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Le monde est un grand bac à légumes.

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Position brésilienne sur le Honduras

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(fr)

La réunion de l’Organisation des États Américains (OEA) a été l’occasion pour le Brésil d’exprimer clairement sa position sur la crise qui secoue le Honduras depuis le 28 juin, quand un coup d’État a expulsé le Président Zelaya du pays.

“Il faut que Zelaya revienne sans conditions. Notre position est que, si un gouvernement golpiste s’installe au pouvoir, et si le resultat des négociation est une coalition, c’est un énorme encouragement au coup d’État.” (o globo pt).

(pt)

Na reunião da Organização dos Estados Americanos (OEA), o Brasil teve a oportunidade de exprimir claramente a sua posição sobre a crise enfrentada no Honduras desde o 28 de Junho, quando um golpe de Estado expulsou o Presidente Zelaya do país.

“É preciso que Zelaya volte sem condições. Nossa posição é que, se todo governo golpista se instalar no poder e o resultado da negociação for uma coalização, surge um tremendo incentivo ao golpe de Estado.” (o globo pt).

Rédigé par synaptique

juillet 21, 2009 à 2:00

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Coup d’état!

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(fr)

Je n’avais jamais vraiment suivi le déroulement d’un coup d’état. Après tout, ça n’arrive pas tous les jours. Cette fois, c’est au Honduras que ça se passe.

Il faut reconnaître que la région a une longue tradition de coups d’état, et les économistes pourraient presque dire qu’ils en ont fait leur avantage comparatif. Le point culminant, c’était les années 80, quand les Etats-Unis ont décidé d’y recherche leur intérêt national (Guatemala, Panama, Nicaragua, Honduras…).

L’alliance entre militaires et membres du Congrès honduréen a littéralement mis le Président Zelaya dehors, en une seule nuit, avant de ceinturer les institutions et de prendre la place du calife. C’est l’aboutissement d’une longue crise entre gouvernement et opposition sur la politique de Zelaya, qui s’est tourné vers l’Alternative Bolivarienne et propose une nouvelle constitution pour le pays. Le nouveau gouvernement a ensuite justifié le contrôle de la population pour assurer son pouvoir.

Le schéma typique du coup d’état revient avec la figure du défenseur, du restaurateur de la Patrie, endossée par les partisans de la ligne dure. Il s’agit avant tout de prévenir tout changement dans la nature du régime. Pendant la guerre froide, c’étaient les communistes qui étaient accusés ; aujourd’hui, ce sont les bolivariens. Et lorsque la pression populaire est un peu forte, il faut la protéger d’elle-même – car au fond, elle ne sait pas vraiment ce qu’elle fait. La fin du raisonnement signale donc la fin des institutions, et du propre régime.

Sous l’influence de la perception d’une menace, je crois qu’il y a une profonde confusion latente entre public et privé, qui aboutit au coup d’état. Ceux dont Micheletti est le représentant défendent un Honduras où ils ont le contrôle de l’évolution du pays. Cela ne veut pas dire qu’ils forment une oligarchie bananière à la solde du grand capital, mais bien qu’ils se veulent l’intermédiaire entre le peuple et l’histoire du pays. Un trait qui les relie d’ailleurs à ceux qu’ils disent combattre.

Reste qu’en se basant sur l’actuelle constitution du Honduras pour justifier l’éviction violente d’un Président, ils ont plutôt tendance à justifier la nécessité d’en promulguer une nouvelle. Vite.

(pt)

Eu nunca tinha realmente seguido um golpe de estado. Afinal, não acontece todos os dias. Desta vez, foi no Honduras.

Tem que reconhecer que a região tem uma grande tradição de golpes, e os economistas poderiam até dizer que se trata aí da sua vantagem comparativa. O auge, foi nos anos 80, quando os Estados Unidos decidiram de procurar là o seu interesse nacional (Guatemala, Panamá, Nicaragua, Honduras…).

A aliança entre militares e membros du Congresso hondureno jogou literalmente o Presidene Zelaya fora do país, em uma noite, antes de cercar as instituições e de « prendre la place du calife ». É a conclusão de uma longa crise entre governo e oposição sobre a políica de Zelaya, que se voltou para a Alternativa Bolivariana e propos uma nova constituição para o país. O novo governo justificou então o controle da população para segurar o seu poder.

O esquema típico do golpe de estado vem com a figura do defensor, do restaurador da Patria, bandeira levantada pelos partisãs da linha dura. Trata-se antes de tudo de prevenir qualquer mudança na natureza do regime. Durante a guerra fria, os comunistas eram acusados ; hoje, são os bolivarianos. E quando a pressão popular fica mais forte, é preciso protegê-la de ela mesma – pois, no final, ela não sabe o que está fazendo. Assim, o fim do raciocino assinala o fim das instituições, e do regime.

Sobre a influência da percepção de uma ameaça, acho que tem uma profundo confusão latenta entre público e privado, que leva até o golpe. Aqueles cujo Micheletti é representante defendem um Honduras onde eles têm o controle da evolução do país. Isto não significa que eles formam uma oligarquia bananeira à solda do grande capital, e sim que eles querem ser o único intermediário entre o povo e a história do país. Um traço que liga à aqueles que dizem combater.

No final das contas, baseando-se na constituição do Honduras para justificar a evicção violente de um Presidente, eles tendem a justificar a necessidade de promulgar uma nova. Rápido.

Rédigé par synaptique

juillet 4, 2009 à 12:58

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Nikolai Kardashev à Ekaterinbourg

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(fr)

Dans les années 1960, l’astrophysicien russe Nikolai Semenovich Kardashev a élaboré une échelle de développement technologique basée sur le niveau de production d’énergie d’une civilisation (wikipedia [en]). Le Type 1 de Kardashev envisage que la civilisation en question tire son énergie d’une planète entière. Cela signifie donc qu’elle s’est structurée de manière à pouvoir gérer l’ensemble de cette planète. De cette échelle technologique, on peut donc sous-entendre une forme d’organisation de la société: on passe alors de la production d’énergie au niveau d’intégration des ressources et des régions entre elles.

« Le G8 est déjà mort. » Celso Amorim, Ministre des Affaires Étrangères brésilien (estadão [pt])

L’utilisation outrancière du bras armé du modèle américain depuis la fin de la Guerre Froide, que ce soit en Amérique Centrale ou en Iraq, a lentement provoqué sa mutation en Empire – chargé de diriger l’extraction des ressources et la production d’énergie à l’échelle planétaire. L’éventualité de son déclin, ou de sa chute, mise en valeur par la récente crise internationale (pulse [en]), provoque l’apparition d’alternatives.

Traditionnellement, la propre épithête d’empire fait que l’on s’attende naturellement à ce que la prochaine étape corresponde à l’éclatement de l’espace américain en plusieurs entités indépendantes. Or, le contenu idéologique du système impérial américain permet de proposer une approche radicalement différente.

Si l’on en croit des auteurs tels que Fukuyama, Friedman ou Shermer (la times [en]), le modèle recherché ne se caractérise pas par main-mise d’une sorte d’État central, incarné par Washington, sur l’ensemble des ressources planétaires (ce serait un Empire à la mode romaine), mais mais plutôt par l’existence d’une série d’entités indépendantes interliées – généralement imaginées sous la forme de démocraties libérales capitalistes. L’Empire américain devient donc un simple instrument permettant de créer ces entités indépendantes, et de les mettre en relations entre elles, par la force s’il le faut.

Le Sommet des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) à Ekaterinbourg n’a pas révélé de profond changement de perspective face à la nécessité de repenser le système mondial. Au contraire, la déclaration finale oscille entre deux alternatives (kremlin [en]):

  • L’option des blocs économiques est fondée autour d’une monnaie étalon à l’échelle d’un continent, ou d’une entité géostratégique. L’abandon d’un système universel, basé sur le dollar, se fait donc au profit de structures régional et d’institutions internationales étendues, avec l’inclusion de l’Inde et du Brésil au Conseil de Sécurité.

