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Le monde est un grand bac à légumes.

Billets taggés ‘São Gonçalo

Décharge illégale

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(fr)

Hier j’ai été jeter un coup d’oeil à la décharge illégale de São Gonçalo. Comme elle avait été fermée et enterrée à la fin de l’année passée, on pensait que l’affaire était réglée. Malheureusement, ce n’est jamais aussi simple et l’ordre est revenu d’utiliser la zone pour se débarasser des ordures de la ville.

C’est un gros carré de 100 mètres sur 100, jonché de monticules de détritus – végétaux, débris de construction, poubelles domestiques, métaux – sans aucune préparation pour empêcher par exemple que le lixiviat n’aillent pourrir l’étang ou le fleuve qui se trouve en contrebas, les puits artésiens des maisons ou des granges avicoles aux alentours. Sur place, il y a sans arrêt des feux, ainsi qu’une bonne couche de cendres. On ne peut pas vraiment évaluer le nombre de camions qui passent par ici, mais un voisin m’a dit qu’il en venait tous les jours.

(pt)

Ontem, eu fui dar uma olhada no lixão de São Gonçalo. Tinha sido fechada e condenada no final do ano passado, e a gente pensava que estava tudo resolvido. Infelizmente, nunca é tão simples e a ordem voltou de usar a zona para descartar o lixo da cidade.

É um quadrado de 100 metros por 100, onde o lixo está acumulado – podas, entulho, lixo domestico, metais – sem nenhum preparo para impedir por exemplo que o chorume contamine o açude e o rio Jacuípe em baixo, os poços artesianos das casas ou das granjas avícolas no entorno. No local, sempre há fogos, e uma boa camâda de cinzas. Não é possível evaluar o número de caminhões que passam por aqui, mas um vizinho me contou que vêm todos os dias.

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Que fait-on dans un cas pareil? Il y a plusieurs possibilités:

- Diplomatique: aller exposer le problème à Monsieur le Préfêt, et l’encourager à prendre les mesures nécessaires pour arrêter et résoudre la situation.
- Institutionnelle: passer par le Conseil Municipal Environnemental pour régler le problème avec la Préfecture et le Ministère Public.
- Activiste: porter plainte pour crime environnemental auprès du Ministère Public et demander l’arrêt immédiat des dépôts d’ordures en dehors d’une zone aménagée à cet effet, le nettoyage immédiat de la zone contaminée et une amende quotidienne tant que cela n’est pas fait.

O que pode ser feito em tal caso? Têm várias possibilidades:

- Diplomatica: expôr a situação para o Sr. Prefeito e incentivá-lo a tomar as devidas medidas para parar e resolver o problema.
- Institucional: passar pelo Conselho Municipal de Meio Ambiente para resolver o problema, junto com a Prefeitura e o Ministério Público.
- Ativista: entrar com uma queixa no Ministério Público e exigir a parada imediata dos depósitos de lixo fora de uma zona devidamente preparada, a limpeza imediata da zona contaminada e uma multa diária enquanto isso não for feito.

Rédigé par synaptique

septembre 20, 2009 à 12:57

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Le cycle de la volaille

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(fr)

Cette semaine,‭ ‬j’ai été visiter un élevage de poulets à l’image de l’agrobusiness brésilien.‭ ‬Capacité totale de l’exploitation,‭ ‬720.000‭ ‬poulets.‭ ‬Une broutille.‭ ‬Ça me fait penser à tout ce qu’on ne voit pas derrière la petite barquette en frigolite du supermarché,‭ ‬délicatement isolée du monde extérieur par son film plastique.

Notre histoire commence dans la banlieue‭ ‬sud‭ ‬de Feira de Santana,‭ ‬seconde ville de l’État de Bahia,‭ ‬au Nord-Est du Brésil.‭ ‬L’incubateur se situe‭ ‬dans la banlieue industrielle,‭ ‬au bord de la BA-502,‭ ‬une route à deux bandes en relatif bon état,‭ ‬si on la compare aux autres de son espèce.‭ ‬C’est là que tout commence car,‭ ‬d’après un rapport d’une grande entreprise,‭ ‬toute la production avicole‭ «‬ dépend de la génétique animale pratiquée dans les pays développés‭ (‬États-Unis,‭ ‬Canada,‭ ‬Angleterre‭)‬.‭ ‬L’élevage de poulets et de dindes dépend de l’importation des lignages à l’origine des matrices qui,‭ ‬à leur tour,‭ ‬donnent naissance à la volaille. ‭» (sadia pt‭)‬

Une fois éclos,‭ ‬les petits poussins d’un jour sont expédiés dans les granges,‭ ‬qui sont disséminées sur le territoire de plusieurs communes.‭ ‬Une grange standard est construite pour accueillir environ‭ ‬25.000‭ ‬poussins,‭ ‬et les élever pendant‭ ‬38‭ ‬à‭ ‬43‭ ‬jours.‭ ‬Tout y est prévu :‭ ‬puits artésien pour l’alimentation et le nettoyage,‭ ‬couches de matière organique pour recueillir les déjections…‭ ‬En général,‭ ‬un propriétaire loue sa terre et la grange à quelqu’un,‭ ‬qui s’occupe de l’élevage.

