TEIA 2008 – Brasília

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Il y a Brasília, et il y a le Brésil. Ce sont deux mondes différents.

C’est ce que m’a dit un prof de théâtre de São Paulo ce matin. Et on voit ça rapidement avant même de débarquer. Rien ici n’est aux dimensions habituelles d’une ville. Ici, c’est la voiture qui détermine la structure de l’espace. Les avenues ont 5 voies dans chaque sens, et il n’y a pas de passerelles pour les piétons. C’est l’Amérique, vous direz. Du nord, peut-être. Parce que dans le sud, c’est pas courant.

On se croirait dans une sorte de zone 51, fermée du monde. Les aliens qui sont cachés dans le sous-sol de tous les immeubles sont toute l’administration du pays, qui vit à l’écart de la réalité. Leur horizon, c’est celui de la planification, de l’ordre et du progrès moderniste. Pourtant, pas besoin d’aller bien loin pour se rendre compte qu’on navigue en plein espace inter-sidéral. Hors des murs de la ville haute, on plonge rapidement dans les villes satellites, culs de basses-fosses d’un Brésil laissé à l’abandon par ses Patriciens.

Mais j’ai dit hier que j’allais parler des activités de la TEIA. Mais qu’est-ce que la TEIA? Et un Ponto de Cultura alors? C’est peut-être bien la première fois qu’un programme gouvernemental fait écho aux projets montés au niveau de la population. Il faut reconnaître que l’État brésilien n’est pas spécialement connu pour sa tendresse envers la population (qui se souvient du Général Zantas?). Les Pontos de Cultura prennent cette souveraine tradition sud-américaine à contre-pied. L’objectif de reconstruire la société civile à partir d’elle-même, à partir des activités qu’elle développe. Et la TEIA regroupe tous les Pontos de Cultura du pays – voilà pourquoi on y est aujourd’hui.

La TEIA ressemble à un Forum Social en miniature. Miniature parce que les sujets abordés et l’ampleur des participants n’a rien de pareil. Mais ça y ressemble tout de même pour plusieurs raisons:

  • Les gens débatent sur une série de problèmes de société, liés à la culture (mais c’est un concept large, et on touche finalement à tout),
  • Le public est plutôt pareil, des artistes, hippies et autres roadies,
  • Les documents finaux servent de base pour coordonner l’action de tous les participants…

Hier j’ai participé à un groupe de travail sur l’économie solidaire. L’occasion de rencontrer des gens qui ont un paquet d’expérience dans le domaine, et d’essayer de monter un réseau de connaissance (de gens, d’idées, de méthodes…). Tôt ou tard, on devra orienter une partie des activités vers l’économie – ne fut-ce que quand les subsides s’arrêteront. L’économie solidaire, ou le commerce juste, sont des alternatives valables pour une production à caractère culturel et d’ampleur locale ou, au maximum, régionale. J’ai rencontré des gens de Belém, au Pará. C’est là que le prochain Forum Social Mondial va se dérouler, en janvier 2009.

Aujourd’hui, c’est l’heure des réunions générales de tous les Pontos. Déjà, oui. C’est un peu rapide, je n’ai pas eu l’impression d’avoir discuté de suffisamment de choses avec de gens de l’autre bout du pays. Demain, il y a une manifestation devant les Ministères (pratique, ils sont tous alignés le long de l’avenue – ça va faire bizarre tout de même). Et puis ça sera déjà fini. Bon, c’est court, mais on débute à peine. L’année prochaine, on aura l’occasion de se préparer un peu plus.

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Comments
One Response to “TEIA 2008 – Brasília”
  1. Yorik dit :

    prend des photos, demain pendant la manif!

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