Bourse de Résidus

(fr)

Une bourse de résidus a été mise en place par le Centro Industrial do Subaé, et inaugurée ce mardi 25 août à Feira de Santana, en présence d’une cinquantaine d’industriels de la région (CIS pt). L’idée est simple et s’inscrit dans la même logique que la bourse de carbone prévue par le Protocole de Kyoto: on adapte les mécanismes du marché aux nécessités environnementales, de manière à y attirer les investisseurs.

Suivant le Protocole, la bourse permet à un État pollueur d’acheter des crédits à d’autres États non-pollueurs, en mettant en place des technologies propres. L’objectif est ainsi d’atteindre une balance équilibrée à la fin de l’année fiscale. La bourse de résidus fonctionne de la même façon: elle permet à une entreprise pollueuse – c’est-à-dire, qui génère des résidus tout au long de sa ligne de production – de trouver des entreprises désireuses d’acquérir ces matériaux. Typiquement, il s’agit d’usines de recyclage, qui cherchent du plastique PET, du métal ou du papier/carton…

En principe donc, la bourse promet d’être une grande place de marché où producteurs et acquéreurs se rencontrent et négocient leurs produits. Une manière, au fond, d’ouvrir les portes des industries, d’organiser le flux des détritus, et de dynamiser tout le secteur du recyclage dans la région de Feira de Santana.

Toutefois, elle pourrait avoir l’effet contraire, pour deux raisons.

  • Dans une économie industrialiste, et vu le nombre de représentants du secteur productif qui étaient présents lors de la cérémonie d’ouverture, il est probable que la bourse soit rapidement bien représentée en offre de résidus venus de l’industrie lourde, du secteur agro-alimentaire ou du commerce de masse, qui viendront s’ajouter aux coopératives de nettoyeurs de rue (catadores) déjà existantes. Face à la pauvreté du secteur de recyclage – une seule entreprise achète le plastique PET pour en faire des tubes en PVC – les prix auront invariablement tendance à chuter. Et les premiers touchés seront ceux qui vivent essentiellement de la récupération de résidus recyclables, les coopératives de catadores, tandis que les industries n’y verront de toute façon qu’une plus-value, sans aucun risque de perte.

Comme dans le système de crédits-carbones du Protocole de Kyoto, l’effet probable de leur entrée sur le marché sera la chute des prix. Pour le catador, un kilo de PET à 10 centimes correspond à une coupe drastique de ses revenus. Pour l’industrie qui n’a jamais recyclé, même un kilo à 10 centimes est un bénéfice (avec, en plus, la certitude d’avoir bien agi).

  • Il faut encore considérer l’optique sur laquelle le projet se fonde. Si les résidus se mettent à être rentables, qui va encore chercher à s’y opposer? Quelle industrie va investir dans un système produisant moins de déchêts si elle peut les revendre et en tirer un bénéfice? De la même manière, qui va arrêter de consommer des bouteilles en plastique si cela assure le revenu d’une partie de la population ?

Le Protocole de Kyoto est sensé atteindre ses objectifs pour l’année 2012. À cause de l’absence des États-Unis, et des réticenses de nombreux autres pays (la Russie n’est arrivée qu’en 2005), on va rester bien en-deça de ce qui était prévu. Le prochain Protocole, prévu pour Copenhague, devrait tenter de pallier à cet échec en proposant une nouvelle approche au problème.

Est-il possible d’utiliser les méthodes du marché pour résoudre des problèmes environnementaux ? Ça serait bien, il ne faudrait presque rien changer. On pourrait continuer le business-as-usual, en injectant quelques millions dans une quelconque Chicago Climate Exchange (CCX us). Voilà sans doute la raison pour laquelle l’idée attire les grandes corporations, comme celles de Feira de Santana (Nestlé, Pirelli, Acelor-Mittal, etc).

C’est vrai que le recyclage des déchêts industriels est un défi majeur. Allez savoir pourquoi, on ne s’intéresse généralement qu’aux poubelles domestiques. Et pourtant, en Belgique, pour chaque kilo produit à la maison, il y en a 10 produits dans le secteur industriel (belgium.be fr).

La bourse de résidus est-elle un instrument suffisamment puissant pour changer cette réalité ? Ou bien s’agit-il d’un dispositif de façade, comme les fausses usines d’Union Soviétique, destinées à faire croire à tout le monde que, ne vous inquiétez pas, braves gens, tout va bien ?