Toute cette activité est entièrement coordonnée par l’entreprise centrale,‭ ‬qui pratique le système de l’intégration :

‭«‬ Un système typique de production de viande de volaille centralisé présente la disposition spatiale suivante :‭ ‬au centre,‭ ‬dans la ville-siège,‭ ‬on trouve la coordination générale du système,‭ ‬formée par un corp technique,‭ ‬un abattoir et une usine de rations ‭; ‬autour de ce centre,‭ ‬formant une ceinture d’un rayon qui peut atteindre‭ ‬50‭ ‬km,‭ ‬se trouvent les granges.‭ ‬À l’écart,‭ ‬dans la même commune ou dans la région,‭ ‬on trouve la grange des matrices et,‭ ‬avec elle,‭ ‬l’incubateur.‭ ‬Des systèmes auxiliaires sont installés près des sources de matières premières‭ (‬achat et stockage des grains‭) ‬et près du marché consommateur‭ (‬secteur commercial‭)‬. ‭» (embrapa pt)

L’intégration signifie que c’est le système centralisé qui est propriétaire des poussins,‭ ‬et non pas l’éleveur ou le propriétaire des granges.‭ ‬Les animaux sont juste confiés à l’éleveur jusqu’à leur maturité.‭ ‬De cette manière,‭ ‬l’entreprise a le contrôle intégral de la production,‭ ‬de ses prix et de ses délais de livraison,‭ ‬sans devoir supporter le coût de posséder les granges elles-mêmes.‭ ‬Grâce à la sous-traitance,‭ ‬elle évite aussi d’avoir des problèmes en cas de dégraissage urgent.‭ ‬Flexibilité du marché.

De son côté,‭ ‬l’éleveur reçoît l’entièreté des soins vétérinaires et des rations.‭ ‬Celles-ci sont faites dans une autre banlieue de Feira de Santana,‭ ‬à partir de nombreux ingrédients.‭ ‬On y trouve surtout du maïs et de la farine de soja,‭ ‬mais aussi des farines d’origine animale,‭ ‬dont l’utilisation est autorisée au Brésil :‭ «‬ Cela permet une économie pour le producteur,‭ ‬car‭ ‬1‭ ‬kg de farine animale coûte R$‭ ‬0,35‭ ‬et remplace‭ ‬1‭ ‬kg de farine de soja,‭ ‬qui coûte R$‭ ‬0,80. ‭» (unesp pt‬)

Dans l’Union Européenne,‭ ‬il y a une interdiction sur les farines animales depuis la crise de la vache folle à la fin des années‭ ‬90.‭ ‬L’induction du cannibalisme dans l’industrie agroalimentaire,‭ ‬même pour des motifs économiques,‭ ‬est particulièrement mal perçue :

‭«‬ Avant la crise,‭ ‬lorsqu’un cas sporadique apparaissait,‭ ‬il entrait naturellement dans la fabrication des farines animales utilisées dès les années‭ ‬1960,‭ ‬sans que quoi que ce soit ne se passe.‭ ‬A l’époque,‭ ‬en effet,‭ ‬seuls les bovins adultes recevaient une alimentation complémentée en farines. ‭» (agriculture et environnement fr)

La surexploitation et le confinement des animaux a également aussi été mise en lumière lors de l’apparition de la grippe aviaire en Asie,‭ ‬ou porcine au Mexique :‭ ‬les premiers cas ont été identifiés à La Granja,‭ ‬où le géant américain Smithfield s’est implanté ‭(la jornada es)

Lorsque les poulets ont atteint le poids règlementaire,‭ ‬un camion vient prendre livraison.‭ ‬Les animaux sont transportés dans des casiers empilés sur les camions.‭ ‬Une fois arrivés à l’abattoir,‭ ‬ceux qui n’ont pas étouffé en chemin sont découpés et empaquetés.‭ ‬C’est aussi là que les restes solides sont incinérés et réduits en farine ‭; ‬les restes liquides se retrouvent quant à eux dans des bassins remplis de bactéries qui réduisent toute matière organique à néant.‭ ‬

Ainsi,‭ ‬les restes collaborent à la production avicole de deux manières :‭ ‬par infiltration des eaux des‭ ‬bassins vers les nappes phréatiques,‭ ‬et de retour dans les granges ‭; ‬par la farine,‭ ‬de retour dans l’estomac des poussins.‭ ‬La viande,‭ ‬quant à elle,‭ ‬s’en va vers les centres de distribution de tout le pays,‭ ‬et du monde entier.

La prochaine fois, on parlera des “externalités”.

(pt)

Esta semana,‭ ‬eu visitei uma fazenda de frango com a cara do agronegócio brasileiro.‭ ‬Capacidade total do empreendimento,‭ ‬720.000‭ ‬galinhas.‭ ‬Uma palha.‭ ‬Me fez pensar em tudo o que não se vê atrás do isoporzinho do supermercado,‭ ‬delicadamente isolado do mundo exterior pelo seu plástico.

A nossa história começa no subúrbio sul de Feira de Santana,‭ ‬a segunda cidade do Estado da Bahia,‭ ‬no Nordeste do Brasil.‭ ‬O incubador se encontra na periferia industrial,‭ ‬nas margens da BA-502,‭ ‬uma estrada com duas faixas em relativo bom estado,‭ ‬se for comparada às outras do mesmo tipo.‭ ‬É por ali que tudo começa,‭ ‬pois,‭ ‬segundo um relatório de uma grande empresa,‭ ‬toda a produção avícola‭ «‬ depende da genética animal praticada nos Países desenvolvidos‭ (‬Estados Unidos,‭ ‬Canadá e Inglaterra‭)‬,‭ ‬uma vez que a procriação de frangos e perus de corte depende de importação de linhagens de avos que geram as matrizes,‭ ‬as quais,‭ ‬por sua vez,‭ ‬gerarão as aves de corte. ‭» (sadia pt)

Assim que nascem,‭ ‬os pintinhos estão levados para as granjas,‭ ‬que estão espalhadas pelo território de vários municípios.‭ ‬Uma granja normal é prevista para receber umas‭ ‬25.000‭ ‬galinhas,‭ ‬durante‭ ‬38‭ ‬a‭ ‬43‭ ‬dias.‭ ‬Tudo está calculado:‭ ‬poço artesiano para a alimentação e a limpeza,‭ ‬camadas de matéria orgânica para as fezes…‭ ‬Geralmente,‭ ‬o dono aluga a terra e a granja para uma pessoa que cuida da produção.

