Caractéristiques des réseaux préhistoriques

(fr_be)

La théorie des réseaux peut être définie de la manière suivante : c’est l’étude de la structure d’un ensemble de noeuds et de liens qui représentent quelque chose de réel, ainsi que du comportement dynamique de l’aggrégation de ces noeuds et liens. Dans le cas de l’étude de l’art rupestre préhistorique, elle s’intéressera à la structure des figures et des influences que celles-ci exercent les unes sur les autres. Elle s’intéressera, surtout, à la manière avec laquelle les figures ont été ajoutées aux panneaux, et comment elles s’influencent. Voici quelques caractéristiques générales des réseaux, qui peuvent être appliquées à la peinture rupestre [Ted G. Lewis, Network Science, Theory and Applications, Wiley, 2009 (google books en)].

Structure: les réseaux ne sont pas des ensembles alléatoires de noeuds et de liens. De la même manière, les peintures rupestres ne sont pas faites à n’importe quel point du paysage. Elles ne sont pas faites au petit bonheur la chance, sur des pierres isolées. Elles sont concentrées en des lieux définis, et peuvent parfois s’organiser autour de figures centrales. Bref, elles ne sont pas alléatoires.

Émergence: le réseau est dit émergent lorsqu’il se met à favoriser certaines propriétés (typologiques, géographiques, artistiques…) tout en se stabilisant. Dans le cas des peintures rupestres, nous ne connaissons que leur état stabilisé : mis à part les cas de graffitis, les panneaux ne changeront plus. La théorie des réseaux avance l’idée selon laquelle les caractéristiques communes de ces figures sont apparues et se sont raffinées avec le temps.

Dynamisme: résultat logique de l’idée d’émergence, une série d’étapes évolutives permettent au système d’atteindre un point final, ou fixe. Les panneaux préhistoriques ont été élaborés petit-à-petit, tout au long des millénaires – ils sont donc typiquement dynamiques.

Autonomie: un réseau se forme grâce à l’action autonome et spontanée de noeuds indépendants les uns des autres, qui se mettent en relation sans l’intervention d’un contrôle central ou d’une planification centralisée. De cette manière, au cours de l’élaboration des panneaux tels que nous les connaissons aujourd’hui, plusieurs groupes humains (autonomes) se sont succédés pour peindre les parois. Il n’y a pas eu de planification.

Évolution de bas em haut: étant constitués de noeuds indépendants, les réseaux se développement de bas (niveau local) en haut (niveau global). De même, les panneaux ont été élaborés couches après couche. Les relations se font de plus en plus complexes, en suivant une logique qui est nouvelle à chaque ajout de peinture.

Topologie: l’architecture d’un réseau est une propriété qui apparaît avec le temps, en conséquence du comportement autonome de ses noeuds. L’architecture des panneaux dépend du passage de groupes humains devant les roches, et de leurs affinités avec les figures pré-existentes et le site.

Pouvoir: le pouvoir d’un noeud est proportionnel à son degré (numéro de liens qui le relient au reste du réseau), à son influence (valeur de ces liens) et à la proximité. Les figures rupestres centrales sont celles qui attirent le plus grand nombre de figures autour d’elles, en les influençant graphiquement ou spatialement. Ce sont aussi celles-ci qui ont le plus de chances d’attirer de nouvelles figures.

Stabilité: elle est atteinte lorsque le rythme des changements apportés entre les noeuds ou à son architecture générale diminue au fil du temps, ou se limite à des oscillations définies. Ce type de caractéristique est impossible à déterminer pour les peintures rupestres. Sans datation, il est impossible d’affirmer qu’il n’y a pas eu un ajout très important de figures immédiatement avant la fin de l’utilisation du site.

(pt_br)

A teoria das redes pode ser definida do segundo modo: é o estudo da estrutura de uma coleção de nós e de links que representam algo real, e do comportamento dinâmico da agregação destes nós e links. Para o estudo da arte rupestre pré-histórica, ela estudará a estrutura das figuras e das influencias que exercem umas sobre as outras. Estudará, sobretudo, como as figuras se juntaram no painel, e como elas se influenciaram. Seguem algumas características gerais das redes, que podem ser aplicadas à pintura rupestre [Ted G. Lewis, Network Science, Theory and Applications, Wiley, 2009 (google books en)].

Estrutura: redes não são coleções aleatórias de nós e relações. Do mesmo modo, as pinturas rupestres não são feitas em qualquer ponto da paisagem. Não são pintadas em pedras soltas, aqui ou ali. São concentradas em locais definidos, e podem até organiza-se em volta de figuras centrais. Portanto, não são feitas aleatoriamente.

Surgimento: a rede é dita em surgimento quando ela passa a favorecer algumas propriedades (tipológicas, geográficas, artísticas…) ao estabilizá-se. No caso das pinturas rupestres, conhecemos apenas o estado estabilizado: salvo em casos de pichação, os painéis não crescem mais. A teoria das redes avança a idéia de que as características comuns entre as figuras surgiram, e se refinaram com o passar do tempo.

Dinamismo: resultado lógico da idéia de surgimento, uma série de etapas evolutivas leva até o ponto final, ou fixo, do sistema. Os painéis pré-históricos foram elaborados aos poucos, ao longo dos milênios, sendo assim tipicamente dinâmicos.

Autonomia: uma rede se forma pela ação autônoma e espontânea de nós independentes, que se relacionam sem intervenção de um controle central ou de uma planificação centralizada. Assim, durante todo o tempo de elaboração dos painéis, tais como nos os conhecemos hoje, diferentes grupos humanos (autônomos) se sucederam para pintar as paredes. Não houve planificação.

Evolução de baixo para cima: sendo constituídas por nós independentes, as redes crescem de baixo (nível local) para a cima (nível global). Do mesmo modo, os painéis são elaborados camada após camada. As relações se tornam cada vez mais complexas, segundo uma lógica que é criada a cada nova pintura.

Topologia: a arquitetura de uma rede é uma propriedade que aparece com o tempo, em conseqüência do comportamento autônomo dos seus nós. A arquitetura dos painéis depende da passagem dos grupos humanos em frente às pedras, e das afinidades deles com as figuras já existentes, e com o local.

Poder: o poder de um nó é proporcional ao seu grau (número de relações que tem com o resto da rede), a sua influencia (valor das relações) e a proximidade. As figuras rupestres centrais são aquelas que atraem o maior número de figuras na sua volta, seja na influência gráfica ou na posição. Elas também têm as maiores chances de atrair novas figuras.

Estabilidade: é atingida quando o ritmo das mudanças entre seus nós ou na sua arquitetura geral diminui com o passar do tempo, ou limite-se em oscilações definidas. Tal característica é indeterminável para os painéis rupestres. Sem datação, não podemos afirmar que não houve um acréscimo muito importante de figuras logo antes do final da utilização do local.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :