Guns, Germs and Steel

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Des flingues, des virus et du métal. Voilà qui résume admirablement les éléments constitutifs de la trajectoire dominatrice de l’Occident sur le monde. Ou du moins, si l’on en croit Jared Diamond, ses causes de proximité. Dans son livre « Guns, Germs and Steel. The Fates of Human Societies », il examine ce qui a mené à leur apparition conjointe dans cette partie du monde, et tente de répondre à la question des différents stades de développements des sociétés humaines.

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Fuzis, viruses e metal. Eis que resume admiravelmente os elementos constituindo o caminho dominador do Occidente sobre o mundo. Ou pelo menos, se pensamos como Jared Diamond, as suas causas próximas. No seu livro « Guns, Germs and Steel. The Fates of Human Societies », ele examina o que levou ao seu aparecimento conjunto nesta parte do mundo, e tenta responder à pergunta sobre os diversos estádios de desenvolvimento nas sociedades humanas.

Au lieu de se réfugier dans les théories suprémacistes, Diamond cherche à remonter aux origines du développement technologique, là-bas bien loin, à la veille du néolithique. À l’époque où les premières graines ont été plantées, les premiers animaux domestiqués et les premiers minerais fondus. Tout au long des pages, on comprend mieux ce qui apparaît finalement comme une évidence, mais qu’on a trop de facilité à oublier: rien n’a jamais été distribué équitablement, et si les Aztèques n’ont jamais utilisé la roue pour transporter des marchandises, c’est juste parce que tous les grands mammifères du continent américain avaient disparu à la fin de la glaciation du Wisconsin, autour de 10.000 BCE.

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Em vez de se esconder atrás das teorias supermacistas, Diamond procupar voltar para os origens do desenvolvimento tecnológico, por aí bem longe, às vesperas do neolítico. Na época em que as primeiras sementes estavam plantadas, os primeiros animais domesticados e os primeiro mineiros fundidos. Ao longo das páginas, podemos entender melhor o que, finalmente, aparece como uma evidência, mas que temos costuma de esquecer: nada nunca foi distribuido equitavelmente, e se os Aztecos nunca usaram da roda para carregar mercadorias, é apenas porque todos os grandes mamíferos do continente americano foram extinctos no final da glaciação do Winsconsin, por volta de 10.000 BCE.

Dans cette interprétation, c’est donc l’environnement qui est au coeur de l’histoire, et qui ouvre les portes aux développement humain. C’est uniquement à partir des disponibilités du milieu naturel que les sociétés ont, plus ou moins rapidement, élaboré des formes de plus en plus complexes d’organisation. Rien à voir donc avec des facultés intellectuelles, une élection divine ou la pureté d’une quelconque race.

Et ça me fait penser à autre chose. Le système politique démocratique qui est apparu en Occident s’est construit sur toute une série de fondements loin d’être intellectuels ou de haute morale: un système agraire diversifié, des routes de commerces, des contacts fréquents avec les sociétés voisines pour l’échange de technologies… Au fur et à mesure de leur développement, ce sont ces élements qui ont permis de générer des institutions compliquées, et non l’inverse. Imposer celles-ci comme modèle de « bonne gouvernance » se révèle une politique virtuelle, ou de façade, puisque la société qui y vit ne dispose pas elle-même des ressources, ou des structures nécessaires à son fonctionnement. Dans un tel contexte, la démocratie ne prend son sens que si elle s’intègre dans la structure globale, dans ses réseaux et ses routes de commerces. Pilotée de l’extérieur, elle perd tout autre sens que celui du néocolonialisme.

L’intérêt du livre de Jared Diamond est de mettre en lumière une réalité qu’on met trop vite de côté, parce qu’elle n’a rien de reluisant. Point de hauts faits moraux, d’épopée civilisatrice ou de geste messianique: juste quelques grains de riz qui poussent mieux ici que là.

Com esta interpretação, o meio ambiente está no coração da história e abre as portas do desenvolvimento humano. Partindo das disponibilidades do meio natural, as sociedades elaboraram, com mais ou menos velocidade, formas cada vez mais complicadas de organização. Nada então de faculdades inteletuais, de eleição divina ou de pureza de alguma raça.