Toda esta atividade é integralmente coordenada pela empresa central,‭ ‬que pratica um sistema de integração:

‭« ‬Um sistema de produção de carne de aves típico coordenado de forma centralizada apresenta a seguinte disposição espacial:‭ ‬em seu centro,‭ ‬na cidade sede,‭ ‬localiza-se a coordenação geral do sistema,‭ ‬formada por corpo de técnicos,‭ ‬abatedouro e fábrica de ração‭; ‬em torno desse centro e formando um cinturão,‭ ‬com raios variáveis de até‭ ‬50‭ ‬km,‭ ‬espalham-se as granjas de frango.‭ ‬Em local mais afastado,‭ ‬no mesmo município ou em outro município da região,‭ ‬localiza-se a granja de matrizes e,‭ ‬junto a ela,‭ ‬o incubatório.‭ ‬Sistemas auxiliares são instalados junto às fontes de matérias-primas‭ (‬compra e armazenamento de grãos‭) ‬e junto ao mercado consumidor‭ (‬setor comercial‭)‬.‭ » (embrapa pt)

A integração significa que é o sistema centralizado que possue os pintinhos,‭ ‬e não o dono da granja ou a pessoa que aluga.‭ ‬Os animais estão apenas deixados aos cuidados dele até a maturidade.‭ ‬Deste modo,‭ ‬a empresa tem um controle total da produção,‭ ‬dos seus preços e da entrega,‭ ‬sem precisar construir granjas.‭ ‬Com a terceirzação,‭ ‬ela evita também problemas em caso de crise.‭ ‬Flexibilidade do mercado.

Do seu lado,‭ ‬o avicultor recebe todo o apoio veterinário e as rações.‭ ‬Elas são feitas em outra periferia de Feira de Santana,‭ ‬a partir de vários ingredientes.‭ ‬Colocam milho,‭ ‬e farelo de soja,‭ ‬mas também farinhas animais,‭ ‬cuja utilização é permitida no Brasil:‭ «‬ Isso gera uma economia para o produtor,‭ ‬já que‭ ‬1‭ ‬kg de farinha de carne,‭ ‬que custa R$‭ ‬0,35,‭ ‬substitui‭ ‬1‭ ‬kg de farelo de soja,‭ ‬que custa R$‭ ‬0,80.‭ ‬» (unesp pt)

Na União Européia,‭ ‬corre uma interdição sobre as farinhas animais desde a crise da vaca louca,‭ ‬no final dos anos‭ ‬90.‭ ‬A indução do canibalismo na indústria do agronegócio,‭ ‬mesmo por motivos econômicos,‭ ‬passa particularmente mal percebida:

‭«‬ Antes da crise,‭ ‬quando um caso esporádico aparecia,‭ ‬entrava naturalmente na fabricação das farinhas animais utilizadas antes dos anos‭ ‬60,‭ ‬sem que nada aconteça.‭ ‬Na época,‭ ‬apenas o bois adultos recebiam uma alimentação com complementos em farinha.‭ ‬» (agriculture et environnement fr)

A exploração e o confinamento dos animais também foram apontados durante a gripe aviária na Ásia,‭ ‬ou suina no México :‭ ‬os primeiros casos foram identificados em La Granja,‭ ‬onde o gigante americano Smithfield se implantou‭. (la jornada es)

Quando o frango chegou ao peso regulamentar,‭ ‬um caminhão vem buscá-lo.‭ ‬Os animais estão transportados em caixas,‭ ‬a cima dos veículos.‭ ‬Quando chegam no abatedouro,‭ ‬aqueles que não morreram asfixiados são cortados e empacotados.‭ ‬É ali também que as sobras sólidas estão incineradas e reduzidas em farinha‭ ; ‬os restos líquidos vão para as lagoas cheias de bactérias que limpam toda a matéria orgânica.

Assim,‭ ‬as sobras colaboram ao processo da avicultura de duas maneiras :‭ ‬pela infiltração da água das lagoas,‭ ‬caiem no lençol freático e volta para as granjas ‭; ‬pela farinha,‭ ‬voltam até o estômago dos pintinhos.‭ ‬A carne,‭ ‬ela,‭ ‬vai para os centros de distribuição do país todo,‭ ‬e do mundo la fora.

Próxima vez, falaremos das “externalidades”.

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Rédigé par synaptique

août 1, 2009 à 12:59

Darwin à São Gonçalo dos Campos

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(fr)

Ceux qui ont vu “Le Cauchemar de Darwin” (Sauper, 2004) verront sans doute où je veux en venir. Pour les autres, voici ce dont il s’agit. La perche du Nil a été introduite dans le Lac Victoria, et elle est aujourd’hui exploitée industriellement. Probablement, celles que nous mangeons en Europe viennent de là, car les industries exportent directement le poisson par avion-cargo. Sur place, les communautés de pêcheurs sont devenues otages de cette exploitation.

(pt)

Aqueles que assistiram “O Pesadelo de Darwin” (Sauper, 2004) vão entender onde eu quero chegar. Para os outros, é o seguinte. A perca do Nilo foi introduzida no Lago Vitória, e se encontra hoje explorada industrialmente. Provavelmente, aquelas que se compram na Europa venham de lá, porque as indústrias as exportam logo por avião. No local, as comunidades de pescadores se tornaram reféns desta exploração.

