On est ce qu’on mange

Français

Parlons nourriture. C’est un peu comme si on se remplissait le ventre, mais avec les yeux. De tous les produits qui se sont répandus sur l’Europe à la suite du choc avec les Amériques, il y en a un qui est amusant. C’est le topinambour.

Português

Vamos falar de comida. É um pouco como encher a barriga, com os olhos. De todos os produtos que se espalharam na Europa depois do choque com as Américas, tem que é bem engrassado. É o topinambo.

Amusant? Cette raçine infecte qu’on cultivait pendant la guerre, parce que c’était l’une des rares choses que les Allemands ne réquisitionnaient pas? Vous vous dites sans doute que je ne peux pas être sérieux. Et pourtant, pensez donc. C’est un Français, Samuel de Champlain, qui en a fait la première description, lors de ses voyages au Canada au début du XVIIe siècle. À l’époque, c’étaient les Hurons et les Algonquins qui les cultivaient, sur les rives du Saint-Laurent. Rien de bien drôle jusqu’ici, et je suis bien d’accord.

topinambour

Engrassado? Essa raiz nojente que se cultivava durante a guerra, porque era uma das poucas coisas que os Alemãos não requeriam? Você pensa sem dúvida que eu não posso falar sério. Mas sim, pesna só. Foi um Françês, Samuel de Champlain, que fez a primeira descrição, durante uma das suas viagens no Canadá no início do século XVII. Na época, os tribos Hurões e os Algonquinos os cultivavam, nas margens do Rio São Lourenço. Nada muito divertido até agora, eu concordo.

Ce qui est plus marrant, c’est le nom du topinambour. Il faut y voir, évidemment, celui des Tupinambás, une tribu amérindienne du littoral du Brésil. Mais comment se fait-ce que le nom d’une raçine du Canada attrape le nom d’une tribu du Brésil? Les théories habituelles soutiennent qu’à l’époque où les premières raçines arrivèrent à Paris, il y avait là, justement et comme par hasard, une tribu de Tupinambás, ramenés eux-aussi du Nouveau Monde par un autre explorateur. Deux curiosités venues de « nouvelles terres » au même moment, c’en fut trop pour l’imagination des Français, qui firent l’amalgame entre la raçine et la tribu.

On peut tout de même se poser la question. Était-ce vraiment dur à ce point de faire la différence entre une raçine et une tribu, au point de les appeler de la même façon? Si c’est le cas, pourquoi est-ce le seul exemple d’une telle confusion? Pour creuser un peu plus, prenons le cas de la plante cousine du topinambour (Helianthus tuberosus), le tournesol (Helianthus annuus). On sait qu’elle vient d’Amérique Centrale, d’où elle s’est répandue autant au nord, vers les cultures du Mississipi, qu’au sud, chez les Incas. C’est d’ailleurs chez ceux-ci que Pizarro s’en empara, comme d’ailleurs de tout l’Empire.

Malgré la prétendue primitivité des peuples d’Amérique à l’époque où les glorieux explorateurs de leurs Majestés les ont rencontrés, peut-on imaginer que la plante se soit répandue du nord au sud? Et qu’au moment où les Tupinambás arrivèrent à Paris, ils en connaissaient déjà la culture? C’est une pure hypothèse évidemment, qui sera compliquée à prouver. Mais d’autres plantes ont fait le même chemin: la tomate est originaire de la région du Pérou, mais son nom vient du Nahuatl, un dialecte aztèque. Colomb, Magellan puis Cartier ont rencontré du maïs dans leurs trois régions respectives (au milieu, au sud et au nord).

Bref, cette proposition d’origine pour le nom du topinambour a peu de preuves concrètes. Mais elle relève le niveau des Français de l’époque, les seuls inacapables sans cela de faire la différence entre une raçine et un Indien.

Algo mais engrassado, é o nome do tupinambo. Tem que ver, claro, o nome dos Tupinambás, o tribo indígena do litoral do Brasil. Mas como é que o nome de uma raiz do Canadá pegou o nome de um tribo do Brasil? As teorias habituais sustentam que, na época em que as raizes chegaram em Paris, já tinha, por outro lado e por acaso, um tribo de Tupinambás, também trazidos do Novo Mundo por algum outro explorador. Duas curiosidades das « terras novas » no mesmo momento, foi de mais para a imaginação dos Françeses, que fizeram a amálgama entre a raiz e o tribo.

Agora podemos perguntar. Foi tão difícil assim fazer a diferença entre uma raiz e um tribo, ao ponto de chamar com o mesmo nome? Se for assim, porque será o único exemplo? Para cavar um pouco mais, tomamos o caso da planta-prima do topinambo (Helianthus tuberosus), o girassol (Helianthus annuus). Sabemos que vem da América Central, de onde se espalhou tanto ao norte, para as culturas do Mississipi, quanto ao sul, nos Incas. É mesmo nesses últimos que Pizarro o encontrou, junto com a coroa do Império.

Embora a pretendida primitividade dos povos da América na época em que os gloriosos exploradores das suas Majestades os encontraram, podemos imaginar que a planta se espalhou do norte ao sul? E que na hora em que os Tupinambás chegaram em Paris, eles já conheciam o cultivo? É pura hipotese, claro, que será complicada a comprovar. Mas outras plantas fizeram também o caminho: o tomate é originário da região do Peru, mas o seu nome vem do Nahuatl, uma lingua azteca. Colombo, Magalhães e Cartier encontraram milho nas suas respetivas regiões (no centro, no sul e no norte).

Então, essa proposta de origem do nome do topinambo tem poucas provas. Mas ela eleva o nível do Françeses da época, os únicos incapazes, sem isso, de fazer a diferença entre uma raiz e um Indio.

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