Aride!

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Français

Caatinga (tupi) – Forêt blanche.

« Il n’a pas plu depuis août ». C’est difficile à croire, quand on est belge. Chez nous, quand on dit qu’il y aura une semaine sans pluie, on s’imagine plein de choses. On espère que ça tombera pile en été, quand il fera bon. On fait des plans entre amis pour aller faire une descente de la Semois en kayak, ou bien un tour au Parc Paradisio… Il y a bien eu des vagues de chaleur ces dernières années, mais rien qui puisse modifier notre imaginaire collectif.

Alors tout de suite, quatre mois sans une goutte de pluie, ça ouvre un nouveau point de vue sur la chose. « Oh, mais c’est pas la sècheresse », me rassure-t-on. Parce qu’il y a l’eau courante. Quand on en vient aux camions-citernes, là, ça devient dur. On souffre pour boire ou se laver, puis on souffre encore dans la file pour recevoir quelques litres. La dernière fois, c’était il y a quinze ans, en 1993. On ne sait pas exactement où se trouve la cause du phénomène – El Niño ou La Niña, la zone de convergence intertropicale… Mais pour y remédier, le grand projet actuel prévoit de dévier une partie des eaux du São Francisco, le plus grand fleuve de la région, vers les terres les plus sèches.

Une telle idée fait beaucoup de bruits, évidemment. Comme le Colorado (en), le São Francisco a aujourd’hui du mal à atteindre la mer, et l’eau sâlée remonte de plus en plus à chaque marée haute. Autour de Juazeiro et Petrolina, à la frontière entre Bahia et Pernambuco, de gigantestques plantations agroindustrielles irriguent les terres avec l’eau du réservoir du barrage. La région est la plus grosse productrice de vin du pays, mais à quelques dizaines de kilomètres, le sertão reprend ses droits. Alors à qui profitera l’eau des canaux ? À d’autres exportateurs de fruits tropicaux, ou à ceux qui dépendent encore des camions-citernes ?

En y regardant de plus près, le sertão est vraiment un endroit bizarre. D’une manière générale, il y pleut autant qu’en Belgique, soit autour de 900 ou 1000 millimètres par an (fr et pt). À la différence du plat pays, les pluies tombent toutes en une fois, et le résultat est double. D’abord, elles emmènent toute la matière organique. Ensuite, elles saturent le sol, et s’évaporent presque aussi rapidement qu’elles sont arrivées. Le sol s’appauvrit jusqu’à devenir du sable. Bref, comme le dit Manoel Bonfim Ribeiro (pt), le problème du sertão, c’est pas le manque d’eau. C’est de parvenir à la retenir avant que le soleil ne la renvoie d’où elle est tombée.

Português

Caatinga (tupi) – Mata branca.

« Não choveu desde agosto ». É bastante difícil de acreditar, quando você é belga. Là, quando alguém fala que vai ter uma semana sem chuva, a gente começa a imaginar milhões de coisas. A gente torce para que acontece no verão, quando o tempo será melhor. A gente faz planos com os amigos, para fazer canoë na Semois, ou dar uma volta no Parc Paradisio… É verdade que teve ondas de calor, nestes últimos anos, mas nada que pudesse modificar o nosso imaginário coletivo.

Então imagine, quatro meses sem um pingo de água, abre uma nova perspectiva sobre a questão. « Oh, mas não é seca não », seguraram. Porque tem água encanada. A hora de ir até o caminhão-pipa é quando fica preto. Sofre para beber, para tomar banho, e sofre ainda nas filas para receber alguns litros. A última vez, foi quinze anos atrás, em 1993. Não se sabe exatamente qual é a causa do fenômeno – El Niño ou La Niña, a zona de convergência intertropical… Mas para concertar tudo, o grande projeto atual prevê de desviar uma parte das águas do São Francisco, o meior rio da região, para as terras as mais secas.

Tal idéia faz muito barulho, claro. Como o Rio Colorado (en), o São Francisco tem hoje dificuldades para chegar até o mar, e a água salgada avança cada dia mais. Perto de Juazeiro e Petrolina, na fronteira entre Bahia e Pernambuco, plantações agroindustriais gigantes irrigam as terras com a água de reservatório da baragem. A região é o maior produtor de vinho do pais, mas a poucas dezenas de kilometros dalí, o sertão já reaparece. Então quem aproveitará a água dos canais? Outros exportadores de frutas tropicais, ou aqueles que ainda dependem de caminhões-pipas?

Olhando de mais perto, o sertão é mesmo um lugar esquisito. De um modo geral, chove lá tanto quanto na Bélgica, ou seja, cerca de 900 ou 1000 mililitros por ano (fr e pt). Mas diferentemente do pais plano, as chuvas caiem todas em uma vez, e o resultado é duplo. Primeiro, levam consigo toda materia orgânica. Segundo, saturam o solo e evaporam quase tão rápido quanto chegaram. O solo empobrece até se tornar arreia. Como diz Manoel Binfim Ribeiro (pt), o problema do sertão não é a falta de água. É consegir reter-a, antes do sol mandar de volta por onde veio.

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