentes: um cacho de bananas estranhas e completamente vermelhas, e uma cópia do livro sagrado, que conta tudo sobre o povo deles.

Seguindo as orientações da chefe, fomos então buscar a outra tribo. E rapidamente, encontramos o coração da aldeia. Os homens de cabelo de sol. Em contraste com os primeiros, aqueles nós receberam de braços abertos, uma garrafa de cachaça em cada mão. Para não incomodá-los, fomos obrigados em tomar este álcool que eles misturam com água de coco.

No meio deles, viajamos no tempo, até uma triste época de terras devastadas pelo sangue e pelo ódio, de povos esmagados e de destinos frágeis. Com uma nostalgia muito particular, eles relataram toda a sua mitologia, como o seu mundo nasceu, um parto em plena guerra.

Foi com tristeza que deixamos a aldeia, quando a noite já tinha caído. A lua cheia nós guiou de volta para nossas casas, com o sentimento de ter feito uma jornada bem humilde, em comparação com aquelas que estes dois povos atravessaram.

Rédigé par synaptique

décembre 23, 2009 à 12:27

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Crise institutionnelle en perspective

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800px-Senado2006

(fr)

Les exemples de méfaits commis par des députés, des sénateurs, des fonctionnaires, autant que par des députés dans les états et des échevins dans tout le pays, diminuent la confiance du public dans les institutions parlementaires. Le nombre de gens qui se demandent pourquoi elles existent et pourquoi ils doivent voter est en augmentation. [...] Ce que cela configure, c’est la matérialisation d’une crise institutionnelle. (transparencia brasil pt)

Quelques sénateurs, dont l’actuel Président de la Chambre, ont utilisé leur position pour faire embaucher certaines personnes ou assurer l’exclusivité de certains contrats. Comme ces décisions n’ont jamais été publiées dans les annales du Congrès, on parle d’actes secrets. C’est le dernier épisode d’un interminable feuilleton à scandale au coeur des institutions brésiliennes. Grâce à certains directeurs parmi le personnel du Sénat, la famille et le cercle d’amis des membres les plus influents ont ainsi été privilégiés pour différentes raisons. Il n’y a pas si longtemps, quelques semaines à peine, on apprenait que les sénateurs utilisaient leurs frais de déplacements officiels pour payer des voyages à l’étranger à leurs proches.

En soi, il n’y a pas vraiment grand chose d’exceptionnel là-dedans. À la même époque, l’Angleterre était secouée par le même type de problème, quand les membres de la Chambre des Communes de Sa Majesté étaient pris la main dans le sac en train de se payer des domestiques et des films pornographiques avec l’argent du contribuable (wikipedia en). En Belgique, le récent voyage en Californie des députés wallons, accompagnés de leurs dames, a choqué tout le monde (le soir fr).

Ce qui apparaît d’abord comme une série de malencontreux scandales passe petit-à-petit pour une description éhontée du réel fonctionnement des institutions, fédérales surtout mais pas seulement. La politique familiale et le copinage règnent dans toutes les instances du pouvoir, comme si les charges publiques étaient une propriété privée, doublées d’une fonction héréditaire. Depuis 1986, et malgré la nouvelle Consitution brésilienne, les institutions du pays fonctionnent dans une sorte de flou artistique, fidèlement entretenu par les jardiniers de Brasília. Elle leur a toujours permis de s’en tirer en argumentant l’absence de définition. Dont ils sont eux-mêmes responsables. On est dans une boucle sans fin, un loophole.

Cette situation de loophole pourrait caractériser la crise institutionnelle, car elle indique l’incapacité du monde politique à modifier son propre mode de vie, celui sur lequel il a basé son existence depuis plus de 20 ans. Il fonctionne sur un pays où la majorité de la population vit en dehors de tout système légal, et qui n’a donc aucune prise sur celui-ci. Et pourtant, dans le même temps, on peut constater que la situation entre inévitablement dans une impasse.

Plusieurs plans permettent d’inclure cette frange énorme de la population dans un embryon de légalité. Le système de la Bolsa Familia est lié à l’inscription des enfants à l’école et à la poursuite de leurs études. D’autres plans permettent aux indépendants et aux micro-entreprises d’entrer plus simplement dans la légalité (dans le paiement des impôts et les lignes de crédit). En facilitant cette intégration, deux mondes commencent à se superposer.

Parallèlement à cette fusion, la crise institutionnelle pose un sérieux risque pour la Fédération elle-même. Celui, au fond, de créer un régime où la population ne se reconnaît pas ou plus. L’histoire du pays est pleine de ces révoltes, locales ou régionales, qui s’opposèrent à la domination de l’État central. Le Nordeste en est plein, le Sud tout autant. Le dernier exemple en date remonte à 1930, quand Getúlio Vargas est monté au pouvoir par la force, pour s’y installer pendant 15 ans.

De nos jours, la figure charismatique de Lula empêche la renaissance de revendications radicales, mais il laissera bientôt sa place à quelqu’un d’autre – une personne, qui que ce soit, qui n’aura pas le même appui populaire. Si cette crise institutionnelle se prolonge ou s’aggrave, il ne faudra sans doute pas attendre bien longtemps avant de voir ressurgir les anciennes vélléités indépendantistes.

(pt)

Os exemplos de malfeitorias cometidas por deputados, senadores e funcionários, bem como por deputados estaduais e vereadores de todo o país, desgastam a confiança do público em relação às instituições parlamentares. É crescente a quantidade de pessoas que se perguntam para quê elas existem e para quê votar. [...] O que isso configura é a materialização de uma crise institucional. (transparencia brasil pt)

Alguns senadores, dos quais o atual Presidente da Câmara, usaram a sua posição para contratar certas pessoas ou segurar a exclusividade de alguns contratos. Como estas decisões nunca foram publicadas nos anais do Congresso, elas são chamadas de “atos segregos”. É o último episódio da incansável e escandalosa novela das instituições brasileiras. Com a ajuda de alguns diretores no meio do pessoal do Senado, a familia e o círculo de amigos dos membros os mais influentes foram privilegiados para diferentes razões. Hão faz muito tempo, algumas semanas atrás, chegava a notícia de que os senadores usavam as verbas oficiais para pagar viagens fora do país para seus parentes.

Em si, não tem realmente nada de excepcional. Na mesma época, a Inglaterra vivia o mesmo tipo de problema, quando membros da Câmara dos Comuns da Sua Majestade estavam flagrados pagando domésticas e filmes pornográficos com o dinheiro dos impostos (wikipedia en). Na Bélgica, a recém viagem na California de deputados valões, acompanhados das madamas, chocou todo mundo (le soir fr).

O que aparece primeiro como uma série infeliz de escândalos passa pouco-à-pouco por uma descrição vergonhosa do verdadeiro funcionamento das instituições, federais sobretudo mas não apenas. Política familiar e política dos amigos reinam em todas as instâncias do poder, como se os cargos públicos fossem propriedade particular, dobrada du uma função hereditária. Desde 1986, mesmo com uma nova Constitução brasileira, as instituições do país funcionam em algo como um “fosco artístico”, fielmente mantido pelos jardineiros de Brasília. Sempre permitiu que eles se escapem argumentando que não há definição. Da qual eles mesmos são responsáveis. Estamos dando voltas sem fim, num loophole.

Esta situação de loophole poderia caracterizar a crise institucional, porque ela esclarece a incapacidade do mundo político em modificar o seu próprio modo de vida, no qual ele baseou a sua existência há mais de 20 anos. Funciona em um país onde a maioria da população vive fora de qualquer sistema legal, e não tem a mínima ligação com ele. No entanto, é possível perceber que a situação entra inevitavelmente em um beco sem saída.

