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Le monde est un grand bac à légumes.

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Résonnance

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Je suis en train de monter le scénario d’une autre nouvelle. Elle se situe dans le continuum de la précédente que j’ai écrite, Pour quelques fibres de plus. C’est la première fois que je passe autant de temps à élaborer un scénario, étape-par-étape, et j’espère que ça va me faciliter la tâche au moment de raconter l’histoire.

Bon, là-dessus au moins, tous les auteurs sont d’accord: il faut préparer, critiquer, préparer encore, et surtout critiquer encore plus. Après ça, l’histoire est enfin prête pour un premier jet approximatif. Il existe quelques bons coins pour la science-fiction en général et le cyberpunk en particulier, comme cybRpunk ou writesf.com. La Science Fiction and Fantasy Writers of America propose aussi pas mal de bonne aides, dont un petit lexique écrit par Bruce Sterling lui-même.

C’est toujours amusant de voir comment les historiens de l’art arrivent à décaper les tableaux de maîtres pour y retrouver les couches d’essais qui ont précédé la version qu’on expose dans le musée. Ça me rappelle une exposition sur Bloch que j’ai vue à Rotterdam, presque entièrement composée de petits croquis faits au crayon. Bloch aurait fait un bon auteur de bédé, d’ailleurs.

Pour revenir à l’histoire, elle se déroule à Bahia, évidemment. J’aimerais parvenir à créer un cyberpunk latino, c’est-à-dire un contexte identique aux histoires qui se déroulent généralement aux États-Unis ou au Japon. Je n’y connais d’ailleurs que deux exceptions: Tous à Zanzibar, de John Brunner et L’Âge de Diamant, de Neal Stephenson. Et maintenant que j’y pense, en voici un troisième: Les Mailles du Réseau, de Bruce Sterling. Bon, d’accord, on pourrait éventuellement ranger Babylon Babies, de Maurice G. Dantec, dans la même catégorie. Mais une chose est sûre, le Nord global y reste toujours la reférence majeure.

À ma petite échelle, le Brésil du futur se morcelle en petites communautés féodales, dominées par des élites qui ont les moyens de s’ouvrir les yeux sur le monde, et qui – bien entendu – s’en réservent le privilège. Autour d’elles, d’immenses consortiums globaux, et un État qui cherche à refonder son pouvoir. Au coeur de l’une de ces communautés, deux vies entrent en résonnance sans jamais se croiser.

Rédigé par synaptique

octobre 9, 2008 à 5:17

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John Brunner, Le Creuset du Temps.

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Les histoires d’extra-terrestres ont toujours quelque chose d’artificiel, comme si l’auteur avait délibérément choisi une manière de pouvoir raconter n’importe quoi. D’une certaine façon, on peut dire que tous les auteurs choisissent une manière de pouvoir raconter n’importe quoi – après tout, depuis la fin du néoclassicisme, l’art s’est détaché de l’objet qu’il cherche à représenter et il n’y a pas de raison que cela ne touche pas la littérature.

Le problème avec les aventures qui se passent sur d’autres mondes, c’est qu’on en vient à penser un peu trop facilement, et un peu trop consciemment, que c’est n’importe quoi. Tout l’art consiste à exprimer ce qu’on veut – n’importe quoi – sans que cela ne transparaisse. Ou alors, pas trop brutalement.

Bref, le Creuset du Temps a cette particularité de proposer une réflexion sur le temps long, c’est-à-dire sur ces évolutions qui paraissent infimes et qui, au bout du compte, changent complètement la situation. On a l’habitude de lire une aventure qui débute à A avec le héros X et qui finit à B, avec le même X et si possible Y qui serait tombée dans son lit dans le même laps de temps.

Chaque chapitre du livre offre une petite aventure, qui ne serait pas vraiment intéressante si elle n’était pas lue avec les autres. Ce qui fait la force du récit, c’est justement la traversée dans le temps que tout le roman propose. Une civilisation végétale cherche à se sortir de la situation dans laquelle le hasard l’a fourrée, c’est-à-dire sur le chemin d’un champs d’astéroïdes. On l’accompagne depuis ses premières découvertes, au fil des siècles, jusqu’à ce qu’elle parvienne à se rendre compte que ce qui se passe vraiment autour d’elle.

De John Brunner, j’ai préféré Tous à Zanzibar – peut-être parce qu’il était plus humain. Mais j’aime sa maîtrise du récit, et le cours qu’il donne au temps long.

Rédigé par synaptique

septembre 29, 2008 à 11:49

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