  • L’option du système international, quant à elle, propose la transformation du système américain en une structure internationale – dans laquelle l’hégémonie d’un État en particulier est éliminée, au profit d’un plus grand groupe. L’utilisation des Special Drawing Rights du FMI est proposée par la Chine comme base de travail pour remplacer le dollar, depuis la réunion du G20 à Londres.

En substance, la nouvelle ère qu’on nous présente apparaît presque neuve – de nouvelles têtes apparaissent, comme celle du président brésilien ou du premier ministre indien. En revanche, lorsqu’elle copie à la lettre le modèle précédent, on se rend compte du chemin qu’il reste à parcourir (upasia [en]). Si tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut changer le système, le modèle des démocraties libérales indépendantes reste solidement ancré dans les mentalités.

Kardashev évoquait déjà la difficulté de passer d’un niveau à l’autre – la différence entre l’énergie produite par une simple planète (type 1) et celle produite par une étoile, par exemple, suppose une sérieuse conquête spatiale (type 2). Difficulté matérielle, certainement, mais surtout culturelle : il faut parvenir à la formulation d’une nouvelle structure, dont l’objectif est réellement la gestion des ressources à l’échelle globale. Et parallèlement, repenser la production d’énergie.

Pour l’heure, l’horizon est toujours limité à une idéalisation de l’État-Nation, coulé dans un système .

« Le G8 n’est pas mort. » Serguei Lavrov, Ministre des Affaires Étrangères russe (ultimo segundo [pt])

(pt)

Nos anos 60, o astrofísico russo Nikolai Semenovich Kardashev elaborou uma escala de desenvolvimento tecnológico baseada no nível de produção de energia de uma civilização (wikipedia [en]). O Tipo 1 de Kardashev caracteriza uma civilização capaz de tirar energia de um planeta inteiro. Isso significa também que ela se estruturou de tal modo que possa manejar todo este planeta. Da escala tecnológica, podemos então subentender uma forma de organização da sociedade: passamos da produção de energie ao nível de integração dos recursos e das regiões entre si.

« O G8 já morreu. » Celso Amorim, Ministro brasileiro das Relações Exteriores (estadão [pt])

O uso excessivo do braço armado do modelo americano desde o final da Guerra Fria, seja na América Central ou no Iraque, provocou lentamente a sua mutação em Império – encarregado de liderar a extração dos recursos naturais e a produção de energia na escala do planeta. A possibilidade do seu declino, ou da sua queda, que começou a ser enxergada na recente crise internacional (pulse [en]), provocou a busca por alternativas.

Tradicionalmente, o próprio nome de império faz que a gente pensa naturalmente na próxima etapa como a explosão do espaço americano em várias entidades independentes. No entanto, o conteúdo ideológico do sistema imperial americano permite propor uma interpretação radicalmente diferente.

Ao lermos autores como Fukuyama, Friedman ou Shermer (la times [en]), o modelo procurado não se caracteriza pela autoridade de um Estado central, encabeçado por Washington, sobre os recursos do planeta (seria um império nos moldes romanos), mas bem pela existência de várias entidades independentes interligadas – e geralmente imaginadas com a forma de democracias liberais capitalistas. O Império americano se torna então o mero instrumento que permite criar estas entidades independentes, e de pôr-las em relação entre si, pela força se for preciso.

A Cúpula dos BRIC (Brasil, Russia, Índia, China) em Ekaterinburgo não revelou profundas mudanças de perspetivas em frente à necessidade de se repensar o sistema mundial. Ao contrário, a declaração final balança entre duas alternativas (kremlin [en]):

  • A opção dos blocos econômicos está fundamentada em moedas regionais, na escala de um continente ou de qualquer entidade geo-estratégica. O abandono do sistema universal baseado no dólar traz então estruturas regionais e instituições internacionais estendidas, com a inclusão da Índia e do Brasil no Conselho de Segurança da ONU.

  • A opção do sistema internacional, do outro lado, propõe a transformação do sistema americano em uma estrutura internacional – na qual a hegemonia de um Estado particular é eliminada, para um grupo maior. O uso dos Special Drawing Rights do FMI é proposta pela China como base de trabalho em troca do dólar, desde a reunião do G20 em Londres.

Parece então a nova era apresentada algo quase novo – novas cabeças aparecem, como a do presidente brasileiro ou do primeiro ministro indiano. No entanto, quando ela copia no pé da letra o modelo anterior, é possivel perceber o longo caminho que fica pela frente (upasia [en]). Se todo mundo concorda para mudar de sistema, o modelo das democracias liberais independentes ainda está fortemente ancorado nas mentalidades.

Kardashev já falava da dificuldade de passar de um nível para o outro – a diferência entre a energia produzida por um simples planeta (tipo 1) e aquela produzida por uma estrela, por exemplo, supõe uma conquista do espaço bastante séria (tipo 2). Dificuldade material, com certeza, mas sobretudo cultural: é preciso definir uma nova estrutura, cujo objetivo seja realmente o manejo dos recursos naturais na escala global. E repensar a produção de energia.

Por enquanto, o horizonte está limitado na idealização do Estado-Nação.

« O G8 não morreu. » Serguei Lavrov, Ministro russo das Relações Exteriores (ultimo segundo [pt])

Rédigé par synaptique

juin 18, 2009 à 2:24

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Le real, future monnaie unique?

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(fr)

En s’inspirant ouvertement de la politique du gouvernement de Luiz Inácio « Lula » da Silva, le nouveau Président de El Salvador, Mauricio Funes, ouvre une nouvelle brêche en Amérique Centrale (estadão [pt]).

Jusqu’alors, le Brésil était toujours resté sagement hors de la région, et la nouveauté fait pousser des cris de victoire aux partisans de la « troisième voie » du Président brésilien. Troisième, dans le sens où la politique de Brasília diffère de celle de Washington ou de Caracas.

Aucune Initiative Merida (wikipedia [en]), aucune Alternative Boliviarienne (wikipedia [es]), n’a été à ce jour lancée par Brasília. L’influence brésilienne grandit donc dans une sorte de flou, qui fonctionne par exclusion, dans l’espace qui existe entre deux extrêmes de la realpolitik laissée par George Bush et les envolées lyriques de Hugo Chavez.

Cette indéfinition évolue certainement autour du charisme de Lula, et de sa position de médiateur sur différents enjeux, comme la question cubaine au cours du dernier Sommet des Amériques, ou la place de la Colombie d’Uribe face aux autres pays. En mai 2008, peu après la création de l’UNASUL, Lula annonçait :

« Nous allons nous diriger, dans le futur, vers une Banque Centrale unique, pour avoir une monnaie unique. Mais c’est un processus, pas une chose rapide. » (reuters [pt])

Jusque là, pas de flou. Pas de doute. Plus gros pays du continent, le Brésil vise son intégration politique, économique, et même sociale et culturelle. C’est le genre de déclaration qui sort du Forum de São Paulo, un espace de dialogue entre partis de gauche (radicaux ou não) formé dans les années 90 pour s’opposer à Bush Ier. Mais dans le même temps, voici ce qui se passe :

« Le mois passé, le Brésil et l’Argentine ont déjà signé un accord pour substituer le dollar dans les transactions commerciales entre les deux pays. » (forum [pt])

« Lors de la prochaine réunion de l’UNASUL, qui réunit les pays de la région, et qui se déroulera ce semestre, Lula veut présenter à ses partenaires une proposition pour augmenter l’utilisation du real dans les relations entre voisins. » (blog do favre [pt])

Pour comprendre ce flou artistique, il faut garder à l’esprit la volonté de statut du Brésil, qui cherche depuis longtemps à s’affirmer sur la scène internationale. Malheureusement, ni le charisme de Lula ni l’Amazonie – et encore moins les exportations soja – ne vont, à eux seuls, amener les puissances traditionnelles à respecter le pays.

