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Le monde est un grand bac à légumes.

Billets taggés ‘Inde

De Cancún à Londres

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(fr)

À Cancún, lors de la Conférence Ministérielle de 2003, l’Organisation Mondiale du Commerce a vécu son premier revers. À l’époque, le bloc du G20 (à ne pas confondre avec l’actuel G20, qui va se réunir à Londres pour sauver la planète) avait rassemblé suffisamment de forces pour faire tomber les négociations. Le but est clair :

Le groupe est né avec l’objectif d’essayer, comme il l’a fait, d’empêcher que le résultat à Cancún soit pré-déterminé, et d’ouvrir un nouvel espace pour les négociations sur l’agriculture. À cette occasion, le principal objectif du groupe a été de défendre des résultats dans les négociations agricoles qui reflètent le niveau d’ambition du mandat de Doha et les intérêts des pays en développement (pt).

Lors de la dernière Conférence Ministérielle de Genève, cinq ans plus tard, le Brésil a décidé de s’opposer aux positions tenues par l’Inde, l’Argentine et la Chine, et de se ranger en faveur de l’accord qui était sur la table. Comment expliquer cette situation ? Que s’est-il passé depuis Cancún ?

Tout d’abord, il faut rappeler que le Brésil appartient aussi au Groupe de Cairns, qui rassemble depuis 1994 les principaux pays exportateurs agricoles (presque toute l’Amérique du Sud, mais aussi le Canada, l’Autralie et le Pakistan). Leur position commune est évidemment de s’opposer aux subsides versés aux agriculteurs des États-Unis, de l’Union Européenne ou du Japon. Samuel Pinheiro Guimarães résume les objectifs brésiliens comme ceci :

En 1994, l’argument du gouvernement, des médias et des milieux académiques, était que la création de l’OMC amènerait des avantages extraordinaires pour le Brésil. Le Brésil augmenterait énormément ses exportations, et deviendrait l’un des principaux exportateurs agricoles du monde. Les nouvelles règles sur la propriété intellectuelle permettraient au Brésil de gérer et d’exporter as technologique (pt).

Le profil de l’agriculture brésilienne lui donne pourtant un autre regard sur la situation. Sa production agricole est largement excédentaire, et donc exportatrice, dans de gros secteurs, tels que le soja, le sucre et le maïs, et dans une moindre mesure, la viande (pt). Au contraire, l’Inde ou la Chine, qui sont d’énormes producteurs, mais dont la population est tout aussi gigantesque. Bref, au Brésil, les objectifs en matière d’agriculture n’ont pas d’effet direct sur l’ensemble de la population, ce qui permet à sa politique extérieure une plus grande marge de manoeuvre. L’arrêt des subsides peut y être considéré comme un but en soi, et quand la Secrétaire au Commerce américaine, Susan Schwab, a finalement proposé de limiter les subsides à 80% de leur niveau de l’année antérieure, le Brésil aura vu là une bonne occasion de remplir ses propres objectifs (en).

Aujourd’hui, Celso Amorim appelle à la reprise des négociations de Doha : « Doha n’est pas un gros accord de libre commerce, mais un changement de règles pour le mieux, pour tout le monde. Il vise, principalement, à parvenir à l’élimination des subsides, à implémenter un système libre de quotas et de tarifs pour les pays pauvres, et renforcer le système multilatéral, qui renforce aussi la paix. » (pt). Que dire alors de l’AGCS, de l’ADPIC ou des matières de Singapour (fr).

D’ailleurs, en parlant d’investissement et de finances, un autre G20 va se retrouver cette semaine à Londres pour discuter de nouvelles règles, nécessaire à la poursuite des affaires du monde libre. Le résultat risque d’être éclairant sur la réalité du « changement de règles ».

(pt)

Em Cancún, durante a Conferência Ministerial de 2003, a Organização Mundial do Comercio vivenciou o seu primeiro fracasso. Na época, o grupo do G20 (a não confundir com o atual G20, que vai se reunir em Londres para salvar o planeta) tinha juntado bastante força para desviar as negociações. O objetivo era claro:

O Grupo nasceu com o objetivo de tentar, como de fato o fez, impedir um resultado predeterminado em Cancun e de abrir espaço para as negociações em agricultura. Naquela ocasião, o principal objetivo do Grupo foi defender resultados nas negociações agrícolas que refletissem o nível de ambição do mandato de Doha e os interesses dos países em desenvolvimento (pt).

Durante a última Conferência Ministerial em Genebra, cinco anos depois, o Brasil resolveu se opor às posições da Índia, da Argentina e da China, e se posicionar a favor do acordo que estava na mesa. Como explicar tal situação? O que aconteceu depois de Cancun?

Primeiro, é preciso lembrar o fato que o Brasil pertence também ao Grupo de Cairns, no qual os principais exportadores agrícolas estão juntos desde 1994 (quase toda a América do Sul, o Canadá, a Austrália e o Paquistão…). A posição deste grupo de opor-se aos subsídios pagos aos agricultores nos Estados Unidos, na União Européia ou no
Japão. Samuel Pinheiro Guimarães resume os objetivos brasileiros:

Em 1994, o argumento do governo, da mídia e da academia foi de que a criação da OMC traria extraordinárias vantagens para o Brasil. O Brasil aumentaria enormemente suas exportações e se transformaria em um dos principais exportadores agrícolas do mundo. As novas regras sobre patentes permitiriam ao Brasil gerar e exportar tecnologia (pt).