Le thème du documentaire va encore plus loin, comme l’indique son titre. Bien qu’elle reconnaisse l’action de l’homme, comme dans le premier chapitre de l’Origine des Espèces, la théorie évolutionniste classique veut que les espèces les mieux adaptées à leur milieu soient naturellement sélectionnées pour se reproduire et évoluer.

On rajoute ici un point essentiel, celui de l’intervention humaine. Évidemment, il est difficile de s’imaginer comment un dinosaure, une amibe ou un australopithèque, auraient bien pu intervenir en quoi que ce soit dans l’évolution: on associe plutôt cette notion à la science moderne, aux modifications génétiques et autres biotechnologies.

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O tema do documentário vai mais além, como indica o título. Embora reconheça a ação do homem, como no capitulo primeiro da Origem das Especies, a teória evolucionista clássica fala que as espécies as mais adaptadas ao meio são naturalmente selecionadas para se reproduzir mais, e assim evoluir.

Acrescente-se um ponto essencial: a intervenção humana. Claro, é difícil imaginar como um dinosauro, uma bactéria ou um australopitéco, conseguiram intervir em algum ponto da evolução: associamos esta idéia à ciencia moderna, às modificações genéticas e outras biotecnologias.

On oublie le côté scatologique de la chose, notamment au niveau du monde végétal. D’après Jared Diamond, dans son livre Guns, Germs and Steel. The Fates of Human Societies, le processus de domestication des principales céréales que nous mangeons aujourd’hui, a commencé aux latrines. C’est en déféquant qu’on permet aux graines de se reproduire à un endroit donné, et qu’elles peuvent être lentement adaptées à nos propres besoins, jusqu’à en semer des hectares entiers. Le blé que nous mangeons n’a pas évolué gentillement dans son coin pour qu’on puisse le manger – ça serait une sorte de justification inconsciente d’un monde où les humains seraient incapables de polluer – il a été sélectionné pour entrer dans la hiérarchie de domination de son plus grand prédateur. Au-delà du niveau d’évolution naturelle identifié par Darwin, il est possible d’élaborer un autre modèle, où la logique de domination des ressources naturelles provoque aussi l’évolution des espèces.

Dans ce sens, le Lac Victoria a vu ses ressources adaptés à la domination de  son plus récent prédateur, le consommateur européen. En termes éthérés, toutes choses égales par ailleurs, on appelle ça s’intégrer dans l’économie globalisée. Et loin de là, la région de São Gonçalo dos Campos, à Bahia, vit un processus d’adaptation similaire, si ce n’est qu’il est basé sur l’aviculture industrielle. S’agissant d’une économie globalisée, il est possible de voir ce qui est similaire – et ce qui est différent – entre les deux situations:

Esquecemos assim o lado escatológico do problema, em particular em relação ao mundo vegetal. Segundo Jared Diamond, no seu livro Guns, Germs and Steel. The Fates of Human Societies, o processo de domesticação dos principais cereais que comemos hoje, começou nas latrinas. É defecando que permitimos às sementes se reproduzir em um lugar bem definido, permitindo que sejam lentamente adaptadas às nossas necessidades, até semear hectares inteiros. O trigo que comemos não evoluiu sozinho em algum canto para que possamos comê-lo – isso seria um tipo de justificação inconsciente de um mundo em que os humanos seriam incapazes de poluir – ele foi selecionado para caber na hierarquia de dominação do seu maior predador. Além do nível de evolução natural identificado por Darwin, é possível elaborar um outro modelo, em que a lógica de dominação dos recursos naturais provoque também a evolução das especies.

Neste sentido, o Lago Vitória viu seus recursos adaptados à dominação do seu mais novo predador , o consumidor europeu. Em termos depurados, ceteris paribus, isto é chamado entrar na economia globalizada. E longe de là, a região de São Gonçalo dos Campos, na Bahia, vive um processo de adaptação comparável, baseado na avicultura industrial. Tratando-se de uma economia globalizada, é possível ver o que é similar, e o que é diferente, entre as duas situações:

  • La production du Lac Victoria s’en va vers l’Europe; celle de São Gonçalo dos Campos part vers les grandes villes du sud du Brésil. Dans un cas comme dans l’autre, c’est le plus gros marché – le plus grand prédateur – qui détermine l’évolution de ses dépendants, et non le milieu naturel.
  • La perche du Nil est carnivore, et elle a éliminé les autres poissons présents dans le Lac, retirant toute alternative de pêche aux communautés locales. Le poulet, lui, n’est pas carnivore, même s’il finit par être cannibale en mangeant des rations faites de farine animale. Ici, c’est la situation foncière – latifundiaire – qui empêche les communautés locales de développer des alternatives.
  • L’industrie récupère cette main-d’oeuvre locale. Elle est occupée, d’un côté à l’extraction de la matière-première (pêcher le poisson dans le lac), et de l’autre à sa transformation (vider et congeler le poulet).
  • Le milieu dans lequel vivent ces communautés est réadapté pour convenir aux exigences du plus grand prédateur. “Le Cauchemar de Darwin” montre des villages de pêche décimés par le SIDA et les enfants des rues qui habitent les rues à côté de l’aéroport. Au Brésil, les quartiers périphériques des villes, peuplés de travailleurs, ne sont généralement pas urbanisés et São Gonçalo dos Campos ne fait pas exception, malgré sa petit taille. Des granges de 20,000 poulets, chacune plus peuplée que la ville elle-même, sont plantées partout sur le territoire.
  • A produção do Lago Vitória vai para a Europa; em São Gonçalo dos Campos, ela vai para as grandes cidades do sul do Brasil. Em ambos os casos, é o maior mercado – o maior predador – que determina a evolução dos seus dependentes, e não o meio ambiente.
  • A perca do Nilo é carnívora, e elimina todos os outros peixes presentes no Lago, tirando tanbém qualquer alternativa de pesca para as comunidades locais. O frango dificilmente é carnívoro, mesmo se acaba sendo canibalo quando ele come rações feita de farinha animal. Aqui, é a ordem agrária – latifundiária – que impede as comunidades locais de desenvolver alternativas.
  • A industria recupera esta mão-de-obra local. Ela está ocupada, ou na extração da materia-prima (pescar os peixes no lago), ou na sua transformação (limpar e congelar o frango).
  • O meio em que vivem estas comunidades é reorganizado para coresponder às exigências do maior predador. “O Pesadelo de Darwin” mostra aldéias de pescadores decimadas pelo AIDS e crianças vivendo nas ruas, ao lado do aeroporto. No Brasil, os bairros periféricos, povoados por trabalhadores, na maior parte do tempo não têm urbanização, e São Gonçalo dos Campos não faz exceção, mesmo com o seu tamanho reduzido. Granjas de 20,000 galinhas, cada uma mais povoada que a própria cidade, estão plantadas em todo o território.
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Les poissons du Lac Victoria voyagent environ 6000 kilomètres avant de rejoindre leurs consommateurs, tandis que la majorité des poulets ne parcourent que 1000 à 2000 kilomètres: malgré ses dimensions sous-continentales, le Brésil constitue un seul et même pays. En conséquence, la législation dont bénéficient les consommateurs du sud du pays est identique pour les travailleurs du nord-est: ils profitent de la même couverture sociale embryonnaire et du même système unique de santé (SUS). À l’inverse, aucune législation européenne ne pourra atteindre les pêcheurs africains (ce n’était même pas le cas dans les colonies), mis à part les efforts en direction du commerce équitable et de l’agriculture organique. Il n’y a pas non plus de traffic d’armes à São Gonçalo. Mais ces différences ne changent pas grand chose à la dépendance dans laquelle sont installées les deux régions.

Qu’elle soit nationale ou non, l’option du tout-à-l’exportation configure l’espace local et la société qui y habite d’une seule et unique manière: celle d’otage. Les alternatives sont éliminées, et l’industrie constitue la seule forme de futur possible. Le cauchemar de Darwin est bien là: le plus gros prédateur provoque aussi l’évolution des êtres vivants. Reste à savoir dans quelle direction.

Os peixes do Lago Vitória viajam perto de 6000 kilômetros antes de alcançar os consumidores, enquanto quase todo o frango percorre apenas 1000 ou 2000: mesmo com dimensões sub-continentais, o Brasil é um país só. Em consequência, a legislação é a mesma para os consumidores do sul e para os trabalhadores do nordeste: beneficiam da mesma cobertura social embrionaria e do mesmo sistema único de saúde. Ao inverso, nenhuma legislação européia pode atingir os pescadores africanos (nem era o caso no tempo das colonias), a não ser os esforços do comercio justo e da agricultura orgânica. Também não há trafico de armas em São Gonçalo. Porém, estas diferenças não mudam a relação a dependência na qual se encontram as duas regiões.

Seja ela nacional ou não, a opção do “tudo-para-a-exportação” reconfigura o espaço local e a sociedade que mora nele, de um único jeito: o do refém. As alternativas são eliminadas, e a industria constitue a única forma de futuro possível. O pesadelo de Darwin está bem alí: o maior predador provoca também a evolução dos seres vivos. Resta saber para onde.

Rédigé par synaptique

avril 24, 2009 à 2:58

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La fête de São Gonçalo

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Français

Le 15 janvier, c’est le jour de la São Gonçalo. Que se passe-t-il le jour de la São Gonçalo à São Gonçalo? C’est la fête, naturellement. Et à Bahia, syncrétisme afro-brésilien oblige, toute fête qui se respecte passe par le lavage des marches de l’église la plus proche. Lorsqu’il n’y a pas d’église (ce qui est rare), on trouve toujours l’un ou l’autre escalier public.

Português

Dia 15 de janeiro, é dia de São Gonçalo. O que está acontecendo no dia de São Gonçalo em São Gonçalo? Festa, é claro. E na Bahia, graças ao sincretismo afro-brasileiro, toda festa um tanto bem organizada se deve de lavar as escadas da igreja a mais próxima. E até quando não tem igreja (algo muito raro), sempre se acha alguma escada pública.

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Le personnage central du lavage, c’est la Bahianaise. La même qui, pendant toute l’année vend tranquillement ses acarajés aux appétissantes crevettes au coin de toutes les rues, une fois la fête venue, se transforme en fervente suivante du divin, que celui-ci se manifeste sous la forme de Jésus, Oxalá ou Saint Gonzague. Peu importe, finalement, c’est la force du syncrétisme.

La tradition du lavage des églises remonte au XVIIIème siècle, à une époque où c’était le travail des esclaves. Depuis, la pratique s’est intégrée dans la culture afro-brésilienne, comme l’une des pièces centrales de l’identité noire. Les manifestations les plus connues se déroulent dans les quartiers de Bomfim et Itapoã à Salvador.

À São Gonçalo, c’est peut-être la manifestation culturelle la plus typique, puisque les autres – la Saint Jean et le Festival d’Hiver – sont des évènements soit répandus dans tout le Nordeste, soit plus récents. Après le lavage de l’église, les blocos sortent et animent les rues. Toute la semaine est ainsi plongée dans les festivités.

A personagem central da lavagem, é a Bahiana. A mesma que, durante o ano vende tranquilamente os seus acarajés cheios de camarões gostosos em todas as esquinas, uma vez que chegou a festa, se transforma em fiel servidora do divino – que este se manifesta sob a forma de Jesus, Oxalá ou São Gonçalo. Não importa, afinal, esta é a força do sincretismo.

