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Le monde est un grand bac à légumes.

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comme pépé

(fr)

La télévision est une fenêtre qui concentre toute l’énergie du monde moderne. C’est à travers elle que le monde s’explique, qu’il acquiert un sens. La télévision est à la croisée des chemins, comme une porte spatio-temporelle qui donne sur plusieurs galaxies. Elle relie la maison, le magasin, l’école, l’usine, le ministère et l’ascenseur de l’immeuble. Elle donne voix, là en plein milieu du salon, à des gens qu’on ne connaît pas, qu’on n’a même pas invités. Autrement dit, elle est tout ce qui nous relie au grand monde. Pas étonnant donc qu’elle nous offre la solution à la crise environnementale qui secoue la planète.

Comme tout ce qui est produit pour tenir sur 30 secondes d’antenne, la solution qu’elle propose est sans détour, sans appel. Elle va directement sur sa cible, et met tout en perspective. Il suffit que chacun fasse sa part.

C’est pourtant simple! Prenons un groupe de 10 personnes qui vivent sans se soucier du monde extérieur, dans une bourgade isolée. Ils se nourrissent exclusivement de conserves et jettent dans la rue tous leurs déchets, dont les effluves s’infiltrent et polluent la rivière toute proche. Le résultat est évident pour tout le monde: la sympathique bourgade isolée devient rapidement un cloaque puant. Il est nécessaire de dépenser des millions pour qu’une agence gouvernementale vienne s’occuper du problème. Mais si, toutes choses également par ailleurs, chacune de ces 10 personnes commence à changer sa manière de vivre, plante un potager et creuse une fosse sceptique, il ne faudra pas bien longtemps avant que la rivière polluée ne soit à nouveau remplie de poissons et que les papillons reviennent butinner les arbres en fleurs.

Comme on peut le constater dans cet exemple, la solution passe donc avant tout par l’individualisation de comportements eco-friendly et d’une nouvelle conception du monde (Weltanschauung, en allemand), dans laquelle l’environnement n’est plus vu comme un facteur latent, mais bien comme une donnée irrévocable – constitutive – de l’existence. Puisqu’il est impossible de maintenir un modèle dans lequel il est perpétuellement nécessaire de nettoyer les déjections de la société, on est forcé d’envisager un changement de paradigme.

Malgré les apparences, il n’y a rien là-dedans de très révolutionnaire. Il s’agit, au fond, d’opérer une légère mutation, destinée à donner naissance à un homo oeconomicus ambientalis. En se fondant sur une approche analytique, la crise environnementale est découpée en une série de petites sections plus simples à résoudre. Mathématiquement, l’ensemble devrait être résolu lorsque chaque partie fera sa part: si les 6 milliards d’individus qui composent la population terrestre se partagent la responsabilité des dégâts, on peut logiquement en déduire que chaque individu est responsable d’un six-milliardième de crise environnementale. Du coup, ça n’a plus l’air bien méchant, et c’est d’ailleurs ça qui est magnifique. La télévision ramène les problèmes globaux à des dimensions humaines.

A force de tout saucissonner, on risque pourtant de passer à côté de pas mal de choses. Et c’est d’ailleurs ce qui se passe avec l’idée de « faire sa part ». En réalité, elle part d’un gros appel plein de bons sentiments, que l’on pourrait comparer à l’idée selon laquelle, si tout le monde aimait son prochain, le monde irait bien mieux. Certes oui, mais pas tant que ça.

Tout d’abord, cette forme de responsabilité individuelle se retrouve matériellement limitée aux seules, disons, tâches ménagères – c’est-à-dire celles dont une simple personne peut s’occuper au quotidien (l’eau qui coule quand on se brosse les dents, le témoin de veille de la télévision qui reste allumé pendant la nuit, etc.) Les problèmes qui sont liés à la responsabilité de plusieurs personnes tombent déjà sous le coup d’un sérieux handicap, puisqu’ils risquent simplement de n’être résolus par personne (qui reconnaîtra être celui qui provoque les embouteillages?) Que dire alors de la responsabilité environnementale des personnalités juridiques, comme dans le cas de l’explosion de l’usine de Bhopal (greenpeace pt), que personne ne veut assumer? À chaque marée noire, les compagnies pétrolières se retournent généralement contre les pilotes – voir le procès de l’Exxon Valdez ou, plus récemment, du Heibei Spirit (one india en).

La crise environnementale n’est pas un simple phénomène de pollution excédentaire, au sens tridimensionnel du terme. C’est avant tout un processus historique qui plonge ses raçines dans le temps, comme une locomotive qui pousse ses wagons, venue d’une époque que Fernand Braudel fait remonter aux cités de la Renaissance italienne (goodreads en). C’est enfin un processus culturel de détachement du réel, fondé sur une éthique calviniste selon laquelle voyons, c’est Dieu Lui-même qui a créé la Terre. La détruire, c’est détruire l’oeuvre de Dieu, ce qui, en plus d’être un péché, est tout bonnement impossible. Cela signifierait que l’homme est au moins aussi puissant que Lui.

Enfin, dans le meilleur des cas, celui où chaque six-milliardième trouve enfin son responsable, « faire sa part » ne permettra jamais de répondre qu’à une situation figée dans le temps, à une époque donnée, sans cesse dépassée. Elle ne peut ni répondre aux dégâts qui ont été commis dans le passé, ni résister à la pression de la croissance économique. Et si notre quota de « faire sa part » doit être revu et corrigé chaque année, c’est qu’il y a un problème quelque part. Dans le fond, « faire sa part » permet à peine de se rassurer, dans un grand élan d’éco-blanchiment (greenwashing en anglais).

Dans toute bonne série de science-fiction, il arrive que la porte spatio-temporelle s’ouvre sur quelque chose qui n’était pas prévu. La galactique menace de dangereux insectoïdes à la recherche d’un nouveau monde à coloniser, par exemple. De la même manière, la télévision tombe souvent à côté de la plaque. Le risque, dans ce cas-ci, serait de convaincre tout le monde que tout va bien, et qu’il suffit vraiment de ne faire que sa part.

Parce que, même dans le meilleur des cas, il faut faire bien plus que ça.

(pt)

A televisão é uma janela que concentra toda a energia do mundo moderno. Por ela, o mundo se explica, ele adquire um sentido. Na televisão se cruzam vários caminhos, como uma porta espacial-temporal que se abre para várias galáxias. Ela liga a casa, a loja, a fábrica, o ministério e o elevador do prédio. Ela dá voz, ali no meio da sala, às pessoas que não conhecemos, às quais nem convidamos. Ou seja, ela é tudo o que nos liga ao restante do mundo. Sem surpresa, ela também nos oferece uma solução à crise ambiental que envolve o planeta.

Igual a tudo que é produzido para caber em 30 segundos, a solução proposta é sem apelo. Ela cai diretamente no seu alvo e explica tudo. Basta cada um fazer a sua parte.

Pois é muito simples! Imaginemos um grupo de 10 pessoas que vivem sem se preocupar com o mundo exterior, em uma aldeia isolada. Eles comem apenas alimentos enlatados e jogam o seu lixo na rua. Os eflúvios entram no solo e contaminam o rio que corre perto. O resultado é evidente: a simpática aldeia isolada se torna rapidamente uma esgoto fedorenta. É necessário gastar milhões para uma agência pública cuidar do problema. Mas se cada uma das 10 pessoas comece a mudar o seu estilo de vida, plante uma horta e cave uma fossa séptica, não demorará muito antes do rio se encher de peixes novamente, com borboletas voando de flor em flor.

É fácil perceber neste exemplo que a solução passa, antes de tudo, pela individualização de comportamentos eco-friendly e de uma nova concepção do mundo (Weltanschauung, em alemão), na qual o meio ambiente não é mais apenas um fator latente, e sim um dado irrevogável – constitutivo – da existência. Já que é impossível manter um modelo onde seja perpetualmente necessário limpar o lixo da sociedade, é preciso imaginar uma mudança de paradigma.

Isso sendo dito, não há nada aqui que seja muito revolucionário. Se trata, no final, de fazer uma leve mutação, que permita o nascimento de um homo oeconomicus ambientalis. Baseando-se numa perspectiva analítica, a crise ambiental é cortada em pequenos trechos mais simples de resolver. Matematicamente, o conjunto será resolvido quando cada trecho fizer a sua parte: se os 6 bilhões de indivíduos que compõem a população da Terra compartilham a responsabilidade, podemos logicamente deduzir que cada indivíduo é responsável por um seis-bilhonésimo da crise ambiental. Visto assim, já não parece mais tão complicado, e é bem por isso que é maravilhoso. A televisão dá dimensões humanas aos problemas globais.

De tanto cortar em trechinhos, arriscamo-nos a passar ao lado de muitas coisas. É bem isso que acontece com aquela idéia de “fazer a sua parte”. Na realidade, ela parte de uma boa chamada repleta de bons sentimentos, comparáveis à idéia que, se todo mundo amasse o próximo, o mundo estaria muito melhor. Certo sim, mas não é tão assim.

Primeiro, tal forma de responsabilidade individual está materialmente limitada as únicas, digamos, tarefas domésticas – ou seja, tudo o que uma simples pessoa pode fazer no cotidiano (fechar a torneira ao escovar os dentes, desligar a televisão quando não for usada, etc.) Os problemas ligados à responsabilidade de várias pessoas encontram um problema sério, porque provavelmente não seriam resolvidos por ninguém (quem aceitaria ser aquele/a que provoca os engarrafamentos?) O que dizer ainda da responsabilidade ambiental das pessoas jurídicas, como no caso da explosão da fábrica de Bhopal (greenpeace pt), que ninguém quer assumir? Em cada maré negra, as companhias de petróleo se voltam contra os pilotos – veja o processo de Exxon Valdez, ou mais recentemente, de Heibei Spirit (oneindia en).

A crise ambiental não é um simples fenômeno de poluição em excesso, no sentido tridimensional da expressão. Antes de tudo, é um processo histórico cujas raízes, como uma locomotiva empurrando os vagões, vêm das cidades do Renascimento italiano, segundo Fernand Braudel (goodreads en). ). Ainda é um processo cultural de desligamento do real, fundado em uma ética calvinista segundo a qual, pois, é Deus mesmo que criou a Terra. Destruir isso seria destruir a obra de Deus. E isso, além de ser pecado, seria simplesmente impossível. Significaria que o homem é tão poderoso quanto Ele.

Enfim, no melhor dos casos, aquele onde cada seis-bilhonésimo encontra o seu responsável, “fazer a sua parte” apenas permite atender uma situação parada no tempo, sempre ultrapassada. Não pode atender as destruições feitas no passado, nem resistir à pressão do crescimento econômico. E se a cota de “fazer a sua parte” deve ser corrigida a cada ano, significa que existe um problema. No final, “fazer a sua parte” permite apenas se tranquilizar, num surto de boa consciência (e de greenwashing, em inglês).

Em todo bom seriado de ficção-científica, acontece que a porta espacial-temporal pode se abrir sobre algum imprevisto. A ameaça galáctica de perigosos alienígenas a procura de um novo mundo para colonizar, por exemplo. Do mesmo modo, a televisão pode se enganar. O risco, neste caso, seria de convencer todo mundo que tudo está bem, e que basta realmente fazer a sua parte.

Mesmo no melhor dos casos, é preciso fazer muito mais.

Rédigé par synaptique

octobre 30, 2009 à 9:38

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Quand la rumeur est Loi…

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Français

Quand mes voisins ont disparu, il n’a pas fallu attendre bien longtemps avant de savoir ce qui s’était passé. Une des femmes du quartier, celle qui nourrit les chats en leur absence nous a tout raconté dans le moindre détail. Un beau matin, c’était un samedi, mes voisins – appelons-les Jean-Paul et Chantale – étaient tranquillement en train de boire une bière dans un petit bar. Le samedi, c’est le jour du marché, et il y a plein de monde. Hé bien justement, à un moment donné, une bagarre éclate. Chantale s’en mêla, elle qui n’est pas connue pour être une couarde (je l’avais déjà vue à l’oeuvre avec le pauvre Jean-Paul). Résultat, les choses s’enveniment, et elle brise une bouteille sur le comptoir, menaçant son adversaire avec le goulot coupant. Après cet évènement, évidemment, leur réputation dans la petit ville était faite et, menacés des pires représailles, il ont donc décidé de faire leurs bagages et de disparaître un bout de temps.

Il y a quelques jours, j’ai regardé la TV Senado – un canal qui retransmet la vie quotidienne des Sénateurs et des sujets d’intérêt national (pt). C’était une réunion mixte de la Commission des Relations Extérieures et de celle des Droits de l’Homme avec le Ministre de la Justice, pour discuter de l’affaire Cesare Battisti, cet Italien réfugié au Brésil qui est condamné pour des actes de terrorisme commis dans les années 70 (fr). À un moment donné, un Sénateur – nous l’appelerons Auguste – établit un lien entre le cas de Battisti et celui de deux boxeurs cubains, qui furent extradés sur l’île à la fin des Jeux Panaméricains, pour mettre en évidence la complaisance du gouvernement envers les terroristes et dictateurs communistes. Pour appuyer son discours, il renvoyait à de nombreux reportages publiés dans différents hebdomadaires bien connus au Brésil.

Quel est le rapport entre ces deux histoires ? L’une comme l’autre, elles sont basées sur les récits de tiers. C’est-à-dire qu’elles dépendent entièrement de ce qu’un intermédiaire en a dit ou pensé. J’ai quand même revu Jean-Paul depuis ce fameux samedi. Je ne lui ai pas demandé si c’était bien vrai que Chantale avait cassé une bouteille sur un comptoir, évidemment, mais il m’a dit qu’ils habitaient désormais dans la ville voisine, et qu’il avait trouvé un emploi. Dans le fond, je me fous de la raison pour laquelle ils ont décidé de déménager. Par contre dans un Sénat, j’ai comme l’impression qu’il manque quelque chose. Ces gens-là ont les moyens de faire appel à des experts en droits de l’homme, à des avocats… Ils peuvent même mettre la main sur le procès-verbal rédigé par la police. Celui où les Cubains, avec leur avocat, répètent qu’ils veulent rentrer chez eux (pt).

Si une presse libre constitue bien le quatrième pouvoir dans une société démocratique, encore faut-il que des Sénateurs apprennent à ne pas s’y soumettre.

Português

Quando meus vizinhos desapareceram, não demorou muito tempo até saber o que tinha acontecido. Uma das mulheres do bairro, aquela que alimenta os gatos na ausência deles, contou todos os detalhes. Por uma bela manhã, era um sábado, os meus vizinhos – os chamaremos de João e Maria Paula – estavam tranquilamente tomando uma cervejinha num boteco. Sábado, é dia de feira, e as ruas estão cheias. Pois justamente, então, rola uma briga. Maria Paula parte por cima, ela que não é conhecida para ser covarde (eu já a tinha visto lutando com o coitado do João). Afinal, a coisa fica feia. Maria Paula acaba quebrando uma garrafa na mesa e ameaça o seu adversário com o vidro. Depois deste evento, naturalmente, a reputação deles estava feita na cidadezinha e, ameaçados das piores retaliações, decidiram de fazer as malas e desaparecer por algum tempo.

