Campus Party: La mort du CD

Français

Dans le film Singles (Cameron Crowe, 1992), Cliff (Matt Dillon) annonce aux autres membres du groupe Citizen Dick qu’ils font énormément de succès en Belgique. Aux yeux des Américains, la chose doit paraître ridicule évidemment, aussi ce n’est pas bien grave. Ce qui est intéressant, c’est le sous-entendu.

Car derrière cette réplique anodine, s’élève tout le pouvoir spatio-temporel de l’industrie du disque, dont l’agonie fait régulièrement la une des journaux ( fr ). Un obscur groupe peut théoriquement se voir extrait de son village natal et propulsé sur toutes les ondes de la planète, grâce au talent de l’un ou l’autre producteur, accompagné d’une sérieuse maison de disques. Ce tour de passe-passe, évidemment, n’est possible que par l’appropriation des moyens de distribution, c’est-à-dire le CD.

La disparition de celui-ci comme unique média pour véhiculer la musique, remplacé par la culture digitale (ogg vorbis, FLAC, mp3, etc.) est le sujet d’un e-livre publié sur internet, sous license Creative Commons, appelé Le futur de la musique après la mort du CD (par Irineu Franco Perpetuo et Sergio Amadeu da Silveira, pt ).

Quand on parle de mort du CD, c’est bien plus que la simple disparition du disque et son remplacement par un autre support, qu’EMI et Sony Music sont d’ailleurs farouchement occupés à développer dans leurs laboratoires de Recherche & Développement, et qui leur permettra de reprendre le secteur en main. Les changements sont beaucoup plus importants, et ils sont déjà en cours. C’est l’ensemble de la chaîne qui va de l’artiste à son public qui se modifie. Les nouveaux morceaux sont disponibles sur les sites personnels des groupes, et quand ils ne le sont pas, on les trouve vite sur bit-torrent et autres e-mule. C’est comme ça, et ceux qui n’aiment pas finiront par s’y faire.

Désormais c’est l’artiste qui dialogue avec son public, et quand il se met à faire du succès en Belgique, ce n’est plus un phénomène inattendu. Il y gagne un rôle social que l’industrie du disque lui avait oté afin d’en contrôler la distribution. Il redevient, d’une certaine façon, une sorte de troubadour médiéval. S’il n’a plus besoin de se déplacer de ville en ville pour entrer en contact avec son public, c’est bien lui qui est de retour à la base du réseau. Pas une maison de disque.

PS: J’aime bien les allusions à la Belgique dans les films étrangers (parce que chez les frères Dardenne c’est trop facile). Je me souviens aussi des gaufres pleines de chantilly dans Smoke (Paul Auster, 1995), et l’armée coincée dans le Sinaï dans Independence Day (Roland Emmerich, 1996). Il doit y en avoir plus…

Português

No filme Singles (Cameron Crowe, 1992), Cliff (Matt Dillon) faz saber para os outros membros da banda Citizen Dick que fzem muito sucesso na Bélgica. Para os Americanos, a coisa deve parecer ridicula, com certeza, e não é tão grave. O que é mais interessante, é o sub-entendido.

Pois atràs da réplica inocente, se eleva todo o poder espacial e temporal da industria do disco, cuja agonia faz regularmente a primeira página dos jornais ( fr ). Uma banda desconhecida pode teoricamente ser extraida da sua aldeia natal, e colocada em todas as ondas do planeta, graças ao talento de algum produtor, bem acompanhado por uma gravadora séria. Este jeitinho, naturalmente, só é possível pela apropriação dos meios de distribução, ou seja, o CD.

O desaparecimento deste como único meio para divulgar música, trocado pela cultura digital (ogg vorbis, FLAC, mp3, etc.) é o sujeito de um e-livro publicado na internet, com licença Creative Commons, chamado O futuro da música depois da morte do CD (por Irineu Franco Perpétuo e Sergio Amadeu da Silveira, pt ).

Quando se trata da morte do CD, é muito mais do que o simples desaparecimento do disco, e a troca por algum outro suporte, que EMI e Sony Music estão ferozmente ocupado a desenvolver nos seus respetivos laboratórios de Pesquisa & Desenvolvimento, e que permitira que eles retomam todo o setor. A mudanças são muito mais importantes, e já estão acontecendo. É todo o conjunto que vai do artista ao seu público que se transforma. As novas músicas estão disoniveis no site do artista, e quando não são, encontramos rapidamente alguma rede de bit-torrents ou e-mule onde os baixar. É bem simples assim, e aqueles que não gostam terão que se acostumar.

De agora por diante, é o artista que conversa com o público, e quando começa a fazer sucesso na Bélgica, não é mais um fenômeno inesperado. Ele ganha o papel social que a industria do disco tinha tirado para controlar a distribuição. Ele volta a ser, de algum jeito, um tipo de trovador medieval. Se não precisa mais se deslocar de cidade em cidade para entrar em contato com o seu público, é bem ele que compõe a base da rede. E não uma gravadora.

OBS: Eu gosto de ver alusões à Bélgica nos filmes forasteiros (sim, porque com os irmãos Dardenne, é muito mais fácil). Eu lembro também das wafels cheias de chantili em Smoke (Paul Auster, 1995), e o exercito travado no Sinaí em Independence Day (Roland Emmerich, 1996). Deve ter mais…

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