Il faut aussi reconnaître le revers de la pièce, qui est particulièrement visible depuis le début de la crise financière : la fragilité du dollar, et en conséquence, du commerce sur tout le continent.

« Actuellement, pour obtenir un produit chez l’un de nos voisins, il faut suivre un procédure compliquée. L’importateur brésilien doit faire un dépôt dans une banque internationale et payer l’exportateur en dollars. Ensuite, l’argent arrive dans ce pays et il est changé en monnaie locale. De la même façon, l’argent qui arrive au Brésil est converti en reais. Le plus préoccupant, donc, c’est que si il n’y a plus de dollars, comme lors de la crise de change en 2002, il n’y a plus de commerce bilatéral non plus. » (na prática [pt])

« Un marché vraiment unifié, qui est loin d’exister en Amérique du Sud ou même à l’intérieur du Mercosul, appelle naturellement une monnaie unique, ou commune, parce qu’il n’y a plus de sens à maintenir des barrières monétaires et fiscales face à la totale libéralisation de tous les autres types d’échanges de biens et de services [ ...] Mais cela nécessite une certaine convergence entre les politiques macroéconomiques, ce qui est à des années-lumière de se réaliser dans la région, et même à l’intérieur des pays eux-mêmes. » (textos pra [pt])

L’intégration continentale devient donc un élément central dans la politique internationale brésilienne. Or, comme l’a affirmé Lula lui-même, c’est un processus lent. L’utilisation de la monnaie brésilienne, le real, dans les transactions sud-américaines, permettrait d’accelérer toute l’histoire, et de donner ce cher statut au monde politique de Brasília.

Le prix à payer sera celui d’une hégémonie à gérer, semblable à celle des États-Unis qui est tant critiquée.

(pt)

Inspirado abertamente pela política do governo de Luiz Inácio « Lula » da Silva, o novo Presidente de El Salvador, Mauricio Funes, abre uma nova porta no América Central (estadão [pt]).

Até então, o Brasil sempre ficou fora da região, e a novidade faz pular de alegria os partisãos da « terceira via » do Presidente brasileiro. Terceira, no sentido em que a política de Brasília é diferente daquela que existe em Washington ou em Caracas.

Nenhuma Iniciativa Merida (wikipedia [en]), nenhuma Alternativa Bolivariana (wikipedia [es]), jamais foi criada em Brasília. A influência brasileira cresce então em meio à uma tipo de neblina, que funciona por exclusão, no espaço que existe entre os dois extremas da realpolitik herdada de George Bush e as declarações líricas de Hugo Chavez.

Tal indefinição evolue claramante em volta do carisma do Lula, e da sua posição de mdiador em vários temas, como na questão cubana durante a última Cúpul das Américas, ou o papel da Colombia de Uribe em frente aos outros países. Em maio de 2008, pouco tempo após a criação da UNASUL, Lula anunciava :

« Nós vamos caminhar para, no futuro, termos um Banco Central único, para ter moeda única. Agora, isso é um processo, não é uma coisa rápida. » (reuters [pt])

Até então, não tem neblina. Não tem dúvida. Maior país do continente, o Brasil procura a sua integração política, econômica, e até social e cultural. É o tipo de declaração que saí do Fóro de São Paulo, um espaço de diálogo entre partidos de esquerda (radical ou não) formado no anos 90 para opôr-se à política do Bush. Mas ao mesmo tempo, acontece o seguinte :

« No mês passado, Brasil e Argentina já firmaram acordo de substituição do dólar nas transações comerciais entre os dois países. » (forum [pt])

« Na próxima reunião da Unasul, que agrega os países da região, ainda neste semestre, Lula quer apresentar aos parceiros uma proposta que pode ampliar o uso do real nas relações entre os vizinhos. » (blog do favre [pt])

Para entender este fosco artístico, é preciso lembrar que o Brasil está a procura de um estatuto, e que ele quer se afirmar na cena internacional há muito tempo. Infelizmente, nem o carisma do Lula nem a Amazônia – e ainda menos as exportações de soja – vão levar assim as potências tradicionais a respeitar o país.

É preciso reconhecer o outro lado da moeda, que se torna particularmente visível desde o início da crise financeira: a fraqueza do dólar e, consequentemente, do comercio no continente todo.

«Atualmente, para adquirir produtos de nossos vizinhos, um processo complexo tem de ser seguido. O importador brasileiro precisa efetuar depósito em um banco internacional e pagar o exportador em dólares. Depois os dólares chegam nesses países e são convertidos na moeda local. Da mesma forma, chegam ao Brasil e são convertidos em reais. O mais preocupante, no entanto, é que se não houver dólares, como no caso da crise cambial de 2002, não há comércio bilateral. » (na prática [pt])

« Um mercado verdadeiramente unificado, o que está longe de ser o caso da America do Sul e sequer do Mercosul, “chama”, naturalmente, uma moeda unica, ou comum, pois que nao faz sentido continuar com “barreiras” monetarias e cambiais em face da total liberalizacao de todos os demais tipos de fluxos de bens e servicos transfronteiricos e intercambios transnacionais (capitais, tecnologia, pessoas, know how etc). Ocorre que isto requer convergencia de politicas macroeconomicas, o que está a anos-luz de se realizar entre os paises da regiao e até mesmo DENTRO dos proprios paises. » (textos pra [pt])

A integração continental se torna então um elemento central na política internacional brasileira. No entanto, como o Lula afirmou, trata-se de um processo lento. O uso da moeda brasileira, o real, no comércio sul-americano poderia accelerar toda esta história, e dar aquele estatuto tão procurado pelo mundo político de Brasília.

O preço a pagar é a necessidade de gerenciar a hegemonia, que se tornará inevitavelmente parecida à dos Estados Unidos, tão criticada.

Rédigé par synaptique

juin 9, 2009 à 2:30

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Pendant ce temps, à Trinidad et Tobago…

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(fr)

Le Sommet des Amériques va rassembler tous les chefs d’État de l’hémisphère occidental. L’année passée, à Mar del Plata en Argentine, les choses s’étaient plutôt mal passées et le Président américain avait été forcé de repartir avec son projet de zone de libre échange continental (ALCA).

Cette année, les choses risquent d’être un peu différentes. Pour deux motifs: d’abord, parce que l’ALCA a l’air d’avoir été mise au frigo, du moins pour quelques temps. Ensuite, parce que Barack Obama n’a pas encore été directement confronté à ses homologues du continent. Jusqu’à présent, les missions de politique étrangère américaine se sont dispersées partout sur la planète, sauf ici dans le sud. Certains se sont croisés au G20, sans avoir l’opportunité d’échanger autre chose que des mondanités.

À Trinidad et Tobago, le Président américain va se retrouver face au bloc formé par tous les gouvernements de gauche et centre-gauche, qui ont une attitude critique vis-à-vis de l’hégémonie de Washington. Et l’un des points qu’ils entendent aborder, c’est la situation de Cuba, qu’il ont eux-mêmes réintégrée dans quelques institutions lors du sommet de la Costa do Sauípe.

Au delà de la question cubaine, le projet de la Déclaration de Port d’Espagne est un manifeste à la gloire de l’évidence. On y rappelle à quel point les pays du continent sont tenus de réduire la pauvreté, de combattre la discrimination, de répandre les service de santé, etc… Le risque est grand, donc, de répéter une 100ème fois ce que tout le monde sait déjà. La Déclaration prévoit tout de même l’organisation de réunions entre les ministres de tous les pays pour travailler spécifiquement sur chaque thème. C’est une chose qui n’a jamais été tentée, mais qui viendrait dédoubler les nouvelles institutions de l’Amérique Latine (UNASUR, UAC, Parlement…) D’après le National Security Council américain, des discussions ont préparé l’évènement (pt):

“Le coeur de la conversation a été de garantir que le Sommet se concentre sur des questions pragmatiques et sur les manières de former des partenariats efficaces dans une série de domaines – la crise économique, l’énergie, le futur du climat, la sécurité des citoyens.”

Il est probable, cependant, que la réunion servira de simple tribune médiatique. Mise à part la réintégration de Cuba, il n’y a pas de projet sur la table, pas vraiment de sujet à traiter. Au sud du Rio Grande, un projet est en train de se reconstruire de manière autonome, auquel Obama va difficilement pouvoir se joindre. Il cherchera sans doute à combler le fossé creusé pendant les huit années précédentes, pour montrer que les USA sont encore capables de faire autre chose que shooter dans une fourmillière.

(pt)

A Cúpula das Américas vai juntar todos os Chefes de Estado do hemisferio ocidental. No ano passado, em Mar del Plata na Argentina, nada funcionou e o Presidente americano teve que ir embora junto com o seu projeto de área de livre comercio continental (ALCA).

Este ano, poderia acontecer de uma maneira um pouco diferente. Por duas razões: primeiro, porque a ALCA parece ter ficado na geladeira, pelo menos por algum tempo. Segundo, porque Barack Obama ainda não enfrentou direitamente os seus colegas do continente. Até hoje, as missões de política exterior dos Estados Unidos se espalharam em todos os cantos do planeta, menos aqui no sul. Alguns se encontraram no G20, sem poder trocar mais que cortesias.

Em Trinidad e Tobago, o Presidente americano vai ficar em frente ao bloco formado por todos os governos de esquerda e centro-esquerda, que tem uma visão crítica da hegemonia de Washington. E um assunto que eles querem discutir, é a situação de Cuba, que eles mesmos reintegraram em algumas instituições na Cúpula da Costa do Sauípe.

Além da questão cubana, o projeto de Declaração de Porto de Espanha é um manifesto à glória da evidência. Nele lembram quanto todos os países do continente tem o compromisso de reduzir a pobreza, combater as discriminações, desenvolver os serviços de saúde, etc… O risco é grande, então, de ver se repetir pela 100 vez o que todo mundo já sabe. A Delcaração prevê também a organização de reuniões entre ministros de todos os pays para trabalhar especificamente sobre cada tema. Isto é uma coisa nova, mas ela pode vir desdobrar as novas instituições da América Latina (UNASUR, UAC, Parlamento…). Segundo o National Security Council americano, negociações prepararam o evento (pt):

“O cerne da conversa foi como garantir que cúpula se concentre em questões pragmáticas e como formar parcerias eficientes em uma série de áreas – crise econômica, energia e futuro do clima, segurança dos cidadãos”

É provável, no entanto, que a reunião servirá apenas de tribuna midiatica. Fora a reintegração de Cuba, não tem projeto na mesa, não tem verdadeiro assunto para tratar. Ao sul do Rio Grande, um projeto está construindo-se de maneira autônoma, no qual Obama dificilmente vai entrar. Pelo menos, buscará reduzir o vácuo criado no oito últimos anos, para mostrar que os EUA ainda estão capazes de fazer outra coisa que chutar num formigueiro.

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Rédigé par synaptique

avril 17, 2009 à 5:36

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G20: Des milliards pour le FMI

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(fr)

Publié avant l’annonce de la déclaration des membres du G20, cet article de Warden Bello, de Focus on the Global South (en) et du Third World Network (en), s’intéresse au Fond Monétaire International. Curieusement, c’est justement sur le FMI que les mesures du G20 se sont concentrées: il verra son budget élevé 750 milliards de dollars, et gagnera 250 milliards supplémentaires pour financer la reprise du commerce mondial… L’original est publié sur le site de Focus on the Global South (en) :

“Tout d’abord, la question de la représentation continue à fortement concerner le Sud global. Jusqu’ici, quelques modifications marginales ont été faites dans l’allocation du droit de vote au FMI. Malgré les demandes pour plus de voix pour les membres issus du Sud global, les pays riches sont toujours surreprésentés au niveau de l’exécutif du Fond, et les pays en développement, notamment ceux d’Asie et d’Afrique, sont largement sous-représentés. L’Europe occupe un tiers des charges exécutives, et en appelle au droit féodal pour qu’un Européen occupe la place de directeur. Les États-Unis, pour leur part, disposent d’environ 17% des votes, ce qui leur donne un droit de véto.

De plus, les performances du FMI au cours de la crise asiatique de 1997 ont torpillé sa propre crédibilité. Le FMI a participé activement à l’avènement de la crise en poussant les pays asiatiques à éliminer leur contrôle sur les capitaux et à libéraliser leurs secteurs financiers, favorisant tant l’entrée massive de capital spéculatif que leur sortie déstabilisante aux premiers signes de la crise. Le Fond a ensuite poussé les gouvernements à diminuer leurs dépenses, suivant la théorie que c’était l’inflation qui posait problème, quand au contraire, il aurait dû les pousser à de plus grandes dépenses publiques pour contrer la chute du secteur privé. Cette mesure pro-cyclique a fini par accélérer la chute régionale vers la récession. Finallement, les milliards de dollars des fonds de sauvetage du FMI n’ont pas sauvé les économies en crise, mais ils ont compensé les pertes des institutions financières étrangères – un développement qui est devenu un cas d’école de « danger moral » ou d’incitation à une attitude irresponsable.

La Thailande a remboursé le FMI en 2003 et a déclaré son « indépendance financière ». Le Brésil, le Vénézuela et l’Argentine ont suivi, puis l’Indonésie a annoncé son intention de rembourser sa dette le plus vite possible. D’autres pays ont aussi décidé de rester à l’écart, en construisant des réserves externes pour se protéger des risques, plutôt que de prendre de nouveaux emprunts du FMI. Ce qui a mené celui-ci à une crise budgétaire, puisque la plupart de ses revenus venaient du paiement de la dette par les plus gros pays en développement.

Les partisans du Fond disent que le FMI voit enfin les mérites de dépenses déficitaires et que, comme Richard Nixon, il peut maintenant dire « Nous sommes tous Keynésiens à présent ». Beauoup de critiques n’approuvent pas. Eurodad, une ONG qui analyse les emprunts du FMI, estime que le Fond applique toujours des conditions onéreuses à ses prêts aux pays en développement. Les prêts les plus récents incitent toujours à la libéralisation financière et banquière. Et malgré le récent succès du stimulus fiscal – avec certains pays, comme les USA, encourageant les gouvernements à augmenter leurs dépenses jusqu’à au moins 2% de leur PIB – le FMI exige encore que ses emprunteurs aux revenus les plus bas maintiennent leur déficit inférieur à 1% du PIB.

Enfin, il y a la question de savoir si le Fond sait bien ce qu’il est en train de faire. L’un des facteurs-clés discréditant le FMI réside dans sa quasi totale incapacité à anticiper la crise financière actuelle. À la conclusion de sa consultation en 2007 aux États-Unis, le FMI a déclaré que « le système financier a montré une force impressionnante, notamment à propos des récentes difficultés dans le marché des hypothèques subprime. » Bref, le Fond n’a pas seulement misérablement manqué à sa propre politique de prescriptions, mais malgré ses supposés économistes de haut niveau, il s’est cruellement trompé dans ses responsabilités de surveillance.”