Vários planos permitem incluir aquela porção enorme da população em um embrião de legalidade. O sistema da Bolsa Familia é ligado a inscrição das crianças na escola e ao avanço deles. Outros planos permitem aos autônomos e às microempresas de entrar na legalidade (no pagamento dos impostos e na obtenção de crédito) com mais facilidade. Com esta integração, dois mundos começam a sobrepô-se.

Juntamente com tal fusão, a crise institucional põe em sério risco a própria Federação. No fundo, poderia criar um regime que a população não reconhece (mais). A história do país está repleta destas revoltas, locais ou regionais, que enfrentaram o domínio do Estado central. O Nordeste está cheio delas, e o Sul também. O último exemplo data de 1930, quando Getúlio Vargas chegou ao poder pela força, e aí ficou por 15 anos.

A figura carismática de Lula impede o renascimento de reinvindicações radicais, mas daqui a pouco ele deixará o seu lugar para alguém outro – uma pessoa, quem quer que seja, que não terá tanto apoio popular. Se a crise institucional continua ou piora, não demorará muito tempo antes de ver surgir os antigos pedidos de independência.

Rédigé par synaptique

juillet 24, 2009 à 5:36

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Mousson nordestine

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(fr)

Cette semaine, le gros mur de pierre qui soutien l’école de français où je donne cours s’est effondré. Rien ne laissait imaginer qu’il était dans un tel état, et il s’en est fallu de peu pour que tout le bâtiment ne le suive en contrebas de la rue. Mardi matin, en fin de matinée, des averses torrentielles se sont abattues sur Salvador. Normalement, pas de problème. La saison des pluies a commencé depuis la São José, suivant la précision millimétrique de l’horloge astro-liturgique brésilienne. C’est Joseph qui prend la place de Zeus pour déclencher la colère du ciel.

En général, les dégats principaux se situent dans les quartiers périphériques, qui n’ont jamais reçu le minimum d’assainissement et d’urbanisme qui permettrait simplement de canaliser l’eau de pluie. Résultat, les glissements de terrain emportent souvent des maisons et enterre les habitants. Le sol des collines est en massapé, un type de terre qui se décolle facilement lorsqu’il est gonflé d’eau.

Les choses ont pris une tournure catastrophique avec la stabilisation de la Zone de Convergence Inter-Tropicale au-dessus du Nordeste:

(pt)

Esta semana, o grande muro de pedra que segura a escola de francês,onde eu sou professor, desabou. Nada deixava pensar que se encontrava em tal estado, e foi perto de vermos o resto do prédio seguir para baixo da rua. Terça feira, no final da manhã, temporais alcançaram Salvador. Normalmente, não há problema. A estação das chuvas começou na São José, conforme a precisão milimêtrica do relógio astro-liturgico brasileiro. José tomou o lugar do Zeus para desencadear a ira do ceú.

Em geral, os principais danos se encontram nos bairros periféricos, que nunca receberam o mínimo de saneamento e de urbanismo que permitiria de simplesmente canalizar as águas. Resultado, a água derruba as casas e a terra leva os moradores. O solo dos morros é de massapé, um tipo de terra que desgruda facilmente quando fica cheio de água.

As coisas tomaram um rumo catastrofico com a estabilização da Zona de Convergência Intertropical em cima do Nordeste:

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La zone de convergence intertropicale (ZCIT), aussi connue sous le nom de front intertropical, de zone de convergence équatoriale ou plus familièrement pour les marins de « Pot au noir », est une ceinture, de seulement quelques centaines de kilomètres du nord au sud, de zones de basses pressions entourant la Terre près de l’équateur. Elle est formée par la convergence des masses d’air chaud et humide provenant des tropiques portées par les alizés. Elle est caractérisée par des mouvements convectifs et, en règle générale, par des formations importantes de cumulonimbus. (wikipedia)

Dans le Nordeste, beaucoup de fleuves ont déjà débordé. Des villes comment Terezina (Piauí) et São Luis (Maranhão) sont innondées depuis plusieurs semaines. Les réservoirs sont pleins, et menaçent également de rompre leur digues. C’est une situation catastrophique, et le nombre de réfugiés atteint plusieurs dizaines de milliers de personnes. Et les choses ne s’arrêtent pas là. Au Brésil, le transport de marchandises se fait par route. Quand elles sont bloqués, les produits de base commencent à manquer. Dans certaines régions, le rationnement a déjà commencé et les prochains jours seront critiques. Au niveau sanitaire aussi, l’humidité amènera son lot de maladies et les décrues laisseront la place aux moustiques.

Hier, on m’a dit, confiant: “Ah c’est la saison des pluies, c’est comme ça…” J’ai pourtant l’impession que les années précédentes n’ont jamais été aussi violentes. Les averses ressemblent davantage à une sorte de mousson indienne, capable d’innonder tout le Bengladesh. Sur l’Atlantique, les moussons atteignent le Golfe de Guinée, de l’autre côté de l’équateur:

La mousson ouest africaine diffère en beaucoup d’aspects de la mousson asiatique. Le phénomène est très symétrique d’ouest en est à grande échelle, alors qu’au-dessus de l’Inde le flux est plus complexe. Une autre différence importante, parmi beaucoup d’autres, réside dans le fait que la mousson indienne semble plus constante en termes de précipitations que la mousson africaine. L’Inde n’a jamais connu plus de deux années consécutives de sécheresse au cours du XXe siècle alors que la région sahélienne a souffert de sécheresse depuis le début des années 1990. La mousson africaine reste un sujet d’étude. En effet, elle varie jusqu’à 40% d’une année à l’autre, alors que la mousson indienne fluctue d’à peine 10%. Les régions semi-arides du Sahel et du Soudan voient ainsi une période de pluie très aléatoire dans une circulation du sud dont dépend la survie de la population. (wikipedia)

La basse fréquence des pluies de mousson en Afrique pourrait se retrouver également dans le Nordeste. Ce qui apparaît clairement, c’est que cette année, la ZCIT est fortement descendue vers le sud dès le début de la saison. Pour le reste, ce n’est plus vraiment un problème climatique, mais bien humain. Rien n’est prévu dans la région, et les secours sont extrêmement lents à arriver sur place. Il n’y a aucune production d’aliments dans certains états, qui dépendent intégralement des importations pour survivre (le fait que celles-ci soient nationales ne change pas grand chose sur place). Même la réaction des gens et des médias est proche de zéro, si l’on compare la situation avec les efforts mis en place lorsque le même type de catastrophe a touché Santa Catarina.

Heureusement, ce jour-là, il n’y avait aucun passant au pied de l’école de français. Pas de voiture non plus. Ce sera vite réparé, et la vie reprendra son cours. C’était juste pour rappeler qu’ailleurs, la pluie tue encore.

A Zona de Convergência Intertropical (ZCIT) é um dos mais importantes sistemas meteorológicos atuando nos trópicos. Devido à sua estrutura física, a ZCIT tem se mostrado decisiva na caracterização das diferentes condições de tempo e de clima em diversas áreas da Região Tropical. É uma zona de convergência em baixos níveis (próximo a superfície), na região de fronteira entre os hemisférios Norte e Sul. Assemelha-se a um cinturão de atividades, de 3 a 5 graus de largura, onde espelham-se nuvens com grande movimento vertical interno (Cbs – Cumulunimbus). Estas nuvens agrupam-se, também em formação denominada “aglomerados” que caracterizam-se pelo transporte de calor da superfície. (wikipedia)

No Nordeste, muitos rios já transbordaram. Cidades como Terezina e São Luis estão inundadas há semanas. Os açudes estão cheios, e ameaçam também romper. É uma situação catastrófica, e o número de refugiados atinge dezenas de milhares de pessoas. Mas as coisas não param por alí. No Brasil, o transporte se faz por rodovia. Quando elas estão bloqueadas, os produtos de base começam a faltar. Em algumas regiões, o racionamento já começou e os próximos dias são críticos. No nível sanitário também, a umidade vai trazer o seu lote de doenças, e a retirada das águas deixará espaço para os mosquitos.

