Les élections municipales

Ce matin, dans son émission hebdomadaire « Café avec le Président« , Lula s’est félicité de la leçon de démocratie que le Brésil a donné au monde la veille, lors des élections municipales. Plus de 5000 communes, 130.000.000 d’électeurs – ce sont en effet de jolis numéros. Les observateurs internationaux qui ont accompagné le processus se sont eux aussi dit impressionnés.

Moi aussi, j’ai été impressionné et vous allez comprendre pourquoi. Mais pour cela, nous devons remonter un petit peu dans le temps. Rassurez-vous, pas loin. Tout commence en juillet.

Car c’est en juillet qu’à commencé la campagne électorale. Les élections, c’est une chose – la campagne, c’en est une autre. Et au Brésil, on prend les choses très à coeur : soutenir un candidat, c’est un peu comme soutenir un club de football. On met des drapeaux aux fenêtres, on se peint la figure aux couleurs de son favori, et on fait des tours en voiture en klaxonnant. L’essentiel de la propagande est faite au moyen des « carros de som », qui sillonnent la ville, tous les jours, de 8 heures à 22 heures, pendant les trois mois de campagne. Chaque candidat choisit son style: axé, reggae, caribe, rock…

La lutte commence et les camps se forment sur le trottoir de chaque comité. Bientôt, ils en viendront aux mains – comme dans la nuit de dimanche soir, en attendant les résultats – quelques os cassés à l’hôpital. Dans ces conditions, c’est le manichéisme qui s’installe : ceux qui ne sont pas avec X sont contre X. Et inversément.

Du programme politique, on n’entend pas grand chose. Les discussions sont concentrées sur le profil de chacun, pas sur ses idées. Résultat, quand la radio locale organise un débat, tous les candidats ont les mêmes opinions sur les mêmes problèmes. « Oui, monsieur, je vais améliorer la santé, et d’ailleurs le candidat X a bien raison », « Comme l’a si bien remarqué le candidat Y, nous ne pouvons faire l’impasse sur la situation dans laquelle se trouve l’éducation, ça non! Sans parler de la sécurité, car pas plus tard qu’hier… » Et chacun de promettre des emplois.

Bref, quand on aperçoit une ébauche de politique, elle disparaît rapidement derrière la brume des politiciens. Ce sont eux qui monopolisent le débat – leur propre personne.

Mais revenons-en à aujourd’hui. Les élections sont terminées, les votes sont comptés. Mais São Gonçalo dos Campos ne sait toujours pas quel sera son préfêt. Le premier classé attend toujours la sentence de son procès au Tribunal Supérieur Electoral – la dernière instance – car les comptes de sa précédente législature ont presque tous été refusés par les tribunaux. Le second classé est l’actuel préfêt, donc la candidature a été annoncée la veille des élections, samedi matin. C’est son épouse qui a mené toute la campagne, grâce à son charisme et à ses bonnes actions (comme dans la Mafia, où les femmes s’occupent des bonnes oeuvres). Enfin, viennent les petits candidats de gauche qui, s’ils avaient eu le courage de s’allier, auraient été capables de changer définitivement le résultat des élections. C’est la Justice brésilienne qui nous donnera la réponse finale.

C’est vrai, le processus du vote et son comptage sont un succès. C’est la partie arithmétique de la démocratie. S’en féliciter, ça revient à dire « Chouette, les machines ont fonctionné… »

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