(pt)

Publicado antes do anuncio da declaração dos membros do G20, este artigo de Warden Bello, do Focus on the Global South (en) e do Third World Network (en), trata do Fundo Monetário Internacional. Curiosamente, é justamente sobre o FMI que as medidas do G20 se concentraram: terá um orçamento de 750 bilhões de dólares, com 250 outros bilhões para financiar a retomada do comércio mundial… O original do artigo está publicado no site de Focus on the Global South (en):

“Primeiro, a questão da representação levanta muita preocupação no Sul global. Até agora, mudanças marginais foram feitas em relação à distribuição do direito de voto no FMI. Mesmo com pedidos de maior poder de voto para os membros do Sul global, os países ricos estão ainda super-representados na direção executiva do Fundo e os países em desenvolvimento, especialmente os da Ásia e da África, estão muito sub-representados. A Europa possui um terço dos cargos executivos e ainda exige o direito feudal de ter um Europeu sempre ocupando o cargo de diretor. Os Estados Unidos, por sua parte, tem quase 17% dos votos, equivalendo a um veto.

Segundo, as performances do FMI durante a crise asiática de 1997 afundaram mais que tudo, a sua credibilidade. O FMI ajudou a criar a crise, empurrando os países asiáticos em eliminar o controle dos capitais e liberalizar os setores financeiros, promovendo tanto uma entrada maciça de capital especulativo quanto a sua saída desestabilizadora nos primeiros sinais de crise. Depois, o Fundo incentivou os governos a cortar os gastos públicos, seguindo a teoria que dizia que a inflação era o problema, quando deveria ter incentivado maiores gastos para enfrentar o colapse do setor privado. Esta medida pró-cíclica acabou acelerando a entrada regional em recessão. Finalmente, os bilhões de dólares dos fundos de resgate do FMI não resgataram as economias caindo, e sim compensou as perdas das instituições financeiras estrangeiras – uma situação que se tornou exemplo perfeito de “perigo moral” ou de incentivo à irresponsabilidade.

A Tailândia reembolsou o FMI em 2003 e declarou a sua “independência financeira”. O Brasil, a Venezuela e a Argentina seguiram, e a Indonésia também declarou a sua intenção de reembolsar a sua dívida o mais cedo possível. Do mesmo modo, outros países decidiram se afastar, preferindo constituir as suas reservas externas para se proteger dos riscos, em vez de pedir novos empréstimos ao FMI. Isso levou a crise orçamentária do FMI, já que a maioria da sua renda vem do pagamento da dívida pelos maiores países em desenvolvimento.

Os defensores do Fundo dizem que o FMI enxergue hoje os méritos dos gastos públicos maciços e que, como Richard Nixon, pode agora dizer “Somos todos Keynesianos.” Muitos críticos discordam. Eurodad, uma ONG que análise os empréstimos do FMI, declara que o Fundo ainda vincula condições onerosas aos seus empréstimos para países em desenvolvimento. Os empréstimos recentes do FMI ainda incentivam as liberalizações das finanças e dos bancos. Embora o sucesso atual dos estímulos fiscais – alguns países, como os Estados Unidos, promovendo as despesas de estímulo até 2% do PIB – o FMI ainda requer que seus devedores não ultrapassem 1%.

Finalmente, tem a questão de saber se o Fundo sabe o que ele está fazendo. Um dos fatores para o descrédito do FMI está na sua quase total incapacidade de antecipar a crise financeira atual. No final da sua consulta em 2007 nos Estados Unidos, o FMI afirmou que “o sistema financeiro mostrou uma força impressionante, inclusive em frente às dificuldades recentes no mercado das hipotecas subprime.” Em breve, o Fundo não só errou miseravelmente nas suas prescrições, mas contando até com supostos economistas de alto nível, se deu mal nas suas responsabilidades de controle.”

Rédigé par synaptique

avril 3, 2009 à 10:06

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G20: La fin d’un cycle?

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(fr)

Nous sommes à quelques heures de nous mettre d’accord sur un plan global de récupération économique et de réforme (en).

Cette fois c’est clair, comme le dit Gordon Brown, ils vont nous sortir de la crise. C’est à Londres que ça va se passer. Et d’une certaine façon, c’est à Londres que ça devait se passer. Depuis toujours. Comme une histoire qui en revient à son point de départ, pour se reposer la question de fond. Et selon la réponse qu’on va donner, tout va changer. Ou pas. Ou les deux.

Qui sait?

Parce que le problème n’a commencé à prendre une vraie ampleur que pendant la seconde moitié du XXème siècle. En quelques décennies, un ordre s’est inversé, et des compagnies sont devenues plus puissantes que des États. Les instruments de régulation, quant à eux, sont restés dans les mains des gouvernements : les impôts, la loi… Et les compagnies ont commencé à voler au-dessus. Bien sûr, elles sont restées attachées à la législation en vigueur à l’endroit où elles sont installées. Certains États l’ont d’ailleurs mieux compris que d’autres, comme la Suisse, le Luxembourg, Hong Kong ou les îles Caymans…

Et c’est là qu’on en est. Devant les dégâts provoqués partout sur la planète par une série de compagnies, la tentation est forte de revoir catégoriquement une situation où le niveau le plus haut du pouvoir est occupé par des forces privées.

La régulation peut prendre deux formes :

  • Une “action coordonnée” de l’ensemble des États considérés comme les plus importants de la planète. Il y a la tendance relax, proposée par les États-Unis, la Grande-Bretagne et leurs suivants, et la tendance stricte qui regroupe la France et l’Allemagne, ainsi que le Brésil.

  • L’installation d’un nouveau niveau, supra-national, qui permette de réguler les compagnies d’une manière globale et uniforme. C’est une option qui est privilégiée par la Commission des Nations Unies présidée par Joseph Stiglitz, en proposant des institutions globales de régulation financière :

Alors qu’il s’agit d’une crise globale, les réponses sont entreprises par des gouvernements nationaux, qui cherchent assez naturellement à s’occuper d’abord des intérêts de leurs propres citoyens. [...] En se concentrant sur le national, par opposition aux impacts globaux, le stimulus global est réduits – et la récupération affaiblie (en).

Le G20 lui-même n’est pas une assemblée légitime pour prendre une décision globale. C’est donc naturellement la première forme de régulation qui est sur la table. Sur le devant de la scène, deux mesures phares: les paradis fiscaux, et les gros salaires des banquiers. Comme le rappellent Eric Toussaint et Damien Millet, la notion de “paradis fiscal” est plutôt vague, et la majorité des régions qui ont des politiques fiscales laxistes, comme la City elle-même, seront royalement ignorées (fr).

Que reste-t-il? Ce qui existe déjà, et notamment le vieux système de Bretton Woods, vidé de son essence par les États-Unis dans les années 70, et de son sens par les crises à répétition des années 90. Pour plaire à certains, le FMI pourrait être réorganisé, avec une plus grande participation de pays comme ceux du BRIC (pt). La Banque Mondiale annonce un paquet de 50 milliards supplémentaire pour soutenir le commerce mondial – ridicule à côté de l’annonce par le seul Japon d’un nouveau stimulus de 600 milliards (en).

Au-delà des effets d’annonce et des déclarations d’intention, il reste une constante. L’étrange sensation que la pièce de théâtre montée par les participants au sommet a été écrite à l’avance. Avec un concert de U2 à la fin, pour satisfaire tout le monde. Si c’est le cas, il ne restera que la pression de la rue pour parvenir à construire quelque chose de différent.

(pt)

Estamos à poucas horas de concordar em um plano global de recuperação econômica e de reforma (en).

Desta, esta claro, como falou Gordon Brown, eles vão nos sair daquela crise. Vai acontecer em Londres. De algum modo, tinha que acontecer em Londres. Desde sempre. Como uma história que volta ao ponto de partida, para fazer a pergunta crucial. Segundo a resposta, tudo vai mudar. Ou não. Ou os dois.