Ontem, alguém me falou, confiante: “Ah, são as chuvas, é sempre assim…” Mas eu tenho a impressão que os anos anteriores nunca foram tão violentos. As chuvas me parecem mais como as monções na Índia, capazes de inundar a Bengladeche toda. No Atlântico, as monções atingem o Golfo de Guiné, do outro lado do equador.

A monção do Oeste Africano difere em muitos aspectos da monção asiática. O fenómeno é muito equilibrado de oeste para leste, em larga escala, enquanto na Índia, o fluxo é mais complexa. Outra diferença importante, entre muitas outras, é que as monções indianas parecem mais coerentes em termos de precipitações do que na África. A Índia nunca teve mais de dois anos consecutivos de seca durante o século XX, enquanto a região do Sahel tem sofrido com a seca, desde o início da década de 1990. A monção africana ainda é um objecto de estudo. Na verdade, ela varia até 40% de um ano para outro, enquanto as monções indianas flutuam por apenas 10%. O semi-árido do Sudão e do Sahel têm um período de chuvas muito aleatório em um movimento do sul da qual depende a sobrevivência da população.(tradução wikipedia fr)

A baixa frequëncia das chuvas de monção na África poderia se encontrar também no Nordeste. O que aparece claramente, é que neste ano, a ZCIT desceu muito para o sul, desde o início da estação. O resto não é tanto um probema climático, e sim humano. Nada está previsto na região, e os secorros são muito lentos para chegar. Não tem quase nenhuma produção de alimentos em alguns estados, que dependem integralmente das importações para sobreviver (o fato que de estas serem nacionais não muda muita coisa). Até a reação das pessoas e da mídia é próxima a zéro, se comparada com os esforços feitos quando o mesmo tipod e catastrofe atingiu Santa Catarina.

Felizmente, neste dia, não tinha pedestres na calçada em baixo da escola. Não tinha carro também não. Um pedreiro vai concertar, e a vida vai continuar. Foi apenas para lembrar que, em outros lugares, a chuva ainda mata.

Rédigé par synaptique

mai 9, 2009 à 6:43

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De Cancún à Londres

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(fr)

À Cancún, lors de la Conférence Ministérielle de 2003, l’Organisation Mondiale du Commerce a vécu son premier revers. À l’époque, le bloc du G20 (à ne pas confondre avec l’actuel G20, qui va se réunir à Londres pour sauver la planète) avait rassemblé suffisamment de forces pour faire tomber les négociations. Le but est clair :

Le groupe est né avec l’objectif d’essayer, comme il l’a fait, d’empêcher que le résultat à Cancún soit pré-déterminé, et d’ouvrir un nouvel espace pour les négociations sur l’agriculture. À cette occasion, le principal objectif du groupe a été de défendre des résultats dans les négociations agricoles qui reflètent le niveau d’ambition du mandat de Doha et les intérêts des pays en développement (pt).

Lors de la dernière Conférence Ministérielle de Genève, cinq ans plus tard, le Brésil a décidé de s’opposer aux positions tenues par l’Inde, l’Argentine et la Chine, et de se ranger en faveur de l’accord qui était sur la table. Comment expliquer cette situation ? Que s’est-il passé depuis Cancún ?

Tout d’abord, il faut rappeler que le Brésil appartient aussi au Groupe de Cairns, qui rassemble depuis 1994 les principaux pays exportateurs agricoles (presque toute l’Amérique du Sud, mais aussi le Canada, l’Autralie et le Pakistan). Leur position commune est évidemment de s’opposer aux subsides versés aux agriculteurs des États-Unis, de l’Union Européenne ou du Japon. Samuel Pinheiro Guimarães résume les objectifs brésiliens comme ceci :

En 1994, l’argument du gouvernement, des médias et des milieux académiques, était que la création de l’OMC amènerait des avantages extraordinaires pour le Brésil. Le Brésil augmenterait énormément ses exportations, et deviendrait l’un des principaux exportateurs agricoles du monde. Les nouvelles règles sur la propriété intellectuelle permettraient au Brésil de gérer et d’exporter as technologique (pt).

Le profil de l’agriculture brésilienne lui donne pourtant un autre regard sur la situation. Sa production agricole est largement excédentaire, et donc exportatrice, dans de gros secteurs, tels que le soja, le sucre et le maïs, et dans une moindre mesure, la viande (pt). Au contraire, l’Inde ou la Chine, qui sont d’énormes producteurs, mais dont la population est tout aussi gigantesque. Bref, au Brésil, les objectifs en matière d’agriculture n’ont pas d’effet direct sur l’ensemble de la population, ce qui permet à sa politique extérieure une plus grande marge de manoeuvre. L’arrêt des subsides peut y être considéré comme un but en soi, et quand la Secrétaire au Commerce américaine, Susan Schwab, a finalement proposé de limiter les subsides à 80% de leur niveau de l’année antérieure, le Brésil aura vu là une bonne occasion de remplir ses propres objectifs (en).

Aujourd’hui, Celso Amorim appelle à la reprise des négociations de Doha : « Doha n’est pas un gros accord de libre commerce, mais un changement de règles pour le mieux, pour tout le monde. Il vise, principalement, à parvenir à l’élimination des subsides, à implémenter un système libre de quotas et de tarifs pour les pays pauvres, et renforcer le système multilatéral, qui renforce aussi la paix. » (pt). Que dire alors de l’AGCS, de l’ADPIC ou des matières de Singapour (fr).

D’ailleurs, en parlant d’investissement et de finances, un autre G20 va se retrouver cette semaine à Londres pour discuter de nouvelles règles, nécessaire à la poursuite des affaires du monde libre. Le résultat risque d’être éclairant sur la réalité du « changement de règles ».

(pt)

Em Cancún, durante a Conferência Ministerial de 2003, a Organização Mundial do Comercio vivenciou o seu primeiro fracasso. Na época, o grupo do G20 (a não confundir com o atual G20, que vai se reunir em Londres para salvar o planeta) tinha juntado bastante força para desviar as negociações. O objetivo era claro:

O Grupo nasceu com o objetivo de tentar, como de fato o fez, impedir um resultado predeterminado em Cancun e de abrir espaço para as negociações em agricultura. Naquela ocasião, o principal objetivo do Grupo foi defender resultados nas negociações agrícolas que refletissem o nível de ambição do mandato de Doha e os interesses dos países em desenvolvimento (pt).

Durante a última Conferência Ministerial em Genebra, cinco anos depois, o Brasil resolveu se opor às posições da Índia, da Argentina e da China, e se posicionar a favor do acordo que estava na mesa. Como explicar tal situação? O que aconteceu depois de Cancun?

Primeiro, é preciso lembrar o fato que o Brasil pertence também ao Grupo de Cairns, no qual os principais exportadores agrícolas estão juntos desde 1994 (quase toda a América do Sul, o Canadá, a Austrália e o Paquistão…). A posição deste grupo de opor-se aos subsídios pagos aos agricultores nos Estados Unidos, na União Européia ou no
Japão. Samuel Pinheiro Guimarães resume os objetivos brasileiros:

Em 1994, o argumento do governo, da mídia e da academia foi de que a criação da OMC traria extraordinárias vantagens para o Brasil. O Brasil aumentaria enormemente suas exportações e se transformaria em um dos principais exportadores agrícolas do mundo. As novas regras sobre patentes permitiriam ao Brasil gerar e exportar tecnologia (pt).

