G20: La fin d’un cycle?

(fr)

Nous sommes à quelques heures de nous mettre d’accord sur un plan global de récupération économique et de réforme (en).

Cette fois c’est clair, comme le dit Gordon Brown, ils vont nous sortir de la crise. C’est à Londres que ça va se passer. Et d’une certaine façon, c’est à Londres que ça devait se passer. Depuis toujours. Comme une histoire qui en revient à son point de départ, pour se reposer la question de fond. Et selon la réponse qu’on va donner, tout va changer. Ou pas. Ou les deux.

Qui sait?

Parce que le problème n’a commencé à prendre une vraie ampleur que pendant la seconde moitié du XXème siècle. En quelques décennies, un ordre s’est inversé, et des compagnies sont devenues plus puissantes que des États. Les instruments de régulation, quant à eux, sont restés dans les mains des gouvernements : les impôts, la loi… Et les compagnies ont commencé à voler au-dessus. Bien sûr, elles sont restées attachées à la législation en vigueur à l’endroit où elles sont installées. Certains États l’ont d’ailleurs mieux compris que d’autres, comme la Suisse, le Luxembourg, Hong Kong ou les îles Caymans…

Et c’est là qu’on en est. Devant les dégâts provoqués partout sur la planète par une série de compagnies, la tentation est forte de revoir catégoriquement une situation où le niveau le plus haut du pouvoir est occupé par des forces privées.

La régulation peut prendre deux formes :

  • Une « action coordonnée » de l’ensemble des États considérés comme les plus importants de la planète. Il y a la tendance relax, proposée par les États-Unis, la Grande-Bretagne et leurs suivants, et la tendance stricte qui regroupe la France et l’Allemagne, ainsi que le Brésil.

  • L’installation d’un nouveau niveau, supra-national, qui permette de réguler les compagnies d’une manière globale et uniforme. C’est une option qui est privilégiée par la Commission des Nations Unies présidée par Joseph Stiglitz, en proposant des institutions globales de régulation financière :

Alors qu’il s’agit d’une crise globale, les réponses sont entreprises par des gouvernements nationaux, qui cherchent assez naturellement à s’occuper d’abord des intérêts de leurs propres citoyens. […] En se concentrant sur le national, par opposition aux impacts globaux, le stimulus global est réduits – et la récupération affaiblie (en).

Le G20 lui-même n’est pas une assemblée légitime pour prendre une décision globale. C’est donc naturellement la première forme de régulation qui est sur la table. Sur le devant de la scène, deux mesures phares: les paradis fiscaux, et les gros salaires des banquiers. Comme le rappellent Eric Toussaint et Damien Millet, la notion de « paradis fiscal » est plutôt vague, et la majorité des régions qui ont des politiques fiscales laxistes, comme la City elle-même, seront royalement ignorées (fr).

Que reste-t-il? Ce qui existe déjà, et notamment le vieux système de Bretton Woods, vidé de son essence par les États-Unis dans les années 70, et de son sens par les crises à répétition des années 90. Pour plaire à certains, le FMI pourrait être réorganisé, avec une plus grande participation de pays comme ceux du BRIC (pt). La Banque Mondiale annonce un paquet de 50 milliards supplémentaire pour soutenir le commerce mondial – ridicule à côté de l’annonce par le seul Japon d’un nouveau stimulus de 600 milliards (en).

Au-delà des effets d’annonce et des déclarations d’intention, il reste une constante. L’étrange sensation que la pièce de théâtre montée par les participants au sommet a été écrite à l’avance. Avec un concert de U2 à la fin, pour satisfaire tout le monde. Si c’est le cas, il ne restera que la pression de la rue pour parvenir à construire quelque chose de différent.

(pt)

Estamos à poucas horas de concordar em um plano global de recuperação econômica e de reforma (en).

Desta, esta claro, como falou Gordon Brown, eles vão nos sair daquela crise. Vai acontecer em Londres. De algum modo, tinha que acontecer em Londres. Desde sempre. Como uma história que volta ao ponto de partida, para fazer a pergunta crucial. Segundo a resposta, tudo vai mudar. Ou não. Ou os dois.

Quem sabe?

Porque o problema começou apenas a se tornar importante na segunda metade do século XX. Em poucas décadas, uma ordem se inverteu, e companhias se tornaram mais poderosas que Estados. Os instrumentos de regulação, ficaram nas mãos dos governos: impostos, lei… Et as companhias começaram a voar por cima. Naturalmente, ainda estavam ligadas à legislação do lugar onde se instalaram. Alguns Estados entenderam isso melhor do que outros, como é o caso da Suíça, do Luxemburgo, de Hong Kong ou das ilhas Caymã…

É bem aí que estamos. Em frente aos estragos provocados no planeta todo por uma série de companhias, a tentação é forte de rever categoricamente uma situação onde o nível o mais alto do poder é ocupado por forças privadas.

A regulação pode tomar duas formas:

  • Uma « ação coordenada » do conjunto de Estados considerados como os mais importantes do planeta. Tem a tendência tranquila, proposta pelos Estados Unidos, o Reino Unido e seus seguidores, e a tendência estrita, que junta a França, a Alemanha, assim como o Brasil.

  • A instalação de um novo nível, supra-nacional, que permita regular as companhias de um modo global e uniforme. É uma opção escolhida pela Comissão das Nações Unidas presidida por Joseph Stiglitz, com a criação de instituições globais de regulação financeira :

Enquanto trata-se de uma crise global, as respostas estão levadas por governos nacionais, que buscam bastante naturalmente a cuidar primeiro dos interesses dos seus cidadãos. […] Concentrando-se no nacional, por oposição aos impactos globais, o estímulo global é reduzido – e a recuperação enfraquecida (en).

O G20 não é mesmo nenhuma assembléia legítima para tomar uma decisão global. A primeira forma de regulação instala-se naturalmente na mesa. Na frente das câmeras, duas medidas centrais: os paraísos fiscais e os salários pesados dos banqueiros. Como lembram Eric Toussaint e Damien Millet, a noção de « paraíso fiscal » é muito vaga, já que a maioria das regiões que têm uma política fiscal relaxada, como a própria City de Londres, ficarão simplesmente fora da cogitação (fr).

O que sobra? O que já existe, ou seja, o velho sistema de Bretton Woods, esvaziado pelos Estados Unidos nos anos 70 e envergonhado nas crises repetidas dos anos 90. Para agradar alguns, o FMI poderia ser reorganizado, com maior participação dos países do BRIC (pt). O Banco Mundial anuncia um pacote de 50 bilhões adicionais para apoiar o comercio mundial – ridículo em comparação com o novo estímulo de 600 bilhões do governo japonês (en).

Além dos efeitos de anuncio e das declarações de intenção, ainda tem uma constante. A estranha sensação de que a peça de teatro montada pelos participantes da cúpula já está escrita. Com um show do U2 no final, para satisfazer todo mundo. Se for assim, só restará a pressão da rua para conseguir construir alguma coisa diferente.

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