Quem sabe?

Porque o problema começou apenas a se tornar importante na segunda metade do século XX. Em poucas décadas, uma ordem se inverteu, e companhias se tornaram mais poderosas que Estados. Os instrumentos de regulação, ficaram nas mãos dos governos: impostos, lei… Et as companhias começaram a voar por cima. Naturalmente, ainda estavam ligadas à legislação do lugar onde se instalaram. Alguns Estados entenderam isso melhor do que outros, como é o caso da Suíça, do Luxemburgo, de Hong Kong ou das ilhas Caymã…

É bem aí que estamos. Em frente aos estragos provocados no planeta todo por uma série de companhias, a tentação é forte de rever categoricamente uma situação onde o nível o mais alto do poder é ocupado por forças privadas.

A regulação pode tomar duas formas:

  • Uma “ação coordenada” do conjunto de Estados considerados como os mais importantes do planeta. Tem a tendência tranquila, proposta pelos Estados Unidos, o Reino Unido e seus seguidores, e a tendência estrita, que junta a França, a Alemanha, assim como o Brasil.

  • A instalação de um novo nível, supra-nacional, que permita regular as companhias de um modo global e uniforme. É uma opção escolhida pela Comissão das Nações Unidas presidida por Joseph Stiglitz, com a criação de instituições globais de regulação financeira :

Enquanto trata-se de uma crise global, as respostas estão levadas por governos nacionais, que buscam bastante naturalmente a cuidar primeiro dos interesses dos seus cidadãos. [...] Concentrando-se no nacional, por oposição aos impactos globais, o estímulo global é reduzido – e a recuperação enfraquecida (en).

O G20 não é mesmo nenhuma assembléia legítima para tomar uma decisão global. A primeira forma de regulação instala-se naturalmente na mesa. Na frente das câmeras, duas medidas centrais: os paraísos fiscais e os salários pesados dos banqueiros. Como lembram Eric Toussaint e Damien Millet, a noção de “paraíso fiscal” é muito vaga, já que a maioria das regiões que têm uma política fiscal relaxada, como a própria City de Londres, ficarão simplesmente fora da cogitação (fr).

O que sobra? O que já existe, ou seja, o velho sistema de Bretton Woods, esvaziado pelos Estados Unidos nos anos 70 e envergonhado nas crises repetidas dos anos 90. Para agradar alguns, o FMI poderia ser reorganizado, com maior participação dos países do BRIC (pt). O Banco Mundial anuncia um pacote de 50 bilhões adicionais para apoiar o comercio mundial – ridículo em comparação com o novo estímulo de 600 bilhões do governo japonês (en).

Além dos efeitos de anuncio e das declarações de intenção, ainda tem uma constante. A estranha sensação de que a peça de teatro montada pelos participantes da cúpula já está escrita. Com um show do U2 no final, para satisfazer todo mundo. Se for assim, só restará a pressão da rua para conseguir construir alguma coisa diferente.

Rédigé par synaptique

avril 2, 2009 à 1:04

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De Cancún à Londres

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(fr)

À Cancún, lors de la Conférence Ministérielle de 2003, l’Organisation Mondiale du Commerce a vécu son premier revers. À l’époque, le bloc du G20 (à ne pas confondre avec l’actuel G20, qui va se réunir à Londres pour sauver la planète) avait rassemblé suffisamment de forces pour faire tomber les négociations. Le but est clair :

Le groupe est né avec l’objectif d’essayer, comme il l’a fait, d’empêcher que le résultat à Cancún soit pré-déterminé, et d’ouvrir un nouvel espace pour les négociations sur l’agriculture. À cette occasion, le principal objectif du groupe a été de défendre des résultats dans les négociations agricoles qui reflètent le niveau d’ambition du mandat de Doha et les intérêts des pays en développement (pt).

Lors de la dernière Conférence Ministérielle de Genève, cinq ans plus tard, le Brésil a décidé de s’opposer aux positions tenues par l’Inde, l’Argentine et la Chine, et de se ranger en faveur de l’accord qui était sur la table. Comment expliquer cette situation ? Que s’est-il passé depuis Cancún ?

Tout d’abord, il faut rappeler que le Brésil appartient aussi au Groupe de Cairns, qui rassemble depuis 1994 les principaux pays exportateurs agricoles (presque toute l’Amérique du Sud, mais aussi le Canada, l’Autralie et le Pakistan). Leur position commune est évidemment de s’opposer aux subsides versés aux agriculteurs des États-Unis, de l’Union Européenne ou du Japon. Samuel Pinheiro Guimarães résume les objectifs brésiliens comme ceci :

En 1994, l’argument du gouvernement, des médias et des milieux académiques, était que la création de l’OMC amènerait des avantages extraordinaires pour le Brésil. Le Brésil augmenterait énormément ses exportations, et deviendrait l’un des principaux exportateurs agricoles du monde. Les nouvelles règles sur la propriété intellectuelle permettraient au Brésil de gérer et d’exporter as technologique (pt).

Le profil de l’agriculture brésilienne lui donne pourtant un autre regard sur la situation. Sa production agricole est largement excédentaire, et donc exportatrice, dans de gros secteurs, tels que le soja, le sucre et le maïs, et dans une moindre mesure, la viande (pt). Au contraire, l’Inde ou la Chine, qui sont d’énormes producteurs, mais dont la population est tout aussi gigantesque. Bref, au Brésil, les objectifs en matière d’agriculture n’ont pas d’effet direct sur l’ensemble de la population, ce qui permet à sa politique extérieure une plus grande marge de manoeuvre. L’arrêt des subsides peut y être considéré comme un but en soi, et quand la Secrétaire au Commerce américaine, Susan Schwab, a finalement proposé de limiter les subsides à 80% de leur niveau de l’année antérieure, le Brésil aura vu là une bonne occasion de remplir ses propres objectifs (en).

Aujourd’hui, Celso Amorim appelle à la reprise des négociations de Doha : « Doha n’est pas un gros accord de libre commerce, mais un changement de règles pour le mieux, pour tout le monde. Il vise, principalement, à parvenir à l’élimination des subsides, à implémenter un système libre de quotas et de tarifs pour les pays pauvres, et renforcer le système multilatéral, qui renforce aussi la paix. » (pt). Que dire alors de l’AGCS, de l’ADPIC ou des matières de Singapour (fr).

D’ailleurs, en parlant d’investissement et de finances, un autre G20 va se retrouver cette semaine à Londres pour discuter de nouvelles règles, nécessaire à la poursuite des affaires du monde libre. Le résultat risque d’être éclairant sur la réalité du « changement de règles ».

(pt)

Em Cancún, durante a Conferência Ministerial de 2003, a Organização Mundial do Comercio vivenciou o seu primeiro fracasso. Na época, o grupo do G20 (a não confundir com o atual G20, que vai se reunir em Londres para salvar o planeta) tinha juntado bastante força para desviar as negociações. O objetivo era claro:

O Grupo nasceu com o objetivo de tentar, como de fato o fez, impedir um resultado predeterminado em Cancun e de abrir espaço para as negociações em agricultura. Naquela ocasião, o principal objetivo do Grupo foi defender resultados nas negociações agrícolas que refletissem o nível de ambição do mandato de Doha e os interesses dos países em desenvolvimento (pt).

Durante a última Conferência Ministerial em Genebra, cinco anos depois, o Brasil resolveu se opor às posições da Índia, da Argentina e da China, e se posicionar a favor do acordo que estava na mesa. Como explicar tal situação? O que aconteceu depois de Cancun?