No entanto, o próprio perfil da agricultura brasileira proporciona um outro olhar na situação. A sua produção tem muitos excedentes, e se torna exportadora em setores importantes como a soja, o açúcar e o milho, assim como também as carnes (pt). Ao contrário da Índia e da China, enormes produtores também, cujas populações são gigantes. Enfim, no Brasil, os objetivos agrícolas não têm efeitos direitos na maioria da população, permitindo uma política exterior muito mais livre. O fim dos subsídios pode ser considerado como um objetivo em si, e quando a Secretária ao Comercio americana, Susan Schwab, falou que limitaria os subsídios a 80% do valor do ano anterior, foi bastante para a diplomacia brasileira, mas não para a indiana (en).

Hoje, Celso Amorim propõe a retomada das negociações de Doha: “Doha não é um grande acordo de livre comércio, mas uma mudança de regras para melhorar para todos. Visa, principalmente, chegar à eliminação de subsídios, implementar um sistema livre de cotas e tarifas para os países pobres e o reforçar o sistema multilateral, que fortalece, inclusive, a paz” (pt). O que dizer então do Acordo Geral sobre o Comercio de Serviços, ou do Acordo sobre Direitos de Propriedade Intelectual relativos ao Comercio, ou das matérias de Cingapura? (fr).

Falando de investimento e finanças, um outro G20 vai se reunir esta semana em Londres, para discutir de novas regras, necessárias à boa marcha dos negócios do mundo livre. O resultado será esclarecedor em relação à aquela “mudança de regras”.

Rédigé par synaptique

mars 28, 2009 à 6:50

C’est la faute à Lula!

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Français

Dans l’hebdomadaire Veja du 4 mars, se trouve un article (pt) écrit par un économiste appelé Maílson da Nóbrega, et dont le titre est “Pourquoi le Brésil ne casse-t-il pas.” Installé à la fin d’un long article reprenant 10 raisons pour lesquelles le Brésil est bien armé face à la crise globale, Maílson da Nóbrega sert de contre-pied à la thèse de l’optimisme, en mettant en évidence la seule chose qui pourrait mettre le Brésil dans une sale situation. C’est-à-dire, la politique économique de l’État, incarné par Lula.

À la base de la question, il y a une évidence. Les politiques économiques d’un État sont très capables de ruiner un pays, notamment au niveau de la gestion de la dette, comme au Brésil:

C’est arrivé au Brésil à de nombreuses reprises: pendant la Vieille République, durant la période Vargas, au cours de l’intervale démocratique de 1946-1964, e sous le régime militaire.

Si jusque-là tout le monde est d’accord, c’est un peu plus loin que son discours prend une autre tournure.

À partir des années 90, les crises se sont raréfiées. Il n’y en a eu que deux: la Russie (1999) et l’Argentine (2001). La majorité des pays ont une gestion macroéconomique responsable, ce qui [leur] évite les crises externes d’origine interne. Les aides gigantesques du Fond Monétaire Interntional (FMI) ont empêché les crises par “mort subite”.

En limitant son discours à la Russie et à l’Argentine – qui représentent déjà, en soi,un gros sujet – l’auteur passe sous silence celles du Mexique (1994) et de l’Asie du Sud-Est (1997), ou encore de la Turquie (2000). Au cours de celles-ci, le FMI, et les autres institutions financières internationales, ont eu un rôle actif non pas dans la résolution de la crise, mais bien dans son déclenchement, comme l’a expliqué Joseph Stiglitz dans son livre “La Grande Désillusion”.

Cet oubli, ou petit raccourçi intellectuel, permet d’illustrer avec brio la thèse soutenue, à savoir que seul le gouvernement peut venir faire de l’ombre au tableau optimiste dressé dans l’article précédent. A partir du moment où, par contre, on considère l’ensemble des crises survenues dans les années 90, il faut reconnaître que c’est loin d’être aussi facile, et que de nombreux autres acteurs sont très capables de provoquer une crise au Brésil.

Pour aller dans le sens de sa thèse, Nóbrega néglige donc déliberément une étude sérieuse du phénomène des crises économiques, ou encore l’importance d’entreprises internationales en difficultés, comme l’industrie automobile. Soit, une attitude qu’il critique lui-même:

Le Brésil pourrait avoir profité de la manne mondiale si des préjugés idéologiques n’avaient pas retardé les investissements privés en infrastructure et si les réformes n’avaient pas échoué.

Voilà donc ce que, finalement, l’auteur défendait. Il aurait mieux fait le dire tout net, plutôt que chercher à étaler des connaissances que visiblement, il ne domine pas. Ca serait plus clair pour tout le monde.

Português

Na revista semanal Veja do 4 de março, se encontra um artigo (pt) escrito por um economista chamado Maílson da Nóbrega, cujo título é “Por que o Brasil não quebra.” Publicado no final de uma reportagem explicando 10 razões para as quais o Brasil está bem armado em frente à crise global. Mailson da Nóbrega serve de contra-pé para a tesa do optimismo, evidenciando a única coisa que poderia colocar o Brasil em uma situação péssima. A politica econômica do Estado, incarnado por Lula.

No fundo da questão, tem uma evidência. As politicas econômicas de um Estado são muito capazes de arruinar um pais, nomeadamente com a gestão da dívida, como no Brasil:

Isso ocorreu com o Brasil várias vezes: na República Velha, no período Vargas, na quadra democrática de 1946-1964 e no regime militar.

Se até là, todo mundo concorda, o discurso toma outro rumo um pouco mais longe:

A partir dos anos 1990, as quebras se tornaram raridade. Houve apenas duas: Rússia (1999) e Argentina (2001). A maioria dos países tem gestão macroeconômica responsável, evitando as crises externas de origem interna. Os gigantescos apoios do Fundo Monetário Internacional (FMI) impediram quebras via “paradas súbitas”.

Limitando o seu discurso à Russia e à Argentina – que sozinhas representam já um importante assunto – o autor passa sobre silêncio as crises do México (1994), da Ásia do Sul-Leste (1997) ou ainda a Turquia (2000). Nelas, o FMI e outras instituições financeiras internacionais tiveram um papel ativo, não tanto na resolução da crise, mas sim no seu desenvolvimento, como explicou Joseph Stiglitz no seu livro “A Grande Desilusão”.

Este esquecimento, ou pequeno atalho inteletual, permite ilustrar com grandeza a tesa desejada, segundo qual apenas o governo é capaz de assombrar o esquema optimista apresentado no artigo anterior. A partir do momento em que, no entanto, se considera o conjunto das crises dos anos 1990, é preciso reconhecer que não é tão simples, e que varios outros atores são muito capazes de provocar uma crise no Brasil.

Para fundamentar o seu discurso, Nóbrega esquece então deliberativamente um estudo sério do fenômeno das crises econômicas, ou ainda a importância de empresas internacionais em dificuldade, como as montadoras. Ou seja, uma atitude que ele mesmo critica:

O Brasil poderia ter aproveitado a bonança mundial se preconceitos ideológicos não tivessem retardado investimentos privados em infraestrutura e as reformas não houvessem minguado.

Eis que, finalmente, o autor defendia. Poderia ter dito diretamente, e não procurar espalhar conhecimento que, obviamente, ele não domina. Seria mais claro para todo mundo.

Rédigé par synaptique

mars 6, 2009 à 11:43

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À Catú, il y a un Allemand…

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Français

Itaparica (tupi) – Encerclée de pierres.

