Presque personne ne lit

Français

Voici un texte écrit par mon ami Hugo. Il connaît mieux que moi la réalité de São Gonçalo, pour la fréquenter depuis longtemps:

L’exercice de la lecture, spécialement de bons auteurs, devrait être plus encouragée dans les maisons et les écoles. Les bibliothèques sont vides. Tout est devenu Internet, avec ses trahisons et ses virus. Acheter des livres, ou même des revues ou des journaux, se trouve à un niveau bien en-dessous de celui des Cds, DVDs et autres jeux de Playstation. On dirait que l’exercice de lire est devenu une chose du passé. Les étudiants ne lisent que les livres proposés à un quelconque bac.

Moi qui écris régulièrement, je peux bien en parler, de l’abandon culturel dans lequel sont jetées les jeunes générations. Ils lisent et ne comprennent rien à ce qu’ils lisent. Ils sont de vrais analphabètes fonctionnels au vocabulaire minimal qui, au lieu de se replier sur le « père des crétins » (expression ancienne pour désigner les dictionnaires), prefèrent râler sur l’écrivain pour n’avoir pas compris le texte et son message. Accomodés qui adorent les plats préparés et la nourriture au kilo.

Ceux qui doivent faire des efforts pour se faire comprendre, ce sont les auteurs de nouvelles, les journalistes. Quant à ceux qui écrivent en diletantes (qualité de celui qui exerce un art par goût et non par obligation), pas du tout préoccupés par leur public, ils se réservent le droit de dire les choses à leur manière, en laissant tomber les subtilités (délicatesses, finesses) de la langue.

Ces reflexions me viennent maintenant, tranquillement installé dans mon recoin d’écriture, je vois mon cigare se consummer et, comme un sablier (instrument constitué de deux vases coniques en verre, qui se communiquent par l’intermédiaire d’un petit orifice, et destiné à mesurer le temps par le passage d’une certaine quantité de sable du vase supérieur au vase inférieur), compter le temps qui passe. Pour cette raison, depuis quelques temps et pour ne pqs déformer mon style, j’ai pris l’habitude d’ajouter après l’emploi d’un mot peu utilisé, une brève explication de sa signification. Que m’excusent, donc, les lecteurs qui ont un bon vocabulaire.

Je sais que, de la même manière que j’apprécie les cigares, de telles attentions pourront passer pour anachroniques (contraire aux coutumes d’une époque), ou pédantes (vaines, prétencieuses). Mais ça ne l’est pas. Il s’agit de la singulière (simple, sincère) conclusion que, de nos jours, presque personne ne lit.

Hugo Carvalho est économiste et chroniqueur.

Português

Copio aqui um texto do meu amigo Hugo. Ele conhece melhor que eu a realidade de São Gonçalo, por ter compartilhado mais tempo com ela:

O exercício da leitura, em especial de bons autores, deveria ser mais incentivado nos lares e nas escolas. As bibliotecas andam vazias. Tudo virou Internet, com suas traições e com seus vírus. Comprar livros, ou mesmo revistas e jornais, está num patamar bem abaixo do comprar CDs, DVDs, jogos do Playstation. Parece que o exercício de ler virou coisa do passado. Estudantes só leem livros propostos nos vestibulares da vida.

Eu, que escrevo regularmente, posso bem testemunhar, o abandono cultural ao qual foram relegadas as gerações mais jovens. Leem e nada entendem do que leram. São verdadeiros analfabetos funcionais de vocabulário reduzidíssimo que, ao invés de recorrerem ao “pai dos burros” (expressão antiga que classificava os dicionários), preferem reclamar do escritor por não haverem compreendido o texto e sua mensagem. Comodistas que adoram os pratos prontos e as comidas a quilo.

Quem deve se esforçar para se fazer entender são os escritores de notícias, os jornalistas. Quanto àqueles que escrevem por diletantismo (qualidade de quem exerce uma arte por gosto e não por ofício ou obrigação), despreocupados com os ibopes da vida, reserva-se o direito de dizerem das coisas ao seu modo, lançando mão das sutilezas (delicadezas, finuras) do nosso idioma pátrio.

Tais reflexões me acorrem agora, enquanto sossegado no meu recanto de escrever, vejo meu charuto desfazendo-se e, como uma ampulheta (instrumento constituído de dois vasos cônicos de vidro, que se comunicam nos vértices por um pequeno orifício, e destinado a medir o tempo pela passagem de certa parte de areia do vaso superior para o vaso inferior), contar o tempo escorrendo. Por tal motivo de uns tempos para cá, para não deformar meu estilo, passei a colocar após o emprego de palavras pouco usuais, uma breve explicação dos seus significados. Que me perdoem, portanto, os leitores com bom domínio vocabular.

Sei que, assim como aprecio charutos, tal cuidado poderá parecer anacrônico (contrário aos usos da época) ou pedante (vaidoso, pretensioso). Mas não é. Trata-se da singela (simples, sincera) conclusão que, hoje em dia, quase ninguém lê.

Hugo Carvalho é economista e cronista.

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Comments
2 Responses to “Presque personne ne lit”
  1. Yorik dit :

    Il n’a pas un blog ou quelque chose, Hugo?

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