Poucos dias atrás, eu assisti a TV Senado – o canal que transmite a via cotidiana dos Senadores e dos assuntos de interesse nacional (pt). Era uma reunião mista da Comissão das Relações Exteriores e dos Direitos Humanos com o Ministro da Justiça, para debater do caso Cesare Battisti, aquele Italiano refugiado no Brasil que está condenado por atos de terrorismo cometidos nos anos 70 (pt). Em certo momento, um Senador – chamaremos ele de Augusto – faz uma relação entre o caso Battisti e os dois boxeadores cubanos que foram levados de volta para a ilha no final do Jogos Pan-americanos, para ilustrar a atitude favorável do governo para os terroristas e ditadores de comunistas. Para comprovar o seu discurso, mostrava numerosos artigos publicados em várias revistas semanais muito conhecidas no Brasil.

Qual é a ligação entre estas duas histórias? Uma quanto a outra, estão baseadas em relatos de terceiros. Ou seja, dependem integralmente de o que um intermediário falou ou pensou. Vi o João depois daquele sábado. Não perguntei se era bem verdade que Maria Paula tinha quebrado uma garrafa naquele bar, mas ele me contou que agora moravam na cidade vizinha, e que tinha um emprego. Afinal, não me importa porque decidiram mudar-se. Mas no caso do Senado, me parece que está faltando algo. Aquelas pessoas podem chamar peritos, expertos em direitos humanos, advogados… Podem até encontrar o relatório da policia. Aquele onde os Cubanos, junto com o advogado deles, repitam que querem voltar para a casa (pt).

Se uma imprensa livre constitui bem o quarto poder em uma sociedade democrática, ainda precisa que Senadores aprendam a não se submeter a ela.

Rédigé par synaptique

mars 14, 2009 à 10:14

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C’est la faute à Lula!

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Français

Dans l’hebdomadaire Veja du 4 mars, se trouve un article (pt) écrit par un économiste appelé Maílson da Nóbrega, et dont le titre est “Pourquoi le Brésil ne casse-t-il pas.” Installé à la fin d’un long article reprenant 10 raisons pour lesquelles le Brésil est bien armé face à la crise globale, Maílson da Nóbrega sert de contre-pied à la thèse de l’optimisme, en mettant en évidence la seule chose qui pourrait mettre le Brésil dans une sale situation. C’est-à-dire, la politique économique de l’État, incarné par Lula.

À la base de la question, il y a une évidence. Les politiques économiques d’un État sont très capables de ruiner un pays, notamment au niveau de la gestion de la dette, comme au Brésil:

C’est arrivé au Brésil à de nombreuses reprises: pendant la Vieille République, durant la période Vargas, au cours de l’intervale démocratique de 1946-1964, e sous le régime militaire.

Si jusque-là tout le monde est d’accord, c’est un peu plus loin que son discours prend une autre tournure.

À partir des années 90, les crises se sont raréfiées. Il n’y en a eu que deux: la Russie (1999) et l’Argentine (2001). La majorité des pays ont une gestion macroéconomique responsable, ce qui [leur] évite les crises externes d’origine interne. Les aides gigantesques du Fond Monétaire Interntional (FMI) ont empêché les crises par “mort subite”.

En limitant son discours à la Russie et à l’Argentine – qui représentent déjà, en soi,un gros sujet – l’auteur passe sous silence celles du Mexique (1994) et de l’Asie du Sud-Est (1997), ou encore de la Turquie (2000). Au cours de celles-ci, le FMI, et les autres institutions financières internationales, ont eu un rôle actif non pas dans la résolution de la crise, mais bien dans son déclenchement, comme l’a expliqué Joseph Stiglitz dans son livre “La Grande Désillusion”.