Tout ce que je m’apprête à vous expliquer est rigoureusement authentique. Je ne vous dirai pas qu’on me l’a racontée dans un obscur troquet installé à même le sable de la baie, et ceci pour deux bonnes raisons. La première, parce que ce ne serait pas vrai, et qu’il n’est pas lieu de raconter des gaudrioles. La seconde, qui est aussi la plus simple, parce que cette histoire m’est arrivée personnellement.

Nous avons rencontré Bira le Luthier à Salvador. Il y tient une officine et on dit que c’est même un homme fameux dans toute la baie ; on raconte même qu’il a déjà travaillé pour des gentils. Donc, Bira le Luthier, il nous a mis la puce à l’oreille, comme on dit. Drôlement d’ailleurs, parce qu’on l’a écouté toute la nuit. Ce qu’il nous a raconté, il n’avait pas pu le prouver lui-même, parce que son métier le retenait en ville. Mais il nous assura que tout était véridique.

De l’autre côté de l’île d’Itaparica, raconta donc le Luthier, il y a Catú. C’est un petit village, les habitants y vivent de la pêche et passent leurs journées en mer, qu’il disait. Sur tout son long, il ne faisait pas plus de 100 brassées, face au ponant. Pourquoi les gens ont été s’installer dans ce foutu recoin de l’île, le Luthier ne savait pas dire. Mais ce dont il était certain, c’est qu’on y trouvait un belle source de bonne eau, aussi pure que la meilleure des cachaças. Et pour nous prouver qu’il ne racontait pas de fadaises, il sortit une flasque qu’aurait été remplie sur place. Cette eau, qu’il disait, elle naissait tout juste au bord de plage, et il suffisait de se baisser pour boire. Mais les gens de Catú, nous dit le Luthier comme pour nous mettre en garde, ils aiment pas trop de voir débarquer des étrangers. Ils ont peur qu’on vienne leur voler leur eau. Le seul qui a réussi a gagner leur confiance, c’était un Allemand qui avait débarqué là-bas pour faire fortune. Et on racontait qu’il y était parvenu, le bougre, avec une recette spéciale de crème glacées.

Là-dessus, ni une ni deux, on a réunit l’équipage et on est partis pour Catú. On était persuadés que si l’Allemand avait pu faire fortune tout seul, on aurait pas de mal à lui faire partager son or. Mais les dés se sont rapidement mis à rouler autrement. À peine sortis d’Itaparica, on aurait dit que Neptune nous barrait le chemin. À un moment où on aurait dit que le ciel et la mer ne faisaient plus qu’une imensité d’eau en suspension, balancée à gauche et à droite, on a été obligés de contourner le cap de Berlinque, qu’on aurait aussi bien pu voir disparaître sous nos yeux. Un peu plus tard, on échoua tant bien que mal sur les rives de Cacha Prego.

Comme notre embarcation ne pouvait plus continuer le voyage, on a du louer les services de deux loufiats indigènes, tatoués de la tête au pieds. Ils parlaient notre langue, heureusement, et nous déposèrent à sec sur les rives de Catú. À peine arrivés, Neptune était sur nous. La tempête redoubla alors qu’on était parvenus à mettre la main sur les fameuses sources. Elles étaient cinq, et leur eau était belle et transparente, tout juste comme l’avait dit le Luthier. Il ne nous restait plus qu’à trouver l’Allemand, mais c’était loin d’être joué, car tous les habitants semblaient s’être mis d’accord pour nier les faits. Certains faisaient semblant de ne pas nous comprendre, d’autres refusaient catégoriquement de nous indiquer où trouver l’homme. Au bout de quelques heures, trop ivre pour être honteux, un loufiat a fini par nous indiquer le troquet de Marie l’Aveugle, à l’autre bout du village.

C’est là qu’on a trouvé l’Allemand. Un homme haut et chauve. Il mesurait près de deux mètres et s’exprimait avec la mauvaise langue des Germains. Quand il comprit qu’on était venus pour partager sa fortune, l’homme se mit en rage. Plus tard, on a appris qu’il avait fait ses classes avec un maître d’Orient. Il nous fallu toute l’astuce du monde, et beaucoup de cachaça, pour parvenir à le calmer. Hélàs, trois fois hélàs, son or avait fondu au soleil. De la crème glace, il ne restait plus rien. À peine la bonne odeur de son existence passée.

Or donc, valeureux loups de mers, prenez garde aux histoires qu’on vous raconte au detour d’une nuit étoilée. Il est une chose qu’aucune flasque d’eau pure ne peut vous faire oublier. Un Allemand qui fait des crèmes glacées à Catú, franchement, qui pourrait bien croire à une histoire pareille ?

Português

Itaparica (tupi) – Cercada de pedras.

Tudo o que eu estou prestes a contar para vocês é, rigorosamente, autêntico. Não vou dizer que me foi contado em algum boteco estranho instalado na areia da praia da Bahia, por duas boas razões. A primeira, porque não seria verdade, e aqui não é lugar de falar bobagens. A segunda, porque aquela história eu vivi pessoalmente.

Encontramos Bira o Luthier em Salvador. Ele tem uma oficina e se fala por ali que é um homem famoso na Bahia toda; rumores contam até que já trabalhou para os gentis. Então, Bira o Luthier, ele fez o maior suspenso. E fez tanto que fomos escutando uma noite inteirinha. O que ele contou, não pode comprovar, porque o trabalho pedia o seu tempo todo. Mas assegurou-nos que tudo era verdade.

Do outro lado da ilha de Itaparica, contou o Luthier, tem Catú. É uma aldeiazinha, os moradores vivem da pesca e passam o dia todo no mar, contou. De comprimento, não fazia mais de 100 braças, em frente ao poente. Porque os infelizes moram neste maldito buraco da ilha, o Luthier não soube dizer. Mas ele tinha certeza, é que ali tinha uma bela fonte de água boa, tão pura quanto a melhor das cachaças. E para provar que não contava bobagens, mostrou uma garrafa que foi enchida no local. Esta água, ele falou, brotava bem na praia, e bastava se abaixar para beber. Mas o pessoal de Catú, diz o Luthier para nos prevenir, eles não gostariam de ver chegar gente estranha. Tem medo que roubem a água deles. O único que conseguiu ganhar a confiança deles, foi um Alemão que chegou lá um belo dia e fez fortuna. E o povo contava que o desgraçado fez fortuna com uma receita especial de sorvete.

Assim, sem pensar duas vezes, juntamos a galera e fomos para Catú. Todos estávamos certos de que, se o Alemão fez fortuna sozinho, a gente poderia facilmente compartilhar o seu ouro. Mas os dados começaram logo a rolar em outra direção. Logo na saída de Itaparica, parece que o deus Netuno barrava o caminho. Depois de um tempo, parece que o céu e o mar se misturaram em uma imensidão de água em suspensão, jogada de um lado para o outro, e fomos forçados de contornar o cabo de Berlinque, que poderia bem ter desaparecido na nossa frente. Um pouco mais tarde, acabamos mais ou menos salvos nas margens de Cacha Prego.

Já que o nosso barco não podia continuar a viagem, tivemos que pagar o serviço de dois malandros locais, tatuados da cabeça aos pés. Falavam a nossa língua, felizmente, e nos levaram até as praias de Catú. Logo na chegada, Netuno já estava sobre nós. A tempestade redobrou de força enquanto encontramos as famosas fontes. Tinha cinco dela, e a água era limpa e transparente, bem como falou o Luthier. Restava achar o Alemão. Não foi fácil, porque os moradores pareciam todos ligados para negar os fatos. Alguns fingiam não entender nada, outros se recusavam indicar onde achar o homem. Depois de algumas horas, bêbado de mais para se envergonhar, um velho infeliz acabou por indicar o boteco da Maria Cega, do outro lado da aldeia.

