C’est la faute à Lula!

Français

Dans l’hebdomadaire Veja du 4 mars, se trouve un article (pt) écrit par un économiste appelé Maílson da Nóbrega, et dont le titre est « Pourquoi le Brésil ne casse-t-il pas. » Installé à la fin d’un long article reprenant 10 raisons pour lesquelles le Brésil est bien armé face à la crise globale, Maílson da Nóbrega sert de contre-pied à la thèse de l’optimisme, en mettant en évidence la seule chose qui pourrait mettre le Brésil dans une sale situation. C’est-à-dire, la politique économique de l’État, incarné par Lula.

À la base de la question, il y a une évidence. Les politiques économiques d’un État sont très capables de ruiner un pays, notamment au niveau de la gestion de la dette, comme au Brésil:

C’est arrivé au Brésil à de nombreuses reprises: pendant la Vieille République, durant la période Vargas, au cours de l’intervale démocratique de 1946-1964, e sous le régime militaire.

Si jusque-là tout le monde est d’accord, c’est un peu plus loin que son discours prend une autre tournure.

À partir des années 90, les crises se sont raréfiées. Il n’y en a eu que deux: la Russie (1999) et l’Argentine (2001). La majorité des pays ont une gestion macroéconomique responsable, ce qui [leur] évite les crises externes d’origine interne. Les aides gigantesques du Fond Monétaire Interntional (FMI) ont empêché les crises par « mort subite ».

En limitant son discours à la Russie et à l’Argentine – qui représentent déjà, en soi,un gros sujet – l’auteur passe sous silence celles du Mexique (1994) et de l’Asie du Sud-Est (1997), ou encore de la Turquie (2000). Au cours de celles-ci, le FMI, et les autres institutions financières internationales, ont eu un rôle actif non pas dans la résolution de la crise, mais bien dans son déclenchement, comme l’a expliqué Joseph Stiglitz dans son livre « La Grande Désillusion ».

Cet oubli, ou petit raccourçi intellectuel, permet d’illustrer avec brio la thèse soutenue, à savoir que seul le gouvernement peut venir faire de l’ombre au tableau optimiste dressé dans l’article précédent. A partir du moment où, par contre, on considère l’ensemble des crises survenues dans les années 90, il faut reconnaître que c’est loin d’être aussi facile, et que de nombreux autres acteurs sont très capables de provoquer une crise au Brésil.

Pour aller dans le sens de sa thèse, Nóbrega néglige donc déliberément une étude sérieuse du phénomène des crises économiques, ou encore l’importance d’entreprises internationales en difficultés, comme l’industrie automobile. Soit, une attitude qu’il critique lui-même:

Le Brésil pourrait avoir profité de la manne mondiale si des préjugés idéologiques n’avaient pas retardé les investissements privés en infrastructure et si les réformes n’avaient pas échoué.

Voilà donc ce que, finalement, l’auteur défendait. Il aurait mieux fait le dire tout net, plutôt que chercher à étaler des connaissances que visiblement, il ne domine pas. Ca serait plus clair pour tout le monde.

Português

Na revista semanal Veja do 4 de março, se encontra um artigo (pt) escrito por um economista chamado Maílson da Nóbrega, cujo título é « Por que o Brasil não quebra. » Publicado no final de uma reportagem explicando 10 razões para as quais o Brasil está bem armado em frente à crise global. Mailson da Nóbrega serve de contra-pé para a tesa do optimismo, evidenciando a única coisa que poderia colocar o Brasil em uma situação péssima. A politica econômica do Estado, incarnado por Lula.

No fundo da questão, tem uma evidência. As politicas econômicas de um Estado são muito capazes de arruinar um pais, nomeadamente com a gestão da dívida, como no Brasil:

Isso ocorreu com o Brasil várias vezes: na República Velha, no período Vargas, na quadra democrática de 1946-1964 e no regime militar.

Se até là, todo mundo concorda, o discurso toma outro rumo um pouco mais longe:

A partir dos anos 1990, as quebras se tornaram raridade. Houve apenas duas: Rússia (1999) e Argentina (2001). A maioria dos países tem gestão macroeconômica responsável, evitando as crises externas de origem interna. Os gigantescos apoios do Fundo Monetário Internacional (FMI) impediram quebras via « paradas súbitas ».

Limitando o seu discurso à Russia e à Argentina – que sozinhas representam já um importante assunto – o autor passa sobre silêncio as crises do México (1994), da Ásia do Sul-Leste (1997) ou ainda a Turquia (2000). Nelas, o FMI e outras instituições financeiras internacionais tiveram um papel ativo, não tanto na resolução da crise, mas sim no seu desenvolvimento, como explicou Joseph Stiglitz no seu livro « A Grande Desilusão ».

Este esquecimento, ou pequeno atalho inteletual, permite ilustrar com grandeza a tesa desejada, segundo qual apenas o governo é capaz de assombrar o esquema optimista apresentado no artigo anterior. A partir do momento em que, no entanto, se considera o conjunto das crises dos anos 1990, é preciso reconhecer que não é tão simples, e que varios outros atores são muito capazes de provocar uma crise no Brasil.

Para fundamentar o seu discurso, Nóbrega esquece então deliberativamente um estudo sério do fenômeno das crises econômicas, ou ainda a importância de empresas internacionais em dificuldade, como as montadoras. Ou seja, uma atitude que ele mesmo critica:

O Brasil poderia ter aproveitado a bonança mundial se preconceitos ideológicos não tivessem retardado investimentos privados em infraestrutura e as reformas não houvessem minguado.

Eis que, finalmente, o autor defendia. Poderia ter dito diretamente, e não procurar espalhar conhecimento que, obviamente, ele não domina. Seria mais claro para todo mundo.

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Comments
One Response to “C’est la faute à Lula!”
  1. Maíra dit :

    é… o bom é que quem tenha no mínimo dois neurônios funcionando sabe que a Veja não serve nem para limpar a bunda. 😉

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