Primeiro, é preciso lembrar o fato que o Brasil pertence também ao Grupo de Cairns, no qual os principais exportadores agrícolas estão juntos desde 1994 (quase toda a América do Sul, o Canadá, a Austrália e o Paquistão…). A posição deste grupo de opor-se aos subsídios pagos aos agricultores nos Estados Unidos, na União Européia ou no
Japão. Samuel Pinheiro Guimarães resume os objetivos brasileiros:

Em 1994, o argumento do governo, da mídia e da academia foi de que a criação da OMC traria extraordinárias vantagens para o Brasil. O Brasil aumentaria enormemente suas exportações e se transformaria em um dos principais exportadores agrícolas do mundo. As novas regras sobre patentes permitiriam ao Brasil gerar e exportar tecnologia (pt).

No entanto, o próprio perfil da agricultura brasileira proporciona um outro olhar na situação. A sua produção tem muitos excedentes, e se torna exportadora em setores importantes como a soja, o açúcar e o milho, assim como também as carnes (pt). Ao contrário da Índia e da China, enormes produtores também, cujas populações são gigantes. Enfim, no Brasil, os objetivos agrícolas não têm efeitos direitos na maioria da população, permitindo uma política exterior muito mais livre. O fim dos subsídios pode ser considerado como um objetivo em si, e quando a Secretária ao Comercio americana, Susan Schwab, falou que limitaria os subsídios a 80% do valor do ano anterior, foi bastante para a diplomacia brasileira, mas não para a indiana (en).

Hoje, Celso Amorim propõe a retomada das negociações de Doha: “Doha não é um grande acordo de livre comércio, mas uma mudança de regras para melhorar para todos. Visa, principalmente, chegar à eliminação de subsídios, implementar um sistema livre de cotas e tarifas para os países pobres e o reforçar o sistema multilateral, que fortalece, inclusive, a paz” (pt). O que dizer então do Acordo Geral sobre o Comercio de Serviços, ou do Acordo sobre Direitos de Propriedade Intelectual relativos ao Comercio, ou das matérias de Cingapura? (fr).

Falando de investimento e finanças, um outro G20 vai se reunir esta semana em Londres, para discutir de novas regras, necessárias à boa marcha dos negócios do mundo livre. O resultado será esclarecedor em relação à aquela “mudança de regras”.

Rédigé par synaptique

mars 28, 2009 à 6:50

Sur les prisonniers politiques

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(fr)

L’idée m’était venue parce qu’un ami était rentré – heureux, mais surtout libre – de Cuba. Au même moment, j’ai vu un reportage énumérant le nombre de prisonniers politiques détenus sur l’île. Ce qui en soit, n’est pas très exceptionnel.

Mais j’ai pensé à une chose. C’est tout de même incroyable comme ils enferment facilement, là-bas. Ici, comme d’ailleurs en Belgique, tout ce qui est lié de près ou de loin à la politique échappe de la détention avec la même prestence qu’on y tombe dans les Caraïbes.

Il suffit de voir les trois Guy, ces fameux hommes politiques belges qui ont plongé quand ils se sont fait acheter pour une vente d’hélicoptères Agusta (fr). L’un d’entre eux vient de publier un éminent livre sur le prétendu caractère socialiste de Monsieur le Président Obama. De l’autre côté de l’Atlantique, on nage en plein surréalisme, au coeur de l’enquête sur Daniel Dantas, visiblement lié à l’ensemble de la classe politique, qui avait déjà été libéré par habeas corpus (pt), et qui vient d’avoir ses biens aux États-Unis débloqués par la justice (pt). Aujourhui, on ne parle plus que des abus de pouvoir commis par l’inspecteur au cours de l’enquête.

Depuis deux jours, je me suis demandé comment je pourrais aborder les choses. On peut dire qu’il y a peu de points commun entre un journaliste qui écrit un article contraire au régime, et un parlementaire véreux. L’un publie un avis – peut-être faux, mais est-ce le plus important – tandis que l’autre trompe directement son électorat. Mais ils ont tous les deux un impact sur la société, ce qu’on peut appeler un acte politique, surtout à partir du moment où la société a quelque chose à dire.

Il faut en premier lieu noter que la notion de prisonnier politique ou d’opinion n’existe pas sur le plan juridique interne ou international et qu’aucun pays n’avait jusqu’à présent reconnu la persécution de ses adversaires politiques ou leur condamnation pour leurs opinions. Le statut de prisonnier politique n’existe nul part. Le seul statut particulier reconnu aux prisonniers jusqu’à présent est le statut de prisonniers de guerre élaboré par les Conventions de Genève sur la question depuis le début du siècle dernier (fr).

D’après Amnesty, les prisonniers politiques proprement-dit ont utilisé la violence, ou ont incité d’autres à l’utiliser, pour exposer leurs idées. Les prisonniers d’opinion, quant à eux, se sont exprimé pacifiquement. Ce sont eux que l’ONG cherche à libérer partout dans le monde (fr).

Où faut-il caser ceux qui détournent des fonds publics ? Alors que cela constitue un acte politique, la corruption est assimilée à un crime de droit commun – comme un vol à l’étalage – avec tous les recours que cela entraîne: de toute façon, le Conseil de l’Europe rappelle que là où il y a des prisonniers politiques (pour rappel, un terme non défini légalement), il n’y a pas de démocratie. Peut-être a-t-on peur du fait que, si on revient avec la notion de “crime politique”, c’est la porte ouverte aux régimes totalitaires… En attendant qu’on trouve une réponse, c’est la porte de la prison qui reste ouverte pour tous ces gens-là. Même à Cuba.

(pt)

A idéia me apareceu porque um amigo meu voltou – feliz, mas, sobretudo livre – de Cuba. No mesmo momento, eu assisti uma reportagem contabilizando o número de prisioneiros políticos detidos na ilha. Em si, isto não é tão excepcional.

Mas pensei em uma outra coisa. É uma coisa simplesmente inconcebível como eles colocam facilmente na cadeia por aí. Aqui, como na Bélgica, tudo o que fica ligado à política, de perto ou de longe, escapa da detenção com tanta velocidade quanto se cai nela no Caribe.

Basta ver os três Guy, aqueles famosos políticos belgas que mergulharam quando foram pegos por serem comprados em uma venda de helicópteros Agusta (fr). Um deles acaba de publicar um livro proeminente sobre o pretendido caráter socialista do Senhor Presidente Obama. Do outro lado do Atlântico, nadamos em pleno surrealismo, com a investigação sobre Daniel Dantas, visivelmente ligado a toda classe política, que já tinha sido liberado por hábeas corpus (pt) e que teve agora seus bens liberados pela Justiça americana (pt). Hoje, só se fala sobre os abusos cometidos pelo delegado, durante a investigação.

Há dois dias que eu me perguntava como abordar o assunto. Pode se dizer que tem pouca semelhança entre um jornalista que escreve um artigo contrário ao regime, e um político ladrão. O primeiro apenas exprime uma opinião – mesmo se for falsa, afinal nem é tão importante – enquanto o outro engana direitamente o eleitorado. Ambos têm uma influência na sociedade, que podemos chamar de ato político, sobretudo quando a sociedade tem algo a dizer.

Primeiro é preciso anotar que a noção de prisioneiro político ou de opinião não existe no plano jurídico interno ou internacional e que nenhum pais jamais reconheceu até hoje a perseguição dos seus adversários políticos ou a condenação deles por causa das suas opiniões. O estatuto de prisioneiro político não existe em lugar nenhum. O único estatuto particular reconhecido para um prisioneiro é o de prisioneiro de guerra, elaborado pelas Convenções de Genebra no início do último século (fr).

Segundo Amnesty, é preciso fazer duas categorias. Os prisioneiros políticos usaram a violência, ou incentivaram o uso da violência, para expor as suas idéias. Os prisioneiros de opinião, por sua parte, se exprimiram pacificamente. São eles que a ONG busca libertar no planeta todo (fr).