Foi ali que encontramos o Alemão. Um sujeito alto e careca. Media uns bons sete pés de altura, e falava com a má língua dos Germanos. Quando entendeu que vimos para compartilhar a sua fortuna, ele ficou brabo. Mais tarde, ouvimos dizer que tomou aulas com um mestre do Oriente. Precisamos de toda a malandragem e a cachaça do mundo, para acalmá-lo. Azar, puro azar, o seu ouro tinha derretido no sol. Do sorvete, não sobrava nada. Nem sequer o bom cheiro da sua existência passada.

Portanto, então, queridos lobos do mar, tomam cuidado com as histórias que se contam sobre uma noite estrelada. Se tem uma coisa que garrafa de água pura alguma não pode vos fazer esquecer, é essa: um Alemão que faz sorvete em Catú, por favor, quem é que vai cair nessa?

Rédigé par synaptique

janvier 9, 2009 à 2:15

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Aride!

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Français

Caatinga (tupi) – Forêt blanche.

« Il n’a pas plu depuis août ». C’est difficile à croire, quand on est belge. Chez nous, quand on dit qu’il y aura une semaine sans pluie, on s’imagine plein de choses. On espère que ça tombera pile en été, quand il fera bon. On fait des plans entre amis pour aller faire une descente de la Semois en kayak, ou bien un tour au Parc Paradisio… Il y a bien eu des vagues de chaleur ces dernières années, mais rien qui puisse modifier notre imaginaire collectif.

Alors tout de suite, quatre mois sans une goutte de pluie, ça ouvre un nouveau point de vue sur la chose. « Oh, mais c’est pas la sècheresse », me rassure-t-on. Parce qu’il y a l’eau courante. Quand on en vient aux camions-citernes, là, ça devient dur. On souffre pour boire ou se laver, puis on souffre encore dans la file pour recevoir quelques litres. La dernière fois, c’était il y a quinze ans, en 1993. On ne sait pas exactement où se trouve la cause du phénomène – El Niño ou La Niña, la zone de convergence intertropicale… Mais pour y remédier, le grand projet actuel prévoit de dévier une partie des eaux du São Francisco, le plus grand fleuve de la région, vers les terres les plus sèches.

Une telle idée fait beaucoup de bruits, évidemment. Comme le Colorado (en), le São Francisco a aujourd’hui du mal à atteindre la mer, et l’eau sâlée remonte de plus en plus à chaque marée haute. Autour de Juazeiro et Petrolina, à la frontière entre Bahia et Pernambuco, de gigantestques plantations agroindustrielles irriguent les terres avec l’eau du réservoir du barrage. La région est la plus grosse productrice de vin du pays, mais à quelques dizaines de kilomètres, le sertão reprend ses droits. Alors à qui profitera l’eau des canaux ? À d’autres exportateurs de fruits tropicaux, ou à ceux qui dépendent encore des camions-citernes ?

En y regardant de plus près, le sertão est vraiment un endroit bizarre. D’une manière générale, il y pleut autant qu’en Belgique, soit autour de 900 ou 1000 millimètres par an (fr et pt). À la différence du plat pays, les pluies tombent toutes en une fois, et le résultat est double. D’abord, elles emmènent toute la matière organique. Ensuite, elles saturent le sol, et s’évaporent presque aussi rapidement qu’elles sont arrivées. Le sol s’appauvrit jusqu’à devenir du sable. Bref, comme le dit Manoel Bonfim Ribeiro (pt), le problème du sertão, c’est pas le manque d’eau. C’est de parvenir à la retenir avant que le soleil ne la renvoie d’où elle est tombée.

Português

Caatinga (tupi) – Mata branca.

« Não choveu desde agosto ». É bastante difícil de acreditar, quando você é belga. Là, quando alguém fala que vai ter uma semana sem chuva, a gente começa a imaginar milhões de coisas. A gente torce para que acontece no verão, quando o tempo será melhor. A gente faz planos com os amigos, para fazer canoë na Semois, ou dar uma volta no Parc Paradisio… É verdade que teve ondas de calor, nestes últimos anos, mas nada que pudesse modificar o nosso imaginário coletivo.

Então imagine, quatro meses sem um pingo de água, abre uma nova perspectiva sobre a questão. « Oh, mas não é seca não », seguraram. Porque tem água encanada. A hora de ir até o caminhão-pipa é quando fica preto. Sofre para beber, para tomar banho, e sofre ainda nas filas para receber alguns litros. A última vez, foi quinze anos atrás, em 1993. Não se sabe exatamente qual é a causa do fenômeno – El Niño ou La Niña, a zona de convergência intertropical… Mas para concertar tudo, o grande projeto atual prevê de desviar uma parte das águas do São Francisco, o meior rio da região, para as terras as mais secas.

Tal idéia faz muito barulho, claro. Como o Rio Colorado (en), o São Francisco tem hoje dificuldades para chegar até o mar, e a água salgada avança cada dia mais. Perto de Juazeiro e Petrolina, na fronteira entre Bahia e Pernambuco, plantações agroindustriais gigantes irrigam as terras com a água de reservatório da baragem. A região é o maior produtor de vinho do pais, mas a poucas dezenas de kilometros dalí, o sertão já reaparece. Então quem aproveitará a água dos canais? Outros exportadores de frutas tropicais, ou aqueles que ainda dependem de caminhões-pipas?

Olhando de mais perto, o sertão é mesmo um lugar esquisito. De um modo geral, chove lá tanto quanto na Bélgica, ou seja, cerca de 900 ou 1000 mililitros por ano (fr e pt). Mas diferentemente do pais plano, as chuvas caiem todas em uma vez, e o resultado é duplo. Primeiro, levam consigo toda materia orgânica. Segundo, saturam o solo e evaporam quase tão rápido quanto chegaram. O solo empobrece até se tornar arreia. Como diz Manoel Binfim Ribeiro (pt), o problema do sertão não é a falta de água. É consegir reter-a, antes do sol mandar de volta por onde veio.

Rédigé par synaptique

décembre 27, 2008 à 12:13

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Salvador, capitale de l’Amérique du Sud

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Français

Pendant quelques jours (trois pour être complet, du 15 au 17 décembre), Salvador est devenue la capitale de l’Amérique du Sud. Et c’est moi qui ai traduit les affiches, s’il vous plaît. En anglais et en français (Guyanes et Caraïbes obligent).

Português

Durante alguns dias (três, para ser exato, do 15 até o 17 de dezembro), Salvador se tornou a capital da América do Sul. E foi eu quem traduziu os cartazes! Em inglês e francês (as Guianas e o Caribe participaram).

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En réalité, c’étaient trois évènements simultanés: Mercosul, UNASUR et CALC, le récemment formé Sommet d’Amérique Latine et des Caraïbes. En fait, ce n’était pas exactement à Salvador, mais surtout sur la Costa do Sauípe. Le complexe hotelier est d’ailleurs réputé le plus important d’Amérique du Sud, et c’est la destination favorite des touristes étrangers les plus riches, qui trouvent là toute une infrastructure typique et festive. Les bus du Sauípe les emmènent sur des tours à Salvador, et même jusqu’à Cachoeira, avec visite en trois langues de l’atelier de cigares Danemann (pt).