A tradição da lavagem remonta ao século XVIII, quando era o trabalho dos escravos. Desde então, a prática se integrou na cultura afro-brasileira, como uma das peças centrais da identidade negra. As manifestações mais famosas acontecem nos bairros de Bomfim e Itapoã em Salvador.

Em São Gonçalo, se trata talvez da manifestação cultural a mais típica, poís as outras – a São João e o Festival de Inverno – são eventos, ou acontecendo no Nordeste todo, ou muito recente. Depois da lavagem, os blocos saiem e animam as ruas. Toda a semana mergulha nas festividades.

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Rédigé par synaptique

janvier 16, 2009 à 5:10

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Fête de graduation à la maternelle

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Français

Je connaissais déjà les fêtes d’anniversaire d’un an, que les jeunes Brésiliens adorent organiser pour leur nouveau-né, qui soit dit en passant, ne se rend compte de rien – même quand tout le monde se met à lui chanter « Joyeux Anniversaire ». On voit vite, d’ailleurs, que la fête n’est pas pour le gamin, mais bien pour les parents.

Mais hier soir, j’ai eu l’occasion de voir qu’il y a moyen de faire encore plus fort. Hier soir, c’était la soirée officielle de graduation de la maternelle où le fils d’un ami… enfin, on ne peut pas vraiment encore appeler ça « étudier », si ? Bon, c’est vrai qu’après tout, les charmants bambins ont appris à lire et à écrire, et que dans le fond, qu’y a-t-il de plus beau qu’une enfant qui écrit son nom pour la première fois ? Tout dépend du nom, évidemment, mais je me pose tout de même la question de savoir, pour qui sont faites ces fêtes ?

Les enfants ne sont qu’un prétexte, et les institutrices le répétaient bien fort hier : « Il faut retomber en enfance, car rien n’est plus beau que l’enfance. » Fort bien, mais à mon sens, une fête de graduation à la sortie de la maternelle, c’est fameusement adulte comme attitude ! Vite vite, il faut les faire entrer sur le marché du travail, les motiver sur la voie des diplômes, sans lesquels ils ne seront jamais que des moins-que-rien.

Bon, peut-être que je m’emporte. C’est vrai qu’à l’époque on a tous participé de spectacles. Je me souviens d’une fois, il fallait se déguiser en schtroumpf. Je ne voulais pas, j’ai pleuré, et j’ai terminé en Azraël. Ça doit être pour ça que j’ai été au chômage pendant si longtemps. Ah, les salauds.

Português

Eu já sabia das festas de aniversário de um ano, que os casais brasileiros adoram organizar para o recém nascido, o qual – vou dizer – não se dá conta de nada, nem quando tudo mundo começa a cantar “Parabéns”. Dá para perceber, na verdade, que a festa não acontece para os meninos, mas sim para os pais.

Mas ontem de noite, eu tive a ocasião de ver que era possível fazer ainda mais forte. Ontem de noite, foi a festa oficial de formatura da escola infantil onde o filho de um amigo… enfim, não pode bem chamar isso estudar, sim? Bem, é verdade que afinal, os baixinhos aprenderam a ler e escrever, e que, no fundo do fundo, será que existe coisa mais linda do que uma criança escrevendo o seu nome pela primeira vez? Depende do nome, certo, mas ainda me pergunto: para quem estas festas?

Obviamente, as crianças são um pretexto, e as professoras repetiam isso muito bem ontem: “É preciso voltar para a infância, porque não tem nada mais belo do que a infância.” Muito bem, mas pensa bem. Uma festa de graduação, na saída do infantil, é uma atitude de adultos! Anda logo, precisam entrar no mercado do trabalho! Os incentivar na busca dos diplomas, sem os quais nunca serão mais do que ninguém.

Tudo bem, eu fico nervoso de mais. É verdade que na época, participamos todos de espetáculos. Eu lembro uma vez, tinha que se fantasiar de smurfe. Eu não queria, chorei muito e acabei fantasiado daquele gato brabo. Deve ser por isso que eu fiquei tanto tempo desempregado. Ah, se eu soubesse!

Rédigé par synaptique

décembre 15, 2008 à 7:41

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Sarau Ecológico

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Hier il y a eu l’évènement culturel de la ville, le Sarau littéraire des élèves de l’école publique Polivalente. Je dis l’évènement, au singulier, parce que c’est réellement le seul évènement culturel qui est organisé en ville.

Un Sarau (prononcer sa-ra-ou) littéraire, c’est un peu comme un café littéraire sans le café. Soit, des jeunes qui défilent sur une scène avec un bout de représentation – poésie, chant, danse, déclamation… Évidemment, il y a de tout, du bon et du mauvais. Du très mauvais aussi (du genre, ils s’engueulent sur scène quand quelqu’un manque une réplique.)

Le thème était l’écologie, c’est à la mode. D’ailleurs, demain on va avoir une réunion du Conseil Municipal Environnemental, qui promet d’être un peu plus amusante que les autres. Les plaintes pour pollution contre l’abattoir de poulet qui rejette ses égoûts dans le champs du voisin ont l’air de faire effet. Il faut dire qu’on a activé tous les organes possibles: le gestionnaire du site industriel, le bureau environnemental de Bahia et même – c’est moi qui ai amené le cas quand on est allé à Brasília – le bureau environnemental fédéral, IBAMA.

Photo satellite de l'endroit (Google Earth)

Voir le filet noir qui s'écoule depuis le coin en bas à droite du terrain de l'abattoir (merci Google Earth, pour la preuve par satellite).