Cet oubli, ou petit raccourçi intellectuel, permet d’illustrer avec brio la thèse soutenue, à savoir que seul le gouvernement peut venir faire de l’ombre au tableau optimiste dressé dans l’article précédent. A partir du moment où, par contre, on considère l’ensemble des crises survenues dans les années 90, il faut reconnaître que c’est loin d’être aussi facile, et que de nombreux autres acteurs sont très capables de provoquer une crise au Brésil.

Pour aller dans le sens de sa thèse, Nóbrega néglige donc déliberément une étude sérieuse du phénomène des crises économiques, ou encore l’importance d’entreprises internationales en difficultés, comme l’industrie automobile. Soit, une attitude qu’il critique lui-même:

Le Brésil pourrait avoir profité de la manne mondiale si des préjugés idéologiques n’avaient pas retardé les investissements privés en infrastructure et si les réformes n’avaient pas échoué.

Voilà donc ce que, finalement, l’auteur défendait. Il aurait mieux fait le dire tout net, plutôt que chercher à étaler des connaissances que visiblement, il ne domine pas. Ca serait plus clair pour tout le monde.

Português

Na revista semanal Veja do 4 de março, se encontra um artigo (pt) escrito por um economista chamado Maílson da Nóbrega, cujo título é “Por que o Brasil não quebra.” Publicado no final de uma reportagem explicando 10 razões para as quais o Brasil está bem armado em frente à crise global. Mailson da Nóbrega serve de contra-pé para a tesa do optimismo, evidenciando a única coisa que poderia colocar o Brasil em uma situação péssima. A politica econômica do Estado, incarnado por Lula.

No fundo da questão, tem uma evidência. As politicas econômicas de um Estado são muito capazes de arruinar um pais, nomeadamente com a gestão da dívida, como no Brasil:

Isso ocorreu com o Brasil várias vezes: na República Velha, no período Vargas, na quadra democrática de 1946-1964 e no regime militar.

Se até là, todo mundo concorda, o discurso toma outro rumo um pouco mais longe:

A partir dos anos 1990, as quebras se tornaram raridade. Houve apenas duas: Rússia (1999) e Argentina (2001). A maioria dos países tem gestão macroeconômica responsável, evitando as crises externas de origem interna. Os gigantescos apoios do Fundo Monetário Internacional (FMI) impediram quebras via “paradas súbitas”.

Limitando o seu discurso à Russia e à Argentina – que sozinhas representam já um importante assunto – o autor passa sobre silêncio as crises do México (1994), da Ásia do Sul-Leste (1997) ou ainda a Turquia (2000). Nelas, o FMI e outras instituições financeiras internacionais tiveram um papel ativo, não tanto na resolução da crise, mas sim no seu desenvolvimento, como explicou Joseph Stiglitz no seu livro “A Grande Desilusão”.

Este esquecimento, ou pequeno atalho inteletual, permite ilustrar com grandeza a tesa desejada, segundo qual apenas o governo é capaz de assombrar o esquema optimista apresentado no artigo anterior. A partir do momento em que, no entanto, se considera o conjunto das crises dos anos 1990, é preciso reconhecer que não é tão simples, e que varios outros atores são muito capazes de provocar uma crise no Brasil.

Para fundamentar o seu discurso, Nóbrega esquece então deliberativamente um estudo sério do fenômeno das crises econômicas, ou ainda a importância de empresas internacionais em dificuldade, como as montadoras. Ou seja, uma atitude que ele mesmo critica:

O Brasil poderia ter aproveitado a bonança mundial se preconceitos ideológicos não tivessem retardado investimentos privados em infraestrutura e as reformas não houvessem minguado.

Eis que, finalmente, o autor defendia. Poderia ter dito diretamente, e não procurar espalhar conhecimento que, obviamente, ele não domina. Seria mais claro para todo mundo.

Rédigé par synaptique

mars 6, 2009 à 11:43

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