E isso me leva a pensar algo. O sistema politico democratico que apareceu no Ocidente, se construiu sobre uma serie de fundamentos longe de serem inteletuais ou de alta moral: um sistema agrário diversificado, rotas de comercio, contatos frequentes com outras sociedades, para trocar tecnologia… Ao longo do tempo, são estes elementos que permitiram de criar instituições complicadas, e não o inverso. Impor elas como modelo de « boa governança » aparece como uma politica virtual, de façada, já que a sociedade que vive nelas não dispoe dos recursos ou das estruturas necessários ao seu funcionamento. Em um contexto desse, a democracia só tem sentido se ela se integra na estrutura global, nas suas redes e rotas de comercio. Pilotada de fora, ela perde toda significação, outra que o neocolonialismo.

O interesse do livro de Jared Diamond é de esclarecer uma realidade que deixamos rapidamente de lado, porque não tem nada de valorisante. Nenhuma linda conduta moral, epopéia civilizadora ou gesta messianica: apenas alguns grãos de arroz que crescem melhor aqui do que alí.

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Comments
5 Responses to “Guns, Germs and Steel”
  1. Oli dit :

    Je trouve ça typiquement marxiste comme analyse: « l’infrastructure », à savoir les rapports de production, est à l’origine des mutations de la « superstructure », c’est à dire des processus politiques…

    Sans le nier totalement, ça me parait un peu court, jeune homme !

    Ce qui me dérange, c’est donner comme causes de l’apparition de la démocratie: « un système agraire diversifié, des routes de commerces, des contacts fréquents avec les sociétés voisines pour l’échange de technologies… »
    Dans ce cas, pourquoi la démocratie est-elle apparue si tardivement en Europe ??? [la démocratie libérale ne touchant la plus part des pays que vers le milieu du XIXeme…après 1848…].
    Parce que bon, dès la fin du Moyen-Age, je trouve tous les éléments que tu donnes.

  2. synaptique dit :

    Dans l’introduction du livre, Diamond parle du risque de déterminisme dans son interprétation. C’est vrai qu’il n’y a pas moyen de dire que A+B+C+D=Démocratie. Comme tu le précises, les conditions internes et externes ne suffisent pas pour qu’un système politique s’installe « automatiquement ».

    Par contre, ce qui est intéressant dans sa lecture, c’est qu’il fait complètement sortir la démocratie d’une quelconque richesse idéologique, que seule la culture occidentale aurait été capable de développer et de mettre en place. En partant de cette idée, il faut bien chercher les éléments qui ont permis au système politique d’apparaître. Au tout début, une production alimentaire en surplus, pour permettre aux politiciens (et professeurs) de travailler ailleurs qu’aux champs. Ensuite, comme les bonnes plantes ne sont pas disponibles partout, des relations faciles avec les voisins (par exemple, pas de désert ou d’océan à traverser…), et ainsi de suite. Jared Diamond ne parle pas de « rapports de production ».

  3. Oli dit :

    Je suis en train de bosser sur les guerres de religions. Et la particularité de l’occident par rapport au reste du monde, c’est la séparation entre « le politique » et « le religieux ».

    Remarque: Avec les guerres de l’époque apparait aussi un État fort et organisé [thèse super classique].

    Moi, je crois en la « supériorité » des idées…je pense qu’elles peuvent modeler les comportements [et j’en ai un autre exemple: l’idée de nation…].

    • synaptique dit :

      La notion de séparation entre Église et État est apparue tardivement dans l’histoire humaine – si je ne m’abuse, la question scolaire en Belgique y faisait encore écho. De même que celle de séparation des pouvoirs chez Montesquieu. La majeur partie du livre s’intéresse aux conditions dans lesquelles les idées sont apparues et les évènements ont pris lieu: comment se fait-il que ce soit Pizzaro qui ait capturé l’Inca et non l’inverse?

  4. Oli dit :

    La question est apparue avec l’humanisme…la réponse a pris plus de temps 😀 [avec des reculs, des avancées, etc. ]

    Oui, Pizarro a capturé l’Inca…mais est-ce vraiment à ce moment là que les Espagnols ont conquis l’Empire ??
    [C’est un peu ça le problème des évènements, ont-ils vraiment les conséquences et l’importance qu’on leur donne ?]
    Ce n’est pas à Cajamarca que tout c’est joué selon moi.

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