Tous ces évènements ont été organisés sans la participation des parrains traditionnels, que sont les États-Unis et l’Union Européenne. L’un des points forts du Sommet aura été l’entrée de Cuba dans le Grupo do Rio, qui réunit la plupart des pays du continent depuis 1986. Une attitude tournée contre les États-Unis selon certains (en), mais qui s’inscrit en parallèle à l’attitude de l’UE (pt). Autre moment du Sommet, c’est la préparation du Traité fondant le Conseil de Sécurité Sud-Américain, et l’élection de son secrétaire, ce qui est prévu pour avril 2009.

À l’exception de la Colombie et du Pérou, tous les Présidents étaient soudés autour de leur projet commun. Chavez y voit le socialisme du XXIe siècle, tandis que Lula s’avance de plus en plus en meneur incontesté (pt). Les institutions qu’ils créent – Banque, Conseil de Sécurité, Marché Commun, ainsi peut-être qu’une nouvelle monnaie – semblent prouver leur volonté de « refonder » l’Amérique du Sud.

Le développement des blocs économiques régionaux est une tendance qui se dessine dans la réorganisation de l’économie mondiale, post guerre froide (fr), en se basant généralement sur des Traités ou Organisations antérieurs, avec de nouvelles attributions (Union Africaine, ASEAN, CEI…). À terme, on devrait voir apparaître une sorte de multilatéralisme de blocs économiques, avec toutes les faiblesses qu’on peut déjà identifier dans une structure comme celle de l’Union Européenne (technocracie, participation populaire proche de zéro…) (fr).

Face à cette tendance, quelle est la marge de manoeuvre dont dispose le continent sud-américain pour pouvoir se refonder ? L’ensemble des Présidents ont insisté sur l’importance de l’intervention des pouvoirs publics pour combattre la crise financière et soutenir l’emploi (pt). Mais au milieu de ces enjeux, on trouve encore un paquet de pierres d’achoppement, qui tournent rapidement de simples négociations commerciales ou diplomatiques en vraies crise internationale (pt). Surtout, on peut se demander quel est, au fond, le réel changement qui sera offert aux populations. Du modèle économique exportateur de matières premières, hérité des premières années de la colonisation, sont apparus quelques nouveaux produits (pétrole, gaz naturel et soja…) et de nouveaux partenaires (Chine, Russie…).

Est-ce suffisant pour changer de cap?

Na verdade, foram três eventos simultâneos: Mercosul, UNASUR e CALC, a recente formada Cúpula da América Latina e do Caribe. Na verdade, não foi exatamente em Salvador, mas sobretudo na Costa do Sauípe. O Complexo hoteleiro é reconhecido como sendo o mais importante da América Latina, e é também o destino favorito dos turistas estrangeiros os mais ricos, que encontram ali uma infra-estrutura típica e festeira. Os ônibus do Sauípe os levam em roteiros para Salvador, ou até Cachoeira, com direito a visita em três idiomas da fábrica artesanal de charutos da Dannemann (pt).

Todos estes eventos foram organizados sem a participação dos padrinhos tradicionais, que são os Estados Unidos e a União Européia. Um dos pontos fortes das Cúpulas foi a entrada de Cuba no Grupo de Rio, que reúne a maioria dos paises do continente desde 1986. Uma atitude voltada contra os Estados Unidos segundo alguns (en), mas que se inscreve em paralelo com a política da EU (pt). Outro momento das Cúpulas, foi a preparação do Tratado que fundará o Conselho Sul-Americano de Defesa, e a eleição do seu secretário, ambos previstos para abril de 2009.

Com a exceição da Colômbia e do Peru, todos os Presidentes estavam juntos para o seu projeto comum. Chavez vê o socialismo do século XXI, enquanto Lula se avança cada vez mais como líder incontestado (pt). As instituições criadas por eles – Banco, Conselho de Defesa, Mercado Comum, bem como talvez uma moeda comum – parecem provar que eles tem a vontade de “fundar de novo” a América do Sul.

O desenvolvimento em blocos econômicos regionais é uma tendência que aparece na reorganização da economia mundial pós-Guerra Fria (fr), baseando-se em Tratados ou Organizações anteriores, com novas atribuições (União Africana, ASEAN, CEI…). No final, deveríamos ver aparecer um tipo de multilateralismo de blocos econômicos, com todas as fraquezas que já podemos identificar em uma estrutura como a União Européia (tecnocracia, participação popular próxima à zero…) (fr).

Em frente a esta tendencia, qual será a liberdade para o continente sul-americano se refundar? Todos os Presidentes insistiram sobre a importância da intervenção dos poderes públicos para combater a crise financeira e segurar o emprego (pt. Mas no meio destas declarações, ainda encontramos um monte de pequenos conflitos, que tornam rapidamente simples negociações comerciais ou diplomáticas em verdadeiras crises internacionais (pt). Sobretudo, podemos nos perguntar qual é, afinal, a real mudança que será oferecida às populações. Do modelo econômico exportador de matérias primas, herdado dos primeiros anos da colonização, apenas apareceram alguns novos produtos (petróleo, gaz natural e soja…) e alguns novos parceiros (China, Rússia…).

Será bastante para mudar o rumo?

Rédigé par synaptique

décembre 19, 2008 à 2:54

Impéralisme à l’échelle du Brésil

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Français

Dans les librairies, le dernier livre d’histoire a avoir fait un tabac s’appelle 1808 (pt). À l’époque, Napoléon était sur le point de prendre Lisbonne. Pressé par les Anglais, qui lui assurèrent une escorte tout au long du voyage, l’Empereur João VI embarqua pour Rio de Janeiro. C’était la première fois qu’un souverain européen se déplaçait personnellement dans les colonies pour y résider.

Português

Nas livrarias, o último livro de historia que fez sucesso se chama 1808 (pt). Neste época, o Napoleão estava pronto para tomar Lisboa. Pressionado pelos Inglêses, que ofereceram escolta para toda a viagem, o Imperador João I se mandou para o Rio de Janeiro. Foi a primeira vez que um soberano europeu viajava pessoalmente até as colonias para ali residir.

Arrivée à Rio de Janeiro / Chegada no Rio

Dans mon dictionnaire d’Oxford, l’impérialisme se définit comme ceci: « (hist.) Extension de l’Empire Britannique là où le commerce a besoin de la protection du drapeau ». Le motif de l’escorte offerte par les Anglais mériterait d’ailleurs bien une autre étude. Enfin, bien que les Empereurs aient disparu, le phénomène s’est perpétué jusqu’à nos jours sous une forme nouvelle, qu’on pourrait identifier comme le complexe militaro-industriel (fr).

Si l’expression sert surtout pour qualifier la situation aux États-Unis, elle gagne d’autres caractéristiques dans d’autres pays: la France, par exemple, s’est spécialisée dans le nucléaire (fr). À l’échelle régionale, on trouve aussi de nouveaux acteurs capables d’exercer ce type de pression, et d’adopter ce genre de politique. En Amérique Latine, ce rôle est joué par le Brésil.

Prenons une exemple de politique « deux poids, deux mesures », où deux situations similaires sont traitées différemment suivant qu’elles affectent ou non l’intérêt national – ou ce qui est perçu comme tel. Dans l’État de Roraima, à l’extrême-nord du pays, la Réserve Raposa Serra do Sol est en passe d’être délimitée en une seul bloc compact, au grand dam des riziculteurs locaux qui en seront expulsés, et des militaires et ruralistes qui voient cette situation comme une menace à la souveraineté nationale (pt): “Notre territoire peut se transformer en une Nation Guarani, comme c’est arrivé avec la Nation Ianomami dans le nord, et passer peu à peu sous contrôle étranger” (pt). De là, les médias ont relayé cette idée de menace grandissante en l’étayant de nouvelles preuves. De nombreux étrangers, voir associations et compagnies étrangères, possèdent des terres dans la région, qu’ils ont acquises on-ne-sait-pas-bien-comment, et qui constituent donc, forcément, une extension de leur propre pays en plein milieu du Brésil: la Confédération de l’Agriculture et de l’Élevage a organisé un séminaire sur le sujet (pt), tandis que les chaînes de télévision se déchaînent sur le Suédois (pt) qui a acheté des terres en Amazonie. Le vieux démon de l’internationalisation de revient à la charge.