D’après ce que j’ai vu (la route passe à côté), il y a maintenant des gens en train de travailler à l’endroit où il y a la “fuite” avec de gros tubes de béton. Reste à savoir deux choses:

  1. Est-ce bien là le seul problème? Si l’entreprise en était arrivée à ce point, de rejeter ses résidus chez le voisin, on peut se douter du fait qu’il y a d’autres “fuites” ailleurs.
  2. Qu’est-ce qui va se passer avec la réparation des dégâts effectués? La plainte nous est arrivée sur le tard, ça faisait un bon bout de temps que la pollution était constatée par les voisins, sans qu’ils aient les moyens d’intervenir.

Quel est le poids d’un Sarau Ecológico face aux dégats que peut causer un abattoir industriel de poulet? Pas grand chose. Pourtant, si il faut espérer que les gens se mettent à observer le monde qui les entoure et à expliquer ce qui se passe, c’est le seul moyen d’y parvenir.

Rédigé par synaptique

décembre 9, 2008 à 2:17

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Encore les élections municipales…

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Ça y est, cette fois c’est fait. La Justice a tranché. Il aura fallu près de deux mois, depuis le 5 octobre – jour du vote, pour qu’on sache enfin qui est la personne qui sera Préfêt de São Gonçalo dos Campos pour les quatre ans à venir.

Pour rappel, la lutte était serrée. Six candidats, un coup de théâtre, et une série de procès non-résolus. Au bout du compte, le premier voté voyait sa candidature annulée parce qu’il était toujours sous le coup d’un procès pour mauvaise gestion financière. Le second voté ne s’était fait connaître qu’à la veille des élections – c’est avec l’image de sa femme que s’était déroulée toute la campagne électorale. Le troisième avait fait une percée impressionnante pour un nouveau venu, mais insuffisante pour obtenir plus que la dernière place du podium. Les autres, hé bien, les autres auraient mieux fait de trouver des alliés.

Tout le monde attendait donc avec impatience le résultat du procès pour inéligibilité du premier classé, Antônio Dessa Cardoso, dit Furão. Le Tribunal des Comptes municipal avait en effet rejeté sa prestation de comptes lors de la dernière année de législature, mettant le doigt sur de nombreuses irrégularités (salaires et sécurité sociale des employés non versées, bugdet en éducation et santé inférieur aux taux minimums établis par l’État Fédéral, etc.) Entretemps, le Tribunal de justice de Bahia contredit cette décision et approuva l’exercice. Sous la pression des adversaires politiques (pour une fois, tous alliés), toute l’affaire est remontée jusqu’au Tribunal Supérieur Électoral, la plus haute instance en la matière. Le Ministre Eros Grau prit finalement sa décision: rien ne semble empêcher la candidature de M. Cardoso. Avec plus de 7000 votes, c’est donc lui qui est réhabilité et qui deviendra Préfêt le 1er janvier 2009.

livro-combate-a-corrupcao-picReste une série de questions, que la décision du Tribunal n’efface pas. Il va falloir garder un oeil sur les comptes publics. Il va falloir vérifier les dépenses. Et, le plus dur peut-être, il va falloir que ce soit la population elle-même qui le fasse. Justement, j’ai trouvé à São Paulo un petit livre expliquant où regarder, comment chercher et de quelle manière prouver les nombreuses rumeurs qui ne manqueront pas de surgir. C’est l’occasion de pousser un peu plus de niveau de participation de la population dans la vie publique.

Rédigé par synaptique

décembre 4, 2008 à 11:56

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Un Carnaval hors-saison

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Hier, dimanche 26 octobre 2008, c’était le deuxième tour des élections municipales au Brésil. Le seconde vague de la fête de la démocratie, donc. Tout s’est bien passé, et tous les perdants ont reconnu leur défaite. Même à Rio, où ça s’est pourtant joué à environ 50.000 votes.

Pourtant, un petit village résiste toujours. À São Gonçalo dos Campos, il n’y a toujours pas de nouveau Préfêt. Comment? On n’y a pas fêté la démocratie? Mais qu’est-ce qu’on a foutu?

Reprenons, pour ceux qui n’ont pas suivi. Il y avait 6 candidats, dont deux en situation de net avantage: l’épouse de l’actuelle Préfêt, et l’ex-Préfêt. L’un comme l’autre étaient poursuivis par la Justice, la première parce que son mari ne s’était pas écarté de ses fonctions avant la campagne, et l’autre pour fraude fiscale lors de sa précédente législature. Deux jour avant le premier tour, la candidate renonçait au titre, et c’est son mari – l’actuel Préfêt donc – qui apparaissait comme candidat au grand jour, dans un magistral coup de théâtre de dernière minute. Mais rien n’y fit: le peuple décida de mettre sa confiance dans l’ex-Préfêt, malgré sa condamnation pour détournements d’argent. Avec 7500 votes, il devait passer s’il n’avait ce procès sur le dos.

Bref, nous avons trois scénarios possibles:

- L’ex-Préfêt est innocenté, et prend le pouvoir suivant la volonté populaire;

- L’ex-Préfêt est coupable, et le pouvoir tombe dans les mains du second classé, l’actuel Préfêt;

- L’ex-Préfêt et l’actuel sont tous les deux coupables (faut voir les choses en face: l’actuel Préfêt aussi, pour avoir utilisé son épouse comme potiche afin de tromper l’électeur). De nouvelles élections seraient alors organisées. C’est le moins probable, je ne suis même pas sûr que ce soit possible.

Finalement, c’est bien vrai que les élections, c’est la fête de la démocratie. Et je dirais même plus: les élections, c’est un Carnaval hors-saison.