(pt)

Uma bolsa de resíduos foi criada pelo Centro Industrial do Subaé, e inaugurada nesta terça-feira 25 de agosto em Feira de Santana, com a presença de mais de 50 industriais da região (CIS pt). A idéia é simples e se coloqua na mesma lógica que a bolsa de carbono prevista pelo Protócolo de Kyoto : adaptam-se os mecanismos do mercado para as necessidades ambientais, para atrair os investidores.

Segundo o Protócolo, a bolsa permite a um Estado poluidor de comprar os créditos de um outro Estado, não-poluidor, utilizando tecnologias limpas. O objetivo é de chegar a um balanço equilibrado no final do exercício. A bolsa de resíduos funciona do mesmo modo : permite que uma empresa poluidora – ou seja, que gera resíduos na sua cadéia produtiva – de encontrar empresas desejando comprar estes materiais. Tipicamente, são empresas de reciclagem, que procuram plástico PET, metal ou papel/papelão…

A príncipio então, a bolsa aparece como uma grande feira onde produtores e compradores se encontram e negociam os seus produtos. Uma maneira, afinal, de abrir as portas das indústrias, de organizar o fluxo dos resíduos, e de dinamisar todo o setor da reciclagem na região de Feira de Santana.

No Entanto, poderia ter o efeito contrário, por duas razões.

  • Em uma economia industrialista, e vendo o número de representantes do setor que estavam presente na ceremonia de abertura, é provável que a bolsa estará rapidamente repleta de ofertas de resíduos oriundos da indústria pesada, do agronegócio ou do comércio de massa, que se acrescentarão às já-existentes cooperativas de catadores. Em frente a pobreza do setor da reciclagem – uma única empresa compra o PET para fazer tubos de PVC – os preços vão obivamente desmoronar. E os primeiros a sentir os efeitos serão todos aqueles que vivem essencialmente do lixo reciclável, ou seja, as cooperativas de catadores. Para as indústrias, só terá lucro, sem risco de perder nada.

Como no sistema dos créditos de carbono do Protócolo de Kyoto, o efeito provável da entrada no mercado é a queda dos preços. Para o catador, o quilo de PET por 10 centavos é um corte drástico na sua renda. Para a indústria que nunca reciclou, 10 centavos ainda é um benefício (junto com a certeza de ter feito uma boa ação).

  • Ainda é preciso considerar a optica sobre a qual o projeto está fundamentado. Se os resíduos se tornam rentáveis, quem vai querer reduzir o seu volume ? Qual indústria vai investir em um sistema produzindo menos resíduos se ela pode revender tudo e ainda fazer lucro ? Do mesmo modo, quem vai para de consumir garrafas PET se isso dá uma renda para uma parte da população ?

O Protócolo de Kyoto deveria atingir os seus objetivos no ano de 2012. Por causa da ausência dos Estados Unidos, e da demora da vários outros (a Rússia chegou em 2005), ficaremos bem abaixo dos números previstos. O próximo Protócolo, que será assinado em Copenhague, deveria resolver estes problemas com um novo método.

Será possível utilizar os mecanismos do mercado para resolver os problemas ambientais ? Seria conveniente, não precisaria mudar quase nada. Poderiamos continuar o business-as-usual, injetando apenas alguns milhões em um Chicago Climate Exchange da vida (CCX us). Eis a razão, sem dúvida, pela qual esta idéia atrai as grandes corporações, como em Feira de Santana (Nestlé, Pirelli, Acelor-Mittal, etc).

É verdade que a reciclagem dos resíduos industriais é uma desafio enorme. Vai saber porqué, apenas ouvimos falar do lixo doméstico. Mas na Bélgica, para cada quilo produzido em casa, são 10 produzidos na fábrica (belgium.be fr).

A bolsa de resíduos é um instrumento bastante potente para mudar esta realidade ? Ou será um dispositivo de façada, igual às falsas fábricas da União Soviética, montada para fazer todo mundo acreditar que, não se preocupe, minha senhora, está tudo muito ótimo ?

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Comments
One Response to “Bourse de Résidus”
  1. Yorik dit :

    En ce cas, nous compterons sur toi pour avoir l’oeil ouvert et nous dire comment ça va marcher! Ça m’intéressera de voir.

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