De l’autre côté de la forêt, en Bolivie et au Paraguay, les habitants ont les mêmes problèmes. Sauf que de ce côté, il s’agit de fermiers brésiliens qui possèdent de nombreuses terres: le journal Estado de São Paulo parle même de terre promise (pt). Avec l’arrivée au pouvoir de gouvernements socialistes, qui semblent avoir envie de redistribuer les terres, ceux-ci sont menacés d’expropriation. Au lieu de faire le parallèle entre les deux situations, et de constater que le Brésil est en train par là-même d’étendre son territoire à l’intérieur de celui des autres, la chose est traitée comme s’il s’agissait d’une nouvelle menace à la souveraineté nationale – par le biais de son commerce.

Protection du drapeau là où le commerce est menacé. Il est intéressant de noter qu’on trouve ici une forme d’ « impérialisme d’échelle ». En effet, l’impérialisme brésilien n’affronte pas – ou pas encore – les forces traditionnelles européennes et américaines. Au contraire, il se retourne sur ses propres dépendants, en Amérique du Sud et en Afrique (pt). Et tout ça à cause d’un petit caporal…

No meu dicionario de Oxford, o imperialismo se define assim: « (hist.) Extenção do Imperio Britanico onde o comércio precisa da proteção da bandeira ». Bem que o motivo da escolta oferecida pelo Inglêses mereceria  um outro estudo. Enfim, enquanto os imperadores desapareceram, o fenomeno se perpetuou até os nossos dias com uma nova forma, que poderiamos identificar como o complexo militar industrial (fr).

Se a expressão serve sobre tudo para qualificar a situação nos Estados-Unidos, ela tem outras caracteristicas em outros paises: a França, por exemplo, se especializou no nuclear(fr) . Na escala regional, achamos também novos atores capazes de exercer este tipo de pressão, e de adotar este estilo de politica. Na America Latina, este papel é do Brasil.

Veja um exemplo de política « dois pesos, duas medidas », onde duas situações parecidas recebem um tratamento diferente, segundo que afetam ou não o interesse nacional – ou, aquilo que é percebido como tal. No Estado de Roraima, no extremo-norte do pais, a Reserva Raposa Serra do Sol está aguardando a sua demarcação continua, para a tristeza dos arrozzeiros que serão expulsos, e dos militares que veêm esta situação como uma ameaça contra a soberania nacional(pt) : “O nosso território pode se transformar numa ‘nação guarani’, assim como aconteceu com a ‘nação yanomami’ no norte e, aos poucos, passar para o domínio estrangeiro”(pt) . As mídias difundiram esta idéia de ameaça, acrescentando novas provas. Entre elas, o fato que numerosos estrangeiros, até associações e companhias estrangeiras, possuem terras na região, que adquiriram ninguém-sabe-bem-como, constituindo assim, obviamente, uma extensão dos seus respetivos paises bem no meio do Brasil: a Confederação da Agricultura e Pecuária organizou um seminário sobre o assunto(pt) enquanto a mídia despedaçava o Sueco que comprou terras na Amazonia (pt). O velho demônio da internacionalização volta de prontidão.

Do outro lado da foresta, na Bolivia e no Paraguai, as pessoas tem o mesmo problema. Salvo que, deste lado, são fazendeiros brasileiros que possuem as terras: o Estado de São Paulo fala até de terra prometida (pt). Com a eleição de governos socialistas, que parecem ter vontade de redistribuir as terras, eles estão sob ameaça de expropriação. Em vez de estabelecer o parelelo entre as duas situações e de enxerguar o fato que o Brasil também está extendendo o seu próprio territorio nas terras dos outros, o problema é tratado como se fosse uma outra ameaça à soberania nacional – por meio do comercio.

Proteção da bandeira onde o comercio está ameaçado. Interessante é de constatar que encontramos aqui uma forma de « imperialismo de escala ». De fato, o imperialismo brasilieiro não enfrenta – ou ainda não – as forças tradicionais europeias ou americanas. Ao contrário, ele se volta para os seus próprios dependentes, na America do Sul e na Africa (pt). E tudo isso por causa de um pequeno caporal.

Rédigé par synaptique

décembre 13, 2008 à 10:47

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TEIA 2008 – Mon premier contact avec le Brésil

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Ça y est, je les ai vus. D’abord, je les ai aperçus de loin. Ils faisaient un sacré boucan, chacun des deux groupes. Mais ils sont rapidement entrés dans la demi-balle du musée et je n’ai pas eu le temps de m’approcher. Ce n’est qu’une petite heure plus tard qu’ils sont ressortis.

Et lá, j’ai eu plus de temps pour les voir. Un groupe est passé devant moi. Je les ai suivis, et comme il s’est mis à pleuvoir, je ne suis réfugié en-dessous du même toît de paille. Du même toît! Ils étaient là, tout le groupe, femmes et enfants, jeunes et anciens. Ils viennent du Xingu, une région controversée dans l’État du Pará (près de l’Amazonie) où les autorités veulent construire un gigantesque barrage. Les autorités aiment les barrages, surtout quand c’est l’occasion de parquer les Indiens dans un endroit encore plus petit.

Et voilà que j’étais là, sous le même toît qu’une délégation entière du Xingu. Voir des Indiens à la télévision est une chose. C’est folklorique, on se dit “Incroyable!” Voir les mêmes personnes à côté de soi (pas moyen de fuir, il pleut trop), c’en est une autre. Le sentiment que j’ai eu est difficile à expliquer: il y a de la fascination, évidemment, on n’en voit pas tous les jours, et ils mettent tout le monde en face des profondes raçines du continent. Mais pour la même raison, il y a une sorte d’infâmie qui m’a réellement mis mal à l’aise. Pour la même raison, évidemment: comme être tranquille avec les derniers siècles, comment être serein face à ce qu’il reste de la population originale de tout le continent américain? Quelle place ont-ils eu? Quelles sont les politiques affirmatives qui existent pour eux?

Avec le recul, je m’imagine mal en train de discuter avec eux, de m’approcher du plus chétif (restons prudents, ils étaient armés) et de lui dire: “Alors comme ça, mon vieux, vous êtes un Indiens.” J’ai pris des photos, plus pour que Lívia ne m’étripe pas que par besoin de fixer la scène. Il y avait aussi deux représentants d’autres tribus qui défendaient leurs terres près de Brasília, menacées par un projet d’extension de la ville (dans le secteur nord-est). La pluie a continué, et un des Indiens m’a parlé de la mauvaise qualité du toît, qui laissait passer les gouttes. Et puis, comme elle s’est arrêtée, on a pu tous repartir de notre côté.

Je crois que définitivement, je suis pas du genre à parvenir à débarquer quelque part et adresser la parole à tout le monde sans me préoccuper. Peut-être que si je les revoyais aujourd’hui, et demain, je finirais par oser discuter avec l’un d’entre eux. Malheureusement ça ne se passera pas comme ça: ils vont repartir dans leur Xingu, et moi je continue plus au sud…

J’avais déjà vu la Quarta Colonia et l’Afrique Latine. Ce moment-ci restera à tout jamais gravé dans ma mémoire comme mon premier contact avec le Brésil.

Rédigé par synaptique

novembre 15, 2008 à 1:08

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