Onde será que devemos pôr os que desviam fundos públicos? Embora isso constitua um ato político, a corrupção é assimilada a um crime comum – igual ao furto – com todos os recursos que permite: de qualquer modo, o Conselho da Europa lembra que onde têm prisioneiros políticos (lembrando, um termo que não é definido legalmente), não há democracia. Talvez temam o fato de que, se voltamos com o conceito de “crime político”, a porta estará aberta para os regimes totalitários… Enquanto não achamos uma resposta, é a porte do penitenciário que fica aberta para todas estas pessoas. Até em Cuba.

Rédigé par synaptique

mars 24, 2009 à 11:56

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Unger, Lander et Bolívar: le coeur de l’intégration sud américaine

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Français

Pour continuer sur le sujet du continent sud américain, voici un extrait d’une interview de Roberto Mangabeira Unger, Ministre des Affaires Stratégiques brésilien, publiée dans El Pais:

« Au projet d’union sud-américaine, il manque un coeur, un cerveau. Ce n’est que squelette, structure, il n’a pas d’esprit. L’UE avait deux prémices: être un projet de paix perpétuelle, pour mettre fin au siècle des guerres européennes, et être un grand espace de modèle d’organisation sociale et économique différente du modèle américain. Nous n’avons pas encore construit en Amérique du Sud un contrepartie à cela; on parle de commerce, d’intégration énergétique et logistique, mais on n’aborde pas le plus important: quel est ce nouveau projet, quel est notre chemin dans le monde. Je crois que l’affirmation de ce modèle ou de cette trajectoire au Brésil, de loin le pays le plus prépondérant en Amérique du Sud, pourra donner un coeur, un cerveau, au projet d’union sud-américaine. » (original en es)

Un second extrait; plus ancien, du sociologue vénézuélien Edgardo Langer :

« Il n’y a rien dans l’idée d’intégration en soit que nous puissions considérer comme favorable pour le futur des peuples du continent. Il ne suffit pas que l’intégration soit latino-américaine ou sud-américaine pour qu’elle corresponde aux intérêts de ces peuples. Tout dépend du modèle d’intégration en question. Qui l’impulse, pourquoi, pour qui, en fonction de quels intérêts et de quelles valeurs le dessine-t-on? » (fr)

Edgardo Lander explique encore que la logique de croissance actuelle s’est basée sur les exportations, et l’insertion dans l’économie globale, sous la pression des États-Unis et de l’Union Européenne. Comme chez Unger, on trouve donc un modèle fondamentalement anti-capitaliste. Dans leur interprétation, l’Amérique du Sud se situe aujourd’hui par rapport aux États-Unis à la même place qu’elle s’est située face à l’Espagne à l’époque de Simón Bolívar:

« Les Américains, dans le système espagnol en vigueur, et peut-être avec plus de force que jamais, n’occupent pas d’autre place dans la société que celle de serfs à peine bons pour le travail, et tout au plus celui de consommateur. » (original en es)

C’est pourtant face à ce constat que se joue toute la portée d’un projet d’intégration sud-américaine. Celui de Simón Bolívar, aussi judicieux qu’il ait été à son époque, a été absorbé par la Doctrine Monroe au début des années 1920 – un siècle plus tard. C’est-à-dire, la réapparition d’un nouveau système dans lequel le continent a retrouvé une place de simple producteur de matières premières, et de consommateur de produits importés. Bolívar lui-même, dans sa Carte de Jamaïque, parlait de la difficulté de maintenir un système en équilibre, sans qu’il ne plonge dans l’absolutisme.

Pas plus qu’au XIXe siècle sans doute, le coeur du projet actuel d’intégration sud-américaine n’est à chercher ni à Madrid, Lisbonne ou Washington, ni chez Obama, Chavez ou Lula. L’hypothèse du « roi bénévole » rejoint celle du « bon sauvage » dans les archives de l’angélisme. Un modèle d’organisation sociale, tel que l’annonce Unger, peut-il se construire sous l’instruction d’un maître? L’Union Européeenne montre qu’une telle structure ne peut apparaître sans l’appropriation de leur propre histoire par les communautés locales – une expérience qu’on retrouve dans les villes franches médiévales ou dans la lutte pour le suffrage universel.

Où est le coeur du projet, alors? En Amérique du Sud, évidemment, partout. C’est aux gens de le dire, à eux de pouvoir le dire, pour la première fois.

Português

Para levar adiante o assunto do continente sul americano, aqui está um trecho de uma entrevista com Roberto Mangabeira Unger, Ministro dos Assuntos Estrategicos brasileiro, publicada em El Pais:

« Ao projeto de união sul americana, falta um coração, um cerebro. É apenas esqueleto, estrutura, não tem espirito. A União Européia teve duas propostas: ser um projeto de paz perpetua, para por fim ao século das guerras européias, e ser um grande espaço de um modelo de organização social e economica diferente do modelo dos Estados Unidos. Nos não construimos ainda na América do Sul uma contrapartida para isso, tratamos de comercio, de integração energética e logística, mas não tratamos do mais importante: qual é o nosso projeto, qual é o nosso caminho no mundo. Eu acho que a afirmação deste modelo, desta trajetória, no Brasil, que é, de longe, o pais o mais preponderante da América do Sul, permitiria dar um coração, um cerebro, ao projeto de união sul americana. » (original em es)

Un outro trecho, mais antigo, é do sociologo venezuelano Edgardo Langer:

« Não tem nada na idéia de integração em si que podemos considerar como favorável para o futuro dos povos do continente. Não basta a integração ser latino-americana ou sul americana para traduzir os interesses destes povos. Todo depende do modelo de integração. Quem o impulsione, porque, para quem, segundo quais interesses e quais valores está elaborado? » (fr)

Edgardo Lander ainda explica que a logica de crescimento atual se baseiou nas exportações, e na inserção dentro da economia local, sobre pressão dos Estados Unidos e da União Européia. Tanto ele quanto Unger, tem na mente um modelo fundamentalmente anti-capitalista. Na interpretação deles, a America do Sul se encontra hoje em relação aos Estados Unidos no mesmo lugar que ela se encontrava em relação à Espanha na época de Simón Bolívar:

« Os americanos, no sistema espanhol que está em vigor, sequer com maior força que nunca, não ocupam outro lugar na sociedade que aquele de servos própios para o trabalho, e quando mais o de simples consumidores. » (original em es)

É bem em frente a essa declaração que se caracterize todo o potencial de um projeto de integração sul americano. O projeto de Simón Bolívar, embora judicioso na época dele, foi absorvido pela Doutrina Monroe no inicio dos anos 1920 – um século mais tarde. Ou seja, o reaparecimento de um novo sistema no qual o continente reencontrou o seu papel de simples produtor de matéria prima, e de consumidor de produtos importados. O mesmo Bolívar, na sua Carta de Jamaíca, falava da dificuldade de manter um sistema em equilibro, sem mergulhar no absolutismo.

Nada mais que no século XIX, deve se procurar o coração do atual projeto de integração sul americana nem em Madri, Lisboa ou Washington, nem em Obama, Chavez ou Lula. A hipotese do « rei benevolente » se junta a do « bom selvagem » nos arquivos do anjelismo. Um modelo de organização social, tal como o anuncia Unger, pode se construir sobre a direção de um mestre? A União Euopéia mostra que tal estrutura não pode aparecer sem a apropriação da sua própria história pelas comunidades locais – uma experiência que encontramos nas cidades francas da Idade Média ou na luta pelo sufragio universal.

Onde está o coração do projeto então? Na America do Sul, claro, em todos os lugares. São as pessoas que tem que dizer, elas que devem poder dizer, pela primeira vez.

Rédigé par synaptique

février 12, 2009 à 6:41

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