Rédigé par synaptique

octobre 27, 2008 à 2:32

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Les élections municipales

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Ce matin, dans son émission hebdomadaire “Café avec le Président“, Lula s’est félicité de la leçon de démocratie que le Brésil a donné au monde la veille, lors des élections municipales. Plus de 5000 communes, 130.000.000 d’électeurs – ce sont en effet de jolis numéros. Les observateurs internationaux qui ont accompagné le processus se sont eux aussi dit impressionnés.

Moi aussi, j’ai été impressionné et vous allez comprendre pourquoi. Mais pour cela, nous devons remonter un petit peu dans le temps. Rassurez-vous, pas loin. Tout commence en juillet.

Car c’est en juillet qu’à commencé la campagne électorale. Les élections, c’est une chose – la campagne, c’en est une autre. Et au Brésil, on prend les choses très à coeur : soutenir un candidat, c’est un peu comme soutenir un club de football. On met des drapeaux aux fenêtres, on se peint la figure aux couleurs de son favori, et on fait des tours en voiture en klaxonnant. L’essentiel de la propagande est faite au moyen des “carros de som”, qui sillonnent la ville, tous les jours, de 8 heures à 22 heures, pendant les trois mois de campagne. Chaque candidat choisit son style: axé, reggae, caribe, rock…

La lutte commence et les camps se forment sur le trottoir de chaque comité. Bientôt, ils en viendront aux mains – comme dans la nuit de dimanche soir, en attendant les résultats – quelques os cassés à l’hôpital. Dans ces conditions, c’est le manichéisme qui s’installe : ceux qui ne sont pas avec X sont contre X. Et inversément.

Du programme politique, on n’entend pas grand chose. Les discussions sont concentrées sur le profil de chacun, pas sur ses idées. Résultat, quand la radio locale organise un débat, tous les candidats ont les mêmes opinions sur les mêmes problèmes. “Oui, monsieur, je vais améliorer la santé, et d’ailleurs le candidat X a bien raison”, “Comme l’a si bien remarqué le candidat Y, nous ne pouvons faire l’impasse sur la situation dans laquelle se trouve l’éducation, ça non! Sans parler de la sécurité, car pas plus tard qu’hier…” Et chacun de promettre des emplois.

Bref, quand on aperçoit une ébauche de politique, elle disparaît rapidement derrière la brume des politiciens. Ce sont eux qui monopolisent le débat – leur propre personne.

Mais revenons-en à aujourd’hui. Les élections sont terminées, les votes sont comptés. Mais São Gonçalo dos Campos ne sait toujours pas quel sera son préfêt. Le premier classé attend toujours la sentence de son procès au Tribunal Supérieur Electoral – la dernière instance – car les comptes de sa précédente législature ont presque tous été refusés par les tribunaux. Le second classé est l’actuel préfêt, donc la candidature a été annoncée la veille des élections, samedi matin. C’est son épouse qui a mené toute la campagne, grâce à son charisme et à ses bonnes actions (comme dans la Mafia, où les femmes s’occupent des bonnes oeuvres). Enfin, viennent les petits candidats de gauche qui, s’ils avaient eu le courage de s’allier, auraient été capables de changer définitivement le résultat des élections. C’est la Justice brésilienne qui nous donnera la réponse finale.

C’est vrai, le processus du vote et son comptage sont un succès. C’est la partie arithmétique de la démocratie. S’en féliciter, ça revient à dire “Chouette, les machines ont fonctionné…”

Rédigé par synaptique

octobre 6, 2008 à 3:23

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Le Jour du Néo-Pentecotiste

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Au Brésil, on aime avoir des jours pour tout le monde. Il y a le jour du soldat, le jour du fonctionnaire public, le jour du professeur et, bien sûr, le jour de l’étudiant. À São Gonçalo dos Campos, nous avons désormais aussi le jour du néo-pentecotiste. C’est aujourd’hui.

Puisque les catholiques ont un jour férié le jour de São Gonçalo, en janvier, et que les néo-pentecotistes ne croient pas aux saints, il a été décidé d’accorder un nouveau jour férié pour les fidèles du culte néo-pentecotiste aussi. Histoire de maintenir le grand équilibre, sans nul doute.

Ce qui est amusant, c’est qu’en Belgique, la plus grosse église pentecotiste de ce côté de l’Atlantique a été classée parmi les sectes par une commission parlementaire, qui a ensuite été condamnée par la Justice. Finalement, la Cour de Cassation a décidé d’absoudre le Parlement. En fin de compte, voilà l’historique des relations entre la Belgique et les néo-pentecotistes brésiliens.

Malgré leur intransigeance et leurs réactions négatives face à tout ce qui n’est pas en accord avec leurs propres dogmes – et surtout avec tout ce qui est de près ou de loin afro-brésilien, il faut reconnaître que les églises comblent un manque cruel dans la société brésilienne. Et c’est encore plus vrai quand on entre dans les communautés les plus pauvres des mégalopoles. Comme partout dans le Sud global, l’afflux de population dans les villes a fait exposer la capacité de celles-ci à suivre le rythme. Il y a des pans entiers de villes qui sont laissés à l’abandon, et dans lesquels les églises sont les seules à proposer un réseau social.

À Feira de Santana, je suis passé devant une église qui se disait ouvertement fondamentaliste et, à moins que le terme n’ait une autre signification en portugais, il y a un lien avec un Islam radical qu’on retrouve dans des territoires également abandonnés par tout pouvoir public. À la différence que le néo-pentecotalisme se range du côté du Monde Libre, et prêche pour le succès commercial de ses fidèles.

Ce qui est d’ailleurs une contradiction, car le Jour du Néo-Pentecotiste à São Gonçalo, personne ne travaille.

Rédigé par synaptique

septembre 30, 2008 à 7:49

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