No entanto, o próprio perfil da agricultura brasileira proporciona um outro olhar na situação. A sua produção tem muitos excedentes, e se torna exportadora em setores importantes como a soja, o açúcar e o milho, assim como também as carnes (pt). Ao contrário da Índia e da China, enormes produtores também, cujas populações são gigantes. Enfim, no Brasil, os objetivos agrícolas não têm efeitos direitos na maioria da população, permitindo uma política exterior muito mais livre. O fim dos subsídios pode ser considerado como um objetivo em si, e quando a Secretária ao Comercio americana, Susan Schwab, falou que limitaria os subsídios a 80% do valor do ano anterior, foi bastante para a diplomacia brasileira, mas não para a indiana (en).

Hoje, Celso Amorim propõe a retomada das negociações de Doha: “Doha não é um grande acordo de livre comércio, mas uma mudança de regras para melhorar para todos. Visa, principalmente, chegar à eliminação de subsídios, implementar um sistema livre de cotas e tarifas para os países pobres e o reforçar o sistema multilateral, que fortalece, inclusive, a paz” (pt). O que dizer então do Acordo Geral sobre o Comercio de Serviços, ou do Acordo sobre Direitos de Propriedade Intelectual relativos ao Comercio, ou das matérias de Cingapura? (fr).

Falando de investimento e finanças, um outro G20 vai se reunir esta semana em Londres, para discutir de novas regras, necessárias à boa marcha dos negócios do mundo livre. O resultado será esclarecedor em relação à aquela “mudança de regras”.

Rédigé par synaptique

mars 28, 2009 à 6:50

Arundhati Roy: Slumdog Millionaire

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Français

« On est en train de vendre l’énorme pauvreté d’Inde à la fois dans la littérature et dans le cinéma. Comme ils disent, il y a un maximum d’argent à se faire avec la pauvreté aujourd’hui. Je ne suis pas contre le fait de montrer les bidonvilles, mais les montrer de manière dépolitisée, comme c’est fait dans le film, c’est plutôt malheureux. Les films ne montrent pas les vrais pauvres. Même quand ils sont décrits, ce n’est pas la vraie image. Les vrais pauvres ne se retrouvent pas dans les films parce qu’ils ne sont pas attrayants. La pauvreté vend, pas les pauvres. Le film donne le faux espoir qu’on peut devenir millionnaire un jour. Regarder Slumdog Millionaire, c’est comme rouler à fond sur une autoroute pleine de nids de poules. La trame du film est plutôt hors contexte, et on dirait qu’on a donné l’accent à des personnages sortis tout droit de la périphérie noire de Chicago. »

Português

« A gente esta vendendo toda a pobreza da India, tanto na literatura quanto no cinema. Como dizem, tem muito dinheiro para fazer com a pobreza hoje. Não estou oposta a filmar as favelas, mas as descrever de jeito despolitizado como é feito no filme, é um pouco infeliz. Os filmes não mostram os pobres de verdade. Mesmo quando estão representados, não é uma imagem verdadeira. Os pobres de verdade não aparecem nos filmes porque não são atraentes. A pobreza vende, não os pobres. O filme dá a falsa esperança que todos podemos nos tornar milionários um dia. Assistir Slumdog Millionaire, é como dirigir com alta velocidade em uma alta-estrada esburracada. A história do filme sai do contexto e parece que o sotaque de Harvard foi dado aos personagens que saiem direito da periferia negra de Chicago. »

Times of India – No small talk: Arundhati slams Slumdog (en).

Rédigé par synaptique

février 25, 2009 à 8:14

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Vedanthangal

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Chaque fois que je reçois des nouvelles de Vedanthangal, je dois avouer que ça me laisse un peu nostalgique. Rien à faire, ça reste en moi comme un moment spécial. Bon, c’est ce qu’on dit hein. L’Inde c’est comme ça. Personne n’en revient indemne. J’en profite pour repasser mes vieilles photos.

Festival de Amman

Temple de Shiva, Kanchepuram

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Llúis était arrivé avant moi sur le petit chantier du SCI, et il comptait rester après moi. C’est d’ailleurs ce qu’il a fait, puisqu’il y est toujours. Bougre de Catalan. Mais c’est un évèmement autrement moins drôle qui a précipité toute l’histoire. Après mon retour en Belgique, une de ses amies, Laia Mendoza est revenue à Vendanthangal, à peu près à l’époque du tsunami, qui a atteint la côte orientale de l’Inde. Tous les deux, ils ont décidé de faire quelque chose. Mais quand Laia est rentrée à Barcelone pour lever des fonds, elle est morte dans un accident de voiture.

Voilà comment est née la Fondation Laia Mendoza, dont Llúis monte les projets là-bas dans le Tamil Nadu. Une façon incroyable de renverser la Grande Roue, qui est pourtant presque aussi aveugle que la Justice. Voilà comment il est resté sur place. C’est aussi pour ça que j’aimerais bien y retourner, un de ces quatre.

Le reportage dans Magazine (en espagnol): http://www.magazinedigital.com/reportajes/los_reportajes_de_la_semana/reportaje/cnt_id/2677/pageID/1

Et le site de la Fondation: http://www.fundaciolaiamendoza.org/

Rédigé par synaptique

décembre 6, 2008 à 7:52

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